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Portugal: mobilisation exceptionnelle pour lutter contre un vaste incendie

Avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont repris leur noria dimanche pour appuyer les pompiers qui luttent contre un incendie faisant rage depuis samedi dans une région montagneuse du centre du Portugal où le feu avait tué une centaine de personnes en 2017.

Les flammes ont fait vingt blessés dans la région de Castelo Branco, huit pompiers et douze civils, selon un bilan du ministère de l'Intérieur. Un civil grièvement brûlé a été évacué en hélicoptère vers Lisbonne, à 200 kilomètres au sud du sinistre.

A 12H30 (11H30 GMT), plus de 1.300 pompiers et 400 véhicules étaient engagés dans la lutte contre les flammes, selon le site de la Protection civile. Une importante partie de ce dispositif d'une ampleur rarement atteinte a été concentrée sur un grand incendie près de la commune de Vila de Rei avec quelque 800 pompiers, 245 véhicules et 13 moyens aériens mobilisés.

"Seul l'incendie de Vila de Rei reste actif", a déclaré le ministre portugais de l'Intérieur Eduardo Cabrita lors d'une conférence de presse.

Le front de l'incendie de Vila de Rei a parcouru environ de 25 kilomètres depuis son point d'origine.

Deux autres feux de forêts qui s'étaient déclarés samedi ont été circonscrits dans la nuit. L'un d'eux a été donné comme complètement maitrisé en fin de matinée.

"L'origine des incendies fait l'objet d'une enquête (...) il y a une chose étrange, comment se fait-il que cinq feux de taille significative commencent dans des zones si rapprochées ?", a ajouté M. Cabrita, laissant entendre l'existence d'une piste criminelle.

Aucun village n'a été évacué mais la protection civile a fait savoir qu'elle prendrait cette mesure "sans aucune hésitation en cas d'aggravation de la situation".

Dans la nuit, plusieurs hameaux ont été évacués par précaution. L'état-major de l'armée a annoncé dimanche dans un communiqué qu'il avait installé une cuisine de campagne à Vila de Rei, capable d'alimenter jusqu'à 600 personnes.

Quelques heures plus tôt, l'armée avait annoncé l'envoi en renfort de 20 militaires et de quatre engins pour "ouvrir des voies afin de faciliter l'accès des pompiers".

Cinq régions du centre et du sud du Portugal étaient dimanche en alerte maximale aux incendies, en raison de la sécheresse et des vents. 

Mais les températures restent en dessous des 41 degrés dans la région de Castelo Branco, un seuil qui déclenche l'alerte rouge à la canicule.

Les feux de forêt, attisés par des vents violents, s'étaient déclarés samedi après-midi sur trois fronts dans des zones difficiles d'accès de la région de Castelo Branco.

Ces régions du centre du Portugal, vallonnées et couverte de forêts, sont régulièrement la  proie des incendies, dont les plus meurtriers de l'histoire du pays. 114 personnes y avaient trouvé la mort dans deux sinistres, en juin puis en octobre 2017.

Très touchées par l'exode rural, elles accueillent essentiellement des personnes âgées dont les villages se cachent dans les forêts d'eucalyptus, une essence extrêmement inflammable mais très demandée par l'industrie du papier. Malgré les risques, les habitants plantent ces arbres qui poussent très vite et représentent pour eux une source de revenus non négligeables.

Les champs et les pâturages sont abandonnés, les forêts ne sont plus entretenues et les sous-bois non-débroussaillés facilitent la propagation du feu. 

Le Portugal reste encore traumatisé par ces catastrophes et le gouvernement a déployé d'importants moyens pour éviter qu'elles ne se répètent.

Début juin, il avait décidé de nationaliser le système de communications d'urgence (SIRESP), qui avait connu des défaillances lors des incendies meurtriers de 2017. Les pompiers, alors sous-équipés en moyens de transmission, avaient eu du mal à coordonner leurs opérations et à couper les routes à temps pour éviter aux automobilistes d'être piégés par les flammes.

Selon une étude du système européen d'information sur les incendies de forêt (EFFIS) publiée en mai, plus de 250.000 hectares sont partis en fumée à travers l'Europe entre janvier et avril 2019, un total qui a déjà dépassé les 181.000 hectares brûlés pendant toute la saison des feux 2018.

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Portugal: mobilisation exceptionnelle pour lutter contre un vaste incendie

Avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont repris leur noria dimanche pour appuyer les pompiers qui luttent contre un incendie faisant rage depuis samedi dans une région montagneuse du centre du Portugal où le feu avait tué une centaine de personnes en 2017.

Les flammes ont fait vingt blessés dans la région de Castelo Branco, huit pompiers et douze civils, selon un bilan du ministère de l'Intérieur. Un civil grièvement brûlé a été évacué en hélicoptère vers Lisbonne, à 200 kilomètres au sud du sinistre.

A 12H30 (11H30 GMT), plus de 1.300 pompiers et 400 véhicules étaient engagés dans la lutte contre les flammes, selon le site de la Protection civile. Une importante partie de ce dispositif d'une ampleur rarement atteinte a été concentrée sur un grand incendie près de la commune de Vila de Rei avec quelque 800 pompiers, 245 véhicules et 13 moyens aériens mobilisés.

"Seul l'incendie de Vila de Rei reste actif", a déclaré le ministre portugais de l'Intérieur Eduardo Cabrita lors d'une conférence de presse.

Le front de l'incendie de Vila de Rei a parcouru environ de 25 kilomètres depuis son point d'origine.

Deux autres feux de forêts qui s'étaient déclarés samedi ont été circonscrits dans la nuit. L'un d'eux a été donné comme complètement maitrisé en fin de matinée.

"L'origine des incendies fait l'objet d'une enquête (...) il y a une chose étrange, comment se fait-il que cinq feux de taille significative commencent dans des zones si rapprochées ?", a ajouté M. Cabrita, laissant entendre l'existence d'une piste criminelle.

Aucun village n'a été évacué mais la protection civile a fait savoir qu'elle prendrait cette mesure "sans aucune hésitation en cas d'aggravation de la situation".

Dans la nuit, plusieurs hameaux ont été évacués par précaution. L'état-major de l'armée a annoncé dimanche dans un communiqué qu'il avait installé une cuisine de campagne à Vila de Rei, capable d'alimenter jusqu'à 600 personnes.

Quelques heures plus tôt, l'armée avait annoncé l'envoi en renfort de 20 militaires et de quatre engins pour "ouvrir des voies afin de faciliter l'accès des pompiers".

Cinq régions du centre et du sud du Portugal étaient dimanche en alerte maximale aux incendies, en raison de la sécheresse et des vents. 

Mais les températures restent en dessous des 41 degrés dans la région de Castelo Branco, un seuil qui déclenche l'alerte rouge à la canicule.

Les feux de forêt, attisés par des vents violents, s'étaient déclarés samedi après-midi sur trois fronts dans des zones difficiles d'accès de la région de Castelo Branco.

Ces régions du centre du Portugal, vallonnées et couverte de forêts, sont régulièrement la  proie des incendies, dont les plus meurtriers de l'histoire du pays. 114 personnes y avaient trouvé la mort dans deux sinistres, en juin puis en octobre 2017.

Très touchées par l'exode rural, elles accueillent essentiellement des personnes âgées dont les villages se cachent dans les forêts d'eucalyptus, une essence extrêmement inflammable mais très demandée par l'industrie du papier. Malgré les risques, les habitants plantent ces arbres qui poussent très vite et représentent pour eux une source de revenus non négligeables.

Les champs et les pâturages sont abandonnés, les forêts ne sont plus entretenues et les sous-bois non-débroussaillés facilitent la propagation du feu. 

Le Portugal reste encore traumatisé par ces catastrophes et le gouvernement a déployé d'importants moyens pour éviter qu'elles ne se répètent.

Début juin, il avait décidé de nationaliser le système de communications d'urgence (SIRESP), qui avait connu des défaillances lors des incendies meurtriers de 2017. Les pompiers, alors sous-équipés en moyens de transmission, avaient eu du mal à coordonner leurs opérations et à couper les routes à temps pour éviter aux automobilistes d'être piégés par les flammes.

Selon une étude du système européen d'information sur les incendies de forêt (EFFIS) publiée en mai, plus de 250.000 hectares sont partis en fumée à travers l'Europe entre janvier et avril 2019, un total qui a déjà dépassé les 181.000 hectares brûlés pendant toute la saison des feux 2018.

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(21/07/2019 15:32)

Pétrolier britannique: l'enquête dépendra "de l'équipage", prévient l'Iran

L'enquête devant sceller le sort du pétrolier britannique arraisonné vendredi par l'Iran dépendra "de la coopération" de l'équipage, a prévenu Téhéran dimanche, ignorant les appels internationaux à libérer rapidement ce navire.

Soupçonné de "non respect du code maritime international", le Stena Impero est gardé au port de Bandar Abbas (sud). Ses 23 membres d'équipage, majoritairement indiens, "sont en bonne santé", a déclaré Allah-Morad Afifipour, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan.

"L'enquête [...] dépend de la coopération des membres d'équipages du vaisseau et aussi de notre accès aux preuves nécessaires pour examiner l'affaire", a-t-il ajouté dans un entretien à la télévision d'Etat iranienne.

Propriété d'un armateur suédois, le pétrolier battant pavillon britannique, a été arraisonné dans le détroit d'Ormuz par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

M. Afifipour, avait précédemment indiqué que le Stena Impero était "entré en collision avec un bateau de pêche" et que les autorités iraniennes avaient ouvert une enquête sur les "causes" de l'accident.

Le ministère de la Défense britannique a confirmé dimanche l'authenticité d'un enregistrement audio d'échanges radio entre les Gardiens et le tanker d'un côté et ce navire et une frégate britannique de l'autre, peu avant que les forces iraniennes ne prennent d'assaut le pétrolier.

Samedi, le Royaume-Uni a exhorté l'Iran à libérer le Stena Impero. Londres juge "inacceptable" son arraisonnement, qui suscite la crainte d'une nouvelle escalade.

Candidat à la succession de Theresa May au poste de Premier ministre, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a annoncé que l'exécutif informerait lundi le Parlement des "mesures supplémentaires" que le Royaume-Uni compte prendre, mais que la "priorité" restait de "trouver un moyen de désamorcer la situation".

"Nous allons examiner une série d'options", a déclaré dimanche le secrétaire d'Etat à la Défense Tobias Ellwood, sans plus de précisions.

- "Différents scénarios" -

Sur Twitter, l'ambassadeur d'Iran à Londres, Hamid Baeidinejad a exhorté le gouvernement britannique "à maîtriser [les] forces politiques intérieures qui veulent une escalade des tensions".

L'Iran, a-t-il ajouté "est prêt pour différents scénarios".

La saisie du Stena Imperio est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar (extrême sud de l'Espagne) de prolonger de 30 jours la détention d'un pétrolier iranien, le Grace 1.

Ce dernier, soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie - ce que Téhéran nie - en violation des sanctions européennes, a été arraisonné le 4 juillet par les autorités de ce territoire britannique.

Pour M. Hunt, les cas du Grace 1 et du Stena Imero sont très différents : "Le Grace 1 a été (saisi) légalement dans les eaux de Gibraltar (...) en violation des sanctions de l'UE", a-t-il dit, tandis que "le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international".

- "Aucune honte" -

Mardi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que l'Iran répondrait  "au moment et à l'endroit opportuns" à la saisie du Grace One, un acte de "piraterie".

Les Britanniques "ont volé et il leur a été répondu", a estimé dimanche le président du Parlement iranien, Ali Larijani. 

Dans un éditorial, le quotidien ultraconservateur Keyhan, écrit dimanche qu'"il n'y a aucune honte à riposter". "Même si [le Stena Impero] avait respecté toutes les règles [...] il aurait fallu que les forces navales des Gardiens le saisissent".

L'Allemagne, la France, l'UE, l'Otan et Oman, qui partage le contrôle du détroit d'Ormuz avec l'Iran, ont sommé Téhéran de relâcher le Stena Impero.

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite un tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au coeur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis.

La fin de semaine a été marquée par une polémique à propos d'un drone "iranien" que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. L'Iran a affirmé n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international limitant le programme nucléaire iranien conclu en 2015. 

Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les Etats-Unis à l'Iran qui a démenti, mais également par la destruction le 20 juin par l'Iran d'un drone américain.

Téhéran a par ailleurs annoncé dimanche qu'un pétrolier iranien contraint de relâcher dans le port saoudien de Jeddah après une panne de moteur fin avril avait été "libéré" la veille "à la suite de négociations".

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Pétrolier britannique: l'enquête dépendra "de l'équipage", prévient l'Iran

L'enquête devant sceller le sort du pétrolier britannique arraisonné vendredi par l'Iran dépendra "de la coopération" de l'équipage, a prévenu Téhéran dimanche, ignorant les appels internationaux à libérer rapidement ce navire.

Soupçonné de "non respect du code maritime international", le Stena Impero est gardé au port de Bandar Abbas (sud). Ses 23 membres d'équipage, majoritairement indiens, "sont en bonne santé", a déclaré Allah-Morad Afifipour, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan.

"L'enquête [...] dépend de la coopération des membres d'équipages du vaisseau et aussi de notre accès aux preuves nécessaires pour examiner l'affaire", a-t-il ajouté dans un entretien à la télévision d'Etat iranienne.

Propriété d'un armateur suédois, le pétrolier battant pavillon britannique, a été arraisonné dans le détroit d'Ormuz par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

M. Afifipour, avait précédemment indiqué que le Stena Impero était "entré en collision avec un bateau de pêche" et que les autorités iraniennes avaient ouvert une enquête sur les "causes" de l'accident.

Le ministère de la Défense britannique a confirmé dimanche l'authenticité d'un enregistrement audio d'échanges radio entre les Gardiens et le tanker d'un côté et ce navire et une frégate britannique de l'autre, peu avant que les forces iraniennes ne prennent d'assaut le pétrolier.

Samedi, le Royaume-Uni a exhorté l'Iran à libérer le Stena Impero. Londres juge "inacceptable" son arraisonnement, qui suscite la crainte d'une nouvelle escalade.

Candidat à la succession de Theresa May au poste de Premier ministre, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a annoncé que l'exécutif informerait lundi le Parlement des "mesures supplémentaires" que le Royaume-Uni compte prendre, mais que la "priorité" restait de "trouver un moyen de désamorcer la situation".

"Nous allons examiner une série d'options", a déclaré dimanche le secrétaire d'Etat à la Défense Tobias Ellwood, sans plus de précisions.

- "Différents scénarios" -

Sur Twitter, l'ambassadeur d'Iran à Londres, Hamid Baeidinejad a exhorté le gouvernement britannique "à maîtriser [les] forces politiques intérieures qui veulent une escalade des tensions".

L'Iran, a-t-il ajouté "est prêt pour différents scénarios".

La saisie du Stena Imperio est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar (extrême sud de l'Espagne) de prolonger de 30 jours la détention d'un pétrolier iranien, le Grace 1.

Ce dernier, soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie - ce que Téhéran nie - en violation des sanctions européennes, a été arraisonné le 4 juillet par les autorités de ce territoire britannique.

Pour M. Hunt, les cas du Grace 1 et du Stena Imero sont très différents : "Le Grace 1 a été (saisi) légalement dans les eaux de Gibraltar (...) en violation des sanctions de l'UE", a-t-il dit, tandis que "le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international".

- "Aucune honte" -

Mardi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei avait déclaré que l'Iran répondrait  "au moment et à l'endroit opportuns" à la saisie du Grace One, un acte de "piraterie".

Les Britanniques "ont volé et il leur a été répondu", a estimé dimanche le président du Parlement iranien, Ali Larijani. 

Dans un éditorial, le quotidien ultraconservateur Keyhan, écrit dimanche qu'"il n'y a aucune honte à riposter". "Même si [le Stena Impero] avait respecté toutes les règles [...] il aurait fallu que les forces navales des Gardiens le saisissent".

L'Allemagne, la France, l'UE, l'Otan et Oman, qui partage le contrôle du détroit d'Ormuz avec l'Iran, ont sommé Téhéran de relâcher le Stena Impero.

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite un tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au coeur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis.

La fin de semaine a été marquée par une polémique à propos d'un drone "iranien" que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. L'Iran a affirmé n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international limitant le programme nucléaire iranien conclu en 2015. 

Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les Etats-Unis à l'Iran qui a démenti, mais également par la destruction le 20 juin par l'Iran d'un drone américain.

Téhéran a par ailleurs annoncé dimanche qu'un pétrolier iranien contraint de relâcher dans le port saoudien de Jeddah après une panne de moteur fin avril avait été "libéré" la veille "à la suite de négociations".

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(21/07/2019 15:55)

Législatives en Ukraine: le parti de Zelensky donné grand favori

Les Ukrainiens élisent dimanche leur Parlement lors d'un scrutin ayant pour grand favori le parti du nouveau président, l'ex-comédien Volodymyr Zelensky, ce qui augure un renouvellement majeur des élites politiques du pays.   

Elu triomphalement en avril, cet ancien humoriste novice en politique a dissous aussitôt après son investiture l'assemblée actuelle, qui lui est très hostile, et a convoqué des législatives anticipées pour obtenir un Parlement et un gouvernement loyaux. 

Baptisé d'après une série télévisée éponyme dans laquelle M. Zelensky incarne un président, son parti, Serviteur du peuple, quasiment inconnu encore en 2018, est crédité d'environ la moitié des intentions de vote, sur la moitié des sièges pourvus au scrutin proportionnel.

La formation se targue d'avoir "lancé un défi au système" pour apporter des "changements" et "nettoyer le pays de la corruption" omniprésente. De quoi séduire l'électorat de l'une des nations les plus pauvres d'Europe, éprouvée par une guerre contre des séparatistes prorusses ayant fait près de 13.000 morts en cinq ans.

"Nous ne voyons pas de coalition avec l'ancien pouvoir", a souligné dimanche M. Zelensky après avoir voté dans un quartier résidentiel de Kiev, précisant que des "consultations" étaient déjà en cours sur la nomination du futur Premier ministre. 

"Cet homme doit être un économiste absolument professionnel, sans aucun passé politique", qui "n'a jamais été Premier ministre ou président du Parlement", a-t-il ajouté. 

Grâce à la présence inédite de nombreux jeunes candidats sans expérience politique, 50% à 70% des députés devraient être de nouveaux visages, prédisent les experts. Un tournant fondamental pour cette ex-république soviétique dont le paysage politique à jusqu'à présent été dominé par les élites ayant grandi en URSS. 

- Donner une chance eux jeunes -

Dans un bureau de vote près du centre de Kiev, Vitaly a voté pour le parti présidentiel afin d'"aider" le nouveau chef de l'Etat. "Il a les mains liées et ne peut rien faire sans un soutien parlementaire", a argué ce retraité. 

A Lviv, bastion nationaliste dans l'ouest du pays, Valentyna Moroz a choisi la toute jeune formation Golos fondée par la superstar du rock ukrainien, Sviatoslav Vakartchouk. "Il faut donner une chance aux jeunes. Je ne crois plus les hommes politiques anciens", a dit cette femme de 65 ans. 

Sur les cinq partis en tête des sondages, deux - Serviteur du peuple et Golos - se présentent comme ceux de la nouvelle génération et regorgent de candidats novices dont l'âge moyen est de 37 ans. 

Misant sur l'espoir de changement, ils sont allés jusqu'à bannir les députés sortants de leurs listes. 

Dans les sondages, le parti présidentiel est suivi par les prorusses de la Plateforme d'opposition (10% à 13%) dont le numéro trois, Viktor Medvedtchouk, est un personnage très controversé, puissant au début des années 2000 et proche du président russe Vladimir Poutine, parrain de l'une de ses filles. 

Deux formations pro-occidentales, Solidarité européenne de l'ex-président Petro Porochenko (8%) et Patrie de l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko (6% à 9%), devraient aussi franchir le seuil des 5% nécessaires pour entrer au Parlement. Le parti Golos est, lui, crédité de 4% à 7% des suffrages. 

Si les experts saluent avec prudence ce renouvellement, ils mettent en garde contre un manque de compétence et un possible "désordre". 

Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT en Ukraine et fermeront à 17H00 GMT, heure à laquelle les sondages de sortie des urnes seront publiés. Les premiers résultats tangibles sont attendus lundi matin.

Ces prévisions ne portent que sur 225 parlementaires élus au scrutin proportionnel tandis que les 199 autres sont désignés au scrutin majoritaire à un tour. 

Sur un total de 450 sièges, 26 resteront vacants en Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie, et dans les territoires contrôlés par les séparatistes prorusses.

Sur la ligne du front, deux soldats ukrainiens et un civil ont été tués à la veille du vote, selon Kiev et les séparatistes. Dimanche, l'armée ukrainienne a fait état de deux autres de ses militaires tués par l'explosion d'une mine. Une trêve illimitée est néanmoins entrée en vigueur dimanche. 

Malgré ces incidents, aucune crainte sur la situation sécuritaire le jour du scrutin n'a été émise par les autorités ukrainiennes et les observateurs internationaux. 

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Législatives en Ukraine: le parti de Zelensky donné grand favori

Les Ukrainiens élisent dimanche leur Parlement lors d'un scrutin ayant pour grand favori le parti du nouveau président, l'ex-comédien Volodymyr Zelensky, ce qui augure un renouvellement majeur des élites politiques du pays.   

Elu triomphalement en avril, cet ancien humoriste novice en politique a dissous aussitôt après son investiture l'assemblée actuelle, qui lui est très hostile, et a convoqué des législatives anticipées pour obtenir un Parlement et un gouvernement loyaux. 

Baptisé d'après une série télévisée éponyme dans laquelle M. Zelensky incarne un président, son parti, Serviteur du peuple, quasiment inconnu encore en 2018, est crédité d'environ la moitié des intentions de vote, sur la moitié des sièges pourvus au scrutin proportionnel.

La formation se targue d'avoir "lancé un défi au système" pour apporter des "changements" et "nettoyer le pays de la corruption" omniprésente. De quoi séduire l'électorat de l'une des nations les plus pauvres d'Europe, éprouvée par une guerre contre des séparatistes prorusses ayant fait près de 13.000 morts en cinq ans.

"Nous ne voyons pas de coalition avec l'ancien pouvoir", a souligné dimanche M. Zelensky après avoir voté dans un quartier résidentiel de Kiev, précisant que des "consultations" étaient déjà en cours sur la nomination du futur Premier ministre. 

"Cet homme doit être un économiste absolument professionnel, sans aucun passé politique", qui "n'a jamais été Premier ministre ou président du Parlement", a-t-il ajouté. 

Grâce à la présence inédite de nombreux jeunes candidats sans expérience politique, 50% à 70% des députés devraient être de nouveaux visages, prédisent les experts. Un tournant fondamental pour cette ex-république soviétique dont le paysage politique à jusqu'à présent été dominé par les élites ayant grandi en URSS. 

- Donner une chance eux jeunes -

Dans un bureau de vote près du centre de Kiev, Vitaly a voté pour le parti présidentiel afin d'"aider" le nouveau chef de l'Etat. "Il a les mains liées et ne peut rien faire sans un soutien parlementaire", a argué ce retraité. 

A Lviv, bastion nationaliste dans l'ouest du pays, Valentyna Moroz a choisi la toute jeune formation Golos fondée par la superstar du rock ukrainien, Sviatoslav Vakartchouk. "Il faut donner une chance aux jeunes. Je ne crois plus les hommes politiques anciens", a dit cette femme de 65 ans. 

Sur les cinq partis en tête des sondages, deux - Serviteur du peuple et Golos - se présentent comme ceux de la nouvelle génération et regorgent de candidats novices dont l'âge moyen est de 37 ans. 

Misant sur l'espoir de changement, ils sont allés jusqu'à bannir les députés sortants de leurs listes. 

Dans les sondages, le parti présidentiel est suivi par les prorusses de la Plateforme d'opposition (10% à 13%) dont le numéro trois, Viktor Medvedtchouk, est un personnage très controversé, puissant au début des années 2000 et proche du président russe Vladimir Poutine, parrain de l'une de ses filles. 

Deux formations pro-occidentales, Solidarité européenne de l'ex-président Petro Porochenko (8%) et Patrie de l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko (6% à 9%), devraient aussi franchir le seuil des 5% nécessaires pour entrer au Parlement. Le parti Golos est, lui, crédité de 4% à 7% des suffrages. 

Si les experts saluent avec prudence ce renouvellement, ils mettent en garde contre un manque de compétence et un possible "désordre". 

Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT en Ukraine et fermeront à 17H00 GMT, heure à laquelle les sondages de sortie des urnes seront publiés. Les premiers résultats tangibles sont attendus lundi matin.

Ces prévisions ne portent que sur 225 parlementaires élus au scrutin proportionnel tandis que les 199 autres sont désignés au scrutin majoritaire à un tour. 

Sur un total de 450 sièges, 26 resteront vacants en Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie, et dans les territoires contrôlés par les séparatistes prorusses.

Sur la ligne du front, deux soldats ukrainiens et un civil ont été tués à la veille du vote, selon Kiev et les séparatistes. Dimanche, l'armée ukrainienne a fait état de deux autres de ses militaires tués par l'explosion d'une mine. Une trêve illimitée est néanmoins entrée en vigueur dimanche. 

Malgré ces incidents, aucune crainte sur la situation sécuritaire le jour du scrutin n'a été émise par les autorités ukrainiennes et les observateurs internationaux. 

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(21/07/2019 14:10)

Hong Kong: nouvelle manifestation massive anti-gouvernementale

Des dizaines de milliers de manifestants ont de nouveau envahi les rues de Hong Kong dimanche en signe de protestation contre le gouvernement pro-Pékin du territoire semi-autonome, pour le septième week-end d'affilée.

Hong Kong, plongée dans une crise politique majeure, est le théâtre depuis le 9 juin de gigantesques manifestations marquées de façon sporadique par des affrontements violents entre des contestataires radicaux et la police.

Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

La contestation s'est élargie à des exigences plus vastes concernant la préservation des acquis démocratiques et des libertés -- en particulier d'expression et l'indépendance de la justice -- dont cette ancienne colonie britannique revenue dans le giron chinois en 1997 jouit, théoriquement jusqu'en 2047, aux termes de l'accord de rétrocession.

Dans la foule, Anita Poon, 35 ans, raconte qu'elle s'est décidée à venir manifester pour la première fois, après avoir vu la marche des personnes âgées mercredi en solidarité avec le mouvement de contestation.

"Quand même les grands-mères sont dans la rue, comment peut-on rester devant la télévision?" explique-t-elle à l'AFP. "Le gouvernement n'a pas répondu à la voix du peuple, c'est pourquoi cela continue", dit-elle.

Les autorités avaient renforcé la sécurité dans le centre du hub financier international en prévision de la manifestation. 

Les barrières métalliques, souvent utilisées comme barricades, avaient été retirées. Le siège de la police, devant lequel se sont rassemblés de nombreux manifestants, était entouré de lourdes barrières de sécurité en plastique remplies d'eau.

La foule a aussi occupé une importante artère routière près du parlement. La police anti-émeute maintenait une présence discrète et l'atmosphère était calme.

"Depuis trop longtemps notre gouvernement nous ment et nous trompe, et refuse de répondre aux demandes du peuple malgré les nombreuses manifestations massives", a déclaré un groupe de protestataires en lisant un manifeste avant le défilé.

Le mouvement de contestation est notamment nourri par des disparitions de libraires dissidents, réapparus ensuite en détention en Chine continentale, la disqualification d'opposants et l'incarcération de leaders du mouvement pro-démocratie.

Les protestataires exigent la démission de la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids, le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l'amnistie des personnes arrêtées. Ils appellent aussi à nouveau à l'élection au suffrage universel du chef de gouvernement.

Selon des informations parues cette semaine dans le quotidien South China Morning Post, Pékin semble décidé à renforcer son soutien à la cheffe de l'exécutif et à la police, plutôt qu'à tenter de répondre à la colère des manifestants.

Steve Vickers, ancien policier et spécialiste en sécurité, a estimé que la situation risquait d'"empirer" dans les prochaines semaines. "La polarisation au sein de la société hong-kongaise et les relations très acrimonieuses entre les contestataires et la police s'aggravent", juge-t-il.

Samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées à Hong Kong pour exprimer leur soutien à la police et au gouvernement pro-Pékin. 

La police de Hong Kong est en première ligne de la colère des manifestants anti-gouvernementaux, qui l'accusent d'être aux ordres des autorités pro-Pékin.

Le même jour, la police a annoncé avoir découvert un laboratoire clandestin de fabrication d'explosif TATP, mis la main sur des tracts pro-indépendance et arrêté un homme.

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Hong Kong: nouvelle manifestation massive anti-gouvernementale

Des dizaines de milliers de manifestants ont de nouveau envahi les rues de Hong Kong dimanche en signe de protestation contre le gouvernement pro-Pékin du territoire semi-autonome, pour le septième week-end d'affilée.

Hong Kong, plongée dans une crise politique majeure, est le théâtre depuis le 9 juin de gigantesques manifestations marquées de façon sporadique par des affrontements violents entre des contestataires radicaux et la police.

Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

La contestation s'est élargie à des exigences plus vastes concernant la préservation des acquis démocratiques et des libertés -- en particulier d'expression et l'indépendance de la justice -- dont cette ancienne colonie britannique revenue dans le giron chinois en 1997 jouit, théoriquement jusqu'en 2047, aux termes de l'accord de rétrocession.

Dans la foule, Anita Poon, 35 ans, raconte qu'elle s'est décidée à venir manifester pour la première fois, après avoir vu la marche des personnes âgées mercredi en solidarité avec le mouvement de contestation.

"Quand même les grands-mères sont dans la rue, comment peut-on rester devant la télévision?" explique-t-elle à l'AFP. "Le gouvernement n'a pas répondu à la voix du peuple, c'est pourquoi cela continue", dit-elle.

Les autorités avaient renforcé la sécurité dans le centre du hub financier international en prévision de la manifestation. 

Les barrières métalliques, souvent utilisées comme barricades, avaient été retirées. Le siège de la police, devant lequel se sont rassemblés de nombreux manifestants, était entouré de lourdes barrières de sécurité en plastique remplies d'eau.

La foule a aussi occupé une importante artère routière près du parlement. La police anti-émeute maintenait une présence discrète et l'atmosphère était calme.

"Depuis trop longtemps notre gouvernement nous ment et nous trompe, et refuse de répondre aux demandes du peuple malgré les nombreuses manifestations massives", a déclaré un groupe de protestataires en lisant un manifeste avant le défilé.

Le mouvement de contestation est notamment nourri par des disparitions de libraires dissidents, réapparus ensuite en détention en Chine continentale, la disqualification d'opposants et l'incarcération de leaders du mouvement pro-démocratie.

Les protestataires exigent la démission de la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids, le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l'amnistie des personnes arrêtées. Ils appellent aussi à nouveau à l'élection au suffrage universel du chef de gouvernement.

Selon des informations parues cette semaine dans le quotidien South China Morning Post, Pékin semble décidé à renforcer son soutien à la cheffe de l'exécutif et à la police, plutôt qu'à tenter de répondre à la colère des manifestants.

Steve Vickers, ancien policier et spécialiste en sécurité, a estimé que la situation risquait d'"empirer" dans les prochaines semaines. "La polarisation au sein de la société hong-kongaise et les relations très acrimonieuses entre les contestataires et la police s'aggravent", juge-t-il.

Samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées à Hong Kong pour exprimer leur soutien à la police et au gouvernement pro-Pékin. 

La police de Hong Kong est en première ligne de la colère des manifestants anti-gouvernementaux, qui l'accusent d'être aux ordres des autorités pro-Pékin.

Le même jour, la police a annoncé avoir découvert un laboratoire clandestin de fabrication d'explosif TATP, mis la main sur des tracts pro-indépendance et arrêté un homme.

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(21/07/2019 15:00)

La "guerre culturelle" fait rage dans le Brésil de Bolsonaro

"Créer une machine de guerre culturelle": c'est la mission de Roberto Alvim, choisi par le président d'extrême droite Jair Bolsonaro pour diriger le principal organe public qui régit le spectacle vivant au Brésil.

Nommé fin juin à la tête du Centre des Arts de la scène de la Fondation National des Arts (Funarte), ce metteur en scène réputé est déterminé à mener une "croisade" contre les idées progressistes.

Pour cela, il a publié sur les réseaux sociaux un appel aux professionnels du secteur "alignés avec les valeurs conservatrices" à s'unir pour contrecarrer ce qu'il considère comme une offensive d'artistes accusés de propager le "marxisme culturel".

"Je n'ai pas inventé la guerre culturelle. Elle a été menée de façon brutale par la gauche depuis au moins 30 ans", explique le metteur en scène de 46 ans dans un échange de messages sur Whatsapp avec l'AFP.

"Tout artiste non aligné avec la gauche est boycotté, diffamé et on l'empêche de travailler, ça m'est arrivé", souligne-t-il.

Au sein de la Funarte, Roberto Alvim veut à présent "équilibrer le jeu". 

Comment ? Avec le nerf de la guerre, des subventions visant à "donner les moyens matériels pour la création d'oeuvres qui émancipent le spectateur poétiquement".

"Tout le contraire de ces oeuvres au service d'intérêts progressistes, avec un discours idéologique orienté. C'est ce qui caractérise le théâtre brésilien depuis longtemps", ajoute-t-il.

Il mise notamment sur la "création de compagnies au répertoire classique, tout comme l'écriture d'oeuvres contemporaines qui aient pour référence la complexité technique et la profondeur de celles de Shakespeare, Nelson Rodriguez, Esquilo, Strindberg ou Ibsen".

"On peut dire que c'est un combat similaire à celui des croisades. Nous nous battons pour notre civilisation judéo-chrétienne, contre sa destruction par les forces progressistes", résume cet admirateur du philosophe sulfureux Olavo de Carvalho, le "gourou" du président Bolsonaro.

La vague ultra-conservatrice qui a permis l'élection au Brésil de ce chantre de la dictature militaire (1964-1985) a également submergé les milieux artistiques.

Le ministère de la Culture a tout simplement disparu, réduit au rang de simple département de celui de la Citoyenneté.

- Crise d'identité -

Pour le philosophe Eduardo Wolf, chercheur à l'université catholique PUC de Sao Paulo, cette "guerre culturelle" est livrée autour de questions ethniques, religieuses ou de sexualité, "quand l'identité nationale est considérée comme un concept figé, ce qui est un mythe".

Mais il admet que "la radicalisation idéologique de la gauche a attisé les tensions" et provoqué "une réaction d'une droite régressive, adepte de théories du complot et des réponses autoritaires".

Les contours de la "croisade" du gouvernement ne sont pas encore clairement définis, mais les partisans de M. Bolsonaro ont déjà commencé à se mobiliser, parfois de façon musclée, pour montrer leur désapprobation vis-à-vis de manifestations culturelles.

Mercredi, le salon du livre de Jaraguá do Sul (sud) a annulé la participation de la journaliste Miriam Leitao et de son mari, le sociologue Sérgio Abranches, très critiques envers le gouvernement, en raison de menaces à leur encontre. 

Nayse Lopez, coordinatrice artistique du festival de danse Panorama, se dit par ailleurs inquiète des difficultés à trouver des financements, aussi bien publics que privés, dans un pays plombé par la crise économique.

Pour elle, l'impact des politiques publiques ne pourra être mesuré "que dans six mois ou un an, quand on verra combien le gouvernement a consacré au financement de projets" culturels. 

Jeudi soir, le président Bolsonaro a déjà annoncé la couleur, affirmant que l'argent public ne devrait plus être utilisé pour des productions comme "Bruna Surfistinha", film de 2011 qui raconte l'histoire d'une célèbre prostituée.

La vague conservatrice oblige les artistes "à élaborer de nouvelles stratégies pour exister dans une société aussi divisée", explique Nayse Lopez.

"Je ne peux pas croire que le Brésil puisse vivre sans art, nous allons trouver des moyens de survie".

"Au Brésil en ce moment, nous devons vraiment être unis pour résister à certaines des choses folles qui se déroulent", a affirmé en mai à l'AFP Kléber Mendonça, réalisateur de "Bacurau", qui a remporté le prix du Jury au dernier festival de Cannes.

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La "guerre culturelle" fait rage dans le Brésil de Bolsonaro

"Créer une machine de guerre culturelle": c'est la mission de Roberto Alvim, choisi par le président d'extrême droite Jair Bolsonaro pour diriger le principal organe public qui régit le spectacle vivant au Brésil.

Nommé fin juin à la tête du Centre des Arts de la scène de la Fondation National des Arts (Funarte), ce metteur en scène réputé est déterminé à mener une "croisade" contre les idées progressistes.

Pour cela, il a publié sur les réseaux sociaux un appel aux professionnels du secteur "alignés avec les valeurs conservatrices" à s'unir pour contrecarrer ce qu'il considère comme une offensive d'artistes accusés de propager le "marxisme culturel".

"Je n'ai pas inventé la guerre culturelle. Elle a été menée de façon brutale par la gauche depuis au moins 30 ans", explique le metteur en scène de 46 ans dans un échange de messages sur Whatsapp avec l'AFP.

"Tout artiste non aligné avec la gauche est boycotté, diffamé et on l'empêche de travailler, ça m'est arrivé", souligne-t-il.

Au sein de la Funarte, Roberto Alvim veut à présent "équilibrer le jeu". 

Comment ? Avec le nerf de la guerre, des subventions visant à "donner les moyens matériels pour la création d'oeuvres qui émancipent le spectateur poétiquement".

"Tout le contraire de ces oeuvres au service d'intérêts progressistes, avec un discours idéologique orienté. C'est ce qui caractérise le théâtre brésilien depuis longtemps", ajoute-t-il.

Il mise notamment sur la "création de compagnies au répertoire classique, tout comme l'écriture d'oeuvres contemporaines qui aient pour référence la complexité technique et la profondeur de celles de Shakespeare, Nelson Rodriguez, Esquilo, Strindberg ou Ibsen".

"On peut dire que c'est un combat similaire à celui des croisades. Nous nous battons pour notre civilisation judéo-chrétienne, contre sa destruction par les forces progressistes", résume cet admirateur du philosophe sulfureux Olavo de Carvalho, le "gourou" du président Bolsonaro.

La vague ultra-conservatrice qui a permis l'élection au Brésil de ce chantre de la dictature militaire (1964-1985) a également submergé les milieux artistiques.

Le ministère de la Culture a tout simplement disparu, réduit au rang de simple département de celui de la Citoyenneté.

- Crise d'identité -

Pour le philosophe Eduardo Wolf, chercheur à l'université catholique PUC de Sao Paulo, cette "guerre culturelle" est livrée autour de questions ethniques, religieuses ou de sexualité, "quand l'identité nationale est considérée comme un concept figé, ce qui est un mythe".

Mais il admet que "la radicalisation idéologique de la gauche a attisé les tensions" et provoqué "une réaction d'une droite régressive, adepte de théories du complot et des réponses autoritaires".

Les contours de la "croisade" du gouvernement ne sont pas encore clairement définis, mais les partisans de M. Bolsonaro ont déjà commencé à se mobiliser, parfois de façon musclée, pour montrer leur désapprobation vis-à-vis de manifestations culturelles.

Mercredi, le salon du livre de Jaraguá do Sul (sud) a annulé la participation de la journaliste Miriam Leitao et de son mari, le sociologue Sérgio Abranches, très critiques envers le gouvernement, en raison de menaces à leur encontre. 

Nayse Lopez, coordinatrice artistique du festival de danse Panorama, se dit par ailleurs inquiète des difficultés à trouver des financements, aussi bien publics que privés, dans un pays plombé par la crise économique.

Pour elle, l'impact des politiques publiques ne pourra être mesuré "que dans six mois ou un an, quand on verra combien le gouvernement a consacré au financement de projets" culturels. 

Jeudi soir, le président Bolsonaro a déjà annoncé la couleur, affirmant que l'argent public ne devrait plus être utilisé pour des productions comme "Bruna Surfistinha", film de 2011 qui raconte l'histoire d'une célèbre prostituée.

La vague conservatrice oblige les artistes "à élaborer de nouvelles stratégies pour exister dans une société aussi divisée", explique Nayse Lopez.

"Je ne peux pas croire que le Brésil puisse vivre sans art, nous allons trouver des moyens de survie".

"Au Brésil en ce moment, nous devons vraiment être unis pour résister à certaines des choses folles qui se déroulent", a affirmé en mai à l'AFP Kléber Mendonça, réalisateur de "Bacurau", qui a remporté le prix du Jury au dernier festival de Cannes.

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(21/07/2019 14:56)

Migrants: après l'arrêt de l'Aquarius, SOS-Méditerranée relance les secours

Sept mois après l'arrêt de l'Aquarius, SOS-Méditerranée et Médecins Sans Frontières vont reprendre la mer pour secourir les migrants naufragés en Méditerranée centrale malgré le refus des ports européens d'accueillir les bateaux humanitaires.

L'Ocean Viking se dirige depuis le 18 juillet sous pavillon norvégien "vers la Méditerranée pour mener une nouvelle campagne de recherches et de secours en Méditerranée centrale" - devenue la route migratoire maritime la plus meurtrière au monde- a annoncé SOS-Méditerranée dans un communiqué.

"Le bateau va patrouiller en Méditerranée centrale, là d'où provient le plus grand nombre d'appels de détresse, mais sans jamais entrer dans les eaux territoriales libyennes", a précisé à l'AFP Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS-Méditerranée. 

"Notre présence en mer c'est pour sauver des vies, on espère que les Etats vont nous comprendre et se joindre à nous, car il n'y a pas d'autre solution en Méditerranée centrale", insiste-t-il. "Dire que ce sont les navires de secours qui encouragent les traversées, c'est faux. Même sans bateaux, les départs continuent et énormément de naufrages sont rapportés".

Au moins 426 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale des migrations (OIM). Le dernier naufrage connu, celui d'une barque au large de la Tunisie, a fait au moins 60 morts.

Au terme de près de trois ans en mer, l'Aquarius, qui a secouru 30.000 migrants, a été contraint de cesser ses activités en décembre 2018, successivement privé de son pavillon de Gibraltar puis de Panama.

L'Ocean Viking qui reprend le flambeau, long de 69 m sur 15 m de large, a été construit en 1986 pour l'assistance aux plates-formes pétrolières. Plus d'une trentaine de personnes seront à bord. La capacité d'accueil n'est pas précisée mais il s'agit d'un bâtiment "conçu pour rester stable en mer", souligne SOS Méditerranée, qui a recueilli jusqu'à un millier de naufragés à bord de l'Aquarius, malgré une capacité initialement estimée de moitié.

Chaque journée de mer coûte 14.000 euros, selon l'ONG qui appelle aux dons.

La nouvelle campagne démarrera environ un mois après l'arrestation du Sea-Watch 3, bâtiment affrété par l'ONG allemande Sea-Watch, et de sa capitaine Carola Rackete en Sicile, avertissement des autorités italiennes aux humanitaires qu'elles accusent d'encourager les départs vers l'Europe.

- "Partage du fardeau" -

Depuis début juillet, le navire humanitaire allemand Alan Kurdi est parvenu à secourir plus d'une centaine de personnes acheminées jusqu'à Malte.

L'Italie dénonce l'absence de "partage du fardeau" au sein de l'UE, qui la laisse seule en première ligne pour l'accueil des migrants. 

"Les choix faits seulement à Paris et à Berlin, ça suffit. L'Italie n'est plus disposée à accepter tous les immigrants qui arrivent en Europe", a déclaré dimanche le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite).

L'Europe s'avère incapable jusqu'à présent de s'entendre pour mettre fin à l'errance des bateaux de secours. Un nouveau rendez-vous des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères d'une quinzaine de pays européens est programmé lundi à Paris.

Depuis que "la coordination des secours en mer a été confiée par l'Union européenne aux autorités libyennes, cette coordination est chaotique, les appels ne sont pas relayés. Il nous fallait une vraie capacité de recherches", a expliqué Frédéric Penard.

Les responsables européens "ferment sciemment les yeux sur la crise humanitaire", accuse MSF. "Nous ne savons pas combien de bateaux quittent les côtes, ni combien de personnes disparaissent... Ce sont possiblement des centaines de vies perdues", relève Sam Turner, son chef de mission pour les opérations en mer et en Libye, joint par l'AFP à Tunis.

"Puisqu'ils ont cessé de conduire des opérations de secours, qu'ils laissent les ONG sauver des vies sans interférer ni les harceler. Et qu'ils les laissent débarquer les personnes secourues en leur fournissant une assistance", réclame-t-il.

Les humanitaires insistent aussi sur la situation dramatique dans les camps de rétention en Libye, en proie au conflit. L'un d'eux a essuyé un bombardement le mois dernier près de Tripoli qui a fait près de 60 morts. Les candidats au départ y sont par ailleurs victimes de tortures, extorsion, travail forcé, exploitation sexuelle... 

Pour MSF, "les gouvernements européens violent leurs obligations légales et les principes humanitaires auxquels ils se sont engagés en accroissant leur support aux garde-côtes libyens pour renvoyer de force les personnes vulnérables en Libye".

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Migrants: après l'arrêt de l'Aquarius, SOS-Méditerranée relance les secours

Sept mois après l'arrêt de l'Aquarius, SOS-Méditerranée et Médecins Sans Frontières vont reprendre la mer pour secourir les migrants naufragés en Méditerranée centrale malgré le refus des ports européens d'accueillir les bateaux humanitaires.

L'Ocean Viking se dirige depuis le 18 juillet sous pavillon norvégien "vers la Méditerranée pour mener une nouvelle campagne de recherches et de secours en Méditerranée centrale" - devenue la route migratoire maritime la plus meurtrière au monde- a annoncé SOS-Méditerranée dans un communiqué.

"Le bateau va patrouiller en Méditerranée centrale, là d'où provient le plus grand nombre d'appels de détresse, mais sans jamais entrer dans les eaux territoriales libyennes", a précisé à l'AFP Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS-Méditerranée. 

"Notre présence en mer c'est pour sauver des vies, on espère que les Etats vont nous comprendre et se joindre à nous, car il n'y a pas d'autre solution en Méditerranée centrale", insiste-t-il. "Dire que ce sont les navires de secours qui encouragent les traversées, c'est faux. Même sans bateaux, les départs continuent et énormément de naufrages sont rapportés".

Au moins 426 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale des migrations (OIM). Le dernier naufrage connu, celui d'une barque au large de la Tunisie, a fait au moins 60 morts.

Au terme de près de trois ans en mer, l'Aquarius, qui a secouru 30.000 migrants, a été contraint de cesser ses activités en décembre 2018, successivement privé de son pavillon de Gibraltar puis de Panama.

L'Ocean Viking qui reprend le flambeau, long de 69 m sur 15 m de large, a été construit en 1986 pour l'assistance aux plates-formes pétrolières. Plus d'une trentaine de personnes seront à bord. La capacité d'accueil n'est pas précisée mais il s'agit d'un bâtiment "conçu pour rester stable en mer", souligne SOS Méditerranée, qui a recueilli jusqu'à un millier de naufragés à bord de l'Aquarius, malgré une capacité initialement estimée de moitié.

Chaque journée de mer coûte 14.000 euros, selon l'ONG qui appelle aux dons.

La nouvelle campagne démarrera environ un mois après l'arrestation du Sea-Watch 3, bâtiment affrété par l'ONG allemande Sea-Watch, et de sa capitaine Carola Rackete en Sicile, avertissement des autorités italiennes aux humanitaires qu'elles accusent d'encourager les départs vers l'Europe.

- "Partage du fardeau" -

Depuis début juillet, le navire humanitaire allemand Alan Kurdi est parvenu à secourir plus d'une centaine de personnes acheminées jusqu'à Malte.

L'Italie dénonce l'absence de "partage du fardeau" au sein de l'UE, qui la laisse seule en première ligne pour l'accueil des migrants. 

"Les choix faits seulement à Paris et à Berlin, ça suffit. L'Italie n'est plus disposée à accepter tous les immigrants qui arrivent en Europe", a déclaré dimanche le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite).

L'Europe s'avère incapable jusqu'à présent de s'entendre pour mettre fin à l'errance des bateaux de secours. Un nouveau rendez-vous des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères d'une quinzaine de pays européens est programmé lundi à Paris.

Depuis que "la coordination des secours en mer a été confiée par l'Union européenne aux autorités libyennes, cette coordination est chaotique, les appels ne sont pas relayés. Il nous fallait une vraie capacité de recherches", a expliqué Frédéric Penard.

Les responsables européens "ferment sciemment les yeux sur la crise humanitaire", accuse MSF. "Nous ne savons pas combien de bateaux quittent les côtes, ni combien de personnes disparaissent... Ce sont possiblement des centaines de vies perdues", relève Sam Turner, son chef de mission pour les opérations en mer et en Libye, joint par l'AFP à Tunis.

"Puisqu'ils ont cessé de conduire des opérations de secours, qu'ils laissent les ONG sauver des vies sans interférer ni les harceler. Et qu'ils les laissent débarquer les personnes secourues en leur fournissant une assistance", réclame-t-il.

Les humanitaires insistent aussi sur la situation dramatique dans les camps de rétention en Libye, en proie au conflit. L'un d'eux a essuyé un bombardement le mois dernier près de Tripoli qui a fait près de 60 morts. Les candidats au départ y sont par ailleurs victimes de tortures, extorsion, travail forcé, exploitation sexuelle... 

Pour MSF, "les gouvernements européens violent leurs obligations légales et les principes humanitaires auxquels ils se sont engagés en accroissant leur support aux garde-côtes libyens pour renvoyer de force les personnes vulnérables en Libye".

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(21/07/2019 13:50)

Robert Mueller auditionné au Congrès, épilogue ou relance de l'enquête russe ?

L'ancien procureur spécial Robert Mueller est convoqué mercredi au Congrès pour une audition très attendue sur les conclusions de l'enquête russe, que les démocrates espèrent accablante pour Donald Trump à seize mois de la présidentielle de 2020.

Pour la première fois, à l'occasion d'une audience marathon qui sera retransmise en direct dans les foyers américains, l'ex chef du FBI devra répondre à des questions sur les ingérences de Moscou dans la campagne de 2016 et la réaction du candidat, puis du président Trump. 

Robert Mueller, qui avait souhaité éviter cet exercice périlleux, veut s'en tenir aux conclusions contenues dans son rapport d'enquête, un pavé de plus de 400 pages remis en mars après 22 mois d'investigations.

Les démocrates ont confié ne pas s'attendre à des "révélations fracassantes" mais misent sur l'impact de son témoignage télévisé pour toucher les Américains qui n'ont pas lu ce document juridique, aride et prudent.

"Le public a le droit d'entendre la vérité de la bouche de Mueller lui-même, sur la conduite inappropriée de Trump et les risques persistants pour la sécurité nationale", a déclaré Adam Schiff qui préside l'une des deux commissions chargées d'auditionner l'ex procureur spécial.

Cet homme austère et très respecté est convoqué à 08H30 (12H30) devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, puis à 12H00 (16H00 GMT) devant sa commission du Renseignement.

- "Un jeu" -

Donald Trump a assuré qu'il ne suivrait pas l'audition, estimant qu'il s'agissait juste d'un "jeu" organisé par les démocrates et que suffisamment de temps avait été perdu avec cette enquête "honteuse".

Désireux de refermer le dossier et de se tourner résolument vers sa campagne de réélection, le milliardaire new-yorkais martèle qu'il a été "totalement exonéré" par le procureur spécial.

Sauf que la vérité est plus nuancée.

Dans son rapport, Robert Mueller décrit la campagne agressive de Moscou pour favoriser l'élection de Donald Trump, ainsi que de nombreux contacts entre la Russie et l'entourage du candidat républicain, mais ajoute ne pas avoir réuni de "preuves" d'une collusion.

En revanche, il assure ne pas pouvoir exonérer le président des soupçons d'entrave à la justice et détaille une série de pressions troublantes exercées sur son enquête par le locataire de la Maison Blanche, à commencer par une tentative de le limoger.

Il se garde toutefois de recommander les suites à donner. Robert Mueller écrit qu'un président en exercice ne peut pas être inculpé par la justice ordinaire et que seul le Congrès peut le poursuivre. 

Depuis les démocrates se déchirent sur l'opportunité d'ouvrir une procédure de destitution vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et qui risque de détourner la campagne présidentielle des débats de fond.

Mercredi, ils pourraient chercher à savoir quels éléments de l'enquête seraient utilisables dans une procédure d'"impeachment". 

- "Fin de carrière" -

Robert Mueller, qui fut souvent auditionné au Congrès quand il était directeur du FBI, est connu pour ses réponses monosyllabiques et il sera difficile de le faire dévier de sa ligne.

Fin mai, il avait brisé son silence lors d'une brève allocution au cours de laquelle il avait souhaité ne pas être auditionné par les parlementaires. "Je ne fournirai pas plus d'informations que ce qui est public", avait-il déclaré, renvoyant vers son rapport d'enquête qui "parle de lui-même".

Selon la presse américaine, les élus démocrates ont mis sur pied une stratégie d'interrogatoire pour, en se concentrant sur des points spécifiques du rapport, le forcer à dresser un portrait accablant du président.

Mais les républicains, avec qui ils alterneront les questions, sont déterminés à faire dérailler ce scénario en attaquant la genèse de l'enquête et l'intégrité de certains agents du FBI, en écho aux accusations de "chasse aux sorcières" répétées à l'envi par Donald Trump.

Cette stratégie pourrait agacer Robert Mueller, spéculent certains observateurs selon lesquels le procureur âgé de 74 ans pourrait, à la surprise générale, avoir envie de régler ses comptes.

"S'il décide qu'il est à la fin de sa carrière et qu'il est agacé par la manière dont le rapport a été traité, il pourrait se montrer plus loquace", a déclaré à l'AFP Margaret Taylor du centre de réflexion Brookings Institution à Washington.

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Robert Mueller auditionné au Congrès, épilogue ou relance de l'enquête russe ?

L'ancien procureur spécial Robert Mueller est convoqué mercredi au Congrès pour une audition très attendue sur les conclusions de l'enquête russe, que les démocrates espèrent accablante pour Donald Trump à seize mois de la présidentielle de 2020.

Pour la première fois, à l'occasion d'une audience marathon qui sera retransmise en direct dans les foyers américains, l'ex chef du FBI devra répondre à des questions sur les ingérences de Moscou dans la campagne de 2016 et la réaction du candidat, puis du président Trump. 

Robert Mueller, qui avait souhaité éviter cet exercice périlleux, veut s'en tenir aux conclusions contenues dans son rapport d'enquête, un pavé de plus de 400 pages remis en mars après 22 mois d'investigations.

Les démocrates ont confié ne pas s'attendre à des "révélations fracassantes" mais misent sur l'impact de son témoignage télévisé pour toucher les Américains qui n'ont pas lu ce document juridique, aride et prudent.

"Le public a le droit d'entendre la vérité de la bouche de Mueller lui-même, sur la conduite inappropriée de Trump et les risques persistants pour la sécurité nationale", a déclaré Adam Schiff qui préside l'une des deux commissions chargées d'auditionner l'ex procureur spécial.

Cet homme austère et très respecté est convoqué à 08H30 (12H30) devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, puis à 12H00 (16H00 GMT) devant sa commission du Renseignement.

- "Un jeu" -

Donald Trump a assuré qu'il ne suivrait pas l'audition, estimant qu'il s'agissait juste d'un "jeu" organisé par les démocrates et que suffisamment de temps avait été perdu avec cette enquête "honteuse".

Désireux de refermer le dossier et de se tourner résolument vers sa campagne de réélection, le milliardaire new-yorkais martèle qu'il a été "totalement exonéré" par le procureur spécial.

Sauf que la vérité est plus nuancée.

Dans son rapport, Robert Mueller décrit la campagne agressive de Moscou pour favoriser l'élection de Donald Trump, ainsi que de nombreux contacts entre la Russie et l'entourage du candidat républicain, mais ajoute ne pas avoir réuni de "preuves" d'une collusion.

En revanche, il assure ne pas pouvoir exonérer le président des soupçons d'entrave à la justice et détaille une série de pressions troublantes exercées sur son enquête par le locataire de la Maison Blanche, à commencer par une tentative de le limoger.

Il se garde toutefois de recommander les suites à donner. Robert Mueller écrit qu'un président en exercice ne peut pas être inculpé par la justice ordinaire et que seul le Congrès peut le poursuivre. 

Depuis les démocrates se déchirent sur l'opportunité d'ouvrir une procédure de destitution vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et qui risque de détourner la campagne présidentielle des débats de fond.

Mercredi, ils pourraient chercher à savoir quels éléments de l'enquête seraient utilisables dans une procédure d'"impeachment". 

- "Fin de carrière" -

Robert Mueller, qui fut souvent auditionné au Congrès quand il était directeur du FBI, est connu pour ses réponses monosyllabiques et il sera difficile de le faire dévier de sa ligne.

Fin mai, il avait brisé son silence lors d'une brève allocution au cours de laquelle il avait souhaité ne pas être auditionné par les parlementaires. "Je ne fournirai pas plus d'informations que ce qui est public", avait-il déclaré, renvoyant vers son rapport d'enquête qui "parle de lui-même".

Selon la presse américaine, les élus démocrates ont mis sur pied une stratégie d'interrogatoire pour, en se concentrant sur des points spécifiques du rapport, le forcer à dresser un portrait accablant du président.

Mais les républicains, avec qui ils alterneront les questions, sont déterminés à faire dérailler ce scénario en attaquant la genèse de l'enquête et l'intégrité de certains agents du FBI, en écho aux accusations de "chasse aux sorcières" répétées à l'envi par Donald Trump.

Cette stratégie pourrait agacer Robert Mueller, spéculent certains observateurs selon lesquels le procureur âgé de 74 ans pourrait, à la surprise générale, avoir envie de régler ses comptes.

"S'il décide qu'il est à la fin de sa carrière et qu'il est agacé par la manière dont le rapport a été traité, il pourrait se montrer plus loquace", a déclaré à l'AFP Margaret Taylor du centre de réflexion Brookings Institution à Washington.

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(21/07/2019 10:10)

Boris Johnson, critiqué sur le Brexit, aux portes de Downing Street

Favori dans la course à Downing Street, Boris Johnson a eu dimanche un aperçu des difficultés qui l'attendent, avec l'annonce du ministre des Finances, en désaccord avec sa stratégie sur le Brexit, qu'il mettrait un point d’honneur à démissionner s'il venait à l'emporter.

Les Britanniques connaîtront mardi le nom du successeur de la Première ministre conservatrice Theresa May, une place qui semble promise à Boris Johnson, favori des sondages comme des militants de la base du parti conservateur.

Acteur majeur de la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, l'ancien maire de Londres n'exclut pas une sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles au 31 octobre, date à laquelle doit avoir lieu ce divorce historique, initialement programmé pour le 29 mars.

Une stratégie inacceptable pour le ministre des Finances Philip Hammond, un poids lourd de l'exécutif.

"En supposant que Boris Johnson devienne le prochain Premier ministre, je comprends que ses conditions pour servir dans son gouvernement incluraient l'acceptation d'une sortie sans accord le 31 octobre, et ce n'est pas quelque chose à laquelle je pourrais jamais adhérer", a-t-il déclaré sur la BBC.

- "Humiliation" -

Le chancelier de l'Echiquier a d'ailleurs souligné qu'il démissionnerait avant même qu'on lui demande de faire ses valises, ou que ses fonctions s'arrêtent de facto avec la fin du gouvernement de Theresa May.

"Je suis sûr que je ne vais pas être renvoyé parce que je vais démissionner avant qu'on en arrive là", a-t-il dit.

"Il est très important que le Premier ministre puisse avoir un chancelier qui soit sur une ligne politique très proche, et j'ai donc l'intention de présenter ma démission à Theresa May avant qu'elle ne se rende au palais (de Buckingham) pour remettre sa propre démission (à la reine Elizabeth II)", a-t-il expliqué.

S'il semblait de toute manière très improbable que Philip Hammond soit maintenu dans ses fonctions en cas de victoire de Boris Johnson, ses déclarations illustrent l'opposition que risque de rencontrer ce dernier, mais aussi la crainte que peut inspirer un "no deal", synonyme de retour des formalités douanières, au Royaume-Uni.

Quitter le bloc européen sans accord constituerait une "humiliation", a estimé le ministre de la Justice David Gauke, qui a également annoncé dans le Sunday Times qu'il démissionnerait en cas de victoire de Boris Johnson.

Boris Johnson, 55 ans, ancien ministre des Affaires étrangères, est opposé dans cette course au pouvoir à Jeremy Hunt, 52 ans, son successeur à la tête de la diplomatie britannique.

C'est aux 160.000 membres du parti conservateur qu'il revient de départager les deux hommes. Les votes seront clos lundi avant l'annonce des résultats mardi matin.

Le vainqueur sera désigné chef du parti conservateur et se rendra mercredi devant la reine Elizabeth II, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

- "Non à Boris" -

Le futur Premier ministre aura alors la lourde tâche de réussir là où Theresa May a échoué: mettre en oeuvre le Brexit dans un pays toujours profondément divisé sur la question trois ans après le référendum de 2016.

En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies samedi dans les rues de Londres pour dire "Oui à l'Europe". Et "non à Boris".

L'intéressé a eu droit à un immense ballon gonflable à son effigie tournant en ridicule sa célèbre tignasse blonde. "(Il) dit n'importe quoi, promet n'importe quoi et fait ce qui lui plaît", a estimé un manifestant, Michael Fowler, coiffé d'un béret aux couleurs du drapeau européen.

Le futur chef du gouvernement devra gérer un autre dossier brûlant: les tensions dans le Golfe, et l'arraisonnement par l'Iran du Stena Impero, un pétrolier battant pavillon britannique.

Personnalité fantasque et controversée, connu pour ses frasques et ses gaffes, Boris Johnson, suscite une profonde inimitié chez les adversaires du Brexit, nombre d'entre eux considérant son ralliement à la sortie de l'UE, quelques mois avant le référendum de 2016, comme un moyen d'assouvir ses ambitions personnelles.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt met en avant son profil d'ancien entrepreneur et se pose comme un candidat sérieux, qui contraste avec la personnalité de son rival.

Lire la suite Lire la suite

Boris Johnson, critiqué sur le Brexit, aux portes de Downing Street

Favori dans la course à Downing Street, Boris Johnson a eu dimanche un aperçu des difficultés qui l'attendent, avec l'annonce du ministre des Finances, en désaccord avec sa stratégie sur le Brexit, qu'il mettrait un point d’honneur à démissionner s'il venait à l'emporter.

Les Britanniques connaîtront mardi le nom du successeur de la Première ministre conservatrice Theresa May, une place qui semble promise à Boris Johnson, favori des sondages comme des militants de la base du parti conservateur.

Acteur majeur de la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, l'ancien maire de Londres n'exclut pas une sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles au 31 octobre, date à laquelle doit avoir lieu ce divorce historique, initialement programmé pour le 29 mars.

Une stratégie inacceptable pour le ministre des Finances Philip Hammond, un poids lourd de l'exécutif.

"En supposant que Boris Johnson devienne le prochain Premier ministre, je comprends que ses conditions pour servir dans son gouvernement incluraient l'acceptation d'une sortie sans accord le 31 octobre, et ce n'est pas quelque chose à laquelle je pourrais jamais adhérer", a-t-il déclaré sur la BBC.

- "Humiliation" -

Le chancelier de l'Echiquier a d'ailleurs souligné qu'il démissionnerait avant même qu'on lui demande de faire ses valises, ou que ses fonctions s'arrêtent de facto avec la fin du gouvernement de Theresa May.

"Je suis sûr que je ne vais pas être renvoyé parce que je vais démissionner avant qu'on en arrive là", a-t-il dit.

"Il est très important que le Premier ministre puisse avoir un chancelier qui soit sur une ligne politique très proche, et j'ai donc l'intention de présenter ma démission à Theresa May avant qu'elle ne se rende au palais (de Buckingham) pour remettre sa propre démission (à la reine Elizabeth II)", a-t-il expliqué.

S'il semblait de toute manière très improbable que Philip Hammond soit maintenu dans ses fonctions en cas de victoire de Boris Johnson, ses déclarations illustrent l'opposition que risque de rencontrer ce dernier, mais aussi la crainte que peut inspirer un "no deal", synonyme de retour des formalités douanières, au Royaume-Uni.

Quitter le bloc européen sans accord constituerait une "humiliation", a estimé le ministre de la Justice David Gauke, qui a également annoncé dans le Sunday Times qu'il démissionnerait en cas de victoire de Boris Johnson.

Boris Johnson, 55 ans, ancien ministre des Affaires étrangères, est opposé dans cette course au pouvoir à Jeremy Hunt, 52 ans, son successeur à la tête de la diplomatie britannique.

C'est aux 160.000 membres du parti conservateur qu'il revient de départager les deux hommes. Les votes seront clos lundi avant l'annonce des résultats mardi matin.

Le vainqueur sera désigné chef du parti conservateur et se rendra mercredi devant la reine Elizabeth II, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

- "Non à Boris" -

Le futur Premier ministre aura alors la lourde tâche de réussir là où Theresa May a échoué: mettre en oeuvre le Brexit dans un pays toujours profondément divisé sur la question trois ans après le référendum de 2016.

En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies samedi dans les rues de Londres pour dire "Oui à l'Europe". Et "non à Boris".

L'intéressé a eu droit à un immense ballon gonflable à son effigie tournant en ridicule sa célèbre tignasse blonde. "(Il) dit n'importe quoi, promet n'importe quoi et fait ce qui lui plaît", a estimé un manifestant, Michael Fowler, coiffé d'un béret aux couleurs du drapeau européen.

Le futur chef du gouvernement devra gérer un autre dossier brûlant: les tensions dans le Golfe, et l'arraisonnement par l'Iran du Stena Impero, un pétrolier battant pavillon britannique.

Personnalité fantasque et controversée, connu pour ses frasques et ses gaffes, Boris Johnson, suscite une profonde inimitié chez les adversaires du Brexit, nombre d'entre eux considérant son ralliement à la sortie de l'UE, quelques mois avant le référendum de 2016, comme un moyen d'assouvir ses ambitions personnelles.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt met en avant son profil d'ancien entrepreneur et se pose comme un candidat sérieux, qui contraste avec la personnalité de son rival.

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(21/07/2019 15:42)

Pakistan: une kamikaze se fait exploser et tue six personnes

Six personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans un attentat perpétré dimanche par une femme kamikaze dans le nord-ouest du Pakistan et revendiqué par les talibans pakistanais, a-t-on appris de sources policières.

L'attaque s'est produite à l'entrée d'un hôpital du village de Kotlan Saidan, qui se trouve à la périphérie de Dera Ismail Khan, une ville ayant connu un grand nombre d'attentats au plus fort des années de sang au Pakistan.

La police aidait à déplacer les corps de deux policiers, abattus samedi par des extrémistes, quand l'explosion est survenue, a raconté à l'AFP Salim Riaz, le chef de la police du district.

"La femme kamikaze, âgée d'environ 28 ans, est arrivée à pied et s'est fait exploser, tuant deux policiers et quatre civils et en blessant 13 autres", a-t-il déclaré. Parmi les blessés se trouvent huit policiers et cinq civils, a-t-il précisé.

Un autre responsable de la police locale, Malik Habib, a confirmé le mode opératoire et le bilan humain, ajoutant que les forces de l'ordre avaient plus tard retrouvé la tête mutilée de la kamizake.

Le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan - les talibans pakistanais - Muhammad Khurasani a revendiqué l'attaque dans une déclaration envoyée aux médias locaux.

Le Pakistan a connu une forte amélioration de sa situation sécuritaire ces dernières années. D'après le CRSS, un centre de recherche pakistanais, le nombre de personnes tuées dans les violences à caractère extrémiste, politique ou criminel, a chuté de plus de 80% ces trois dernières années, avec 1.131 morts violentes recensées en 2018, contre 6.574 en 2015.

Mais des attaques de faible envergure sont toujours perpétrées régulièrement, ciblant souvent les forces de sécurité dans le Nord-Ouest, les zones tribales frontalières de l'Afghanistan et dans la province du Balouchistan (sud-ouest), dont Dera Ismail Khan est proche.

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Pakistan: une kamikaze se fait exploser et tue six personnes

Six personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans un attentat perpétré dimanche par une femme kamikaze dans le nord-ouest du Pakistan et revendiqué par les talibans pakistanais, a-t-on appris de sources policières.

L'attaque s'est produite à l'entrée d'un hôpital du village de Kotlan Saidan, qui se trouve à la périphérie de Dera Ismail Khan, une ville ayant connu un grand nombre d'attentats au plus fort des années de sang au Pakistan.

La police aidait à déplacer les corps de deux policiers, abattus samedi par des extrémistes, quand l'explosion est survenue, a raconté à l'AFP Salim Riaz, le chef de la police du district.

"La femme kamikaze, âgée d'environ 28 ans, est arrivée à pied et s'est fait exploser, tuant deux policiers et quatre civils et en blessant 13 autres", a-t-il déclaré. Parmi les blessés se trouvent huit policiers et cinq civils, a-t-il précisé.

Un autre responsable de la police locale, Malik Habib, a confirmé le mode opératoire et le bilan humain, ajoutant que les forces de l'ordre avaient plus tard retrouvé la tête mutilée de la kamizake.

Le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan - les talibans pakistanais - Muhammad Khurasani a revendiqué l'attaque dans une déclaration envoyée aux médias locaux.

Le Pakistan a connu une forte amélioration de sa situation sécuritaire ces dernières années. D'après le CRSS, un centre de recherche pakistanais, le nombre de personnes tuées dans les violences à caractère extrémiste, politique ou criminel, a chuté de plus de 80% ces trois dernières années, avec 1.131 morts violentes recensées en 2018, contre 6.574 en 2015.

Mais des attaques de faible envergure sont toujours perpétrées régulièrement, ciblant souvent les forces de sécurité dans le Nord-Ouest, les zones tribales frontalières de l'Afghanistan et dans la province du Balouchistan (sud-ouest), dont Dera Ismail Khan est proche.

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(21/07/2019 13:21)

Le VIH, l'autre défi de la crise migratoire en Amérique latine

Vénézuéliens contraints d'émigrer par manque de médicaments ou migrants centraméricains ignorant qu'ils sont porteurs du virus, le VIH est un autre défi lié à la crise migratoire latino-américaine: le thème sera abordé lors de la conférence mondiale sur le Sida qui s'ouvre dimanche à Mexico. 

Cette dixième conférence scientifique mondiale va réunir environ 6.000 participants, scientifiques, médecins, activistes et autorités, afin de faire le point sur les derniers traitements et aborder les enjeux sociaux et humains qui en découlent.

"Cette conférence permettra de montrer le problème de la migration (de personnes atteintes). En Amérique latine, aucune solution, ni programme n'existe à leur attention" explique Brenda Crabtree, médecin mexicaine qui co-préside la conférence. 

Avant l'ouverture de la conférence, les organisateurs ont organisé une visite d'une clinique spécialisée, située à Iztapalapa, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de Mexico.

Inaugurée en 2015, cette clinique moderne accueille des patients de tous horizons, la plupart Mexicains mais aussi des étrangers, sans que leur statut légal ne soit examiné. Ils y reçoivent gratuitement des soins et peuvent même participer à des thérapies de groupe dans la bibliothèque située dans cette clinique. 

- Crise vénézuélienne -

Si le système de santé publique mexicain offre un accès gratuit aux rétroviraux, certaines institutions exigent des papiers en règle, voire un emploi. La clinique Condesa veut être "un sanctuaire" pour les migrants, explique Crabtree.

"Au Venezuela, environ 120.000 personnes vivent avec le VIH/Sida, et doivent utiliser des rétroviraux. Près de 80.000 sont désormais sans traitement, alors de nombreuses personnes décèdent et d'autres émigrent pour chercher un traitement", indique Crabtree.

Selon l'ONU, quatre millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015. Même si leur nombre reste limité, ils constituent la majorité des patients étrangers soignés dans cette clinique.

Selon des statistiques de juin 2018, 941 patients étrangers y ont été traités, principalement des Vénézuéliens (26%), des Colombiens (16%) et des ressortissants des pays d'Amérique centrale (16%), selon Florentino Badial, le directeur de la clinique.

Les Vénézuéliens et les Colombiens sont généralement issus de la classe moyenne et sont arrivés légalement au Mexique, souvent dans l'espoir d'y travailler. 

- Sanctuaire -

Les Centraméricains sont eux, pour la plupart, entrés illégalement.

"Ils sont moins protégés en raison de leur niveau d'éducation, ils sont moins préparer pour travailler et ils ont peur" explique Luis Manuel Arellano, un employé de la clinique. 

"Nous les traitons comme n'importe quel Mexicain", précise-t-il.

Le Mexique fait face depuis plusieurs mois à un flux migratoire élevé de Centraméricains qui fuient la violence et à la pauvreté dans leur pays, et cherchent à atteindre les États-Unis. 

Lors d'une passage d'une caravane de milliers de migrants à Mexico en novembre, les personnels de la clinique ont proposé des tests de dépistage gratuits aux migrants et détectés six cas de personnes infectées qui l'ignoraient, et ont pu ainsi bénéficier de soins. 

"Le programme Sanctuaire suit les principes de la constitution mexicaine: les migrants ne sont pas abandonnés, on s'occupe de leur santé", résume Arellano. 

Les Centraméricains qui fréquentent la clinique y ont parfois été amenés par des ONG ou les autorités migratoires, afin de recevoir un traitement.

Parmi les patients, on note désormais un nombre croissant de personnes originaires des Caraïbes, principalement d’Haïti et de Cuba, indiquent les responsables. 

Carlos Gamez, un Cubain âgé de 32 ans, a été diagnostiqué porteur du VIH il y a deux ans, juste avant de quitter son pays pour suivre une maîtrise d'art à Mexico.

"Un ami m'a parlé de cette clinique et j'ai décidé de m'y rendre. En tant que migrant, comme je n'avais pas de carte de résident, j'ai sollicité le programme Sanctuaire", explique-t-il.

"Si j'avais dû payer (le traitement) ce n'aurait pas été possible". 

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Le VIH, l'autre défi de la crise migratoire en Amérique latine

Vénézuéliens contraints d'émigrer par manque de médicaments ou migrants centraméricains ignorant qu'ils sont porteurs du virus, le VIH est un autre défi lié à la crise migratoire latino-américaine: le thème sera abordé lors de la conférence mondiale sur le Sida qui s'ouvre dimanche à Mexico. 

Cette dixième conférence scientifique mondiale va réunir environ 6.000 participants, scientifiques, médecins, activistes et autorités, afin de faire le point sur les derniers traitements et aborder les enjeux sociaux et humains qui en découlent.

"Cette conférence permettra de montrer le problème de la migration (de personnes atteintes). En Amérique latine, aucune solution, ni programme n'existe à leur attention" explique Brenda Crabtree, médecin mexicaine qui co-préside la conférence. 

Avant l'ouverture de la conférence, les organisateurs ont organisé une visite d'une clinique spécialisée, située à Iztapalapa, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de Mexico.

Inaugurée en 2015, cette clinique moderne accueille des patients de tous horizons, la plupart Mexicains mais aussi des étrangers, sans que leur statut légal ne soit examiné. Ils y reçoivent gratuitement des soins et peuvent même participer à des thérapies de groupe dans la bibliothèque située dans cette clinique. 

- Crise vénézuélienne -

Si le système de santé publique mexicain offre un accès gratuit aux rétroviraux, certaines institutions exigent des papiers en règle, voire un emploi. La clinique Condesa veut être "un sanctuaire" pour les migrants, explique Crabtree.

"Au Venezuela, environ 120.000 personnes vivent avec le VIH/Sida, et doivent utiliser des rétroviraux. Près de 80.000 sont désormais sans traitement, alors de nombreuses personnes décèdent et d'autres émigrent pour chercher un traitement", indique Crabtree.

Selon l'ONU, quatre millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015. Même si leur nombre reste limité, ils constituent la majorité des patients étrangers soignés dans cette clinique.

Selon des statistiques de juin 2018, 941 patients étrangers y ont été traités, principalement des Vénézuéliens (26%), des Colombiens (16%) et des ressortissants des pays d'Amérique centrale (16%), selon Florentino Badial, le directeur de la clinique.

Les Vénézuéliens et les Colombiens sont généralement issus de la classe moyenne et sont arrivés légalement au Mexique, souvent dans l'espoir d'y travailler. 

- Sanctuaire -

Les Centraméricains sont eux, pour la plupart, entrés illégalement.

"Ils sont moins protégés en raison de leur niveau d'éducation, ils sont moins préparer pour travailler et ils ont peur" explique Luis Manuel Arellano, un employé de la clinique. 

"Nous les traitons comme n'importe quel Mexicain", précise-t-il.

Le Mexique fait face depuis plusieurs mois à un flux migratoire élevé de Centraméricains qui fuient la violence et à la pauvreté dans leur pays, et cherchent à atteindre les États-Unis. 

Lors d'une passage d'une caravane de milliers de migrants à Mexico en novembre, les personnels de la clinique ont proposé des tests de dépistage gratuits aux migrants et détectés six cas de personnes infectées qui l'ignoraient, et ont pu ainsi bénéficier de soins. 

"Le programme Sanctuaire suit les principes de la constitution mexicaine: les migrants ne sont pas abandonnés, on s'occupe de leur santé", résume Arellano. 

Les Centraméricains qui fréquentent la clinique y ont parfois été amenés par des ONG ou les autorités migratoires, afin de recevoir un traitement.

Parmi les patients, on note désormais un nombre croissant de personnes originaires des Caraïbes, principalement d’Haïti et de Cuba, indiquent les responsables. 

Carlos Gamez, un Cubain âgé de 32 ans, a été diagnostiqué porteur du VIH il y a deux ans, juste avant de quitter son pays pour suivre une maîtrise d'art à Mexico.

"Un ami m'a parlé de cette clinique et j'ai décidé de m'y rendre. En tant que migrant, comme je n'avais pas de carte de résident, j'ai sollicité le programme Sanctuaire", explique-t-il.

"Si j'avais dû payer (le traitement) ce n'aurait pas été possible". 

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(21/07/2019 12:08)

Dernière mise à jour : 20/07/2019 15:55

 
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