Nouvelles du pays et RSS - Actus Orange.mg

afp.com


Monde


Liban: la contestation gagne de l'ampleur, le pays uni dans la rue contre la classe politique

De plus en plus nombreux, des dizaines de milliers de Libanais ont manifesté dimanche dans une ambiance festive pour réclamer, du nord au sud du pays, le départ d'une classe politique jugée corrompue et accusée d'avoir enfoncé le pays dans une crise sans fin.

De Beyrouth à la ville à majorité sunnite de Tripoli, dans le nord, des localités chiites du Sud aux villes druzes ou chrétiennes de l'Est, les Libanais ont défilé pour exprimer leur ras-le-bol, au 4e jour d'un mouvement d'une ampleur inédite qui a paralysé le pays.  

Partout, sous une nuée de drapeaux libanais, des foules compactes ont repris les slogans du Printemps arabe qui rythment désormais leur révolte: "Révolution, révolution", "le peuple veut la chute du régime"...

Jour de repos, dimanche a été propice à la mobilisation, à la veille de l'expiration d'un ultimatum fixé par le Premier ministre Saad Hariri pour obtenir l'approbation définitive des membres de sa coalition gouvernementale à un vaste plan de réformes bloqué par les divisions politiques.

Dans le centre-ville de Beyrouth noir de monde, devenu le cœur névralgique de la contestation, la foule continuait de grossir en début de soirée, selon les journalistes de l'AFP sur place. 

De nouveaux slogans sont apparus sur les murs: "Le Liban est au peuple", "La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres".

Le mouvement, qui paralyse le pays avec la fermeture des banques, des institutions publiques et de nombreux magasins, a démarré de manière spontanée jeudi après l'annonce d'une taxe sur les appels effectués via WhatsApp. Une mesure destinée à renflouer un peu les finances exsangues du pays mais qui a dû être aussitôt annulée sous la pression de la rue.

Les manifestants, de tous les âges et de tous les milieux, ont néanmoins continué de se rassembler jour et nuit dans la rue.

- "Des voyous" -

A Beyrouth, Zalfa Aboukaïs, une employée de 27 ans, "manifeste contre les voyous au pouvoir depuis 30 ans", soit depuis la fin de la guerre civile en 1990. Elle a écrit le nom de députés libanais sur des bouts de papier qu'elle accroche patiemment sur les barbelés installés par les forces de l'ordre pour contenir la foule. "Tous des voleurs", cingle-t-elle.    

M. Hariri a laissé entendre qu'il pourrait démissionner lundi s'il ne réussissait pas à obtenir un feu vert pour ses réformes, dont celle très attendue par les Libanais d'une refonte du secteur de l'Energie pour mettre fin aux incessantes coupures d'électricité qui minent leur quotidien.

Allié de M. Hariri, le parti chrétien des Forces Libanaises a lui annoncé samedi la démission de ses quatre ministres du gouvernement, une initiative accueillie dans la liesse par les manifestants. Mais le slogan "Tous veut dire Tous" a été aussitôt crié, pour dire l'exigence d'un renouvellement de toute la classe politique, y compris donc du côté du président Michel Aoun et de ses alliés du Hezbollah. 

Inchangée depuis des décennies, cette classe politique est accusée d'affairisme et de corruption alors que les infrastructures du pays sont en déliquescence totale. 

Des craintes d'une dévaluation pour la première fois en 22 ans de la livre libanaise, synonyme d'un nouvel appauvrissement dans une économie dollarisée, avaient déjà fait monter la colère de la population ces dernières semaines.

"Nous ne voulons plus que des gens aient à supplier pour obtenir des droits fondamentaux et des services que l'Etat est censé leur prodiguer", déclarait un autre manifestant à Beyrouth Dani Mourtada, 26 ans.

- Musique, danse, chants -

Après des incidents violents et des actes de vandalisme dans le centre de Beyrouth dans la nuit de vendredi à samedi, une ambiance joyeuse et bon enfant a repris le dessus. A Beyrouth, on fumait dimanche des chichas et on jouait aux cartes dans la rue. Certains accompagnaient les slogans avec des instruments de musique.  

A Tripoli, une ville pourtant conservatrice, la foule massée place al-Nour a dansé tard samedi soir au rythme d'une musique animée par un DJ et diffusée via haut-parleurs. Fait marquant, la contestation a aussi gagné des fiefs du Hezbollah et du mouvement Amal,  dans le sud du pays.

Dans la ville de Tyr (sud), les pêcheurs ont manifesté dans leurs barques en portant des drapeaux libanais alors que la foule les suivait en défilant sur le port.

lar-bek-rh-feb/phv/on

Lire la suite Lire la suite

Liban: la contestation gagne de l'ampleur, le pays uni dans la rue contre la classe politique

De plus en plus nombreux, des dizaines de milliers de Libanais ont manifesté dimanche dans une ambiance festive pour réclamer, du nord au sud du pays, le départ d'une classe politique jugée corrompue et accusée d'avoir enfoncé le pays dans une crise sans fin.

De Beyrouth à la ville à majorité sunnite de Tripoli, dans le nord, des localités chiites du Sud aux villes druzes ou chrétiennes de l'Est, les Libanais ont défilé pour exprimer leur ras-le-bol, au 4e jour d'un mouvement d'une ampleur inédite qui a paralysé le pays.  

Partout, sous une nuée de drapeaux libanais, des foules compactes ont repris les slogans du Printemps arabe qui rythment désormais leur révolte: "Révolution, révolution", "le peuple veut la chute du régime"...

Jour de repos, dimanche a été propice à la mobilisation, à la veille de l'expiration d'un ultimatum fixé par le Premier ministre Saad Hariri pour obtenir l'approbation définitive des membres de sa coalition gouvernementale à un vaste plan de réformes bloqué par les divisions politiques.

Dans le centre-ville de Beyrouth noir de monde, devenu le cœur névralgique de la contestation, la foule continuait de grossir en début de soirée, selon les journalistes de l'AFP sur place. 

De nouveaux slogans sont apparus sur les murs: "Le Liban est au peuple", "La patrie pour les riches, le patriotisme pour les pauvres".

Le mouvement, qui paralyse le pays avec la fermeture des banques, des institutions publiques et de nombreux magasins, a démarré de manière spontanée jeudi après l'annonce d'une taxe sur les appels effectués via WhatsApp. Une mesure destinée à renflouer un peu les finances exsangues du pays mais qui a dû être aussitôt annulée sous la pression de la rue.

Les manifestants, de tous les âges et de tous les milieux, ont néanmoins continué de se rassembler jour et nuit dans la rue.

- "Des voyous" -

A Beyrouth, Zalfa Aboukaïs, une employée de 27 ans, "manifeste contre les voyous au pouvoir depuis 30 ans", soit depuis la fin de la guerre civile en 1990. Elle a écrit le nom de députés libanais sur des bouts de papier qu'elle accroche patiemment sur les barbelés installés par les forces de l'ordre pour contenir la foule. "Tous des voleurs", cingle-t-elle.    

M. Hariri a laissé entendre qu'il pourrait démissionner lundi s'il ne réussissait pas à obtenir un feu vert pour ses réformes, dont celle très attendue par les Libanais d'une refonte du secteur de l'Energie pour mettre fin aux incessantes coupures d'électricité qui minent leur quotidien.

Allié de M. Hariri, le parti chrétien des Forces Libanaises a lui annoncé samedi la démission de ses quatre ministres du gouvernement, une initiative accueillie dans la liesse par les manifestants. Mais le slogan "Tous veut dire Tous" a été aussitôt crié, pour dire l'exigence d'un renouvellement de toute la classe politique, y compris donc du côté du président Michel Aoun et de ses alliés du Hezbollah. 

Inchangée depuis des décennies, cette classe politique est accusée d'affairisme et de corruption alors que les infrastructures du pays sont en déliquescence totale. 

Des craintes d'une dévaluation pour la première fois en 22 ans de la livre libanaise, synonyme d'un nouvel appauvrissement dans une économie dollarisée, avaient déjà fait monter la colère de la population ces dernières semaines.

"Nous ne voulons plus que des gens aient à supplier pour obtenir des droits fondamentaux et des services que l'Etat est censé leur prodiguer", déclarait un autre manifestant à Beyrouth Dani Mourtada, 26 ans.

- Musique, danse, chants -

Après des incidents violents et des actes de vandalisme dans le centre de Beyrouth dans la nuit de vendredi à samedi, une ambiance joyeuse et bon enfant a repris le dessus. A Beyrouth, on fumait dimanche des chichas et on jouait aux cartes dans la rue. Certains accompagnaient les slogans avec des instruments de musique.  

A Tripoli, une ville pourtant conservatrice, la foule massée place al-Nour a dansé tard samedi soir au rythme d'une musique animée par un DJ et diffusée via haut-parleurs. Fait marquant, la contestation a aussi gagné des fiefs du Hezbollah et du mouvement Amal,  dans le sud du pays.

Dans la ville de Tyr (sud), les pêcheurs ont manifesté dans leurs barques en portant des drapeaux libanais alors que la foule les suivait en défilant sur le port.

lar-bek-rh-feb/phv/on

Fermer Fermer

(20/10/2019 19:09)

Johnson martèle que Londres sortira de l'UE le 31 octobre malgré la demande de report

Le gouvernement de Boris Johnson martelait dimanche que le Brexit aurait bien lieu le 31 octobre, bien qu'il ait été contraint par son Parlement d'écrire à Bruxelles pour demander un report.

La journée de samedi, avec un vote historique prévu au Parlement britannique sur le nouvel accord de Brexit triomphalement annoncé deux jours plus tôt à Bruxelles, devait enfin apporter une clarification plus de trois ans après le référendum de 2016.

Bilan : les députés ont décidé de repousser leur décision et les Européens se retrouvaient dimanche avec trois lettres, dont l'AFP a obtenu copie, disant tout et son contraire. Et moins de deux semaines pour éviter une sortie sans accord qui donne des sueurs froides aux milieux économiques.

La première lettre, non signée, demande un report de trois mois du Brexit. La deuxième, signée par Boris Johnson, dit qu'il ne veut pas de ce délai. La troisième, de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE, Tim Barrow, précise que le report n'a été demandé que pour se plier à la loi.

Malgré cette demande, "nous allons sortir le 31 octobre. Nous avons les moyens et la capacité de le faire", a déclaré dimanche Michael Gove, bras droit de Boris Johnson, lors d'un entretien avec Sky News.

Sur la BBC, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab s'est aussi estimé "confiant", jugeant qu'"il y avait beaucoup de gens dans l'UE qui ne veulent pas d'un report". 

- "Toutes les options ouvertes" -

A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a indiqué samedi soir "commencer à consulter les dirigeants de l'UE sur la manière de réagir". D'après une source européenne, les consultations "pourraient prendre quelques jours".

Dimanche, lors d'une courte réunion à Bruxelles des ambassadeurs des 27, autour du négociateur européen du Brexit Michel Barnier, la demande a été évoquée mais pas débattue. 

"L'Union européenne garde toutes les options ouvertes", a déclaré à l'AFP un diplomate européen sous couvert de l'anonymat, indiquant que le processus de ratification de l'accord était bien engagé.

Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste, crie pourtant déjà victoire : pour lui, "l'accord dommageable (de Boris Johnson) a été défait" et "malgré sa posture irritable et fanfaronne", il a dû "obéir à la loi", a-t-il dit sur Twitter.

La loi qui a forcé à réclamer cette extension a été adoptée en septembre pour éviter un "no deal", Boris Johnson s'étant dit prêt à cette option s'il s'agissait du prix à payer pour sortir le Royaume-Uni de l'UE le 31 octobre.

Elle stipule que si aucun accord de sortie n'était approuvé par le Parlement d'ici au 19 octobre, le Premier ministre doit réclamer un report du Brexit au 31 janvier 2020.

Boris Johnson espérait y échapper en faisant approuver samedi son nouvel accord de retrait de l'UE. Mais par l'un de ces coups de théâtre dont la démocratie parlementaire a le secret depuis le début de cette crise, la Chambre des Communes l'a contraint samedi à s'y conformer en repoussant son vote sur l'accord.

- Semaine prochaine -

Cette nouvelle journée folle à Westminster a relancé la grande incertitude au Royaume-Uni sur la manière dont le pays va sortir de l'UE. Le Brexit, initialement prévu le 29 mars, a déjà été repoussé deux fois.

Vent debout contre une nouvelle prolongation "dommageable", Boris Johnson a assuré qu'il présenterait "la semaine prochaine" au Parlement la législation nécessaire à la mise en œuvre de son accord de Brexit. "Si nous passons la législation à temps, alors il n'y a pas d'extension. Le 31 octobre est en vue", a dit Michael Gove.

Ils pourront désormais compter sur le soutien de certains rebelles conservateurs, ayant été expulsés du parti pour avoir justement soutenu la loi qui a contraint Boris Johnson à demander un report. Maintenant que celui-ci a été demandé pour "éviter un Brexit sans accord", "je soutiendrai l'accord du Premier ministre", a ainsi annoncé l'ancienne ministre Amber Rudd sur Sky News.

Anticipant d'autres soutiens, le chef de la diplomatie Dominic Raab voyait déjà l'accord adopté. "Il semble que nous avons maintenant le nombre (de voix) pour le faire passer", a-t-il dit.

Mais le député Keir Starmer, chargé du Brexit au sein de l'opposition travailliste, a prévenu à la BBC : "Nous nous battrons avec des amendements".

Le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, a déclaré au journal Bild qu'une sortie rapide et ordonnée était encore possible si Johnson tentait aussi de contacter ses adversaires. "Si une prolongation de quelques semaines est nécessaire, cela ne me poserait aucun problème", a-t-il dit.

L'accord règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020.

Un Brexit sans accord, redouté des milieux économiques, fait craindre des perturbations aux frontières, des pénuries de produits alimentaires et médicaments et une poussée des prix, voire une récession. 

Lire la suite Lire la suite

Johnson martèle que Londres sortira de l'UE le 31 octobre malgré la demande de report

Le gouvernement de Boris Johnson martelait dimanche que le Brexit aurait bien lieu le 31 octobre, bien qu'il ait été contraint par son Parlement d'écrire à Bruxelles pour demander un report.

La journée de samedi, avec un vote historique prévu au Parlement britannique sur le nouvel accord de Brexit triomphalement annoncé deux jours plus tôt à Bruxelles, devait enfin apporter une clarification plus de trois ans après le référendum de 2016.

Bilan : les députés ont décidé de repousser leur décision et les Européens se retrouvaient dimanche avec trois lettres, dont l'AFP a obtenu copie, disant tout et son contraire. Et moins de deux semaines pour éviter une sortie sans accord qui donne des sueurs froides aux milieux économiques.

La première lettre, non signée, demande un report de trois mois du Brexit. La deuxième, signée par Boris Johnson, dit qu'il ne veut pas de ce délai. La troisième, de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE, Tim Barrow, précise que le report n'a été demandé que pour se plier à la loi.

Malgré cette demande, "nous allons sortir le 31 octobre. Nous avons les moyens et la capacité de le faire", a déclaré dimanche Michael Gove, bras droit de Boris Johnson, lors d'un entretien avec Sky News.

Sur la BBC, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab s'est aussi estimé "confiant", jugeant qu'"il y avait beaucoup de gens dans l'UE qui ne veulent pas d'un report". 

- "Toutes les options ouvertes" -

A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a indiqué samedi soir "commencer à consulter les dirigeants de l'UE sur la manière de réagir". D'après une source européenne, les consultations "pourraient prendre quelques jours".

Dimanche, lors d'une courte réunion à Bruxelles des ambassadeurs des 27, autour du négociateur européen du Brexit Michel Barnier, la demande a été évoquée mais pas débattue. 

"L'Union européenne garde toutes les options ouvertes", a déclaré à l'AFP un diplomate européen sous couvert de l'anonymat, indiquant que le processus de ratification de l'accord était bien engagé.

Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste, crie pourtant déjà victoire : pour lui, "l'accord dommageable (de Boris Johnson) a été défait" et "malgré sa posture irritable et fanfaronne", il a dû "obéir à la loi", a-t-il dit sur Twitter.

La loi qui a forcé à réclamer cette extension a été adoptée en septembre pour éviter un "no deal", Boris Johnson s'étant dit prêt à cette option s'il s'agissait du prix à payer pour sortir le Royaume-Uni de l'UE le 31 octobre.

Elle stipule que si aucun accord de sortie n'était approuvé par le Parlement d'ici au 19 octobre, le Premier ministre doit réclamer un report du Brexit au 31 janvier 2020.

Boris Johnson espérait y échapper en faisant approuver samedi son nouvel accord de retrait de l'UE. Mais par l'un de ces coups de théâtre dont la démocratie parlementaire a le secret depuis le début de cette crise, la Chambre des Communes l'a contraint samedi à s'y conformer en repoussant son vote sur l'accord.

- Semaine prochaine -

Cette nouvelle journée folle à Westminster a relancé la grande incertitude au Royaume-Uni sur la manière dont le pays va sortir de l'UE. Le Brexit, initialement prévu le 29 mars, a déjà été repoussé deux fois.

Vent debout contre une nouvelle prolongation "dommageable", Boris Johnson a assuré qu'il présenterait "la semaine prochaine" au Parlement la législation nécessaire à la mise en œuvre de son accord de Brexit. "Si nous passons la législation à temps, alors il n'y a pas d'extension. Le 31 octobre est en vue", a dit Michael Gove.

Ils pourront désormais compter sur le soutien de certains rebelles conservateurs, ayant été expulsés du parti pour avoir justement soutenu la loi qui a contraint Boris Johnson à demander un report. Maintenant que celui-ci a été demandé pour "éviter un Brexit sans accord", "je soutiendrai l'accord du Premier ministre", a ainsi annoncé l'ancienne ministre Amber Rudd sur Sky News.

Anticipant d'autres soutiens, le chef de la diplomatie Dominic Raab voyait déjà l'accord adopté. "Il semble que nous avons maintenant le nombre (de voix) pour le faire passer", a-t-il dit.

Mais le député Keir Starmer, chargé du Brexit au sein de l'opposition travailliste, a prévenu à la BBC : "Nous nous battrons avec des amendements".

Le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, a déclaré au journal Bild qu'une sortie rapide et ordonnée était encore possible si Johnson tentait aussi de contacter ses adversaires. "Si une prolongation de quelques semaines est nécessaire, cela ne me poserait aucun problème", a-t-il dit.

L'accord règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020.

Un Brexit sans accord, redouté des milieux économiques, fait craindre des perturbations aux frontières, des pénuries de produits alimentaires et médicaments et une poussée des prix, voire une récession. 

Fermer Fermer

(20/10/2019 20:33)

Syrie: retrait total des combattants kurdes d'une ville frontalière de la Turquie

Les combattants kurdes ont quitté dimanche la ville syrienne de Ras al-Aïn, assiégée par les forces turques, un retrait qui devrait accélérer leur départ d'une zone frontalière de la Turquie large de 32 kilomètres, condition d'un accord de trêve négocié par Washington. 

Annoncé jeudi, cet accord prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive lancée le 9 octobre par la Turquie pour permettre un retrait des combattants kurdes de zones frontalières du nord syrien.

Outre ce retrait, l'accord prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 kilomètres de profondeur pour séparer la Turquie des territoires tenus par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). La longueur de cette bande, que le président turc Recep Tayyip Erdogan veut étendre sur environ 450 kilomètres, reste à définir.

Dimanche, un convoi transportant des blessés, des dépouilles et des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, a quitté Ras al-Aïn, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les FDS et la Turquie ont confirmé le retrait total des combattants kurdes de la ville. 

Plus de 50 véhicules, dont des ambulances, ont quitté la ville qui faisait office de ligne de démarcation, a-t-il constaté, affirmant avoir vu des flammes s'élever de l'hôpital après le départ du convoi. 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait auparavant indiqué que les dépouilles de 28 combattants des FDS et de 13 civils se trouvaient dans l'hôpital ou dans des cimetières provisoires.

"Un convoi d'environ 55 véhicules est entré dans Ras al-Aïn et un convoi de 86 véhicules en est parti en direction de Tal Tamr", a indiqué le ministère de la Défense turc.

- Youyous -

Le convoi est arrivé à Tal Tamr, plus au sud, où des habitants les ont accueillis par des youyous et slogans de soutien aux FDS, selon un correspondant de l'AFP.

C'est la première fois que des combattants des FDS sortent de Ras al-Aïn. Samedi, l'OSDH avait rapporté l'évacuation de 30 blessés et de quatre dépouilles.

M. Erdogan a réitéré que l'offensive reprendrait si les forces kurdes ne se retiraient pas totalement de secteurs frontaliers et a affirmé que la Turquie "assurerait la protection de la zone de sécurité" qu'il souhaite établir sur 444 kilomètres. Il a aussi exhorté les Etats-Unis à "tenir leurs promesses".

"Les Etats-Unis ont l'obligation de faciliter le retrait des YPG", selon Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

Le président américain Donald Trump a affirmé que "le cessez-le-feu tient très bien", dans un tweet citant son ministre de la Défense, Mark Esper. "Il y a eu des accrochages mineurs (...) Les Kurdes se réinstallent dans de nouvelles zones", selon M. Esper.

La trêve est ponctuée de combats et bombardements sporadiques dans l'ouest et le nord-ouest de Ras al-Aïn, d'après l'OSDH. Depuis jeudi, les forces kurdes et Ankara s'accusent mutuellement de la violer. 

Dans la zone de Tal Abyad, à l'ouest, un soldat turc a été tué et un autre blessé, selon le ministère de la Défense turc. 

L'offensive turque a été lancée après un retrait le 7 octobre des soldats américains de secteurs frontaliers. 

Et le 13 octobre, les Etats-Unis ont annoncé le retrait de quelque 1.000 militaires américains déployés dans le nord et l'est de la Syrie. 

- Retrait américain -

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain et transportant du matériel militaire ont traversé Tal Tamr, escortés par des hélicoptères, a constaté le correspondant de l'AFP.  

Selon l'OSDH, le convoi s'est retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, et s'est dirigé vers la province de Hassaké plus à l'est.

"Il s'agit de la plus grande base militaire américaine dans le nord et du quatrième départ des forces américaines d'une base en Syrie", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases, dont celle de la ville clé de Minbej et d'une autre située près de Kobané.  

Désormais, toutes les bases dans les provinces de Raqa et d'Alep "sont vides de toute présence militaire américaine", a précisé M. Abdel Rahmane. Les Etats-Unis conservent encore des positions dans les provinces de Deir Ezzor et de Hassaké, selon lui.

"On ramène les soldats chez nous", a déclaré M. Trump dans un tweet. 

Depuis le lancement de leur offensive le 9 octobre, les forces turques et leurs supplétifs syriens ont conquis une bande frontalière de près de 120 km entre Tal Abyad et Ras al-Aïn.

L'offensive a tué 114 civils et déplacé 300.000 autres, selon l'OSDH. Les combats et les bombardements ont tué 256 membres des FDS et 196 combattants pro-Ankara.

L'offensive a ouvert un nouveau front dans le conflit syrien qui dure depuis 2011.

Lire la suite Lire la suite

Syrie: retrait total des combattants kurdes d'une ville frontalière de la Turquie

Les combattants kurdes ont quitté dimanche la ville syrienne de Ras al-Aïn, assiégée par les forces turques, un retrait qui devrait accélérer leur départ d'une zone frontalière de la Turquie large de 32 kilomètres, condition d'un accord de trêve négocié par Washington. 

Annoncé jeudi, cet accord prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive lancée le 9 octobre par la Turquie pour permettre un retrait des combattants kurdes de zones frontalières du nord syrien.

Outre ce retrait, l'accord prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 kilomètres de profondeur pour séparer la Turquie des territoires tenus par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). La longueur de cette bande, que le président turc Recep Tayyip Erdogan veut étendre sur environ 450 kilomètres, reste à définir.

Dimanche, un convoi transportant des blessés, des dépouilles et des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, a quitté Ras al-Aïn, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les FDS et la Turquie ont confirmé le retrait total des combattants kurdes de la ville. 

Plus de 50 véhicules, dont des ambulances, ont quitté la ville qui faisait office de ligne de démarcation, a-t-il constaté, affirmant avoir vu des flammes s'élever de l'hôpital après le départ du convoi. 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait auparavant indiqué que les dépouilles de 28 combattants des FDS et de 13 civils se trouvaient dans l'hôpital ou dans des cimetières provisoires.

"Un convoi d'environ 55 véhicules est entré dans Ras al-Aïn et un convoi de 86 véhicules en est parti en direction de Tal Tamr", a indiqué le ministère de la Défense turc.

- Youyous -

Le convoi est arrivé à Tal Tamr, plus au sud, où des habitants les ont accueillis par des youyous et slogans de soutien aux FDS, selon un correspondant de l'AFP.

C'est la première fois que des combattants des FDS sortent de Ras al-Aïn. Samedi, l'OSDH avait rapporté l'évacuation de 30 blessés et de quatre dépouilles.

M. Erdogan a réitéré que l'offensive reprendrait si les forces kurdes ne se retiraient pas totalement de secteurs frontaliers et a affirmé que la Turquie "assurerait la protection de la zone de sécurité" qu'il souhaite établir sur 444 kilomètres. Il a aussi exhorté les Etats-Unis à "tenir leurs promesses".

"Les Etats-Unis ont l'obligation de faciliter le retrait des YPG", selon Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

Le président américain Donald Trump a affirmé que "le cessez-le-feu tient très bien", dans un tweet citant son ministre de la Défense, Mark Esper. "Il y a eu des accrochages mineurs (...) Les Kurdes se réinstallent dans de nouvelles zones", selon M. Esper.

La trêve est ponctuée de combats et bombardements sporadiques dans l'ouest et le nord-ouest de Ras al-Aïn, d'après l'OSDH. Depuis jeudi, les forces kurdes et Ankara s'accusent mutuellement de la violer. 

Dans la zone de Tal Abyad, à l'ouest, un soldat turc a été tué et un autre blessé, selon le ministère de la Défense turc. 

L'offensive turque a été lancée après un retrait le 7 octobre des soldats américains de secteurs frontaliers. 

Et le 13 octobre, les Etats-Unis ont annoncé le retrait de quelque 1.000 militaires américains déployés dans le nord et l'est de la Syrie. 

- Retrait américain -

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain et transportant du matériel militaire ont traversé Tal Tamr, escortés par des hélicoptères, a constaté le correspondant de l'AFP.  

Selon l'OSDH, le convoi s'est retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, et s'est dirigé vers la province de Hassaké plus à l'est.

"Il s'agit de la plus grande base militaire américaine dans le nord et du quatrième départ des forces américaines d'une base en Syrie", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases, dont celle de la ville clé de Minbej et d'une autre située près de Kobané.  

Désormais, toutes les bases dans les provinces de Raqa et d'Alep "sont vides de toute présence militaire américaine", a précisé M. Abdel Rahmane. Les Etats-Unis conservent encore des positions dans les provinces de Deir Ezzor et de Hassaké, selon lui.

"On ramène les soldats chez nous", a déclaré M. Trump dans un tweet. 

Depuis le lancement de leur offensive le 9 octobre, les forces turques et leurs supplétifs syriens ont conquis une bande frontalière de près de 120 km entre Tal Abyad et Ras al-Aïn.

L'offensive a tué 114 civils et déplacé 300.000 autres, selon l'OSDH. Les combats et les bombardements ont tué 256 membres des FDS et 196 combattants pro-Ankara.

L'offensive a ouvert un nouveau front dans le conflit syrien qui dure depuis 2011.

Fermer Fermer

(20/10/2019 19:38)

Le nouvel accord de Brexit fait trembler les unionistes d'Irlande du Nord

Dans le quartier résolument pro-britannique de Shankill, à Belfast, les unionistes nord-irlandais craignent que le nouvel accord de Brexit ne distende leurs liens avec la Grande-Bretagne, pierre angulaire de leur identité.

Dans ce bastion de l'unionisme, des drapeaux britanniques flottent dans les rues et des peintures murales commémorent les paramilitaires loyalistes morts pour "la cause". Fusillades, bombardements... Du sang a été versé dans ce quartier ouest de Belfast.

Le parti nord-irlandais unioniste DUP soutient le Brexit et le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson, mais il est farouchement opposé à son accord de divorce avec l'Union européenne.

Cet accord dote notamment l'Irlande du Nord d'un régime douanier et fiscal spécial permettant de maintenir ses échanges avec la République d'Irlande voisine qui, elle, reste dans l'UE. Mais le DUP rejette tout traitement qui donnerait à l'Irlande du Nord un statut différent du reste du Royaume-Uni.

Il redoute surtout que le plan de Boris Johnson ne débouche sur la création d'une frontière en mer d'Irlande, l'isolant de la Grande-Bretagne.

Sammy Wilson, le député DUP chargé du Brexit, a estimé dimanche que cet accord allait "causer beaucoup de dégâts à l'Union", en référence au Royaume-Uni. "Nous voulons sortir (de l'UE) comme une seule nation. Cela reste notre objectif".

La route de Shankill est parsemée de peintures murales géantes représentant des hommes armés loyalistes ou encore la reine Elizabeth II.

Agée de 77 ans, Lucy Murray, confie avoir "du mal à comprendre pourquoi ils veulent mettre une frontière dans la mer".

"Je ne suis pas d'accord. Je pense que nous devrions toujours faire partie du Royaume-Uni", poursuit-elle. "Nous espérons ne pas avoir à nous battre pour cela".

Selon la BBC en Irlande du Nord, après l'annonce sur un nouvel accord de Brexit, des débats ont été organisés entre unionistes modérés et radicaux sur l'option d'une "désobéissance civile" à grande échelle.

- "Nous sommes encore britanniques" -

Les unionistes craignent que le Brexit ne les rapproche d'une unification avec la république d'Irlande.

"Il va y avoir un vote pour une Irlande unie", craint Iain Whiteside, propriétaire d'une boutique de cadeaux, pleine de tasses flanquées du drapeau Union Jack.

"La majorité des gens en Irlande du Nord seront bientôt catholiques, c'est ce vers quoi se dirige le pays", assure-t-il, comme résigné.

Dans une recherche publiée en mai, Duncan Morrow, de l'université d'Ulster, décrivait une "tendance vers une majorité catholique en Irlande du Nord".

L'unionisme est historiquement prôné par les protestants tandis que les catholiques ont généralement favorisé l'intégration de l'Irlande du Nord à la république d'Irlande. Néanmoins, le lien entre appartenance religieuse et opinions politiques est de plus en plus tenu.

D'autres semblent moins inquiets des changements en vue: leur lien au reste du Royaume-Uni est une affaire d'histoire et de sentiment.

"Quoiqu'il arrive, nous sommes encore britanniques", martèle Elaine Malley, unioniste et mère de 48 ans.

Les accords de paix du Vendredi Saint, qui ont mis fin en 1998 à trois décennies de violences communautaires, prévoient que la frontière entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande (au sud), soit invisible.

S'il est adopté, l'accord obtenu par Boris Johnson préserverait cette condition. Mais, si elle avait le choix, Elaine Malley préfèrerait plutôt une frontière au sud avec l'Irlande qu'une en mer, avec la Grande-Bretagne.

"Je suis née britannique et je mourrai britannique", insiste-t-elle.

Lire la suite Lire la suite

Le nouvel accord de Brexit fait trembler les unionistes d'Irlande du Nord

Dans le quartier résolument pro-britannique de Shankill, à Belfast, les unionistes nord-irlandais craignent que le nouvel accord de Brexit ne distende leurs liens avec la Grande-Bretagne, pierre angulaire de leur identité.

Dans ce bastion de l'unionisme, des drapeaux britanniques flottent dans les rues et des peintures murales commémorent les paramilitaires loyalistes morts pour "la cause". Fusillades, bombardements... Du sang a été versé dans ce quartier ouest de Belfast.

Le parti nord-irlandais unioniste DUP soutient le Brexit et le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson, mais il est farouchement opposé à son accord de divorce avec l'Union européenne.

Cet accord dote notamment l'Irlande du Nord d'un régime douanier et fiscal spécial permettant de maintenir ses échanges avec la République d'Irlande voisine qui, elle, reste dans l'UE. Mais le DUP rejette tout traitement qui donnerait à l'Irlande du Nord un statut différent du reste du Royaume-Uni.

Il redoute surtout que le plan de Boris Johnson ne débouche sur la création d'une frontière en mer d'Irlande, l'isolant de la Grande-Bretagne.

Sammy Wilson, le député DUP chargé du Brexit, a estimé dimanche que cet accord allait "causer beaucoup de dégâts à l'Union", en référence au Royaume-Uni. "Nous voulons sortir (de l'UE) comme une seule nation. Cela reste notre objectif".

La route de Shankill est parsemée de peintures murales géantes représentant des hommes armés loyalistes ou encore la reine Elizabeth II.

Agée de 77 ans, Lucy Murray, confie avoir "du mal à comprendre pourquoi ils veulent mettre une frontière dans la mer".

"Je ne suis pas d'accord. Je pense que nous devrions toujours faire partie du Royaume-Uni", poursuit-elle. "Nous espérons ne pas avoir à nous battre pour cela".

Selon la BBC en Irlande du Nord, après l'annonce sur un nouvel accord de Brexit, des débats ont été organisés entre unionistes modérés et radicaux sur l'option d'une "désobéissance civile" à grande échelle.

- "Nous sommes encore britanniques" -

Les unionistes craignent que le Brexit ne les rapproche d'une unification avec la république d'Irlande.

"Il va y avoir un vote pour une Irlande unie", craint Iain Whiteside, propriétaire d'une boutique de cadeaux, pleine de tasses flanquées du drapeau Union Jack.

"La majorité des gens en Irlande du Nord seront bientôt catholiques, c'est ce vers quoi se dirige le pays", assure-t-il, comme résigné.

Dans une recherche publiée en mai, Duncan Morrow, de l'université d'Ulster, décrivait une "tendance vers une majorité catholique en Irlande du Nord".

L'unionisme est historiquement prôné par les protestants tandis que les catholiques ont généralement favorisé l'intégration de l'Irlande du Nord à la république d'Irlande. Néanmoins, le lien entre appartenance religieuse et opinions politiques est de plus en plus tenu.

D'autres semblent moins inquiets des changements en vue: leur lien au reste du Royaume-Uni est une affaire d'histoire et de sentiment.

"Quoiqu'il arrive, nous sommes encore britanniques", martèle Elaine Malley, unioniste et mère de 48 ans.

Les accords de paix du Vendredi Saint, qui ont mis fin en 1998 à trois décennies de violences communautaires, prévoient que la frontière entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande (au sud), soit invisible.

S'il est adopté, l'accord obtenu par Boris Johnson préserverait cette condition. Mais, si elle avait le choix, Elaine Malley préfèrerait plutôt une frontière au sud avec l'Irlande qu'une en mer, avec la Grande-Bretagne.

"Je suis née britannique et je mourrai britannique", insiste-t-elle.

Fermer Fermer

(20/10/2019 21:14)

Catalogne : Pedro Sanchez sous pression de la droite

A trois semaines des élections en Espagne, le chef du gouvernement Pedro Sanchez faisait face dimanche aux critiques acerbes de la droite qui réclame des mesures exceptionnelles en Catalogne, où la tension a toutefois nettement baissé samedi soir après plusieurs nuits de guérilla urbaine.

Aux cris de "Vive l'Espagne", des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement catalan, à Barcelone, à l'appel du parti libéral Ciudadanos.

"Je voudrais que le gouvernement de mon pays défende tous les citoyens (...) face à ceux qui coupent des routes, face à ceux qui applaudissent la violence", a déclaré son chef Albert Rivera en demandant à Madrid de destituer le président indépendantiste catalan Quim Torra.

"Les indépendantistes sont des sauvages (...), le gouvernement doit agir car tout ce qui se passe est une honte!", s'est emporté lors de ce rassemblement Roberto Salas, un retraité barcelonais réclamant la suspension de l'autonomie de la région, comme ce fut le cas en 2017 après la tentative de sécession.

Les rues de Catalogne sont en ébullition depuis la condamnation lundi dernier de neuf séparatistes, pour la plupart anciens membres du gouvernement régional, à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour cette tentative de sécession. 

Une nouvelle manifestation convoquée par un mouvement indépendantiste devant la préfecture de Barcelone se tenait dimanche en fin de journée dans le calme.

Au total, près de 600 personnes ont été blessées dans les violences depuis lundi. Un policier était toujours dimanche dans un "état très grave" et une manifestante dans un "état critique", selon la maire de Barcelone, Ada Colau.

"Que doit-il se passer de plus en Catalogne pour rétablir l'ordre? (...) Qu'ils mettent le feu à Barcelone? Ils le font tous les soirs", a lancé devant ses partisans à Tolède (centre) le chef du Parti Populaire (droite) Pablo Casado, dans un discours aux accents de campagne électorale alors qu'approchent les législatives du 10 novembre.

"Il faut un gouvernement capable de prévoir ce qui se passe, pas un gouvernement dépassé par les évènements", a-t-il ajouté.

- "Pas de dialogue possible" pour la droite -

"Il n'y a pas de dialogue possible avec ceux qui font que la Catalogne brûle", avait-il dit plus tôt dans un entretien publié par El Pais, en référence à Quim Torra qui a réclamé samedi à Pedro Sanchez d'ouvrir des "négociations sans conditions" et abordant donc la question d'un référendum d'autodétermination pour régler le conflit en Catalogne.

M. Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018 notamment grâce aux voix des députés indépendantistes, a opposé une fin de non-recevoir à M. Torra et exigé qu'il condamne sans ambiguïté les violences et reconnaisse que la moitié des Catalans ne veulent pas faire sécession de l'Espagne.

Selon un sondage publié en juillet par le gouvernement catalan, 44% des habitants de la région sont favorables à l'indépendance tandis que 48,3% y sont opposés.

Après cinq nuits de troubles, particulièrement violents vendredi soir, la Catalogne a fini par retrouver samedi un calme relatif. Seulement 14 personnes ont dû être prises en charge par les services de secours dans l'ensemble de la région, contre 182 vendredi. 

Sur la place Urquinaona, épicentre des violences de vendredi, 6.000 personnes s'étaient réunies samedi soir à l'appel de la gauche indépendantiste radicale. Mais une chaîne humaine de dizaines d'indépendantistes s'est formée, après un appel sur les réseaux sociaux, entre le cordon policier et les manifestants afin d'éviter les violences.

Des petits groupes d'émeutiers ont toutefois monté des barricades enflamées avant d'être dispersés par la police. Mais les heurts n'ont jamais atteint le niveau de violence des nuits précédentes.

Vendredi soir, au terme d'une manifestation pacifique ayant réuni plus d'un demi-million de séparatistes, la grande métropole catalane a été plongée dans le chaos après de violents affrontements entre agents anti-émeutes et radicaux au visage masqué.

Nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste après l'échec de la tentative de sécession de 2017, les violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s'est toujours targué d'être non-violent.

Lire la suite Lire la suite

Catalogne : Pedro Sanchez sous pression de la droite

A trois semaines des élections en Espagne, le chef du gouvernement Pedro Sanchez faisait face dimanche aux critiques acerbes de la droite qui réclame des mesures exceptionnelles en Catalogne, où la tension a toutefois nettement baissé samedi soir après plusieurs nuits de guérilla urbaine.

Aux cris de "Vive l'Espagne", des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement catalan, à Barcelone, à l'appel du parti libéral Ciudadanos.

"Je voudrais que le gouvernement de mon pays défende tous les citoyens (...) face à ceux qui coupent des routes, face à ceux qui applaudissent la violence", a déclaré son chef Albert Rivera en demandant à Madrid de destituer le président indépendantiste catalan Quim Torra.

"Les indépendantistes sont des sauvages (...), le gouvernement doit agir car tout ce qui se passe est une honte!", s'est emporté lors de ce rassemblement Roberto Salas, un retraité barcelonais réclamant la suspension de l'autonomie de la région, comme ce fut le cas en 2017 après la tentative de sécession.

Les rues de Catalogne sont en ébullition depuis la condamnation lundi dernier de neuf séparatistes, pour la plupart anciens membres du gouvernement régional, à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour cette tentative de sécession. 

Une nouvelle manifestation convoquée par un mouvement indépendantiste devant la préfecture de Barcelone se tenait dimanche en fin de journée dans le calme.

Au total, près de 600 personnes ont été blessées dans les violences depuis lundi. Un policier était toujours dimanche dans un "état très grave" et une manifestante dans un "état critique", selon la maire de Barcelone, Ada Colau.

"Que doit-il se passer de plus en Catalogne pour rétablir l'ordre? (...) Qu'ils mettent le feu à Barcelone? Ils le font tous les soirs", a lancé devant ses partisans à Tolède (centre) le chef du Parti Populaire (droite) Pablo Casado, dans un discours aux accents de campagne électorale alors qu'approchent les législatives du 10 novembre.

"Il faut un gouvernement capable de prévoir ce qui se passe, pas un gouvernement dépassé par les évènements", a-t-il ajouté.

- "Pas de dialogue possible" pour la droite -

"Il n'y a pas de dialogue possible avec ceux qui font que la Catalogne brûle", avait-il dit plus tôt dans un entretien publié par El Pais, en référence à Quim Torra qui a réclamé samedi à Pedro Sanchez d'ouvrir des "négociations sans conditions" et abordant donc la question d'un référendum d'autodétermination pour régler le conflit en Catalogne.

M. Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018 notamment grâce aux voix des députés indépendantistes, a opposé une fin de non-recevoir à M. Torra et exigé qu'il condamne sans ambiguïté les violences et reconnaisse que la moitié des Catalans ne veulent pas faire sécession de l'Espagne.

Selon un sondage publié en juillet par le gouvernement catalan, 44% des habitants de la région sont favorables à l'indépendance tandis que 48,3% y sont opposés.

Après cinq nuits de troubles, particulièrement violents vendredi soir, la Catalogne a fini par retrouver samedi un calme relatif. Seulement 14 personnes ont dû être prises en charge par les services de secours dans l'ensemble de la région, contre 182 vendredi. 

Sur la place Urquinaona, épicentre des violences de vendredi, 6.000 personnes s'étaient réunies samedi soir à l'appel de la gauche indépendantiste radicale. Mais une chaîne humaine de dizaines d'indépendantistes s'est formée, après un appel sur les réseaux sociaux, entre le cordon policier et les manifestants afin d'éviter les violences.

Des petits groupes d'émeutiers ont toutefois monté des barricades enflamées avant d'être dispersés par la police. Mais les heurts n'ont jamais atteint le niveau de violence des nuits précédentes.

Vendredi soir, au terme d'une manifestation pacifique ayant réuni plus d'un demi-million de séparatistes, la grande métropole catalane a été plongée dans le chaos après de violents affrontements entre agents anti-émeutes et radicaux au visage masqué.

Nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste après l'échec de la tentative de sécession de 2017, les violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s'est toujours targué d'être non-violent.

Fermer Fermer

(20/10/2019 20:08)

Chili : les émeutes ne faiblissent pas, pire explosion sociale depuis des décennies

De nouveaux heurts ont éclaté dimanche à Santiago du Chili entre des manifestants et la police au troisième jour des pires émeutes qu'ait connu le pays depuis des décennies, qui ont fait deux morts et au moins trois blessés. 

Des protestataires, le visage dissimulé sous des capuches, se sont violemment affrontés avec des policiers sur la Plaza Italia, dans le centre de la capitale, a constaté l'AFP. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des jets d'eau. 

"El pueblo unido jamas sera vencido" (Le peuple uni ne sera jamais vaincu) criaient les manifestants, reprenant un slogan jadis scandé contre la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Après trois jours de violences, le centre de la capitale chilienne et d'autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient dimanche un visage de désolation : feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et des milliers de pierres et de bâtons parsemant les chaussées. 

Selon les autorités, 716 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

"C'est très triste tout ce qui se passe, mais les gens en ont marre qu'on ne les écoute pas", a déclaré à l'AFP Antonia, 26 ans, qui tentait dimanche de prendre un bus à Santiago. 

Le couvre-feu est désormais en vigueur dans cinq régions, dont la capitale, Santiago, selon le général Javier Iturriaga del Campo, et près de 10.000 policiers et militaires ont été déployés. 

Le président Sebastian Pinera avait décrété vendredi soir l'état d'urgence pour 15 jours dans la capitale de 7 millions d'habitants.

Ces émeutes, les pires depuis des décennies, ont fait deux morts dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché, à San Bernardo, en banlieue sud de la capitale. "Il y a eu un pillage et un incendie, au cours duquel deux femmes sont mortes et une troisième personne a été brûlée à 75%", a déclaré le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. 

Selon les autorités, deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état "grave" après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale. 

- 300 millions de dollars de dégâts -

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse --de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro)-- du prix des tickets de métro à Santiago, dotée du réseau le plus étendu (140 km) et le plus moderne d'Amérique du Sud qui transporte quotidiennement environ trois millions de passagers. 

M. Pinera a fait marche arrière samedi soir et suspendu la hausse. Mais les manifestations et les violences se sont poursuivies samedi, nourris par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays où l'accès à la santé et à l'éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

Des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service ont été saccagés ou incendiés. Les bus et les stations de métro particulièrement ciblés. Selon le gouvernement, 78 stations de métro ont subi des dommages, dont certaines ont été totalement détruites.

Ces dégâts dans le métro sont évalués à plus de 300 millions de dollars et un retour à la normale sur certaines lignes pourrait prendre "des mois", a indiqué dimanche le président de la compagnie nationale de transports publics, Louis de Grange.

"Il ne s'agit pas seulement du métro, mais de tout. Les Chiliens en ont eu marre des injustices", a déclaré à une chaîne de télévision locale, Manuel, un travailleur qui tentait dimanche de gagner son lieu de travail. 

Quelques rares bus circulaient dans la capitale, forçant les habitants à se rabattre sur les taxis et les VTC, dont les prix s'envolaient.

A l'aéroport de Santiago, de nombreux vols ont été annulés ou reprogrammés, en raison notamment des difficultés des employés pour rejoindre leur lieu de travail. 

Quelques petits commerces ont rouvert dimanche ainsi que des stations services où les files d'attente de voitures étaient visibles, les habitants craignant une poursuite des violences lundi alors que les étudiants ont appelé à de nouvelles manifestations. 

Avec des mots d'ordre comme "Marre des abus" ou "Le Chili s'est réveillé", diffusés sur les réseaux sociaux, le pays fait face à une des pires crises sociales depuis des décennies. 

Dimanche, M. Pinera doit réunir ses ministres et d'autres hauts responsables pour faire un point sur la situation. Il a également annoncé un dialogue "large et transversal" pour tenter de répondre aux demandes sociales. 

Lire la suite Lire la suite

Chili : les émeutes ne faiblissent pas, pire explosion sociale depuis des décennies

De nouveaux heurts ont éclaté dimanche à Santiago du Chili entre des manifestants et la police au troisième jour des pires émeutes qu'ait connu le pays depuis des décennies, qui ont fait deux morts et au moins trois blessés. 

Des protestataires, le visage dissimulé sous des capuches, se sont violemment affrontés avec des policiers sur la Plaza Italia, dans le centre de la capitale, a constaté l'AFP. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des jets d'eau. 

"El pueblo unido jamas sera vencido" (Le peuple uni ne sera jamais vaincu) criaient les manifestants, reprenant un slogan jadis scandé contre la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Après trois jours de violences, le centre de la capitale chilienne et d'autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient dimanche un visage de désolation : feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et des milliers de pierres et de bâtons parsemant les chaussées. 

Selon les autorités, 716 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

"C'est très triste tout ce qui se passe, mais les gens en ont marre qu'on ne les écoute pas", a déclaré à l'AFP Antonia, 26 ans, qui tentait dimanche de prendre un bus à Santiago. 

Le couvre-feu est désormais en vigueur dans cinq régions, dont la capitale, Santiago, selon le général Javier Iturriaga del Campo, et près de 10.000 policiers et militaires ont été déployés. 

Le président Sebastian Pinera avait décrété vendredi soir l'état d'urgence pour 15 jours dans la capitale de 7 millions d'habitants.

Ces émeutes, les pires depuis des décennies, ont fait deux morts dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché, à San Bernardo, en banlieue sud de la capitale. "Il y a eu un pillage et un incendie, au cours duquel deux femmes sont mortes et une troisième personne a été brûlée à 75%", a déclaré le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. 

Selon les autorités, deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état "grave" après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale. 

- 300 millions de dollars de dégâts -

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse --de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro)-- du prix des tickets de métro à Santiago, dotée du réseau le plus étendu (140 km) et le plus moderne d'Amérique du Sud qui transporte quotidiennement environ trois millions de passagers. 

M. Pinera a fait marche arrière samedi soir et suspendu la hausse. Mais les manifestations et les violences se sont poursuivies samedi, nourris par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays où l'accès à la santé et à l'éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

Des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service ont été saccagés ou incendiés. Les bus et les stations de métro particulièrement ciblés. Selon le gouvernement, 78 stations de métro ont subi des dommages, dont certaines ont été totalement détruites.

Ces dégâts dans le métro sont évalués à plus de 300 millions de dollars et un retour à la normale sur certaines lignes pourrait prendre "des mois", a indiqué dimanche le président de la compagnie nationale de transports publics, Louis de Grange.

"Il ne s'agit pas seulement du métro, mais de tout. Les Chiliens en ont eu marre des injustices", a déclaré à une chaîne de télévision locale, Manuel, un travailleur qui tentait dimanche de gagner son lieu de travail. 

Quelques rares bus circulaient dans la capitale, forçant les habitants à se rabattre sur les taxis et les VTC, dont les prix s'envolaient.

A l'aéroport de Santiago, de nombreux vols ont été annulés ou reprogrammés, en raison notamment des difficultés des employés pour rejoindre leur lieu de travail. 

Quelques petits commerces ont rouvert dimanche ainsi que des stations services où les files d'attente de voitures étaient visibles, les habitants craignant une poursuite des violences lundi alors que les étudiants ont appelé à de nouvelles manifestations. 

Avec des mots d'ordre comme "Marre des abus" ou "Le Chili s'est réveillé", diffusés sur les réseaux sociaux, le pays fait face à une des pires crises sociales depuis des décennies. 

Dimanche, M. Pinera doit réunir ses ministres et d'autres hauts responsables pour faire un point sur la situation. Il a également annoncé un dialogue "large et transversal" pour tenter de répondre aux demandes sociales. 

Fermer Fermer

(20/10/2019 21:04)

Elections en Bolivie: Morales sous pression, l'opposition craint des fraudes

Les Boliviens votaient dimanche pour décider s'ils prolongent jusqu'en 2025 Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, ou s'ils tournent le dos au premier président indigène et de gauche du pays, déçus par la corruption et le virage autoritaire du pouvoir.

Neuf candidats aspirent à diriger la Bolivie mais seul le centriste Carlos Mesa, un journaliste de 66 ans qui fut déjà président entre 2003 et 2005, semble en mesure de faire trébucher le chef de l'Etat socialiste de 59 ans, jusqu'ici largement élu au premier tour à chaque fois, en l'obligeant à disputer un second tour. 

Dans le centre de La Paz, à deux rues du palais présidentiel, les électeurs faisaient la queue en fin de matinée dans le gymnase du collège Santa Ana. Parmi eux Tania Villaroel Lopez, étudiante de 22 ans, est venue avec sa mère, Maria Cristina, 44 ans, et leurs deux cockers noirs. 

"Nous avons besoin de changement. Je pense que n'importe quel parti, aussi bon qu'il soit, s'il reste trop longtemps en place, il se corrompt. C'est ce que nous vivons", déclare Tania. 

Roberto Fernandez, 32 ans, est venu avec son épouse Denise, 30 ans, et leur petite fille de 2 ans. Ils disent craindre une manipulation des résultats. "Nous espérons que le résultat final sera respecté", indique-t-il. 

Les buraux de vote doivent fermer à 16H00 (20H00 GMT), dans ce pays de 11,3 millions d'habitants où le vote est obligatoire.

Un des derniers sondages, celui de l'université publique, donne Morales en tête (32,3%), mais suivi de près par Carlos Mesa (27%). Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

L'opposition appelle au "vote sanction" face au "vote sûr" du camp présidentiel.

Collier de fleurs et chemisette blanche, le chef de l'Etat a voté dans son fief du Chaparé (centre), une des régions de production de coca. Avant de repartir pour La Paz, Evo Morales s'est dit "optimiste" et "confiant en la démocratie".

De son côté, Carlos Mesa a dit dans un entretien à l'AFP craindre des fraudes car le parti de Morales "contrôle tous les organes de l'Etat".  

"Le pouvoir a remplacé les politiques destinées à toute la population par d'autres qui ne servent les intérêts que de certains secteurs. Des leaders de l'opposition ont été persécutés. Tout cela a provoqué un malaise citoyen et donné l'impression que la démocratie était en danger", a déclaré à l'AFP Maria Teresa Zegada, politologue bolivienne.

- Appel à la "rébellion" - 

En outre, la décision de Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le "non" lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire. 

Tant les partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir que ceux de l'opposition, dont certains secteurs ont appelé à la "rébellion", ont promis de descendre dans la rue en cas de victoire du camp adverse. 

Enfin, les gigantesques incendies qui ont ravagé en août et septembre une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

Les défenseurs de l'environnement mettent en cause une récente loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la déforestation par brûlis. 

De son côté, Morales a fait campagne en insistant sur sa réussite économique (maintien d'une croissance économique élevée, forte réduction de la pauvreté, niveau record de réserves internationales), qui a fait de la Bolivie un des pays avec le meilleur taux de croissance de la région. 

"Le modèle économique bolivien (basé sur l'exploitation des matières premières), qui a fonctionné durant des années, n'est plus tenable", prévient Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain à Washington.

Les 7,3 millions d'électeurs boliviens choisissent, outre leur prochain président et vice-président, leurs 130 députés et 36 sénateurs. 

Lire la suite Lire la suite

Elections en Bolivie: Morales sous pression, l'opposition craint des fraudes

Les Boliviens votaient dimanche pour décider s'ils prolongent jusqu'en 2025 Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, ou s'ils tournent le dos au premier président indigène et de gauche du pays, déçus par la corruption et le virage autoritaire du pouvoir.

Neuf candidats aspirent à diriger la Bolivie mais seul le centriste Carlos Mesa, un journaliste de 66 ans qui fut déjà président entre 2003 et 2005, semble en mesure de faire trébucher le chef de l'Etat socialiste de 59 ans, jusqu'ici largement élu au premier tour à chaque fois, en l'obligeant à disputer un second tour. 

Dans le centre de La Paz, à deux rues du palais présidentiel, les électeurs faisaient la queue en fin de matinée dans le gymnase du collège Santa Ana. Parmi eux Tania Villaroel Lopez, étudiante de 22 ans, est venue avec sa mère, Maria Cristina, 44 ans, et leurs deux cockers noirs. 

"Nous avons besoin de changement. Je pense que n'importe quel parti, aussi bon qu'il soit, s'il reste trop longtemps en place, il se corrompt. C'est ce que nous vivons", déclare Tania. 

Roberto Fernandez, 32 ans, est venu avec son épouse Denise, 30 ans, et leur petite fille de 2 ans. Ils disent craindre une manipulation des résultats. "Nous espérons que le résultat final sera respecté", indique-t-il. 

Les buraux de vote doivent fermer à 16H00 (20H00 GMT), dans ce pays de 11,3 millions d'habitants où le vote est obligatoire.

Un des derniers sondages, celui de l'université publique, donne Morales en tête (32,3%), mais suivi de près par Carlos Mesa (27%). Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

L'opposition appelle au "vote sanction" face au "vote sûr" du camp présidentiel.

Collier de fleurs et chemisette blanche, le chef de l'Etat a voté dans son fief du Chaparé (centre), une des régions de production de coca. Avant de repartir pour La Paz, Evo Morales s'est dit "optimiste" et "confiant en la démocratie".

De son côté, Carlos Mesa a dit dans un entretien à l'AFP craindre des fraudes car le parti de Morales "contrôle tous les organes de l'Etat".  

"Le pouvoir a remplacé les politiques destinées à toute la population par d'autres qui ne servent les intérêts que de certains secteurs. Des leaders de l'opposition ont été persécutés. Tout cela a provoqué un malaise citoyen et donné l'impression que la démocratie était en danger", a déclaré à l'AFP Maria Teresa Zegada, politologue bolivienne.

- Appel à la "rébellion" - 

En outre, la décision de Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le "non" lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire. 

Tant les partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir que ceux de l'opposition, dont certains secteurs ont appelé à la "rébellion", ont promis de descendre dans la rue en cas de victoire du camp adverse. 

Enfin, les gigantesques incendies qui ont ravagé en août et septembre une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

Les défenseurs de l'environnement mettent en cause une récente loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la déforestation par brûlis. 

De son côté, Morales a fait campagne en insistant sur sa réussite économique (maintien d'une croissance économique élevée, forte réduction de la pauvreté, niveau record de réserves internationales), qui a fait de la Bolivie un des pays avec le meilleur taux de croissance de la région. 

"Le modèle économique bolivien (basé sur l'exploitation des matières premières), qui a fonctionné durant des années, n'est plus tenable", prévient Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain à Washington.

Les 7,3 millions d'électeurs boliviens choisissent, outre leur prochain président et vice-président, leurs 130 députés et 36 sénateurs. 

Fermer Fermer

(20/10/2019 19:57)

Percée historique des verts aux législatives suisses (projections)

Les partis écologistes se dirigent vers des scores historiques au élections législatives suisses de dimanche mais la droite populiste, connue pour son discours anti-immigration et anti-européen, devrait rester la première force politique du pays.

Selon des projections de l'institut gfs.bern, les Verts obtiendraient 16 sièges supplémentaires, passant à 27 députés, avec 13% des voix. Les Vert'libéraux progresseraient de 8 sièges, pour un total de 15, avec 7,6% des voix.

"C'est un changement tectonique", a commenté la présidente des Verts, Regula Rytz, tandis que la numéro deux du parti, Lisa Mazzone, se félicitait de ce "score historique", supérieur aux attentes.

"C'est le moment" pour les Verts d'entrer au gouvernement, où tous les grands partis se partagent les sept places de ministres, a estimé Mme Rytz.

Les Verts, qui seraient en passe de devenir la quatrième force politique à la Chambre basse devant le Parti démocrate-chrétien (PDC), ont immédiatement réclamé la "tenue urgente d'un sommet national pour le climat". Et pour Greenpeace "le résultat de ces élections donne un mandat clair au Parlement".

Les appels de la jeune activiste écologiste Greta Thunberg ont particulièrement résonné en Suisse, où de nombreuses villes et cantons ont proclamé l'"état d'urgence climatique", tandis que des dizaines de milliers de personnes ont participé aux "grèves pour le climat". Ils étaient encore 100.000 à Berne fin septembre.

L'ampleur de la poussée des partis écologistes constituait la principale inconnue du scrutin, destiné à renouveler les 200 conseillers nationaux (Chambre basse), élus à la proportionnelle, et les 46 conseillers aux Etats (Chambre haute), désignés selon un système majoritaire à deux tours.

En constante progression depuis les années 1990, les populistes de droite de l'Union démocratique du centre (UDC), dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, sortiraient affaiblis du scrutin, avec 25,6% des voix (soit 54 sièges), contre 29,4% en 2015.

Dans un pays où la force des partis évolue lentement, même une perte de 2-3% est "un échec" pour l'UDC, observe le politologue Oscar Mazzoleni, spécialiste de la droite populiste.

"On savait qu'on allait perdre des plumes", a reconnu Oscar Freysinger, sénateur sortant UDC, dont le parti n'a eu de cesse de dénoncer l'"hystérie climatique" pendant la campagne. En 2015, c'était la thématique migratoire qui avait dominé les débats.

A gauche, le parti socialiste (PS) s'inscrirait aussi en baisse, avec 16,5% des voix (39 sièges). A droite également, les libéraux-radicaux (PLR) auraient également enregistré un repli, avec 15,5% des voix (29 sièges). "Le débat climatique a eu un impact qui n'est pas sain, c'est de l'enfantillage", a affirmé Fathi Derder, député sortant PLR, dénonçant la "dictature" verte.

Quand au parti démocrate-chrétien (PDC), il resterait stable, à 11,8% (26 sièges).

- "Nouvelle formule magique"? -

Ce n'est que le 11 décembre que les élus des deux Chambres parlementaires désigneront les sept ministres du gouvernement, dont les portefeuilles seront répartis entre les grands partis.

Depuis 1959, les principaux partis du pays - UDC, PS, PLR et PDC (parti démocrate-chrétien, centre) - se partagent les 7 postes ministériels du gouvernement selon le système dit de la "formule magique". Actuellement, l'UDC, le PS et le PLR disposent de deux ministres, le septième ministère revenant au PDC.

Avec la nouvelle donne au parlement, "on doit peut-être discuter une nouvelle formule magique", a relevé la présidente des Verts. Une idée que les socialistes ont immédiatement soutenue.

Etant donné que les deux partis écologiques se positionnent différemment sur le spectre politique, il n'est toutefois pas sûr qu'ils s'allient en décembre lors de l'élection des ministres. Reste qu'ensemble ils constituent la deuxième force politique du pays.

De nombreux connaisseurs de la vie politique suisse s'accordent par ailleurs à dire qu'il vaudrait mieux que les écologistes consolident leur avancée électorale dans quatre ans, pour asseoir ainsi leur présence dans le spectre politique du pays, avant de vouloir prétendre à entrer au gouvernement.

Pour être élu ministre, il faut aussi compter sur le soutien de la Chambre haute, où les Verts'libéraux sont absents. Les Verts disposaient d'un seul siège, mais devraient voir leur présence s'étoffer.

Lire la suite Lire la suite

Percée historique des verts aux législatives suisses (projections)

Les partis écologistes se dirigent vers des scores historiques au élections législatives suisses de dimanche mais la droite populiste, connue pour son discours anti-immigration et anti-européen, devrait rester la première force politique du pays.

Selon des projections de l'institut gfs.bern, les Verts obtiendraient 16 sièges supplémentaires, passant à 27 députés, avec 13% des voix. Les Vert'libéraux progresseraient de 8 sièges, pour un total de 15, avec 7,6% des voix.

"C'est un changement tectonique", a commenté la présidente des Verts, Regula Rytz, tandis que la numéro deux du parti, Lisa Mazzone, se félicitait de ce "score historique", supérieur aux attentes.

"C'est le moment" pour les Verts d'entrer au gouvernement, où tous les grands partis se partagent les sept places de ministres, a estimé Mme Rytz.

Les Verts, qui seraient en passe de devenir la quatrième force politique à la Chambre basse devant le Parti démocrate-chrétien (PDC), ont immédiatement réclamé la "tenue urgente d'un sommet national pour le climat". Et pour Greenpeace "le résultat de ces élections donne un mandat clair au Parlement".

Les appels de la jeune activiste écologiste Greta Thunberg ont particulièrement résonné en Suisse, où de nombreuses villes et cantons ont proclamé l'"état d'urgence climatique", tandis que des dizaines de milliers de personnes ont participé aux "grèves pour le climat". Ils étaient encore 100.000 à Berne fin septembre.

L'ampleur de la poussée des partis écologistes constituait la principale inconnue du scrutin, destiné à renouveler les 200 conseillers nationaux (Chambre basse), élus à la proportionnelle, et les 46 conseillers aux Etats (Chambre haute), désignés selon un système majoritaire à deux tours.

En constante progression depuis les années 1990, les populistes de droite de l'Union démocratique du centre (UDC), dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, sortiraient affaiblis du scrutin, avec 25,6% des voix (soit 54 sièges), contre 29,4% en 2015.

Dans un pays où la force des partis évolue lentement, même une perte de 2-3% est "un échec" pour l'UDC, observe le politologue Oscar Mazzoleni, spécialiste de la droite populiste.

"On savait qu'on allait perdre des plumes", a reconnu Oscar Freysinger, sénateur sortant UDC, dont le parti n'a eu de cesse de dénoncer l'"hystérie climatique" pendant la campagne. En 2015, c'était la thématique migratoire qui avait dominé les débats.

A gauche, le parti socialiste (PS) s'inscrirait aussi en baisse, avec 16,5% des voix (39 sièges). A droite également, les libéraux-radicaux (PLR) auraient également enregistré un repli, avec 15,5% des voix (29 sièges). "Le débat climatique a eu un impact qui n'est pas sain, c'est de l'enfantillage", a affirmé Fathi Derder, député sortant PLR, dénonçant la "dictature" verte.

Quand au parti démocrate-chrétien (PDC), il resterait stable, à 11,8% (26 sièges).

- "Nouvelle formule magique"? -

Ce n'est que le 11 décembre que les élus des deux Chambres parlementaires désigneront les sept ministres du gouvernement, dont les portefeuilles seront répartis entre les grands partis.

Depuis 1959, les principaux partis du pays - UDC, PS, PLR et PDC (parti démocrate-chrétien, centre) - se partagent les 7 postes ministériels du gouvernement selon le système dit de la "formule magique". Actuellement, l'UDC, le PS et le PLR disposent de deux ministres, le septième ministère revenant au PDC.

Avec la nouvelle donne au parlement, "on doit peut-être discuter une nouvelle formule magique", a relevé la présidente des Verts. Une idée que les socialistes ont immédiatement soutenue.

Etant donné que les deux partis écologiques se positionnent différemment sur le spectre politique, il n'est toutefois pas sûr qu'ils s'allient en décembre lors de l'élection des ministres. Reste qu'ensemble ils constituent la deuxième force politique du pays.

De nombreux connaisseurs de la vie politique suisse s'accordent par ailleurs à dire qu'il vaudrait mieux que les écologistes consolident leur avancée électorale dans quatre ans, pour asseoir ainsi leur présence dans le spectre politique du pays, avant de vouloir prétendre à entrer au gouvernement.

Pour être élu ministre, il faut aussi compter sur le soutien de la Chambre haute, où les Verts'libéraux sont absents. Les Verts disposaient d'un seul siège, mais devraient voir leur présence s'étoffer.

Fermer Fermer

(20/10/2019 20:45)

Canada: suspense avant les élections fédérales de lundi

Au dernier jour d'une campagne souvent acrimonieuse, le Premier ministre sortant Justin Trudeau et son rival conservateur Andrew Scheer jetaient dimanche leurs dernières forces dans la bataille pour convaincre les nombreux indécis et tenter d'éviter un gouvernement minoritaire, annoncé par les sondages.

Après 40 jours d'affrontements, de polémiques et de promesses électorales, les deux grands partis qui briguent le pouvoir terminent la campagne comme ils l'ont commencée: à égalité dans les intentions de vote. A la veille du scrutin, le suspense est total.

Libéraux et conservateurs pointent autour de 31 ou 32% selon les derniers sondages, des chiffres insuffisants pour leur permettre d'espérer une majorité absolue des 338 sièges que compte la Chambre des communes. Un gouvernement minoritaire serait obligé de compter sur l'appui ponctuel de formations plus petites comme le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) de Jagmeet Singh, troisième dans les sondages à près de 20%, ou les indépendantistes du Bloc québécois.

Coïncidence ou pas, les chefs de quatre partis achèvent tous dimanche leur campagne dans la province de Colombie-Britannique, qui inclut Vancouver sur la côte Ouest: outre MM. Trudeau et Scheer, Jagmeet Singh et la cheffe des Verts Elizabeth May participent à leurs ultimes rassemblements dans cette province où Verts et néo-démocrates menacent de prendre des sièges aux Libéraux.

"Justin Trudeau a clairement montré qu'il était prêt à tout pour rester au pouvoir, et il utilisera votre argent pour y parvenir", a martelé samedi à Toronto Andrew Scheer. Il accuse libéraux et NPD de chercher à former une coalition gouvernementale qui selon lui va aggraver les déficits, en raison notamment des programmes sociaux coûteux défendus par le NPD.

Le leader conservateur soupçonne M. Trudeau de vouloir se maintenir au pouvoir même s'il arrivait en seconde position en nombre de sièges. Or selon lui, c'est au dirigeant du premier parti à la Chambre de diriger le gouvernement, une position contestée par tous les experts.

Ces derniers rappellent que, dans le système parlementaire canadien, il est possible pour un Premier ministre sortant de rester en place même s'il n'obtient pas la majorité des sièges, à condition de bénéficier du soutien d'une ou de plusieurs autres formations pour éviter d'être renversé par un vote de la Chambre.

- Position inconfortable -

Depuis quelques jours, les deux grands candidats sillonnent le pays avec un objectif commun: inviter les Canadiens à leur accorder un mandat fort et à rejeter la perspective d'un gouvernement minoritaire.

"Nous savons que la première chose que fera Andrew Scheer (s'il est élu) sera d'éliminer le seul plan que le Canada ait jamais eu pour lutter contre le changement climatique", a lancé samedi M. Trudeau lors d'une étape en Ontario. M. Scheer a promis d'éliminer la taxe carbone du gouvernement Trudeau s'il était élu Premier ministre. 

M. Trudeau ne cesse d'appeler les Canadiens à "regarder vers l'avant" et répète sans relâche qu'un retour des conservateurs au pouvoir après les quatre ans de son mandat aurait pour conséquence des coupures budgétaires et un recul dans la lutte contre le changement climatique.

Dans la perspective d'un gouvernement minoritaire, les libéraux seraient en meilleure position que les conservateurs, car ils ont plus d'affinités avec le NDP que les conservateurs. Le chef du NDP a d'ailleurs exclu par avance de collaborer avec les conservateurs.

M. Scheer, qui n'a pas ménagé ses critiques contre M. Trudeau, tout au long de la campagne, le traitant régulièrement de "menteur" et d'"hypocrite", s'est lui-même retrouvé dans une position inconfortable ce week-end.

Confronté à des informations de presse selon lesquelles sont parti aurait financé une firme de communications pour ternir la réputation d'une petite formation rivale, M. Scheer s'est obstinément refusé samedi à démentir ou confirmer, ce qui lui a valu des critiques sur son manque de transparence.

Il avait déjà connu des moments difficiles plus tôt dans la campagne à propos de sa position personnelle contre l'avortement et sur sa double nationalité canadienne et américaine.

De son côté, M. Trudeau, déja affaibli par des accusations d'ingérence politique dans une affaire judiciaire, a connu un moment de profond embarras avec la publication d'images de jeunesse le représentant grimé en Noir, qui l'ont contraint à présenter de plates excuses.

Lire la suite Lire la suite

Canada: suspense avant les élections fédérales de lundi

Au dernier jour d'une campagne souvent acrimonieuse, le Premier ministre sortant Justin Trudeau et son rival conservateur Andrew Scheer jetaient dimanche leurs dernières forces dans la bataille pour convaincre les nombreux indécis et tenter d'éviter un gouvernement minoritaire, annoncé par les sondages.

Après 40 jours d'affrontements, de polémiques et de promesses électorales, les deux grands partis qui briguent le pouvoir terminent la campagne comme ils l'ont commencée: à égalité dans les intentions de vote. A la veille du scrutin, le suspense est total.

Libéraux et conservateurs pointent autour de 31 ou 32% selon les derniers sondages, des chiffres insuffisants pour leur permettre d'espérer une majorité absolue des 338 sièges que compte la Chambre des communes. Un gouvernement minoritaire serait obligé de compter sur l'appui ponctuel de formations plus petites comme le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) de Jagmeet Singh, troisième dans les sondages à près de 20%, ou les indépendantistes du Bloc québécois.

Coïncidence ou pas, les chefs de quatre partis achèvent tous dimanche leur campagne dans la province de Colombie-Britannique, qui inclut Vancouver sur la côte Ouest: outre MM. Trudeau et Scheer, Jagmeet Singh et la cheffe des Verts Elizabeth May participent à leurs ultimes rassemblements dans cette province où Verts et néo-démocrates menacent de prendre des sièges aux Libéraux.

"Justin Trudeau a clairement montré qu'il était prêt à tout pour rester au pouvoir, et il utilisera votre argent pour y parvenir", a martelé samedi à Toronto Andrew Scheer. Il accuse libéraux et NPD de chercher à former une coalition gouvernementale qui selon lui va aggraver les déficits, en raison notamment des programmes sociaux coûteux défendus par le NPD.

Le leader conservateur soupçonne M. Trudeau de vouloir se maintenir au pouvoir même s'il arrivait en seconde position en nombre de sièges. Or selon lui, c'est au dirigeant du premier parti à la Chambre de diriger le gouvernement, une position contestée par tous les experts.

Ces derniers rappellent que, dans le système parlementaire canadien, il est possible pour un Premier ministre sortant de rester en place même s'il n'obtient pas la majorité des sièges, à condition de bénéficier du soutien d'une ou de plusieurs autres formations pour éviter d'être renversé par un vote de la Chambre.

- Position inconfortable -

Depuis quelques jours, les deux grands candidats sillonnent le pays avec un objectif commun: inviter les Canadiens à leur accorder un mandat fort et à rejeter la perspective d'un gouvernement minoritaire.

"Nous savons que la première chose que fera Andrew Scheer (s'il est élu) sera d'éliminer le seul plan que le Canada ait jamais eu pour lutter contre le changement climatique", a lancé samedi M. Trudeau lors d'une étape en Ontario. M. Scheer a promis d'éliminer la taxe carbone du gouvernement Trudeau s'il était élu Premier ministre. 

M. Trudeau ne cesse d'appeler les Canadiens à "regarder vers l'avant" et répète sans relâche qu'un retour des conservateurs au pouvoir après les quatre ans de son mandat aurait pour conséquence des coupures budgétaires et un recul dans la lutte contre le changement climatique.

Dans la perspective d'un gouvernement minoritaire, les libéraux seraient en meilleure position que les conservateurs, car ils ont plus d'affinités avec le NDP que les conservateurs. Le chef du NDP a d'ailleurs exclu par avance de collaborer avec les conservateurs.

M. Scheer, qui n'a pas ménagé ses critiques contre M. Trudeau, tout au long de la campagne, le traitant régulièrement de "menteur" et d'"hypocrite", s'est lui-même retrouvé dans une position inconfortable ce week-end.

Confronté à des informations de presse selon lesquelles sont parti aurait financé une firme de communications pour ternir la réputation d'une petite formation rivale, M. Scheer s'est obstinément refusé samedi à démentir ou confirmer, ce qui lui a valu des critiques sur son manque de transparence.

Il avait déjà connu des moments difficiles plus tôt dans la campagne à propos de sa position personnelle contre l'avortement et sur sa double nationalité canadienne et américaine.

De son côté, M. Trudeau, déja affaibli par des accusations d'ingérence politique dans une affaire judiciaire, a connu un moment de profond embarras avec la publication d'images de jeunesse le représentant grimé en Noir, qui l'ont contraint à présenter de plates excuses.

Fermer Fermer

(20/10/2019 18:27)

Catalogne: "Jamais je ne m'étais imaginée brûlant une barricade"

"J'ai 24 ans, un master et un travail et jamais je ne m'étais imaginée brûlant une barricade, le visage masqué", confie Aida, une jeune indépendantiste soudainement radicalisée qui a participé aux violences depuis lundi en Catalogne.

A ses côtés, les profils des émeutiers sont très divers: militants anarchistes aguerris et parfois étrangers, simples casseurs, ou séparatistes indignés comme cette jeune femme croisée samedi soir par l'AFP.

Tous sont jeunes, voire mineurs, et s'exposent parfois devant les caméras de télévision ou dansent près des barricades en flammes.

"Ca fait huit ans qu'il n'y a aucun débordement dans les manifestations et malgré ça, on est matraqué par la police", affirme Aida, qui n'a manqué aucune manifestation depuis la condamnation lundi des dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017, qui a provoqué l'explosion.

"Je ne justifie pas la violence mais on se défend simplement contre la répression de la police", ajoute Aida, qui parle "d'autodéfense".

Expert en radicalisation qui a travaillé avec la police belge, Olivier Cauberghs est à Barcelone pour observer les manifestations.

Selon lui, ce passage à la violence n'a pas été "décidé du jour au lendemain" mais vient plutôt en réaction à la frustration de l'échec de la tentative de sécession et aux violences policières qui ont émaillé le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre 2017. "Ils expulsent leur rage", analyse-t-il.

Mais contrairement aux anarchistes aguerris aux violences contre la police, ces jeunes indépendantistes vont vite "retrouver leur "quotidien", assure-t-il.

- Radicaux étrangers -

A leurs côtés, figurent des groupes plus organisés, habillés de noir avec passe-montagnes et sacs à dos, la plupart du temps en première ligne des affrontements avec la police, qui ont fait un total de 600 blessés depuis lundi dans la région.

"En analysant leurs tactiques sur le terrain, je dirais que ce sont des gens qui ont déjà eu recours à la violence", décrypte Olivier Cauberghs. 

"Ce profil anarchiste s'en prend aux forces de l'ordre parce qu'elles représentent l'Etat, rien de plus", poursuit le chercheur. 

Autre élément accréditant la thèse de la présence d'anarchistes dans les rangs des manifestations: la présence de nombreux slogans propres à cette mouvance, dont le plus répandu est l'acronyme ACAB (All Cops Are Bastards, "tous les flics sont des bâtards"), décliné sur les murs, abris bus et devantures de magasins à Barcelone.

Le ministre de l'Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a assuré vendredi que des "groupes violents qui centrent leurs violences sur la police nationale de manière organisée" étaient notamment derrière les troubles.

Il n'a par ailleurs pas exclu la présence d'éléments radicaux venus d'autres pays d'Europe et son ministère a confirmé à l'AFP que 13% des personnes interpellées après les violences étaient étrangères.

- "Mettre le bordel" -

D'autres profils de jeunes, pas politisés et sans emploi, sont aussi présents dans ces manifestations: "Je me sens espagnol et je ne suis pas indépendantiste", dit l'un d'eux à l'AFP en requérant l'anonymat car il a participé à des violences contre les policiers.

"Je viens pour mettre le bordel et aussi parce que ça ne me parait pas bien de mettre des hommes politiques en prison pour leurs opinions", poursuit ce jeune de 19 ans, qui se dit apolitique.

"Il faut qu'ils (la police ndlr) comprennent que nous savons montrer notre mécontentement. Nousn'avons peur de rien", poursuit-il.

Son ami âgé de 17 ans, qui refuse aussi de donner son nom, est d'origine vénézuélienne et vit dans un foyer pour mineurs. Il dénonce lui aussi "les violences policières".

Ces deux jeunes, qui vivent en banlieue de Barcelone, ne parlent pas catalan et n'ont aucun lien avec le mouvement indépendantiste.

"Ces jeunes n'ont aucun diplôme ni perspectives d'avenir et se radicalisent dans la violence", analyse M. Cauberghs pour qui ces jeunes expriment "leur frustration" envers la société.

Lire la suite Lire la suite

Catalogne: "Jamais je ne m'étais imaginée brûlant une barricade"

"J'ai 24 ans, un master et un travail et jamais je ne m'étais imaginée brûlant une barricade, le visage masqué", confie Aida, une jeune indépendantiste soudainement radicalisée qui a participé aux violences depuis lundi en Catalogne.

A ses côtés, les profils des émeutiers sont très divers: militants anarchistes aguerris et parfois étrangers, simples casseurs, ou séparatistes indignés comme cette jeune femme croisée samedi soir par l'AFP.

Tous sont jeunes, voire mineurs, et s'exposent parfois devant les caméras de télévision ou dansent près des barricades en flammes.

"Ca fait huit ans qu'il n'y a aucun débordement dans les manifestations et malgré ça, on est matraqué par la police", affirme Aida, qui n'a manqué aucune manifestation depuis la condamnation lundi des dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017, qui a provoqué l'explosion.

"Je ne justifie pas la violence mais on se défend simplement contre la répression de la police", ajoute Aida, qui parle "d'autodéfense".

Expert en radicalisation qui a travaillé avec la police belge, Olivier Cauberghs est à Barcelone pour observer les manifestations.

Selon lui, ce passage à la violence n'a pas été "décidé du jour au lendemain" mais vient plutôt en réaction à la frustration de l'échec de la tentative de sécession et aux violences policières qui ont émaillé le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre 2017. "Ils expulsent leur rage", analyse-t-il.

Mais contrairement aux anarchistes aguerris aux violences contre la police, ces jeunes indépendantistes vont vite "retrouver leur "quotidien", assure-t-il.

- Radicaux étrangers -

A leurs côtés, figurent des groupes plus organisés, habillés de noir avec passe-montagnes et sacs à dos, la plupart du temps en première ligne des affrontements avec la police, qui ont fait un total de 600 blessés depuis lundi dans la région.

"En analysant leurs tactiques sur le terrain, je dirais que ce sont des gens qui ont déjà eu recours à la violence", décrypte Olivier Cauberghs. 

"Ce profil anarchiste s'en prend aux forces de l'ordre parce qu'elles représentent l'Etat, rien de plus", poursuit le chercheur. 

Autre élément accréditant la thèse de la présence d'anarchistes dans les rangs des manifestations: la présence de nombreux slogans propres à cette mouvance, dont le plus répandu est l'acronyme ACAB (All Cops Are Bastards, "tous les flics sont des bâtards"), décliné sur les murs, abris bus et devantures de magasins à Barcelone.

Le ministre de l'Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a assuré vendredi que des "groupes violents qui centrent leurs violences sur la police nationale de manière organisée" étaient notamment derrière les troubles.

Il n'a par ailleurs pas exclu la présence d'éléments radicaux venus d'autres pays d'Europe et son ministère a confirmé à l'AFP que 13% des personnes interpellées après les violences étaient étrangères.

- "Mettre le bordel" -

D'autres profils de jeunes, pas politisés et sans emploi, sont aussi présents dans ces manifestations: "Je me sens espagnol et je ne suis pas indépendantiste", dit l'un d'eux à l'AFP en requérant l'anonymat car il a participé à des violences contre les policiers.

"Je viens pour mettre le bordel et aussi parce que ça ne me parait pas bien de mettre des hommes politiques en prison pour leurs opinions", poursuit ce jeune de 19 ans, qui se dit apolitique.

"Il faut qu'ils (la police ndlr) comprennent que nous savons montrer notre mécontentement. Nousn'avons peur de rien", poursuit-il.

Son ami âgé de 17 ans, qui refuse aussi de donner son nom, est d'origine vénézuélienne et vit dans un foyer pour mineurs. Il dénonce lui aussi "les violences policières".

Ces deux jeunes, qui vivent en banlieue de Barcelone, ne parlent pas catalan et n'ont aucun lien avec le mouvement indépendantiste.

"Ces jeunes n'ont aucun diplôme ni perspectives d'avenir et se radicalisent dans la violence", analyse M. Cauberghs pour qui ces jeunes expriment "leur frustration" envers la société.

Fermer Fermer

(20/10/2019 19:54)

Dernière mise à jour : 20/10/2019 21:46

 
Vous êtes ici :   Accueil » Nouvelles du pays et RSS - Actus Orange.mg