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Accord historique au Chili pour remplacer la Constitution héritée de Pinochet

Les partis politiques au Chili ont conclu vendredi un accord historique au Parlement pour organiser un référendum en avril 2020 sur une nouvelle Constitution remplaçant celle héritée de la dictature d'Augusto Pinochet, dans l'espoir d'apaiser la crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois.

Plusieurs milliers de manifestants se sont toutefois réunis une nouvelle fois en fin d'après-midi sur Plaza Italia, au centre de Santiago, devenu le point de rassemblement emblématique de la contestation, désireux de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement. 

"Toute l'attention est sur la Constitution, mais il y a des choses plus urgentes, les retraites, l'éducation... Combien de temps avant que la nouvelle Constitution puisse résoudre ces questions ? Il faut faire quelque chose maintenant!", a expliqué à l'AFP Raul Opazo, un professeur de 39 ans.

L'accord politique "ne résout rien, (les politiques) ont donné un calmant aux gens. Et nos revendications sociales, qu'en est-il ?", renchérit Leslie, une femme de ménage de 27 ans.

Après plusieurs heures de négociations au Parlement dans la nuit de jeudi à vendredi, la coalition gouvernementale de droite du président Sebastian Piñera et les principaux partis d'opposition ont signé un "Accord pour la paix et la nouvelle Constitution" prévoyant un référendum en avril 2020.

Celui-ci comportera deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger. 

Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un "Congrès mixte" -- idée soutenue par la coalition gouvernementale -- composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens élus à cette fin -- idée soutenue par l'opposition et réclamée par de nombreux manifestants. 

- "Un nouveau pacte social" -

"C'est un premier pas historique et fondamental pour commencer à construire notre nouveau pacte social dans lequel la citoyenneté va tenir un rôle prépondérant", s'est félicité le ministre de l'Intérieur, Gonzalo Blumel.

"Nous sommes heureux d'avoir pu conclure un accord qui marque une victoire contre la violence", a assuré Jacqueline van Rysselberghe, présidente de l'Union démocratique indépendante (UDI, conservateur), pilier de la coalition soutenant le président Piñera.

"Oui, nous pouvons rêver d'une Assemblée constituante", a réagi Catalina Pérez, présidente de Revolución Democratica (gauche radicale). 

Sous pression d'une crise sociale qui n'a pas faibli depuis le 18 octobre, M. Piñera s'était dit ouvert samedi à des modifications constitutionnelles alors que durant les neuf premiers jours de protestation il avait déployé l'armée dans les rues pour la première fois depuis la fin de la dictature.

La contestation avait démarré pour protester contre une hausse du ticket de métro à Santiago et s'est vite transformée en une explosion sociale sans précédent dans ce pays sud-américain.

Parmi les revendications des protestataires figurait le remplacement de la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), accusée de maintenir une société fortement inégalitaire.

Malgré sa portée historique, les analystes doutaient cependant de l'impact immédiat de l'accord pour résoudre rapidement la crise.

"L'accord représente l'occasion de construire un processus participatif pour la rédaction d'une nouvelle Constitution, mais je doute de l'impact à court terme de cet accord", notamment pour les quartiers défavorisés "qui vivent avec une faible présence de l'Etat", a déclaré à l'AFP Marcelo Mella, politologue à l'Université de Santiago.

- La Bourse bondit -

Approuvée en 1980 lors d'un référendum controversé en plein régime militaire, l'actuelle Constitution avait été faite sur mesure pour que les secteurs conservateurs de la société puissent se maintenir au pouvoir, y compris après la fin de la dictature.

La loi fondamentale, dont l'idéologue d'extrême droite Jaime Guzman a été assassiné en 1991 par un commando d'extrême gauche, a subi de nombreux amendements depuis la fin de la dictature.

En 2005, un large accord politique avait supprimé ses aspects les plus antidémocratiques, rendant possible de limoger les chefs militaires sans accord préalable du Conseil de sécurité nationale et stipulant que les sénateurs soient désormais tous élus.  

Si le projet d'une nouvelle Constitution est validé par référendum, l'élection des membres de l'instance choisie -- Congrès mixte ou Assemblée constituante -- se fera en octobre 2020, au suffrage universel en même temps que les élections municipales et régionales.

La ratification du nouveau texte s'effectuera au suffrage universel, avec vote obligatoire pour l'occasion.

Après plusieurs jours d'incertitude, la Bourse de Santiago a réagi positivement, bondissant de 8,09%, et le peso s'est fortement apprécié (+3,2%) après trois records successifs à la baisse depuis mardi.

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Accord historique au Chili pour remplacer la Constitution héritée de Pinochet

Les partis politiques au Chili ont conclu vendredi un accord historique au Parlement pour organiser un référendum en avril 2020 sur une nouvelle Constitution remplaçant celle héritée de la dictature d'Augusto Pinochet, dans l'espoir d'apaiser la crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois.

Plusieurs milliers de manifestants se sont toutefois réunis une nouvelle fois en fin d'après-midi sur Plaza Italia, au centre de Santiago, devenu le point de rassemblement emblématique de la contestation, désireux de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement. 

"Toute l'attention est sur la Constitution, mais il y a des choses plus urgentes, les retraites, l'éducation... Combien de temps avant que la nouvelle Constitution puisse résoudre ces questions ? Il faut faire quelque chose maintenant!", a expliqué à l'AFP Raul Opazo, un professeur de 39 ans.

L'accord politique "ne résout rien, (les politiques) ont donné un calmant aux gens. Et nos revendications sociales, qu'en est-il ?", renchérit Leslie, une femme de ménage de 27 ans.

Après plusieurs heures de négociations au Parlement dans la nuit de jeudi à vendredi, la coalition gouvernementale de droite du président Sebastian Piñera et les principaux partis d'opposition ont signé un "Accord pour la paix et la nouvelle Constitution" prévoyant un référendum en avril 2020.

Celui-ci comportera deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger. 

Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un "Congrès mixte" -- idée soutenue par la coalition gouvernementale -- composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens élus à cette fin -- idée soutenue par l'opposition et réclamée par de nombreux manifestants. 

- "Un nouveau pacte social" -

"C'est un premier pas historique et fondamental pour commencer à construire notre nouveau pacte social dans lequel la citoyenneté va tenir un rôle prépondérant", s'est félicité le ministre de l'Intérieur, Gonzalo Blumel.

"Nous sommes heureux d'avoir pu conclure un accord qui marque une victoire contre la violence", a assuré Jacqueline van Rysselberghe, présidente de l'Union démocratique indépendante (UDI, conservateur), pilier de la coalition soutenant le président Piñera.

"Oui, nous pouvons rêver d'une Assemblée constituante", a réagi Catalina Pérez, présidente de Revolución Democratica (gauche radicale). 

Sous pression d'une crise sociale qui n'a pas faibli depuis le 18 octobre, M. Piñera s'était dit ouvert samedi à des modifications constitutionnelles alors que durant les neuf premiers jours de protestation il avait déployé l'armée dans les rues pour la première fois depuis la fin de la dictature.

La contestation avait démarré pour protester contre une hausse du ticket de métro à Santiago et s'est vite transformée en une explosion sociale sans précédent dans ce pays sud-américain.

Parmi les revendications des protestataires figurait le remplacement de la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), accusée de maintenir une société fortement inégalitaire.

Malgré sa portée historique, les analystes doutaient cependant de l'impact immédiat de l'accord pour résoudre rapidement la crise.

"L'accord représente l'occasion de construire un processus participatif pour la rédaction d'une nouvelle Constitution, mais je doute de l'impact à court terme de cet accord", notamment pour les quartiers défavorisés "qui vivent avec une faible présence de l'Etat", a déclaré à l'AFP Marcelo Mella, politologue à l'Université de Santiago.

- La Bourse bondit -

Approuvée en 1980 lors d'un référendum controversé en plein régime militaire, l'actuelle Constitution avait été faite sur mesure pour que les secteurs conservateurs de la société puissent se maintenir au pouvoir, y compris après la fin de la dictature.

La loi fondamentale, dont l'idéologue d'extrême droite Jaime Guzman a été assassiné en 1991 par un commando d'extrême gauche, a subi de nombreux amendements depuis la fin de la dictature.

En 2005, un large accord politique avait supprimé ses aspects les plus antidémocratiques, rendant possible de limoger les chefs militaires sans accord préalable du Conseil de sécurité nationale et stipulant que les sénateurs soient désormais tous élus.  

Si le projet d'une nouvelle Constitution est validé par référendum, l'élection des membres de l'instance choisie -- Congrès mixte ou Assemblée constituante -- se fera en octobre 2020, au suffrage universel en même temps que les élections municipales et régionales.

La ratification du nouveau texte s'effectuera au suffrage universel, avec vote obligatoire pour l'occasion.

Après plusieurs jours d'incertitude, la Bourse de Santiago a réagi positivement, bondissant de 8,09%, et le peso s'est fortement apprécié (+3,2%) après trois records successifs à la baisse depuis mardi.

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(16/11/2019 11:55)

Hong Kong: l'armée intervient pour nettoyer, retour au calme

C'est une première depuis le début de la crise: l'armée chinoise a participé samedi à Hong Kong au nettoyage des rues, une présence militaire symbolique qui n'a pas été sollicitée par le gouvernement local.

Les soldats de l'Armée populaire de libération (APL) sont en général confinés dans leur caserne, établie dans l'ex-colonie britannique lors de sa rétrocession à la Chine en 1997. 

Mais des dizaines de militaires aux cheveux courts, vêtus de shorts noirs et de T-Shirt kakis, ont brièvement aidé samedi à déblayer les barricades de briques et les débris, pendant une accalmie après une semaine de chaos orchestrée par des militants pro-démocratie.

Le gouvernement de Hong Kong a cependant indiqué dans la soirée, par la voix d'un porte-parole, n'avoir "pas sollicité" l'aide des soldats chinois qui ont "pris cette initiative eux-mêmes".

L'aggravation de la crise fait craindre à certains que Pékin envoie des troupes à Hong Kong. Jeudi, le président chinois Xi Jinping a prévenu que les "activités illégales violentes (...) remettent gravement en cause le principe +Un pays, deux systèmes+" qui régit l'ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

De fortes tensions ont éclaté en effet cette semaine après le lancement par des militants radicaux d'une stratégie nommée "éclore partout". Celle-ci consiste à multiplier les blocages et les actes de vandalisme.

Elle a entraîné la quasi-paralysie des transports publics, dont le métro d'ordinaire très fréquenté, ainsi que la fermeture des écoles et des centres commerciaux. De nombreux carrefours et routes ont été bloqués.

Le chaos s'est propagé à plusieurs campus universitaires, occupés par des étudiants et des protestataires masqués. Certains s'y sont entraînés au lancer de cocktails Molotov, voulant visiblement en découdre avec la police.

L'opération de nettoyage de l'APL "laisse entendre aux protestataires (...) que si les choses tournaient au vinaigre, la Chine pourrait utiliser l'armée d'une manière plus directe", estime le politologue Dixon Sing.

La sortie samedi des soldats chinois n'est toutefois pas la toute première depuis 1997. Ils avaient déjà participé à des opérations de nettoyage similaires après le passage du typhon Mangkhut en 2018.

- 'Gros problèmes' -

Hong Kong, région du sud de la Chine, qui jouit d'une justice indépendante et de la liberté d'expression, vit depuis juin sa pire crise politique depuis son retour dans le giron chinois.

La mobilisation pro-démocratie est née du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, où la justice est sous l'influence du Parti communiste.

Le texte a été retiré en septembre. Mais les manifestants avaient entretemps grandement élargi leurs revendications, exigeant notamment le suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif hongkongais.

Les quelque 7,5 millions d'habitants de Hong Kong restent cependant profondément divisés vis-à-vis du mouvement pro-démocratie. Et l'opération de l'APL illustre cette fracture.

Une quinquagénaire a salué l'initiative, affirmant qu'il était "si bon" de les voir, et déplorant la crise frappant le territoire, jusqu'ici prospère mais désormais en récession.

De leur côté, les militants pro-démocratie ont perçu le signal: "On ne veut pas viser (la caserne), parce qu'on pourrait avoir de gros problèmes", a déclaré à l'AFP un militant pro-démocratie, ne souhaitant être identifié que par son nom de famille Leung. 

Des disputes et des affrontements ont par ailleurs éclaté samedi à plusieurs endroits de la ville, entre partisans et opposants aux barricades.

A l'Université polytechnique, des protestataires ont affirmé vouloir maintenir leur occupation du campus et leur blocage d'un des principaux tunnels d'accès à l'île de Hong Kong, tenu depuis mardi.

"Nous sommes ici pour longtemps", a déclaré à l'AFP un étudiant de 20 ans souhaitant garder l'anonymat.

- Pour la police -

Le nombre de protestataires sur les campus a cependant commencé à diminuer. C'est notamment le cas à l'Université chinoise de Hong Kong, théâtre cette semaine de violents affrontements entre militants et policiers.

La circulation routière a également repris son cours, même si des routes restent fermées. 

Excédés par les débordements, des Hongkongais se sont par ailleurs réunis samedi matin devant les bureaux du gouvernement pour afficher leur soutien à la police -- régulièrement accusée par les militants pro-démocratie de recourir à un usage excessif de la force.

Un groupe d'environ 500 personnes a agité des drapeaux national (chinois) et régional (hongkongais), pris des photos avec les policiers et appelé les forces de l'ordre à "appliquer la loi de façon ferme".

Car la semaine a notamment été marquée par la mort violente d'un agent d'entretien de 70 ans. Touché à la tête par une brique lancée par des "émeutiers masqués", il avait tenté de démonter des barricades, selon les autorités.

Les principaux leaders du mouvement pro-démocratie ont jusqu'ici refusé de condamner ouvertement les violences commises par leurs militants.

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Hong Kong: l'armée intervient pour nettoyer, retour au calme

C'est une première depuis le début de la crise: l'armée chinoise a participé samedi à Hong Kong au nettoyage des rues, une présence militaire symbolique qui n'a pas été sollicitée par le gouvernement local.

Les soldats de l'Armée populaire de libération (APL) sont en général confinés dans leur caserne, établie dans l'ex-colonie britannique lors de sa rétrocession à la Chine en 1997. 

Mais des dizaines de militaires aux cheveux courts, vêtus de shorts noirs et de T-Shirt kakis, ont brièvement aidé samedi à déblayer les barricades de briques et les débris, pendant une accalmie après une semaine de chaos orchestrée par des militants pro-démocratie.

Le gouvernement de Hong Kong a cependant indiqué dans la soirée, par la voix d'un porte-parole, n'avoir "pas sollicité" l'aide des soldats chinois qui ont "pris cette initiative eux-mêmes".

L'aggravation de la crise fait craindre à certains que Pékin envoie des troupes à Hong Kong. Jeudi, le président chinois Xi Jinping a prévenu que les "activités illégales violentes (...) remettent gravement en cause le principe +Un pays, deux systèmes+" qui régit l'ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

De fortes tensions ont éclaté en effet cette semaine après le lancement par des militants radicaux d'une stratégie nommée "éclore partout". Celle-ci consiste à multiplier les blocages et les actes de vandalisme.

Elle a entraîné la quasi-paralysie des transports publics, dont le métro d'ordinaire très fréquenté, ainsi que la fermeture des écoles et des centres commerciaux. De nombreux carrefours et routes ont été bloqués.

Le chaos s'est propagé à plusieurs campus universitaires, occupés par des étudiants et des protestataires masqués. Certains s'y sont entraînés au lancer de cocktails Molotov, voulant visiblement en découdre avec la police.

L'opération de nettoyage de l'APL "laisse entendre aux protestataires (...) que si les choses tournaient au vinaigre, la Chine pourrait utiliser l'armée d'une manière plus directe", estime le politologue Dixon Sing.

La sortie samedi des soldats chinois n'est toutefois pas la toute première depuis 1997. Ils avaient déjà participé à des opérations de nettoyage similaires après le passage du typhon Mangkhut en 2018.

- 'Gros problèmes' -

Hong Kong, région du sud de la Chine, qui jouit d'une justice indépendante et de la liberté d'expression, vit depuis juin sa pire crise politique depuis son retour dans le giron chinois.

La mobilisation pro-démocratie est née du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, où la justice est sous l'influence du Parti communiste.

Le texte a été retiré en septembre. Mais les manifestants avaient entretemps grandement élargi leurs revendications, exigeant notamment le suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif hongkongais.

Les quelque 7,5 millions d'habitants de Hong Kong restent cependant profondément divisés vis-à-vis du mouvement pro-démocratie. Et l'opération de l'APL illustre cette fracture.

Une quinquagénaire a salué l'initiative, affirmant qu'il était "si bon" de les voir, et déplorant la crise frappant le territoire, jusqu'ici prospère mais désormais en récession.

De leur côté, les militants pro-démocratie ont perçu le signal: "On ne veut pas viser (la caserne), parce qu'on pourrait avoir de gros problèmes", a déclaré à l'AFP un militant pro-démocratie, ne souhaitant être identifié que par son nom de famille Leung. 

Des disputes et des affrontements ont par ailleurs éclaté samedi à plusieurs endroits de la ville, entre partisans et opposants aux barricades.

A l'Université polytechnique, des protestataires ont affirmé vouloir maintenir leur occupation du campus et leur blocage d'un des principaux tunnels d'accès à l'île de Hong Kong, tenu depuis mardi.

"Nous sommes ici pour longtemps", a déclaré à l'AFP un étudiant de 20 ans souhaitant garder l'anonymat.

- Pour la police -

Le nombre de protestataires sur les campus a cependant commencé à diminuer. C'est notamment le cas à l'Université chinoise de Hong Kong, théâtre cette semaine de violents affrontements entre militants et policiers.

La circulation routière a également repris son cours, même si des routes restent fermées. 

Excédés par les débordements, des Hongkongais se sont par ailleurs réunis samedi matin devant les bureaux du gouvernement pour afficher leur soutien à la police -- régulièrement accusée par les militants pro-démocratie de recourir à un usage excessif de la force.

Un groupe d'environ 500 personnes a agité des drapeaux national (chinois) et régional (hongkongais), pris des photos avec les policiers et appelé les forces de l'ordre à "appliquer la loi de façon ferme".

Car la semaine a notamment été marquée par la mort violente d'un agent d'entretien de 70 ans. Touché à la tête par une brique lancée par des "émeutiers masqués", il avait tenté de démonter des barricades, selon les autorités.

Les principaux leaders du mouvement pro-démocratie ont jusqu'ici refusé de condamner ouvertement les violences commises par leurs militants.

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(16/11/2019 18:08)

Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence, un mort

Des Iraniens ont manifesté à nouveau samedi dans plusieurs villes du pays au lendemain de l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse du prix de l'essence et de la mort d'un civil lors d'une manifestation, selon les médias locaux.

La réforme a été présentée comme une mesure dont les bénéfices seront redistribués aux ménages en difficulté, dans un pays pétrolier dont l'économie -asphyxiée par les sanctions américaines- devrait se contracter de 9% en 2019, selon le Fonds monétaire international (FMI). 

Pour le second jour consécutif, des Iraniens sont descendus dans les rues et les protestations se sont étendues à de nouvelles villes, selon l'agence officielle Irna.

"Certains conducteurs ont éteint le moteur de leur voiture au milieu de la route, provoquant des embouteillages" en plusieurs endroits, a-t-elle ajouté.

Vendredi soir, quelques heures après l'annonce de la hausse des prix, les Iraniens ont manifesté dans une dizaine de villes, Irna évoquant des rassemblements "d'ampleur limitée", sauf à Sirjan (centre) où les manifestations ont été "importantes".

"Une personne a été tuée" et plusieurs civils ont été blessés vendredi à Sirjan, a indiqué Mohammad Mahmoudabadi, gouverneur par intérim de la ville cité par l'agence de presse Isna, sans préciser la cause de sa mort.

"Les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'autorisation de tirer (sur les manifestants), juste de tirer (en l'air) en signe d'avertissement (...) ce qu'elles ont fait", a-t-il ajouté, en accusant "certains" de "détruire des biens publics, d'endommager des stations-service".

Les forces de sécurité ont empêché des manifestants de mettre le feu à des dépôts d'essence, selon Isna. 

- "Eléments perturbateurs" -

Dans le sud du pays, des "émeutiers" ont mis le feu vendredi à une banque à Ahvaz, et "des individus armés suspects" ont blessé plusieurs personnes en leur tirant dessus à Khoramshahr, selon le site internet de la télévision d'Etat qui ne fournit pas d'autres détails.

Le même jour, la police a tiré des grenades lacrymogènes dans plusieurs villes, a ajouté la télévision d'Etat sans préciser lesquelles.

La télévision a accusé des "médias hostiles" de relayer des "fake news" et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans lesquelles l'ampleur des manifestations est exagérée. 

Le procureur général Mohammad Jafar Montazéri a déclaré que la population ne s'associerait pas avec "les quelques éléments perturbateurs" dont les actions montrent qu'ils sont contre le système. 

Le président Hassan Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était alors secoué par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité.

- "Coopération" -

Le gouvernement iranien a annoncé une hausse d'au moins 50% du prix de l'essence. Pour les conducteurs détenteurs d'une carte pour faire le plein, le prix sera désormais de 15.000 rials (onze centimes d'euros) pour un maximum de 60 litres par mois et chaque litre supplémentaire coûtera 30.000 rials (22 centimes d'EUR).

L'Iran est l'un des pays où l'essence est la plus subventionnée. Encouragées par les prix bas, la consommation de carburant est élevée, avec 90 millions de litres consommés par jour pour 80 millions d'habitants, et la contrebande courante. 

Les bénéfices de la hausse du prix doivent être redistribués aux Iraniens qui sont "sous pression (économique)", soit près de 75% de la population, selon M. Rohani.

La mesure devrait rapporter 300.000 milliards de rials (environ 2,3 milliards EUR) par an, a dit le responsable de la Planification et du Budget, Mohammad Bagher Nobakht.

Selon lui, la réforme a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique -composé du président, du président du Parlement et du chef de la justice- qui s'est réuni samedi et a appelé à "la coopération de tous les secteurs" pour qu'elle soit mise en place vite.

Les premiers versements auront lieu sous 10 jours et iront de 550.000 rials (environ 4,2 euros au taux du marché libre) pour les couples à 2 millions de rials (15,8 euros) pour les foyers de cinq personnes et plus, selon M. Nobakht.

L'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays des retombées économiques qu'il espérait de ce pacte.

Les manifestations interviennent à un moment délicat pour les autorités, à quelques mois d'élections législatives, prévues en février.

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Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence, un mort

Des Iraniens ont manifesté à nouveau samedi dans plusieurs villes du pays au lendemain de l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse du prix de l'essence et de la mort d'un civil lors d'une manifestation, selon les médias locaux.

La réforme a été présentée comme une mesure dont les bénéfices seront redistribués aux ménages en difficulté, dans un pays pétrolier dont l'économie -asphyxiée par les sanctions américaines- devrait se contracter de 9% en 2019, selon le Fonds monétaire international (FMI). 

Pour le second jour consécutif, des Iraniens sont descendus dans les rues et les protestations se sont étendues à de nouvelles villes, selon l'agence officielle Irna.

"Certains conducteurs ont éteint le moteur de leur voiture au milieu de la route, provoquant des embouteillages" en plusieurs endroits, a-t-elle ajouté.

Vendredi soir, quelques heures après l'annonce de la hausse des prix, les Iraniens ont manifesté dans une dizaine de villes, Irna évoquant des rassemblements "d'ampleur limitée", sauf à Sirjan (centre) où les manifestations ont été "importantes".

"Une personne a été tuée" et plusieurs civils ont été blessés vendredi à Sirjan, a indiqué Mohammad Mahmoudabadi, gouverneur par intérim de la ville cité par l'agence de presse Isna, sans préciser la cause de sa mort.

"Les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'autorisation de tirer (sur les manifestants), juste de tirer (en l'air) en signe d'avertissement (...) ce qu'elles ont fait", a-t-il ajouté, en accusant "certains" de "détruire des biens publics, d'endommager des stations-service".

Les forces de sécurité ont empêché des manifestants de mettre le feu à des dépôts d'essence, selon Isna. 

- "Eléments perturbateurs" -

Dans le sud du pays, des "émeutiers" ont mis le feu vendredi à une banque à Ahvaz, et "des individus armés suspects" ont blessé plusieurs personnes en leur tirant dessus à Khoramshahr, selon le site internet de la télévision d'Etat qui ne fournit pas d'autres détails.

Le même jour, la police a tiré des grenades lacrymogènes dans plusieurs villes, a ajouté la télévision d'Etat sans préciser lesquelles.

La télévision a accusé des "médias hostiles" de relayer des "fake news" et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans lesquelles l'ampleur des manifestations est exagérée. 

Le procureur général Mohammad Jafar Montazéri a déclaré que la population ne s'associerait pas avec "les quelques éléments perturbateurs" dont les actions montrent qu'ils sont contre le système. 

Le président Hassan Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était alors secoué par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité.

- "Coopération" -

Le gouvernement iranien a annoncé une hausse d'au moins 50% du prix de l'essence. Pour les conducteurs détenteurs d'une carte pour faire le plein, le prix sera désormais de 15.000 rials (onze centimes d'euros) pour un maximum de 60 litres par mois et chaque litre supplémentaire coûtera 30.000 rials (22 centimes d'EUR).

L'Iran est l'un des pays où l'essence est la plus subventionnée. Encouragées par les prix bas, la consommation de carburant est élevée, avec 90 millions de litres consommés par jour pour 80 millions d'habitants, et la contrebande courante. 

Les bénéfices de la hausse du prix doivent être redistribués aux Iraniens qui sont "sous pression (économique)", soit près de 75% de la population, selon M. Rohani.

La mesure devrait rapporter 300.000 milliards de rials (environ 2,3 milliards EUR) par an, a dit le responsable de la Planification et du Budget, Mohammad Bagher Nobakht.

Selon lui, la réforme a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique -composé du président, du président du Parlement et du chef de la justice- qui s'est réuni samedi et a appelé à "la coopération de tous les secteurs" pour qu'elle soit mise en place vite.

Les premiers versements auront lieu sous 10 jours et iront de 550.000 rials (environ 4,2 euros au taux du marché libre) pour les couples à 2 millions de rials (15,8 euros) pour les foyers de cinq personnes et plus, selon M. Nobakht.

L'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays des retombées économiques qu'il espérait de ce pacte.

Les manifestations interviennent à un moment délicat pour les autorités, à quelques mois d'élections législatives, prévues en février.

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(16/11/2019 16:33)

Israël frappe le Hamas palestinien jusque-là à l'écart des violences

L'armée israélienne a bombardé samedi à l'aube dans la bande de Gaza des positions du Hamas, le mouvement islamiste palestinien resté jusque-là à l'écart des violences, témoignant de la fragilité d'une trêve en vigueur.

L'armée a annoncé avoir lancé des raids aériens sur la bande de Gaza, en riposte à des tirs depuis l'enclave, contrôlée par le Hamas, de deux roquettes interceptées selon elle par son bouclier antimissile "Dôme de fer".

La fragile trêve est entrée en vigueur jeudi après deux jours de violences déclenchées par une frappe israélienne qui a tué mardi à Gaza un commandant du Jihad islamique, un autre groupe armé jugé plus radical mais moins puissant dans l'enclave palestinienne.

Un cycle de violences qui ont au total coûté la vie à 34 Palestiniens, a suivi marqué par le tirs de plusieurs centaines de roquettes par le Jihad islamique sur Israël, qui n'ont pas fait de morts. 

Pendant les deux jours de violences, Israël n'a pas visé le Hamas, son ennemi juré.

Mais samedi, Israël a dit avoir visé des "cibles du Hamas" et non du Jihad islamique.

Deux camps militaires de "l'organisation terroriste du Hamas" ont été visés de même que "des infrastructures souterraines de l'organisation", a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué.

Selon des sources sécuritaires palestiniennes, les frappes ont visé deux sites du Hamas dans le nord de cette enclave, où vivent deux millions de Palestiniens sous blocus israélien. Il n'y a pas eu de victimes.

- Critiques -

Dans sa riposte aux tirs de roquettes du Jihad islamique, l'armée n'avait pas au début visé le Hamas, qui avait conclu par l'entremise de l'ONU, de l'Egypte et du Qatar un accord de trêve avec Israël ces derniers mois.

"Au cours de l'opération, nous avons établi une distinction entre le Hamas et le Jihad islamique", avait ainsi déclaré le porte-parole de l'armée israélienne. "Nous avons voulu garder le Hamas hors des combats".

On ignore qui a tiré les roquettes samedi.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été critiqué par ses rivaux politiques pour avoir épargné jusque-là le Hamas.

Ce mouvement avait semble-t-il choisi de ne pas s'impliquer dans les dernières violences, ne souhaitant vraisemblablement pas compromettre la trêve avec Israël qui prévoit aussi des millions de dollars en aide mensuelle pour la bande de Gaza, une enclave palestinienne pauvre et surpeuplée, et ravagée par les guerres.

Le nouveau cessez-le-feu entré en vigueur jeudi reste précaire, l'aviation ayant bombardé déjà vendredi des cibles à Gaza après des tirs de roquettes.

- Victimes civiles "inattendues" -

Peu avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les forces israéliennes avaient tué dans une frappe huit membres d'une même famille -Rasmi Abou Malhous ainsi que ses deux épouses et cinq enfants- à Deir al-Balah, dans le sud de la bande de Gaza. 

L'armée avait présenté Rasmi Abou Malhous comme un "commandant" du Jihad islamique. Le mouvement palestinien a affirmé qu'il était un simple "membre affilié".

Vendredi, l'armée a reconnu que cette frappe avait fait des victimes civiles "inattendues". Selon les informations dont l'armée disposait lors de la frappe, il n'était pas prévu que celle-ci fasse des victimes civiles, a-t-elle précisé.

"Les forces armées israéliennes enquêtent sur le tort causé à des civils lors de la frappe", a ajouté l'armée qui avait accusé cette semaine les combattants du Jihad islamique d'utiliser des "boucliers humains" pour se prémunir des frappes.

La séquence de mardi à jeudi est la plus meurtrière à Gaza depuis des heurts entre soldats israéliens et des groupes palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis.

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Israël frappe le Hamas palestinien jusque-là à l'écart des violences

L'armée israélienne a bombardé samedi à l'aube dans la bande de Gaza des positions du Hamas, le mouvement islamiste palestinien resté jusque-là à l'écart des violences, témoignant de la fragilité d'une trêve en vigueur.

L'armée a annoncé avoir lancé des raids aériens sur la bande de Gaza, en riposte à des tirs depuis l'enclave, contrôlée par le Hamas, de deux roquettes interceptées selon elle par son bouclier antimissile "Dôme de fer".

La fragile trêve est entrée en vigueur jeudi après deux jours de violences déclenchées par une frappe israélienne qui a tué mardi à Gaza un commandant du Jihad islamique, un autre groupe armé jugé plus radical mais moins puissant dans l'enclave palestinienne.

Un cycle de violences qui ont au total coûté la vie à 34 Palestiniens, a suivi marqué par le tirs de plusieurs centaines de roquettes par le Jihad islamique sur Israël, qui n'ont pas fait de morts. 

Pendant les deux jours de violences, Israël n'a pas visé le Hamas, son ennemi juré.

Mais samedi, Israël a dit avoir visé des "cibles du Hamas" et non du Jihad islamique.

Deux camps militaires de "l'organisation terroriste du Hamas" ont été visés de même que "des infrastructures souterraines de l'organisation", a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué.

Selon des sources sécuritaires palestiniennes, les frappes ont visé deux sites du Hamas dans le nord de cette enclave, où vivent deux millions de Palestiniens sous blocus israélien. Il n'y a pas eu de victimes.

- Critiques -

Dans sa riposte aux tirs de roquettes du Jihad islamique, l'armée n'avait pas au début visé le Hamas, qui avait conclu par l'entremise de l'ONU, de l'Egypte et du Qatar un accord de trêve avec Israël ces derniers mois.

"Au cours de l'opération, nous avons établi une distinction entre le Hamas et le Jihad islamique", avait ainsi déclaré le porte-parole de l'armée israélienne. "Nous avons voulu garder le Hamas hors des combats".

On ignore qui a tiré les roquettes samedi.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été critiqué par ses rivaux politiques pour avoir épargné jusque-là le Hamas.

Ce mouvement avait semble-t-il choisi de ne pas s'impliquer dans les dernières violences, ne souhaitant vraisemblablement pas compromettre la trêve avec Israël qui prévoit aussi des millions de dollars en aide mensuelle pour la bande de Gaza, une enclave palestinienne pauvre et surpeuplée, et ravagée par les guerres.

Le nouveau cessez-le-feu entré en vigueur jeudi reste précaire, l'aviation ayant bombardé déjà vendredi des cibles à Gaza après des tirs de roquettes.

- Victimes civiles "inattendues" -

Peu avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les forces israéliennes avaient tué dans une frappe huit membres d'une même famille -Rasmi Abou Malhous ainsi que ses deux épouses et cinq enfants- à Deir al-Balah, dans le sud de la bande de Gaza. 

L'armée avait présenté Rasmi Abou Malhous comme un "commandant" du Jihad islamique. Le mouvement palestinien a affirmé qu'il était un simple "membre affilié".

Vendredi, l'armée a reconnu que cette frappe avait fait des victimes civiles "inattendues". Selon les informations dont l'armée disposait lors de la frappe, il n'était pas prévu que celle-ci fasse des victimes civiles, a-t-elle précisé.

"Les forces armées israéliennes enquêtent sur le tort causé à des civils lors de la frappe", a ajouté l'armée qui avait accusé cette semaine les combattants du Jihad islamique d'utiliser des "boucliers humains" pour se prémunir des frappes.

La séquence de mardi à jeudi est la plus meurtrière à Gaza depuis des heurts entre soldats israéliens et des groupes palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis.

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(16/11/2019 12:22)

Élection présidentielle sous tension au Sri Lanka

Le Sri Lanka a voté samedi lors d'une élection présidentielle émaillée d'incidents, qui pourrait permettre le retour au pouvoir du puissant clan des Rajapaksa qui a gouverné l'île d'une main de fer pendant une décennie.

Presque cinq ans après la défaite électorale de Mahinda Rajapaksa, son petit frère Gotabaya, 70 ans, est en compétition féroce avec le candidat du parti au pouvoir, Sajith Premadasa, pour diriger l'État sri-lankais durant le prochain quinquennat.

Le pays de 21 millions d'habitants attend désormais de découvrir le nom de son futur président, après la fermeture des bureaux de vote à 17H00 locales (11H30 GMT). Les résultats devraient être connus dimanche, voire lundi si le score se révèle serré.

Quelques heures avant le début du scrutin, des hommes armés ont ouvert le feu sur un convoi d'une centaine de bus transportant des électeurs musulmans, sans faire de blessés, a annoncé la police.

Dans une zone à majorité tamoule du nord du pays, la police a signalé à la commission électorale des barrages illégaux de l'armée susceptibles d'empêcher des électeurs d'aller voter. Les forces de l'ordre ont également arrêté 10 hommes suspectés "d'essayer de créer des troubles".

Le vote des musulmans et tamouls, minorités globalement défavorables aux puissants Rajapaksa, pourrait jouer un rôle crucial dans ce scrutin incertain. Les observateurs interprètent ces incidents comme des tentatives de faire baisser le taux de participation de ces populations.

De telles tactiques sont courantes au Sri Lanka, qui a émergé il y a dix ans de quatre décennies d'une guerre civile qui a fait 100.000 morts. Lors de la précédente présidentielle en 2015, plusieurs explosions s'étaient produites dans le nord tamoul, dans le but selon les analystes de dissuader les citoyens alentour de se rendre aux urnes.

Les partisans de partis rivaux se sont aussi affrontés samedi dans une zone de plantations de thé à 90 kilomètres à l'est de la capitale Colombo. Deux personnes ont été transportées à l'hôpital avec des blessures à l'arme blanche suite à ces heurts, a indiqué la commission électorale.

Selon des chiffres préliminaires, la participation devrait s'établir à un niveau proche de celui de la présidentielle de 2015, où elle avait été de 81,5%.

- Affaires de familles -

Lieutenant-colonel à la retraite, Gotabaya Rajapaksa est pour cette élection le représentant de la sulfureuse famille des Rajapaksa. L'ancien militaire était l'une des clés de voûte du régime de son frère Mahinda (2005-2015), empêché par la Constitution actuelle de se présenter, et son élection marquerait le retour aux affaires de la fratrie.

En tant que plus haut responsable du ministère de la Défense à l'époque, Gotabaya commandait de fait les armées sri-lankaises au moment de l'écrasement de la rébellion séparatiste tamoule en 2009. 40.000 civils tamouls ont péri au cours de cette ultime offensive, selon les défenseurs des droits humains qui accusent les Rajapaksa de crimes de guerre.

Ce bain de sang avait sonné la fin de 37 ans de guerre civile et vaut aux Rajapaksa d'être adulés au sein de la majorité ethnique cinghalaise, mais détestés et craints par la minorité tamoule qui constitue 15% des 21,6 millions de Sri-Lankais.

"Gotabaya protègera notre pays, nous le connaissons bien", a déclaré à l'AFP Wasantha Samarajjeew, un ouvrier de 51 ans venu voter à Colombo.

La posture d'homme fort adoptée par Gotabaya, qui promet de combattre la corruption et l'extrémisme islamiste dans une nation traumatisée par les attentats jihadistes du 21 avril qui ont fait 269 morts, lui vaut le surnom de "Terminator" au sein de sa famille.

Par contraste, son principal rival Sajith Premadasa, 52 ans et fils d'un président assassiné par la guérilla en 1993, est un responsable politique discret qui espère mobiliser le vote des femmes en promettant d'améliorer l'hygiène menstruelle.

Gotabaya Rajapaksa est notamment accusé - ce qu'il nie - d'avoir dirigé sous la présidence de son frère des "escadrons de la mort" qui ont enlevé à bord de camionnettes blanches des dizaines de Tamouls, d'opposants politiques ou de journalistes. Certains de leurs corps ont été ensuite jetés sur la route, d'autres n'ont jamais été retrouvés.

Un retour au pouvoir des Rajapaksa préoccupe aussi l'Inde voisine et les Occidentaux en raison de la proximité du clan avec la Chine.

Pékin a prêté des milliards de dollars au Sri Lanka pendant les deux mandats de Mahinda Rajapaksa pour de grands projets d'infrastructures, une dette colossale qui place ce pays stratégique de l'océan Indien dans une situation de dépendance vis-à-vis de la Chine.

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Élection présidentielle sous tension au Sri Lanka

Le Sri Lanka a voté samedi lors d'une élection présidentielle émaillée d'incidents, qui pourrait permettre le retour au pouvoir du puissant clan des Rajapaksa qui a gouverné l'île d'une main de fer pendant une décennie.

Presque cinq ans après la défaite électorale de Mahinda Rajapaksa, son petit frère Gotabaya, 70 ans, est en compétition féroce avec le candidat du parti au pouvoir, Sajith Premadasa, pour diriger l'État sri-lankais durant le prochain quinquennat.

Le pays de 21 millions d'habitants attend désormais de découvrir le nom de son futur président, après la fermeture des bureaux de vote à 17H00 locales (11H30 GMT). Les résultats devraient être connus dimanche, voire lundi si le score se révèle serré.

Quelques heures avant le début du scrutin, des hommes armés ont ouvert le feu sur un convoi d'une centaine de bus transportant des électeurs musulmans, sans faire de blessés, a annoncé la police.

Dans une zone à majorité tamoule du nord du pays, la police a signalé à la commission électorale des barrages illégaux de l'armée susceptibles d'empêcher des électeurs d'aller voter. Les forces de l'ordre ont également arrêté 10 hommes suspectés "d'essayer de créer des troubles".

Le vote des musulmans et tamouls, minorités globalement défavorables aux puissants Rajapaksa, pourrait jouer un rôle crucial dans ce scrutin incertain. Les observateurs interprètent ces incidents comme des tentatives de faire baisser le taux de participation de ces populations.

De telles tactiques sont courantes au Sri Lanka, qui a émergé il y a dix ans de quatre décennies d'une guerre civile qui a fait 100.000 morts. Lors de la précédente présidentielle en 2015, plusieurs explosions s'étaient produites dans le nord tamoul, dans le but selon les analystes de dissuader les citoyens alentour de se rendre aux urnes.

Les partisans de partis rivaux se sont aussi affrontés samedi dans une zone de plantations de thé à 90 kilomètres à l'est de la capitale Colombo. Deux personnes ont été transportées à l'hôpital avec des blessures à l'arme blanche suite à ces heurts, a indiqué la commission électorale.

Selon des chiffres préliminaires, la participation devrait s'établir à un niveau proche de celui de la présidentielle de 2015, où elle avait été de 81,5%.

- Affaires de familles -

Lieutenant-colonel à la retraite, Gotabaya Rajapaksa est pour cette élection le représentant de la sulfureuse famille des Rajapaksa. L'ancien militaire était l'une des clés de voûte du régime de son frère Mahinda (2005-2015), empêché par la Constitution actuelle de se présenter, et son élection marquerait le retour aux affaires de la fratrie.

En tant que plus haut responsable du ministère de la Défense à l'époque, Gotabaya commandait de fait les armées sri-lankaises au moment de l'écrasement de la rébellion séparatiste tamoule en 2009. 40.000 civils tamouls ont péri au cours de cette ultime offensive, selon les défenseurs des droits humains qui accusent les Rajapaksa de crimes de guerre.

Ce bain de sang avait sonné la fin de 37 ans de guerre civile et vaut aux Rajapaksa d'être adulés au sein de la majorité ethnique cinghalaise, mais détestés et craints par la minorité tamoule qui constitue 15% des 21,6 millions de Sri-Lankais.

"Gotabaya protègera notre pays, nous le connaissons bien", a déclaré à l'AFP Wasantha Samarajjeew, un ouvrier de 51 ans venu voter à Colombo.

La posture d'homme fort adoptée par Gotabaya, qui promet de combattre la corruption et l'extrémisme islamiste dans une nation traumatisée par les attentats jihadistes du 21 avril qui ont fait 269 morts, lui vaut le surnom de "Terminator" au sein de sa famille.

Par contraste, son principal rival Sajith Premadasa, 52 ans et fils d'un président assassiné par la guérilla en 1993, est un responsable politique discret qui espère mobiliser le vote des femmes en promettant d'améliorer l'hygiène menstruelle.

Gotabaya Rajapaksa est notamment accusé - ce qu'il nie - d'avoir dirigé sous la présidence de son frère des "escadrons de la mort" qui ont enlevé à bord de camionnettes blanches des dizaines de Tamouls, d'opposants politiques ou de journalistes. Certains de leurs corps ont été ensuite jetés sur la route, d'autres n'ont jamais été retrouvés.

Un retour au pouvoir des Rajapaksa préoccupe aussi l'Inde voisine et les Occidentaux en raison de la proximité du clan avec la Chine.

Pékin a prêté des milliards de dollars au Sri Lanka pendant les deux mandats de Mahinda Rajapaksa pour de grands projets d'infrastructures, une dette colossale qui place ce pays stratégique de l'océan Indien dans une situation de dépendance vis-à-vis de la Chine.

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(16/11/2019 15:16)

Destitution: passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu son "droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le milliardaire, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Une menace diffuse" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Jurant n'avoir "aucun parti pris politique", elle a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans le reste du monde.

Après cinq heures d'audition ponctuées par des marques de respect unanimes à son égard, l'ancienne ambassadrice a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêts".

- "Dans la poche" -

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Vendredi, un employé de l'ambassade des Etats-Unis à Kiev, David Holmes, a évoqué lors d'une audition à huis clos une conversation téléphonique que l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland, alors assis auprès de lui, aurait eu en juillet avec Donald Trump depuis un restaurant de la capitale ukrainienne.

Selon une copie de la déclaration liminaire de M. Holmes obtenue par CNN, M. Sondland aurait dit au milliardaire républicain qu'il avait M. Zelensky "dans (sa) poche".  

"Est-ce qu'il va donc enquêter?", sur Joe Biden, aurait alors demandé M. Trump avant de se voir répondre que le président ukrainien était prêt à faire "tout" ce qu'il lui demandait.

Ce témoignage pourrait prouver l'implication directe de Donald Trump, qui ne cesse de se dire victime d'une "chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, potentiellement chargé de le juger, il devrait cependant échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation ("impeachment") à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne pour la présidentielle de 2020.

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Destitution: passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu son "droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le milliardaire, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Une menace diffuse" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Jurant n'avoir "aucun parti pris politique", elle a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans le reste du monde.

Après cinq heures d'audition ponctuées par des marques de respect unanimes à son égard, l'ancienne ambassadrice a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêts".

- "Dans la poche" -

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Vendredi, un employé de l'ambassade des Etats-Unis à Kiev, David Holmes, a évoqué lors d'une audition à huis clos une conversation téléphonique que l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland, alors assis auprès de lui, aurait eu en juillet avec Donald Trump depuis un restaurant de la capitale ukrainienne.

Selon une copie de la déclaration liminaire de M. Holmes obtenue par CNN, M. Sondland aurait dit au milliardaire républicain qu'il avait M. Zelensky "dans (sa) poche".  

"Est-ce qu'il va donc enquêter?", sur Joe Biden, aurait alors demandé M. Trump avant de se voir répondre que le président ukrainien était prêt à faire "tout" ce qu'il lui demandait.

Ce témoignage pourrait prouver l'implication directe de Donald Trump, qui ne cesse de se dire victime d'une "chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, potentiellement chargé de le juger, il devrait cependant échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation ("impeachment") à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne pour la présidentielle de 2020.

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(16/11/2019 12:03)

Plus de 200.000 manifestants à Prague contre le Premier ministre, 30 ans après la Révolution de velours

Plus de 200.000 Tchèques, selon la police, ont investi samedi le centre de Prague pour demander le départ du Premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours qui a renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un conflit d'intérêts possible autour de son holding Agrofert regroupant différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique. 

Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations.

M. Babis est aussi identifié comme agent, dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti. 

Son gouvernement de coalition minoritaire est soutenu au parlement par le parti communiste. 

"Plus de 200.000 personnes" participent à la manifestation "alors que d'autres continuent à affluer" sur la plaine de Letna, dans le centre de Prague, a indiqué la police tchèque sur son compte twitter.

"Je n'aime vraiment pas les mensonges de notre Premier ministre", a déclaré à l'AFP Josef Plandor, un manifestant originaire du village de Zasova, dans l'est de la République tchèque. 

"Son énorme conflit d'intérêts, ses mensonges, ses fraudes, c'est trop. Ce n'est pas un homme honnête", a insisté ce forestier de 43 ans.

Le mouvement Million de moments pour la démocratie, organisateur de la manifestation, a appelé le Premier ministre à trouver une solution à ses conflits d'intérêts ou à se retirer. 

La manifestation se tient la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours: des manifestations sans précédent et une grève générale qui ont mis fin à quatre décennies de totalitarisme imposé par l'Union soviétique dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

Quelque 250.000 personnes s'étaient rassemblées à Prague en juin pour demander à M. Babis de se retirer, lors de la plus grande manifestation jamais organisée depuis la Révolution de velours.

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Plus de 200.000 manifestants à Prague contre le Premier ministre, 30 ans après la Révolution de velours

Plus de 200.000 Tchèques, selon la police, ont investi samedi le centre de Prague pour demander le départ du Premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours qui a renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un conflit d'intérêts possible autour de son holding Agrofert regroupant différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique. 

Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations.

M. Babis est aussi identifié comme agent, dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti. 

Son gouvernement de coalition minoritaire est soutenu au parlement par le parti communiste. 

"Plus de 200.000 personnes" participent à la manifestation "alors que d'autres continuent à affluer" sur la plaine de Letna, dans le centre de Prague, a indiqué la police tchèque sur son compte twitter.

"Je n'aime vraiment pas les mensonges de notre Premier ministre", a déclaré à l'AFP Josef Plandor, un manifestant originaire du village de Zasova, dans l'est de la République tchèque. 

"Son énorme conflit d'intérêts, ses mensonges, ses fraudes, c'est trop. Ce n'est pas un homme honnête", a insisté ce forestier de 43 ans.

Le mouvement Million de moments pour la démocratie, organisateur de la manifestation, a appelé le Premier ministre à trouver une solution à ses conflits d'intérêts ou à se retirer. 

La manifestation se tient la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours: des manifestations sans précédent et une grève générale qui ont mis fin à quatre décennies de totalitarisme imposé par l'Union soviétique dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

Quelque 250.000 personnes s'étaient rassemblées à Prague en juin pour demander à M. Babis de se retirer, lors de la plus grande manifestation jamais organisée depuis la Révolution de velours.

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(16/11/2019 19:52)

Des manifestants reprennent leur sit-in sur un pont de Bagdad

Des manifestants antigouvernementaux ont repris leur sit-in samedi sur un pont de Bagdad après un recul des forces de sécurité consécutifs à des heurts avec les protestataires, selon des correspondants de l'AFP sur place.

Une grève générale est par ailleurs prévue dimanche, ont annoncé des groupes de manifestants sur les réseaux sociaux.

Depuis plus de trois semaines, des manifestants sont rassemblés sur la place Tahrir dans la capitale irakienne, réclamant le départ de la classe politique jugée corrompue et incompétente.

Ils ont également campé sur quatre ponts sur le Tigre, reliant l'est de Bagdad à l'ouest où se trouve la Zone verte abritant des bâtiments gouvernementaux et des ambassades étrangères.

Mais il y a deux semaines, les forces de sécurité ont chassé les manifestants de trois de ces ponts et des secteurs avoisinants, les obligeant à se replier sur la place Tahrir et le pont Al-Joumhouriya.

Samedi matin, des unités des forces de l'ordre se sont retirées de certains de ces secteurs, théâtres de heurts avec les manifestants ces derniers jours. Une foule de manifestants a alors repris son sit-in à l'entrée du pont Al-Sinek. 

"Les forces de sécurité se sont retirées derrière une barrière en béton sur le pont", a déclaré un manifestant à l'AFP.

Une femme âgée, venue de la ville portuaire de Bassora (sud) pour se joindre aux rassemblements, a applaudi en signe de soutien.

"Vous ne nous avez pas seulement perdus mais vous avez perdu tout l'Irak", a-t-elle déclaré à l'adresse du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. "Ce soir, nous serons dans la Zone verte", qui abrite notamment le bureau de M. Mahdi.

Des dizaines de personnes se sont déployées sur un grand parking près du pont Al-Sinek, déployant une pancarte de soutien aux manifestants qui campent sur la place Tahrir, toute proche.

Tard vendredi, une personne est morte et une dizaine d'autres ont été blessées dans l'explosion d'un engin piégé sur cette place, épicentre du mouvement de protestation, selon un communiqué officiel.

Après l'explosion, des petits groupes de manifestants se sont installés autour de la place pour fouiller tous ceux qui y entrent.

"Il y a eu une brèche dans la sécurité et c'est pour cela que cette explosion s'est produite", a déclaré à l'AFP Abou Karrar al-Basraoui, un homme venu de Bassora qui s'est porté volontaire pour ces fouilles. "Mais nous avons multiplié nos points de contrôle pour que cela ne se reproduise plus."

Vendredi soir également, un manifestant, Adnan Rustum, a été tué par des tirs près de son domicile à Bagdad, ont indiqué ses proches à des médias locaux. Et samedi, une personne est morte après avoir été blessée la veille lors d'une manifestation à Nassiriya, plus au sud.

Le mouvement de révolte, qui a débuté le 1er octobre, a été émaillé de violences qui ont coûté la vie à plus de 330 personnes, en majorité des manifestants.

Il s'agit du premier mouvement de contestation spontané en Irak, où la classe politique est quasi inchangée depuis la fin en 2003 de la dictature de Saddam Hussein renversé après l'invasion américaine du pays.

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Des manifestants reprennent leur sit-in sur un pont de Bagdad

Des manifestants antigouvernementaux ont repris leur sit-in samedi sur un pont de Bagdad après un recul des forces de sécurité consécutifs à des heurts avec les protestataires, selon des correspondants de l'AFP sur place.

Une grève générale est par ailleurs prévue dimanche, ont annoncé des groupes de manifestants sur les réseaux sociaux.

Depuis plus de trois semaines, des manifestants sont rassemblés sur la place Tahrir dans la capitale irakienne, réclamant le départ de la classe politique jugée corrompue et incompétente.

Ils ont également campé sur quatre ponts sur le Tigre, reliant l'est de Bagdad à l'ouest où se trouve la Zone verte abritant des bâtiments gouvernementaux et des ambassades étrangères.

Mais il y a deux semaines, les forces de sécurité ont chassé les manifestants de trois de ces ponts et des secteurs avoisinants, les obligeant à se replier sur la place Tahrir et le pont Al-Joumhouriya.

Samedi matin, des unités des forces de l'ordre se sont retirées de certains de ces secteurs, théâtres de heurts avec les manifestants ces derniers jours. Une foule de manifestants a alors repris son sit-in à l'entrée du pont Al-Sinek. 

"Les forces de sécurité se sont retirées derrière une barrière en béton sur le pont", a déclaré un manifestant à l'AFP.

Une femme âgée, venue de la ville portuaire de Bassora (sud) pour se joindre aux rassemblements, a applaudi en signe de soutien.

"Vous ne nous avez pas seulement perdus mais vous avez perdu tout l'Irak", a-t-elle déclaré à l'adresse du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. "Ce soir, nous serons dans la Zone verte", qui abrite notamment le bureau de M. Mahdi.

Des dizaines de personnes se sont déployées sur un grand parking près du pont Al-Sinek, déployant une pancarte de soutien aux manifestants qui campent sur la place Tahrir, toute proche.

Tard vendredi, une personne est morte et une dizaine d'autres ont été blessées dans l'explosion d'un engin piégé sur cette place, épicentre du mouvement de protestation, selon un communiqué officiel.

Après l'explosion, des petits groupes de manifestants se sont installés autour de la place pour fouiller tous ceux qui y entrent.

"Il y a eu une brèche dans la sécurité et c'est pour cela que cette explosion s'est produite", a déclaré à l'AFP Abou Karrar al-Basraoui, un homme venu de Bassora qui s'est porté volontaire pour ces fouilles. "Mais nous avons multiplié nos points de contrôle pour que cela ne se reproduise plus."

Vendredi soir également, un manifestant, Adnan Rustum, a été tué par des tirs près de son domicile à Bagdad, ont indiqué ses proches à des médias locaux. Et samedi, une personne est morte après avoir été blessée la veille lors d'une manifestation à Nassiriya, plus au sud.

Le mouvement de révolte, qui a débuté le 1er octobre, a été émaillé de violences qui ont coûté la vie à plus de 330 personnes, en majorité des manifestants.

Il s'agit du premier mouvement de contestation spontané en Irak, où la classe politique est quasi inchangée depuis la fin en 2003 de la dictature de Saddam Hussein renversé après l'invasion américaine du pays.

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(16/11/2019 19:29)

Le niveau d'alerte baisse légèrement à Venise, toujours inondée

Le niveau d'alerte météorologique a été légèrement baissé samedi à Venise, toujours inondée et placée sous état d'urgence au lendemain d'un nouveau pic de marée haute qui a dévasté la fragile cité lacustre.

La protection civile italienne a rétrogradé le niveau d'alerte de "rouge" à "orange" samedi, même si le risque de marée et de vents violents n'était pas écarté. Vendredi, l'"acqua alta", ou marée haute a atteint 1,54 mètre et conduit à la fermeture pendant plusieurs heures de l'emblématique place Saint-Marc.

Mardi soir, Venise avait connu sa pire marée haute en 53 ans (1,87 m, soit le deuxième record historique derrière celui du 4 novembre 1966 (1,94 m). L'eau a envahi les églises, commerces, musées et hôtels de ce joyau classé au patrimoine mondial. 

Comme beaucoup d'institutions culturelles, le musée Guggenheim avait prévu de rouvrir vendredi mais a changé d'avis "en raison de conditions météo qui empirent".

La plupart des distributeurs de billets étaient hors d'usage samedi dans la ville.

- Premières annulations -

"C'est choquant de voir cela, d'avoir de l'eau jusqu'aux genoux", a dit à l'AFP Oscar Calzada, un touriste mexicain de 19 ans.

Le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, venu vendredi constater sur place les dégâts, estime que les travaux de réparation seront considérables. Plus de 50 églises ont été endommagées, a-t-il noté.

"Toutes les réserves qui sont en sous-sol sont perdues !", se lamentait Luciano, un habitant de Venise et employé d’un magasin place Saint-Marc. 

Venise reçoit 36 millions de touristes par an dont 90% d'étrangers.

Des hôtels, dont la Locanda Al Leon, commencent à déplorer des annulations pour les fêtes de fin d'année.

Le maire de Venise a annoncé vendredi l'ouverture d'un compte bancaire pour tous ceux qui, en Italie et à l'étranger, souhaitent contribuer aux réparations. "Venise, endroit unique, est l'héritage de tout le monde. Grâce à votre aide, Venise brillera de nouveau", a-t-il écrit dans un communiqué.

"Cela serait un péché de ne plus voir ces endroits. Je crois que tout le monde devrait mettre la main à la poche", a dit à l'AFP Nicole Righetti, une touriste italienne.

Diana Ramirez, une Colombienne habitant aux Etats-Unis, est aussi partisane de la solidarité : "Cela va coûter beaucoup d'argent à Venise, ce n'est pas une mauvaise chose de demander aux touristes étrangers s'ils peuvent aider".

Jeudi soir, le gouvernement du Premier ministre Giuseppe Conte avait approuvé l'instauration de l'état d'urgence à Venise et annoncé le déblocage de 20 millions d'euros "pour les interventions les plus urgentes".

Cette procédure d'état d'urgence, souvent utilisée dans une Italie régulièrement frappée par des désastres (séismes, éruptions volcaniques et glissements de terrain), dote le gouvernement de "pouvoirs et moyens exceptionnels".

- "Tropicalisation" de la météo -

La Sérénissime, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d'engloutissement. Elle s'est enfoncée de 30 centimètres dans la mer Adriatique en un siècle.

Pour le ministre de l'Environnement Sergio Costa, la fragilité de Venise s'est accrue en raison de la "tropicalisation" de la météo, avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent, liée au réchauffement climatique. 

Les écologistes montrent aussi du doigt l'expansion du grand port industriel de Marghera, situé en face de Venise, et le défilé des bateaux de croisière géants.

L'"acqua alta" record de mardi a submergé 80% de la cité, provoqué la mort d'un septuagénaire et renversé des gondoles ainsi que des vaporetti, (bateaux de transport public).

De nombreux responsables, dont le maire de Venise, ont appelé à mettre en service "au plus vite" le projet de digues MOSE (Moïse en italien, acronyme de Module expérimental électromécanique).

Lancé en 2003 et retardé par des malfaçons et des enquêtes pour corruption, Moïse s'appuie sur 78 digues flottantes qui se relèvent et barrent l'accès à la lagune en cas de montée des eaux de l'Adriatique jusqu'à trois mètres de hauteur. De récents tests ont permis d'identifier des vibrations et de la rouille mais, selon M. Conte, il est "prêt à 93%" et sera "achevé au printemps 2021".

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Le niveau d'alerte baisse légèrement à Venise, toujours inondée

Le niveau d'alerte météorologique a été légèrement baissé samedi à Venise, toujours inondée et placée sous état d'urgence au lendemain d'un nouveau pic de marée haute qui a dévasté la fragile cité lacustre.

La protection civile italienne a rétrogradé le niveau d'alerte de "rouge" à "orange" samedi, même si le risque de marée et de vents violents n'était pas écarté. Vendredi, l'"acqua alta", ou marée haute a atteint 1,54 mètre et conduit à la fermeture pendant plusieurs heures de l'emblématique place Saint-Marc.

Mardi soir, Venise avait connu sa pire marée haute en 53 ans (1,87 m, soit le deuxième record historique derrière celui du 4 novembre 1966 (1,94 m). L'eau a envahi les églises, commerces, musées et hôtels de ce joyau classé au patrimoine mondial. 

Comme beaucoup d'institutions culturelles, le musée Guggenheim avait prévu de rouvrir vendredi mais a changé d'avis "en raison de conditions météo qui empirent".

La plupart des distributeurs de billets étaient hors d'usage samedi dans la ville.

- Premières annulations -

"C'est choquant de voir cela, d'avoir de l'eau jusqu'aux genoux", a dit à l'AFP Oscar Calzada, un touriste mexicain de 19 ans.

Le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, venu vendredi constater sur place les dégâts, estime que les travaux de réparation seront considérables. Plus de 50 églises ont été endommagées, a-t-il noté.

"Toutes les réserves qui sont en sous-sol sont perdues !", se lamentait Luciano, un habitant de Venise et employé d’un magasin place Saint-Marc. 

Venise reçoit 36 millions de touristes par an dont 90% d'étrangers.

Des hôtels, dont la Locanda Al Leon, commencent à déplorer des annulations pour les fêtes de fin d'année.

Le maire de Venise a annoncé vendredi l'ouverture d'un compte bancaire pour tous ceux qui, en Italie et à l'étranger, souhaitent contribuer aux réparations. "Venise, endroit unique, est l'héritage de tout le monde. Grâce à votre aide, Venise brillera de nouveau", a-t-il écrit dans un communiqué.

"Cela serait un péché de ne plus voir ces endroits. Je crois que tout le monde devrait mettre la main à la poche", a dit à l'AFP Nicole Righetti, une touriste italienne.

Diana Ramirez, une Colombienne habitant aux Etats-Unis, est aussi partisane de la solidarité : "Cela va coûter beaucoup d'argent à Venise, ce n'est pas une mauvaise chose de demander aux touristes étrangers s'ils peuvent aider".

Jeudi soir, le gouvernement du Premier ministre Giuseppe Conte avait approuvé l'instauration de l'état d'urgence à Venise et annoncé le déblocage de 20 millions d'euros "pour les interventions les plus urgentes".

Cette procédure d'état d'urgence, souvent utilisée dans une Italie régulièrement frappée par des désastres (séismes, éruptions volcaniques et glissements de terrain), dote le gouvernement de "pouvoirs et moyens exceptionnels".

- "Tropicalisation" de la météo -

La Sérénissime, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d'engloutissement. Elle s'est enfoncée de 30 centimètres dans la mer Adriatique en un siècle.

Pour le ministre de l'Environnement Sergio Costa, la fragilité de Venise s'est accrue en raison de la "tropicalisation" de la météo, avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent, liée au réchauffement climatique. 

Les écologistes montrent aussi du doigt l'expansion du grand port industriel de Marghera, situé en face de Venise, et le défilé des bateaux de croisière géants.

L'"acqua alta" record de mardi a submergé 80% de la cité, provoqué la mort d'un septuagénaire et renversé des gondoles ainsi que des vaporetti, (bateaux de transport public).

De nombreux responsables, dont le maire de Venise, ont appelé à mettre en service "au plus vite" le projet de digues MOSE (Moïse en italien, acronyme de Module expérimental électromécanique).

Lancé en 2003 et retardé par des malfaçons et des enquêtes pour corruption, Moïse s'appuie sur 78 digues flottantes qui se relèvent et barrent l'accès à la lagune en cas de montée des eaux de l'Adriatique jusqu'à trois mètres de hauteur. De récents tests ont permis d'identifier des vibrations et de la rouille mais, selon M. Conte, il est "prêt à 93%" et sera "achevé au printemps 2021".

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(16/11/2019 16:53)

Bolivie: El Alto l'endormie se réveille pour soutenir Evo Morales

Lourdes a la rage: "Nous nous sentons humiliés". A El Alto, ville jumelle de La Paz, l'arrivée à la tête de la Bolivie de Jeanine Añez ne passe pas. Ici, entre manifestations et grèves, on tient à Evo Morales et on le fait savoir.

"Cette présidente n'est pas présidente. Elle s'est auto-proclamée, un point c'est tout", enrage Lourdes Chino Lima. Comme l'immense majorité des habitants d'El Alto, une ville d'ordinaire calme perchée à 4.000 mètres d'altitude, Lourdes continue à soutenir l'ex-président Evo Morales qui a démissionné dimanche.

A l'issue de la présidentielle controversée du 20 octobre, Evo Morales, qui cherchait à obtenir un quatrième mandat, s'est proclamé vainqueur, provoquant des manifestations parfois violentes de l'opposition qui accusait le président de fraude. Acculé, lâché par l'armée, Evo Morales a démissionné et est parti en exil au Mexique.

Et lorsque Jeanine Añez est devenue présidente par intérim du pays andin mardi, Lourdes s'est sentie "humiliée".

Le contraste entre Mme Añez et Evo Morales ne saurait être plus flagrant. 

D'un côté, celui qui a dirigé la Bolivie pendant près de 14 ans. Indigène, athée revendiqué, proche du défunt président vénézuélien Hugo Chavez en particulier et des gouvernements de gauche latino-américains en général, il est populaire dans les milieux indigènes les plus humbles, comme à El Alto et son million d'habitants.

- Un "coup d'Etat" -

De l'autre, Jeanine Añez est avocate, conservatrice, ancienne sénatrice et fièrement chrétienne.

Lorsque Mme Añez a ceint l'écharpe tricolore mardi et s'est proclamée présidente de la Bolivie, El Alto s'est rebellé.

"Certaines règles (relatives à la proclamation de la présidente, ndlr) n'ont pas été respectées, dont le règlement interne de l'Assemblée législative plurinationale (le Parlement, ndlr)", s'échauffe Jorge Cevallos.

En signe de protestation, les habitants d'El Alto se sont mis en "grève civique" indéfinie. Certains dénoncent un "coup d'Etat" contre Evo Morales.

Dans la deuxième ville de Bolivie par la taille et la plus jeune du pays, les Wiphalas, le drapeau andin indigène multicolore adopté comme symbole national par Evo Morales, sont bien plus nombreuses que dans le reste du pays à flotter au vent.

Et depuis trois jours, les "Alteños" descendent par milliers dans les rues de La Paz, en contrebas, pour manifester en faveur d'Evo Morales. Souvent, les manifestantes portent la "pollera", la jupe traditionnelle des Améridiennes aymara. Nombre de manifestants mâchent des feuilles de coca, une pratique andine ancestrale pour résister au froid et à la fatigue.

- "Nous devons parler" -

A El Alto, la "grève civique" se traduit par la fermeture des magasins, des écoles, des universités. Des barrages ont été érigés dans les rues et sur les routes qui mènent à La Paz, à 10 km de là.

"Je ne suis d'aucun parti, je ne soutiens pas Evo, je ne soutiens personne. Je suis simplement une Bolivienne qui a la rage. J'en ai marre", lance Dominga Apaso.

Des rochers et des pneus bloquent l'accès à la raffinerie Senkanta, d'où sortent tous les combustibles (essence, gaz...) consommés à La Paz et El Alto. Une action qu'a condamnée la présidente par intérim Jeanine Añez. Elle affirme qu'une "pénurie" commence déjà à se faire sentir "dans les foyers".

Des journalistes de l'AFP ont observé de longues files d'attente devant plusieurs stations-service de La Paz et d'El Alto.

Et les barrages dressés sur les routes d'El Alto, qui relient La Paz au reste du pays, menacent aussi l'approvisionnement de la capitale administrative en aliments.

"Si la présidente veut la pacification, nous devons parler, nous devons nous parler. Elle ne va rien imposer à El Alto", explique un habitant qui ne souhaite pas donner son nom.

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Bolivie: El Alto l'endormie se réveille pour soutenir Evo Morales

Lourdes a la rage: "Nous nous sentons humiliés". A El Alto, ville jumelle de La Paz, l'arrivée à la tête de la Bolivie de Jeanine Añez ne passe pas. Ici, entre manifestations et grèves, on tient à Evo Morales et on le fait savoir.

"Cette présidente n'est pas présidente. Elle s'est auto-proclamée, un point c'est tout", enrage Lourdes Chino Lima. Comme l'immense majorité des habitants d'El Alto, une ville d'ordinaire calme perchée à 4.000 mètres d'altitude, Lourdes continue à soutenir l'ex-président Evo Morales qui a démissionné dimanche.

A l'issue de la présidentielle controversée du 20 octobre, Evo Morales, qui cherchait à obtenir un quatrième mandat, s'est proclamé vainqueur, provoquant des manifestations parfois violentes de l'opposition qui accusait le président de fraude. Acculé, lâché par l'armée, Evo Morales a démissionné et est parti en exil au Mexique.

Et lorsque Jeanine Añez est devenue présidente par intérim du pays andin mardi, Lourdes s'est sentie "humiliée".

Le contraste entre Mme Añez et Evo Morales ne saurait être plus flagrant. 

D'un côté, celui qui a dirigé la Bolivie pendant près de 14 ans. Indigène, athée revendiqué, proche du défunt président vénézuélien Hugo Chavez en particulier et des gouvernements de gauche latino-américains en général, il est populaire dans les milieux indigènes les plus humbles, comme à El Alto et son million d'habitants.

- Un "coup d'Etat" -

De l'autre, Jeanine Añez est avocate, conservatrice, ancienne sénatrice et fièrement chrétienne.

Lorsque Mme Añez a ceint l'écharpe tricolore mardi et s'est proclamée présidente de la Bolivie, El Alto s'est rebellé.

"Certaines règles (relatives à la proclamation de la présidente, ndlr) n'ont pas été respectées, dont le règlement interne de l'Assemblée législative plurinationale (le Parlement, ndlr)", s'échauffe Jorge Cevallos.

En signe de protestation, les habitants d'El Alto se sont mis en "grève civique" indéfinie. Certains dénoncent un "coup d'Etat" contre Evo Morales.

Dans la deuxième ville de Bolivie par la taille et la plus jeune du pays, les Wiphalas, le drapeau andin indigène multicolore adopté comme symbole national par Evo Morales, sont bien plus nombreuses que dans le reste du pays à flotter au vent.

Et depuis trois jours, les "Alteños" descendent par milliers dans les rues de La Paz, en contrebas, pour manifester en faveur d'Evo Morales. Souvent, les manifestantes portent la "pollera", la jupe traditionnelle des Améridiennes aymara. Nombre de manifestants mâchent des feuilles de coca, une pratique andine ancestrale pour résister au froid et à la fatigue.

- "Nous devons parler" -

A El Alto, la "grève civique" se traduit par la fermeture des magasins, des écoles, des universités. Des barrages ont été érigés dans les rues et sur les routes qui mènent à La Paz, à 10 km de là.

"Je ne suis d'aucun parti, je ne soutiens pas Evo, je ne soutiens personne. Je suis simplement une Bolivienne qui a la rage. J'en ai marre", lance Dominga Apaso.

Des rochers et des pneus bloquent l'accès à la raffinerie Senkanta, d'où sortent tous les combustibles (essence, gaz...) consommés à La Paz et El Alto. Une action qu'a condamnée la présidente par intérim Jeanine Añez. Elle affirme qu'une "pénurie" commence déjà à se faire sentir "dans les foyers".

Des journalistes de l'AFP ont observé de longues files d'attente devant plusieurs stations-service de La Paz et d'El Alto.

Et les barrages dressés sur les routes d'El Alto, qui relient La Paz au reste du pays, menacent aussi l'approvisionnement de la capitale administrative en aliments.

"Si la présidente veut la pacification, nous devons parler, nous devons nous parler. Elle ne va rien imposer à El Alto", explique un habitant qui ne souhaite pas donner son nom.

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(16/11/2019 12:34)

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