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Nouvelle-Zélande: Jacinda Ardern ne prononcera jamais le nom du tueur des mosquées

"Salam aleikum": la Première ministre de Nouvelle-Zélande a adressé mardi un message de paix appuyé aux musulmans et promis de ne jamais prononcer le nom du tueur des mosquées alors que les familles des victimes étaient attendues du monde entier en vue de leurs obsèques.

Devant le Parlement réuni en session spéciale, Jacinda Ardern a également déclaré que le suprémaciste blanc auteur du carnage de Christchurch, dans l'île du Sud, tomberait sous le coup de la loi la plus stricte.

Cinquante fidèles ont été tués vendredi à l'heure de la prière par un extrémiste australien qui a diffusé en direct les images de son attaque sur les réseaux sociaux et publié au préalable un "manifeste" raciste. 

"Par cet acte terroriste, il recherchait beaucoup de choses, mais l'une d'elles était la notoriété", a dit Mme Ardern aux parlementaires rassemblés à Wellington, la capitale. 

"C'est pourquoi vous ne m'entendrez jamais prononcer son nom. C'est un terroriste. C'est un criminel. C'est un extrémiste. Mais quand je parlerai, il sera sans nom".

"Je vous implore: prononcez les noms de ceux qui ne sont plus plutôt que celui de l'homme qui les a emportés".

Ce discours empreint d'émotion était aussi porteur d'un message tout différent à l'adresse de la communauté musulmane. Vêtue de noir, l'air solennel, la cheffe du gouvernement âgée de 38 ans a ouvert la séance par l'expression de bienvenue "salam aleikum" ("la paix soit avec toi") qu'on entend partout dans le monde islamique.

- Processus très lent -

"Vendredi, une semaine se sera écoulée depuis l'attaque. Les membres de la communauté musulmane se rassembleront pour la prière ce jour là. Reconnaissons alors leur douleur".

Elle a prononcé ce discours au moment où des dizaines de familles de victimes étaient attendues du monde entier à Christchurch en vue des obsèques. 

Mais la lenteur du processus d'identification et les nécessités des investigations médico-légales ont pour l'instant empêché les inhumations, aggravant la douleur des proches des victimes. 

La coutume musulmane prévoit en effet que l'inhumation du corps soit menée dans les 24 heures suivant le décès. 

Javed Dadabhai, venu d'Auckland pour enterrer son cousin, a expliqué que les proches avaient été avertis par les autorités que "le processus serait très lent, très exhaustif". 

"Certaines familles ont été invitées à aller voir les leurs (...) ceux qui sont les plus faciles à reconnaître. Mais nous parlons de trois ou quatre familles", a-t-il dit à l'AFP. "La majorité des gens n'ont toujours pas eu l'occasion de voir leurs proches".

Selon une liste qui circule parmi les familles, les victimes étaient âgées de trois à 77 ans. Plusieurs étaient natives de la région mais d'autres étaient originaires de pays aussi lointains que l'Egypte ou la Jordanie.

- Restitution des armes -

Dans la foulée du carnage, Mme Ardern avait annoncé un durcissement de la législation sur les armes qui a permis au tueur d'acheter l'arsenal ayant servi à l'attaque, y compris des armes semi-automatiques.

Les Néo-Zélandais commencent déjà à répondre aux appels du gouvernement leur demandant de rendre leurs armes, parmi lesquels John Hart, agriculteur du district de Masterton, dans l'île du Nord.

Il a expliqué que cela avait facile pour lui de décider de donner aux autorités son arme semi-automatique, ajoutant sur Twitter: "C'est un outil utile dans la ferme dans certaines circonstances mais mon confort ne l'emporte pas sur les risques. Nous n'avons pas besoin d'elles dans notre pays".

Ce tweet lui a attiré une salve de messages hostiles, adressés à son compte Facebook, la plupart venant apparemment des Etats-Unis où le lobby des armes est puissant et se fait entendre avec force. 

Il a effacé ces messages non sans lancer sur internet: "un +kia ora+ (bonjour en maori) chaleureux à tous mes nouveaux amis américains".

La police a expliqué ne pas avoir de données sur le nombre d'armes rendues depuis vendredi. Mme Ardern avait déclaré que les mesures précises sur les restrictions seraient annoncées dans les prochaines jours mais laissé entendre qu'elles pourraient comprendre le rachat d'armes et l'interdiction de certains fusils semi-automatiques. 

L'extrémiste Brenton Tarrant, 28 ans, a été inculpé pour l'heure d'un chef de meurtre mais la justice n'en restera pas là, a promis la Première ministre. "Il fera face à la loi dans toute sa rigueur", a-t-elle lancé.

Elle a également répété qu'une enquête serait ouverte afin de déterminer comment l'Australien avait pu planifier et mener ses attaques en Nouvelle-Zélande au nez et à la barbe des services de sécurité. 

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Nouvelle-Zélande: Jacinda Ardern ne prononcera jamais le nom du tueur des mosquées

"Salam aleikum": la Première ministre de Nouvelle-Zélande a adressé mardi un message de paix appuyé aux musulmans et promis de ne jamais prononcer le nom du tueur des mosquées alors que les familles des victimes étaient attendues du monde entier en vue de leurs obsèques.

Devant le Parlement réuni en session spéciale, Jacinda Ardern a également déclaré que le suprémaciste blanc auteur du carnage de Christchurch, dans l'île du Sud, tomberait sous le coup de la loi la plus stricte.

Cinquante fidèles ont été tués vendredi à l'heure de la prière par un extrémiste australien qui a diffusé en direct les images de son attaque sur les réseaux sociaux et publié au préalable un "manifeste" raciste. 

"Par cet acte terroriste, il recherchait beaucoup de choses, mais l'une d'elles était la notoriété", a dit Mme Ardern aux parlementaires rassemblés à Wellington, la capitale. 

"C'est pourquoi vous ne m'entendrez jamais prononcer son nom. C'est un terroriste. C'est un criminel. C'est un extrémiste. Mais quand je parlerai, il sera sans nom".

"Je vous implore: prononcez les noms de ceux qui ne sont plus plutôt que celui de l'homme qui les a emportés".

Ce discours empreint d'émotion était aussi porteur d'un message tout différent à l'adresse de la communauté musulmane. Vêtue de noir, l'air solennel, la cheffe du gouvernement âgée de 38 ans a ouvert la séance par l'expression de bienvenue "salam aleikum" ("la paix soit avec toi") qu'on entend partout dans le monde islamique.

- Processus très lent -

"Vendredi, une semaine se sera écoulée depuis l'attaque. Les membres de la communauté musulmane se rassembleront pour la prière ce jour là. Reconnaissons alors leur douleur".

Elle a prononcé ce discours au moment où des dizaines de familles de victimes étaient attendues du monde entier à Christchurch en vue des obsèques. 

Mais la lenteur du processus d'identification et les nécessités des investigations médico-légales ont pour l'instant empêché les inhumations, aggravant la douleur des proches des victimes. 

La coutume musulmane prévoit en effet que l'inhumation du corps soit menée dans les 24 heures suivant le décès. 

Javed Dadabhai, venu d'Auckland pour enterrer son cousin, a expliqué que les proches avaient été avertis par les autorités que "le processus serait très lent, très exhaustif". 

"Certaines familles ont été invitées à aller voir les leurs (...) ceux qui sont les plus faciles à reconnaître. Mais nous parlons de trois ou quatre familles", a-t-il dit à l'AFP. "La majorité des gens n'ont toujours pas eu l'occasion de voir leurs proches".

Selon une liste qui circule parmi les familles, les victimes étaient âgées de trois à 77 ans. Plusieurs étaient natives de la région mais d'autres étaient originaires de pays aussi lointains que l'Egypte ou la Jordanie.

- Restitution des armes -

Dans la foulée du carnage, Mme Ardern avait annoncé un durcissement de la législation sur les armes qui a permis au tueur d'acheter l'arsenal ayant servi à l'attaque, y compris des armes semi-automatiques.

Les Néo-Zélandais commencent déjà à répondre aux appels du gouvernement leur demandant de rendre leurs armes, parmi lesquels John Hart, agriculteur du district de Masterton, dans l'île du Nord.

Il a expliqué que cela avait facile pour lui de décider de donner aux autorités son arme semi-automatique, ajoutant sur Twitter: "C'est un outil utile dans la ferme dans certaines circonstances mais mon confort ne l'emporte pas sur les risques. Nous n'avons pas besoin d'elles dans notre pays".

Ce tweet lui a attiré une salve de messages hostiles, adressés à son compte Facebook, la plupart venant apparemment des Etats-Unis où le lobby des armes est puissant et se fait entendre avec force. 

Il a effacé ces messages non sans lancer sur internet: "un +kia ora+ (bonjour en maori) chaleureux à tous mes nouveaux amis américains".

La police a expliqué ne pas avoir de données sur le nombre d'armes rendues depuis vendredi. Mme Ardern avait déclaré que les mesures précises sur les restrictions seraient annoncées dans les prochaines jours mais laissé entendre qu'elles pourraient comprendre le rachat d'armes et l'interdiction de certains fusils semi-automatiques. 

L'extrémiste Brenton Tarrant, 28 ans, a été inculpé pour l'heure d'un chef de meurtre mais la justice n'en restera pas là, a promis la Première ministre. "Il fera face à la loi dans toute sa rigueur", a-t-elle lancé.

Elle a également répété qu'une enquête serait ouverte afin de déterminer comment l'Australien avait pu planifier et mener ses attaques en Nouvelle-Zélande au nez et à la barbe des services de sécurité. 

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(19/03/2019 07:01)

Cinq ans après l'annexion, Poutine vante la "sécurité énergétique" apportée à la Crimée

Vladimir Poutine a inauguré lundi deux centrales électriques construites par la Russie en Crimée afin d'apporter la "sécurité énergétique" à cette péninsule ukrainienne, cinq ans après son annexion alors saluée par une majorité de Russes mais que Kiev et les Occidentaux continuent de dénoncer.

A Sébastopol, grand port de Crimée sur la mer Noire, le président russe a mené la cérémonie de lancement d'une centrale et donné le coup d'envoi par visioconférence de celui d'une autre centrale à Simféropol, capitale de la région.

Les deux structures, dont les premiers blocs énergétiques ont été lancés en 2018, vont désormais "fonctionner à pleine puissance", s'est-il félicité, saluant "un pas important" vers le renforcement de "la sécurité énergétique de la péninsule".

La Crimée était presque totalement dépendante du reste de l'Ukraine avant son annexion, et des coupures de courant attribuées par Moscou à des actes de sabotage ont poussé la Russie à investir massivement pour moderniser les infrastructures.

M. Poutine avait d'abord inauguré en grande pompe en mai dernier, au volant d'un camion, un pont construit à grands frais pour relier la péninsule au territoire russe via le détroit de Kertch.

"Le 18 mars est un jour remarquable pour Sébastopol, pour la Crimée et pour tout le pays", a souligné M. Poutine.

Il a ensuite participé à une rencontre avec des représentants de la société civile, parmi lesquels des dignitaires religieux et des responsables locaux. "C'est une nouvelle étape dans l'histoire de la Russie parce qu'elle nous a montré à nous-mêmes et au monde entier que la Russie savait s'aimer et défendre ses intérêts", a-t-il déclaré lors de cette rencontre.

- 'Une partie de la Russie' -

De vastes célébrations sont organisées dans toute la Russie pour l'anniversaire de l'annexion, conduite après l'intervention des forces spéciales russes puis la tenue d'un référendum, contesté par la communauté internationale. Elle répondait à l'arrivée au pouvoir à Kiev d'un gouvernement pro-occidental après le soulèvement du Maïdan.

A Simféropol, des drapeaux russes flottaient et les transports publics et les vitrines des magasins affichaient le slogan "Cinquième anniversaire du retour de la Crimée à sa terre natale".

Le président russe a fini sa journée en Crimée en apparaissant sur scène lors d'un concert. Il a salué les habitants de la péninsule qui ont "tous voté pour cette décision historique", comparant leur conduite à celle des "combattants de l'Armée rouge au début de la Grande guerre patriotique". 

Le passage de la Crimée sous contrôle russe, acté le 18 mars 2014, est considéré comme un "rattachement" en Russie et dénoncé comme une "annexion illégale" par l'Ukraine et la majorité de la communauté internationale. Cette décision a entraîné de lourdes sanctions européennes et américaines qui ont durement frappé l'économie russe.

"Il y a une compréhension croissante dans le monde que la Crimée est une partie de la Russie et le sera toujours", a assuré la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Valentina Matvienko, dans une tribune publiée dans le quotidien Izvestia.

"La Crimée sera rendue à l'Ukraine. Nous ferons de notre mieux pour nous assurer que cela se fasse le plus rapidement possible", a de son côté déclaré dimanche le président ukrainien Petro Porochenko.

La diplomatie ukrainienne a dénoncé dans un communiqué un voyage du président russe qui "viole la souveraineté territoriale de l'Ukraine".

- 'Changer les choses' -

"Il y a un sentiment de fraîcheur, d'indépendance et de liberté", a dit à l'AFP Valentina Dorojko, enseignante à la retraite de Simféropol. "Rien que ces cinq dernières années, la situation s'est largement améliorée", a renchéri une autre habitante, Marina Tichtchenko.

Oleg Ivanov, un quadragénaire, regrette pour sa part les sanctions imposées par les Occidentaux sur la Crimée: "Il faut s'assoir, négocier et changer les choses".

Vendredi, les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Australie et le Canada ont infligé de nouvelles sanctions contre des responsables russes pour "la poursuite de leur agression en Ukraine".

A Bruxelles, l'Otan a dénoncé le renforcement "en cours" du dispositif militaire russe en Crimée et dans la région de la mer Noire.

"Ces cinq dernières années ont été marquées par une ambiance de terreur, ouverte ou dissimulée, contre ceux qui habitent en Crimée, en violation du droit international", a déclaré à l'AFP le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine.

Les Tatars de Crimée, communauté musulmane locale majoritairement opposée à l'annexion de la péninsule, subissent notamment une forte pression de la part des autorités russes. Leur assemblée a été interdite et qualifié d'"organisation terroriste", et la chaîne de télévision de cette minorité a été fermée.

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Cinq ans après l'annexion, Poutine vante la "sécurité énergétique" apportée à la Crimée

Vladimir Poutine a inauguré lundi deux centrales électriques construites par la Russie en Crimée afin d'apporter la "sécurité énergétique" à cette péninsule ukrainienne, cinq ans après son annexion alors saluée par une majorité de Russes mais que Kiev et les Occidentaux continuent de dénoncer.

A Sébastopol, grand port de Crimée sur la mer Noire, le président russe a mené la cérémonie de lancement d'une centrale et donné le coup d'envoi par visioconférence de celui d'une autre centrale à Simféropol, capitale de la région.

Les deux structures, dont les premiers blocs énergétiques ont été lancés en 2018, vont désormais "fonctionner à pleine puissance", s'est-il félicité, saluant "un pas important" vers le renforcement de "la sécurité énergétique de la péninsule".

La Crimée était presque totalement dépendante du reste de l'Ukraine avant son annexion, et des coupures de courant attribuées par Moscou à des actes de sabotage ont poussé la Russie à investir massivement pour moderniser les infrastructures.

M. Poutine avait d'abord inauguré en grande pompe en mai dernier, au volant d'un camion, un pont construit à grands frais pour relier la péninsule au territoire russe via le détroit de Kertch.

"Le 18 mars est un jour remarquable pour Sébastopol, pour la Crimée et pour tout le pays", a souligné M. Poutine.

Il a ensuite participé à une rencontre avec des représentants de la société civile, parmi lesquels des dignitaires religieux et des responsables locaux. "C'est une nouvelle étape dans l'histoire de la Russie parce qu'elle nous a montré à nous-mêmes et au monde entier que la Russie savait s'aimer et défendre ses intérêts", a-t-il déclaré lors de cette rencontre.

- 'Une partie de la Russie' -

De vastes célébrations sont organisées dans toute la Russie pour l'anniversaire de l'annexion, conduite après l'intervention des forces spéciales russes puis la tenue d'un référendum, contesté par la communauté internationale. Elle répondait à l'arrivée au pouvoir à Kiev d'un gouvernement pro-occidental après le soulèvement du Maïdan.

A Simféropol, des drapeaux russes flottaient et les transports publics et les vitrines des magasins affichaient le slogan "Cinquième anniversaire du retour de la Crimée à sa terre natale".

Le président russe a fini sa journée en Crimée en apparaissant sur scène lors d'un concert. Il a salué les habitants de la péninsule qui ont "tous voté pour cette décision historique", comparant leur conduite à celle des "combattants de l'Armée rouge au début de la Grande guerre patriotique". 

Le passage de la Crimée sous contrôle russe, acté le 18 mars 2014, est considéré comme un "rattachement" en Russie et dénoncé comme une "annexion illégale" par l'Ukraine et la majorité de la communauté internationale. Cette décision a entraîné de lourdes sanctions européennes et américaines qui ont durement frappé l'économie russe.

"Il y a une compréhension croissante dans le monde que la Crimée est une partie de la Russie et le sera toujours", a assuré la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Valentina Matvienko, dans une tribune publiée dans le quotidien Izvestia.

"La Crimée sera rendue à l'Ukraine. Nous ferons de notre mieux pour nous assurer que cela se fasse le plus rapidement possible", a de son côté déclaré dimanche le président ukrainien Petro Porochenko.

La diplomatie ukrainienne a dénoncé dans un communiqué un voyage du président russe qui "viole la souveraineté territoriale de l'Ukraine".

- 'Changer les choses' -

"Il y a un sentiment de fraîcheur, d'indépendance et de liberté", a dit à l'AFP Valentina Dorojko, enseignante à la retraite de Simféropol. "Rien que ces cinq dernières années, la situation s'est largement améliorée", a renchéri une autre habitante, Marina Tichtchenko.

Oleg Ivanov, un quadragénaire, regrette pour sa part les sanctions imposées par les Occidentaux sur la Crimée: "Il faut s'assoir, négocier et changer les choses".

Vendredi, les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Australie et le Canada ont infligé de nouvelles sanctions contre des responsables russes pour "la poursuite de leur agression en Ukraine".

A Bruxelles, l'Otan a dénoncé le renforcement "en cours" du dispositif militaire russe en Crimée et dans la région de la mer Noire.

"Ces cinq dernières années ont été marquées par une ambiance de terreur, ouverte ou dissimulée, contre ceux qui habitent en Crimée, en violation du droit international", a déclaré à l'AFP le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine.

Les Tatars de Crimée, communauté musulmane locale majoritairement opposée à l'annexion de la péninsule, subissent notamment une forte pression de la part des autorités russes. Leur assemblée a été interdite et qualifié d'"organisation terroriste", et la chaîne de télévision de cette minorité a été fermée.

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(18/03/2019 20:41)

Trois morts aux Pays-Bas: la piste terroriste privilégiée sans exclure un différend familial

Les autorités néerlandaises privilégient la piste terroriste sans exclure un différend familial après l'arrestation d'un homme, originaire de Turquie, soupçonné d'avoir ouvert le feu dans un tramway à Utrecht, faisant trois morts et cinq blessés.

Alors que l'enquête se poursuit, le Premier ministre Mark Rutte a affirmé qu'on ne peut "exclure" d'autres motifs, notamment une dispute familiale. "Il y a beaucoup de questions et de rumeurs", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à La Haye. "Quel est le motif, terroriste ou autre, nous ne le savons pas encore, mais nous ne pouvons rien exclure", a-t-il ajouté. 

Lundi matin, un homme a tiré dans un tramway du centre de cette ville, l'une des plus importantes du pays. 

Trois personnes ont été tuées et cinq blessées, selon la police et le maire Jan van Zanen, qui avait dans un premier temps évoqué neuf blessés.

Des témoins ont rapporté que le tireur avait pris pour cible une femme et des personnes tentant de l'aider, selon des médias.

En début d'après-midi, les autorités ont rendu publique la photo d'un homme aux cheveux courts portant un blouson bleu, tirée d'une caméra de vidéosurveillance du tramway. 

"La police recherche Gokmen Tanis, 37 ans (né en Turquie) en lien avec l'incident de ce matin", a indiqué la police d'Utrecht sur Twitter, enjoignant au public de "ne pas l'approcher". Une véritable chasse à l'homme a alors débuté.

Gokmen Tanis a été interpellé en fin d'après-midi. "On vient de nous informer que le suspect a été arrêté", a annoncé le chef de la police d'Utrecht Rob van Bree, lors d'une conférence de presse.

Le niveau de menace terroriste, porté à Utrecht après l'attaque à cinq, son plus haut niveau, a été abaissé, a affirmé le directeur de l'agence nationale pour la sécurité et le contre-terrorisme (NCTV), Pieter-Jaap Aalbersberg, confirmant l'interpellation du "principal suspect".

- "Nous ne cèderons pas" - 

Dans l'après-midi, des dizaines de policiers armés avaient encerclé un immeuble à quelques centaines de mètres des lieux de la fusillade, sans que l'on sache si le suspect s'y trouvait, a constaté un journaliste de l'AFP.

"S'il l'a fait, il faut qu'il soit puni", a déclaré à l'agence de presse turque DHA Mehmet Tanis, le père du suspect. Ce dernier a expliqué être rentré en Turquie à l'issue de son divorce en 2008 et, depuis, ne plus avoir eu de contact avec son fils, resté vivre aux Pays-Bas avec sa mère. 

M. Tanis, qui vit dans la province de Kayseri, au centre de la Turquie, a affirmé que son fils "n'avait pas un comportement agressif" à l'époque où il était toujours en contact avec lui. Mais "que s'est-il passé? Qu'a-t-il vécu? Je n'en sais rien du tout", a-t-il reconnu. 

"Nous ne cèderons pas face à l'intolérance", a affirmé le Premier ministre néerlandais devant la presse. "Un acte de terrorisme est une attaque contre notre civilisation, contre notre société tolérante et ouverte", a-t-il déploré.

Tous les partis politiques ont suspendu leur campagne à deux jours d'élections locales qui détermineront la composition future du Sénat néerlandais.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué que les services de renseignement turcs réunissaient des informations sur la fusillade dont l'auteur présumé est né en Turquie.

- "C'était horrible" -

Selon la radio-télévision publique NOS, Gokmen Tanis avait comparu il y a deux semaines en justice dans une affaire de viol.

Sur les lieux de l'attaque, place du 24-Octobre, bouclés par les forces de l'ordre, les services de secours et policiers en armes s'activaient. Une victime était recouverte d'un drap et gisait sur la voie entre deux wagons, a rapporté un journaliste de l'agence de presse néerlandaise ANP.

L'un d'entre eux a raconté à NOS News avoir vu une femme sortir du tramway en courant, du sang sur ses mains et ses vêtements avant de s'effondrer.

"Je l'ai amenée à ma voiture et l'ai aidée. Quand la police est arrivée, elle était inconsciente", a-t-elle relaté.

"Quand je suis sortie de ma maison pour jeter un oeil, la police a crié +restez chez vous et sortez du jardin+", a raconté à l'AFP Yvonne Von Rai, une retraitée.

"Soudain, de nombreuses voitures de police sont arrivées et on pouvait entendre deux hélicoptères des secours. C'était horrible", a décrit Karlijn Zwinkels, une étudiante de 19 ans.

Le patron du NCTV a évoqué une attaque "à plusieurs endroits". Mais il n'a pas donné plus de détails. La police a par ailleurs indiqué qu'une Renault Clio, vraisemblablement volée à son conducteur au moment de l'attaque, avait été retrouvée abandonnée.

Dans la cité portuaire de Rotterdam, la police a indiqué avoir accru la sécurité aux abords des mosquées, trois jours après la mort de 50 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, tués par un suprémaciste blanc.

Les Pays-Bas, qui ont reçu des messages de soutien notamment de l'Union européenne ou encore du Royaume-Uni, ont été relativement préservés de la vague d'attentats qui a touché ses voisins ces dernières années, malgré plusieurs menaces récentes.

Un Afghan de 19 ans résidant en Allemagne avait notamment poignardé et blessé deux touristes américains en août dans la gare centrale d'Amsterdam, avant d'être blessé par balle par la police.

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Trois morts aux Pays-Bas: la piste terroriste privilégiée sans exclure un différend familial

Les autorités néerlandaises privilégient la piste terroriste sans exclure un différend familial après l'arrestation d'un homme, originaire de Turquie, soupçonné d'avoir ouvert le feu dans un tramway à Utrecht, faisant trois morts et cinq blessés.

Alors que l'enquête se poursuit, le Premier ministre Mark Rutte a affirmé qu'on ne peut "exclure" d'autres motifs, notamment une dispute familiale. "Il y a beaucoup de questions et de rumeurs", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à La Haye. "Quel est le motif, terroriste ou autre, nous ne le savons pas encore, mais nous ne pouvons rien exclure", a-t-il ajouté. 

Lundi matin, un homme a tiré dans un tramway du centre de cette ville, l'une des plus importantes du pays. 

Trois personnes ont été tuées et cinq blessées, selon la police et le maire Jan van Zanen, qui avait dans un premier temps évoqué neuf blessés.

Des témoins ont rapporté que le tireur avait pris pour cible une femme et des personnes tentant de l'aider, selon des médias.

En début d'après-midi, les autorités ont rendu publique la photo d'un homme aux cheveux courts portant un blouson bleu, tirée d'une caméra de vidéosurveillance du tramway. 

"La police recherche Gokmen Tanis, 37 ans (né en Turquie) en lien avec l'incident de ce matin", a indiqué la police d'Utrecht sur Twitter, enjoignant au public de "ne pas l'approcher". Une véritable chasse à l'homme a alors débuté.

Gokmen Tanis a été interpellé en fin d'après-midi. "On vient de nous informer que le suspect a été arrêté", a annoncé le chef de la police d'Utrecht Rob van Bree, lors d'une conférence de presse.

Le niveau de menace terroriste, porté à Utrecht après l'attaque à cinq, son plus haut niveau, a été abaissé, a affirmé le directeur de l'agence nationale pour la sécurité et le contre-terrorisme (NCTV), Pieter-Jaap Aalbersberg, confirmant l'interpellation du "principal suspect".

- "Nous ne cèderons pas" - 

Dans l'après-midi, des dizaines de policiers armés avaient encerclé un immeuble à quelques centaines de mètres des lieux de la fusillade, sans que l'on sache si le suspect s'y trouvait, a constaté un journaliste de l'AFP.

"S'il l'a fait, il faut qu'il soit puni", a déclaré à l'agence de presse turque DHA Mehmet Tanis, le père du suspect. Ce dernier a expliqué être rentré en Turquie à l'issue de son divorce en 2008 et, depuis, ne plus avoir eu de contact avec son fils, resté vivre aux Pays-Bas avec sa mère. 

M. Tanis, qui vit dans la province de Kayseri, au centre de la Turquie, a affirmé que son fils "n'avait pas un comportement agressif" à l'époque où il était toujours en contact avec lui. Mais "que s'est-il passé? Qu'a-t-il vécu? Je n'en sais rien du tout", a-t-il reconnu. 

"Nous ne cèderons pas face à l'intolérance", a affirmé le Premier ministre néerlandais devant la presse. "Un acte de terrorisme est une attaque contre notre civilisation, contre notre société tolérante et ouverte", a-t-il déploré.

Tous les partis politiques ont suspendu leur campagne à deux jours d'élections locales qui détermineront la composition future du Sénat néerlandais.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué que les services de renseignement turcs réunissaient des informations sur la fusillade dont l'auteur présumé est né en Turquie.

- "C'était horrible" -

Selon la radio-télévision publique NOS, Gokmen Tanis avait comparu il y a deux semaines en justice dans une affaire de viol.

Sur les lieux de l'attaque, place du 24-Octobre, bouclés par les forces de l'ordre, les services de secours et policiers en armes s'activaient. Une victime était recouverte d'un drap et gisait sur la voie entre deux wagons, a rapporté un journaliste de l'agence de presse néerlandaise ANP.

L'un d'entre eux a raconté à NOS News avoir vu une femme sortir du tramway en courant, du sang sur ses mains et ses vêtements avant de s'effondrer.

"Je l'ai amenée à ma voiture et l'ai aidée. Quand la police est arrivée, elle était inconsciente", a-t-elle relaté.

"Quand je suis sortie de ma maison pour jeter un oeil, la police a crié +restez chez vous et sortez du jardin+", a raconté à l'AFP Yvonne Von Rai, une retraitée.

"Soudain, de nombreuses voitures de police sont arrivées et on pouvait entendre deux hélicoptères des secours. C'était horrible", a décrit Karlijn Zwinkels, une étudiante de 19 ans.

Le patron du NCTV a évoqué une attaque "à plusieurs endroits". Mais il n'a pas donné plus de détails. La police a par ailleurs indiqué qu'une Renault Clio, vraisemblablement volée à son conducteur au moment de l'attaque, avait été retrouvée abandonnée.

Dans la cité portuaire de Rotterdam, la police a indiqué avoir accru la sécurité aux abords des mosquées, trois jours après la mort de 50 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, tués par un suprémaciste blanc.

Les Pays-Bas, qui ont reçu des messages de soutien notamment de l'Union européenne ou encore du Royaume-Uni, ont été relativement préservés de la vague d'attentats qui a touché ses voisins ces dernières années, malgré plusieurs menaces récentes.

Un Afghan de 19 ans résidant en Allemagne avait notamment poignardé et blessé deux touristes américains en août dans la gare centrale d'Amsterdam, avant d'être blessé par balle par la police.

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(19/03/2019 06:23)

Cyclone au Mozambique et au Zimbabwe: le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts

Le cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe, emportant routes, ponts, hôpitaux et écoles, a fait au moins 182 morts dans les deux pays, mais le bilan final au Mozambique pourrait dépasser le millier de morts, a prévenu le président Filipe Nuysi.

"Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts (au Mozambique, ndlr). Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin (...) pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts", a déclaré M. Nyusi dans une intervention télévisée lundi à Maputo. 

"Plus de 100.000 personnes ont besoin d'aide alimentaire", a-t-il ajouté. "Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers, isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C'est un véritable désastre humanitaire", a dit le président mozambicain.

Des rescapés ont trouvé refuge dans des arbres en attendant les secours, a expliqué le président. Des images aériennes transmises par l'organisation Mission Aviation Fellowship montrent aussi des dizaines de personnes bloquées sur les toits de bâtiments en dur entourés d'eau.

Le cyclone Idai et ses vents d'une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course au Zimbabwe voisin.

Au Zimbabwe, le dernier bilan s'élevait à 98 morts et au moins 217 disparus, selon le ministère de l'Information.

"On a l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle", a déclaré le ministre de la Défense par intérim, Perrance Shiri.

Au Mozambique, l'étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d'habitants, est "énorme et terrifiante", a prévenu la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

"90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits", a indiqué la FICR dans un communiqué.

"Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites", compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur, de la FICR, depuis Beira.

Lundi, les rues de la ville étaient jonchées d'arbres déracinés, d'éclats de verre et de tôles emportées, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les tôles en s'envolant ont décapité des gens, d'autres ont été blessés. (...) Il n'y a pas de secours ici. On est mal", a déclaré à l'AFP une rescapée, Rajina, qui a trouvé refuge dans une échoppe abandonnée.

- Des barrages ont lâché -

Dans la région de Beira, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan provisoire de l'Institut mozambicain de gestion des désastres.

Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent "près de rivières à quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l’eau des barrages" pour éviter qu'ils ne cèdent.

Plusieurs ont déjà "lâché ou atteint leur niveau maximum", a d'ailleurs prévenu Emma Beaty de l'organisation non-gouvernementale Oxfam.

Dimanche soir, le ministre de l'Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le "pire désastre naturel" de l'histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries.

En 2000, des crues avaient déjà causé la mort de 800 personnes dans ce pays pauvre d'Afrique australe. 

Au Zimbabwe, le pays n'a jamais connu de "destructions d'infrastructures d'une telle ampleur", a estimé lundi le ministre des Transports Joel Biggie Matiza.

Devant l'ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré précipitamment lundi d'un voyage aux Emirats arabes unis. 

"A chaque heure qui passe, nos pires craintes se confirment", a-t-il déclaré lors d'une intervention sur la chaîne publique ZBC. "Beaucoup sont morts noyés, tandis que d'autres ont été tués dans leur sommeil par des pierres qui ont démoli leur maison", a-t-il ajouté.

Les secours se sont concentrés lundi dans la région de Chimanimani, dans l'est.

Les zones les plus durement touchées n'étaient pas accessibles lundi, et les vols de secours d'hélicoptères militaires étaient entravés par des vents violents et un ciel très nuageux.

L'association médicale du Zimbabwe (Zima) a lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et appelé aux dons de nourriture, d'eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes.

Les fortes pluies qui avaient précédé l'arrivée d'Idai avaient déjà fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi voisin, qui a été épargné par le cyclone.

strs-fj-bed/jpc/plh

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Cyclone au Mozambique et au Zimbabwe: le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts

Le cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe, emportant routes, ponts, hôpitaux et écoles, a fait au moins 182 morts dans les deux pays, mais le bilan final au Mozambique pourrait dépasser le millier de morts, a prévenu le président Filipe Nuysi.

"Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts (au Mozambique, ndlr). Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin (...) pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts", a déclaré M. Nyusi dans une intervention télévisée lundi à Maputo. 

"Plus de 100.000 personnes ont besoin d'aide alimentaire", a-t-il ajouté. "Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers, isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C'est un véritable désastre humanitaire", a dit le président mozambicain.

Des rescapés ont trouvé refuge dans des arbres en attendant les secours, a expliqué le président. Des images aériennes transmises par l'organisation Mission Aviation Fellowship montrent aussi des dizaines de personnes bloquées sur les toits de bâtiments en dur entourés d'eau.

Le cyclone Idai et ses vents d'une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course au Zimbabwe voisin.

Au Zimbabwe, le dernier bilan s'élevait à 98 morts et au moins 217 disparus, selon le ministère de l'Information.

"On a l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle", a déclaré le ministre de la Défense par intérim, Perrance Shiri.

Au Mozambique, l'étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d'habitants, est "énorme et terrifiante", a prévenu la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

"90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits", a indiqué la FICR dans un communiqué.

"Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites", compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur, de la FICR, depuis Beira.

Lundi, les rues de la ville étaient jonchées d'arbres déracinés, d'éclats de verre et de tôles emportées, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les tôles en s'envolant ont décapité des gens, d'autres ont été blessés. (...) Il n'y a pas de secours ici. On est mal", a déclaré à l'AFP une rescapée, Rajina, qui a trouvé refuge dans une échoppe abandonnée.

- Des barrages ont lâché -

Dans la région de Beira, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan provisoire de l'Institut mozambicain de gestion des désastres.

Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent "près de rivières à quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l’eau des barrages" pour éviter qu'ils ne cèdent.

Plusieurs ont déjà "lâché ou atteint leur niveau maximum", a d'ailleurs prévenu Emma Beaty de l'organisation non-gouvernementale Oxfam.

Dimanche soir, le ministre de l'Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le "pire désastre naturel" de l'histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries.

En 2000, des crues avaient déjà causé la mort de 800 personnes dans ce pays pauvre d'Afrique australe. 

Au Zimbabwe, le pays n'a jamais connu de "destructions d'infrastructures d'une telle ampleur", a estimé lundi le ministre des Transports Joel Biggie Matiza.

Devant l'ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré précipitamment lundi d'un voyage aux Emirats arabes unis. 

"A chaque heure qui passe, nos pires craintes se confirment", a-t-il déclaré lors d'une intervention sur la chaîne publique ZBC. "Beaucoup sont morts noyés, tandis que d'autres ont été tués dans leur sommeil par des pierres qui ont démoli leur maison", a-t-il ajouté.

Les secours se sont concentrés lundi dans la région de Chimanimani, dans l'est.

Les zones les plus durement touchées n'étaient pas accessibles lundi, et les vols de secours d'hélicoptères militaires étaient entravés par des vents violents et un ciel très nuageux.

L'association médicale du Zimbabwe (Zima) a lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et appelé aux dons de nourriture, d'eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes.

Les fortes pluies qui avaient précédé l'arrivée d'Idai avaient déjà fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi voisin, qui a été épargné par le cyclone.

strs-fj-bed/jpc/plh

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(19/03/2019 10:01)

Morsures de serpents: un poison toujours aussi meurtrier

Le 15 juin 2015, la vie de Chepchirchir Kiplagat, aujourd'hui âgée de 8 ans, a basculé: mordue par un serpent venimeux, elle a perdu l'usage de son côté droit. Scholar, sa petite sœur de deux ans, dormait à ses côtés. Mordue elle-aussi, elle n'a pas survécu.

"C'était difficile de comprendre ce qu'il se passait car les enfants pleuraient", se remémore leur père, Jackson Chepkui, un éleveur kényan de 39 ans. Puis "nous avons vu les deux points rouges sur le poignet" de Chepchirchir et "nous avons compris: elles avaient été mordues par un serpent", poursuit-il, interrogé à son domicile des environs du lac Baringo (centre-ouest du Kenya).

Le temps de trouver de nuit un moto-taxi, Chepchirchir et son père arrivent au centre de soins de la localité voisine, Marigat, à 01H00 du matin. La fillette est redirigée vers l'hôpital de Kabarnet, qui n'a plus d'antivenin en stock, et finit par être admise à 05H00 du matin à l'hôpital régional d'Eldoret, à 90 km. Elle y restera plus de deux mois.

Chaque année, les envenimements (morsures de serpent avec injection de venin) touchent 2,7 millions de personnes dans le monde, essentiellement dans des régions tropicales et pauvres, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Entre 81.000 et 138.000 personnes en meurent, et 400.000 survivants souffrent de séquelles permanentes.

- "Tellement de souffrances" -

Des histoires comme celle de Chepchirchir, cette accumulation d'absence de mesures de prévention (une moustiquaire fait souvent la différence), de difficulté d'accès à un centre de santé proche et d'indisponibilité d'antivenin (ou de mauvaise qualité), Royjan Taylor en a entendu des centaines au cours de sa carrière et trouve chacune d'elles tout aussi révoltante.

Parce que ce n'est pas une maladie qui se transmet, "ce n'est pas toujours pris au sérieux. Mais allez dans n'importe quel hôpital en Afrique et parlez-leur de morsures de serpents: ils en ont vu. C'est le même problème en Inde", explique le directeur du centre Bio-Ken spécialisé dans les serpents venimeux et installé à Watamu, sur la côte kényane.

"Nous voyons tellement de morsures de serpents, tant de souffrances, de personnes qui perdent un membre, une jambe", des gens "dont la vie est complètement foutue pour la simple raison qu'elles ont tout simplement marché sur un serpent".

Ce jour-là, l'équipe de Bio-Ken reçoit un appel sur une ligne dédiée: un serpent a été repéré par un habitant du comté.

Quelques minutes plus tard, Royjan et son collègue Boni attrapent chacun avec une pince une extrémité du reptile et dans un mouvement coordonné placent délicatement dans une boîte le spécimen du jour, une vipère heurtante - l'espèce qui a paralysé à vie Chepchirchir.

"Celui-là était bien caché", dissimulé sous des feuilles mortes. "Au moins, il ne mordra personne ici", se félicite Royjan. 

De tels appels, l'équipe de Bio-Ken en reçoit en moyenne un par jour, fruit d'un long travail de sensibilisation invitant la population à contacter les spécialistes plutôt que de tenter de tuer le reptile et prendre des risques inutiles. 

La côte kényane abrite certains des serpents venimeux les plus dangereux au monde - mambas noir et vert, cobra cracheur - et comme dans d'autres régions rurales et pauvres d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Inde, ces serpents posent un réel problème de santé publique, très longtemps ignoré.

- 500.000 traitements en 2024 -

Les choses sont toutefois en train de changer et 2019 pourrait devenir une année charnière dans la prévention et la prise en charge des morsures de serpents dans les pays à faibles et moyens revenus.

Un pas important a été franchi en 2017 lorsque, sous la pression d'une vingtaine de pays et d'organisations comme Médecins sans frontières (MSF), Health Action International (HAI) ou Global Snakebite Initiative, l'OMS a inscrit les morsures de serpents sur la liste des maladies tropicales négligées.

Et, le 21 février, un groupe de travail de spécialistes mis sur pied par l'OMS a dévoilé une stratégie de réponse globale aux envenimements, qui ambitionne de réduire de moitié d'ici 2030 le nombre annuel de décès et d'infirmités. Cette feuille de route sera officiellement lancée en mai.

Dans son rapport, le groupe travail de l'OMS dresse un constat sans appel: "Comme beaucoup d'autres maladies de la pauvreté, les morsures de serpent ne parviennent pas à attirer les investissements et l'attention nécessaires des pouvoirs publics..."

"C'est largement dû à la démographie des populations affectées et à leur manque de poids politique", ajoutent sans détour les auteurs.

Pour diviser par deux le nombre annuel de victimes, l'OMS veut améliorer toute la chaîne de prise en charge des patients. L'objectif est de rendre disponibles sur le marché 500.000 traitements d'antivenin efficaces pour l'Afrique sub-saharienne par an d'ici 2024. Puis 3 millions par an à l'échelle mondiale en 2030. 

L'OMS entend pour ce faire restructurer la filière de production des antivenins. Un travail débuté avec une étude sur l'efficacité et les effets secondaires des produits existant sur le marché de l'Afrique sub-saharienne, dont les résultats sont attendus dans les prochains mois.

Un important volet du programme de l'OMS concerne aussi l'éducation des populations (comment mieux prévenir les risques?) et celle, cruciale, des personnels médicaux.

Dans une étude conduite fin 2017-début 2018 dans une centaine de centres de santé du comté de Kilifi (Kenya) par HAI, 86% des soignants interrogés disaient ne pas avoir été formés pour traiter les morsures de serpents.

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Morsures de serpents: un poison toujours aussi meurtrier

Le 15 juin 2015, la vie de Chepchirchir Kiplagat, aujourd'hui âgée de 8 ans, a basculé: mordue par un serpent venimeux, elle a perdu l'usage de son côté droit. Scholar, sa petite sœur de deux ans, dormait à ses côtés. Mordue elle-aussi, elle n'a pas survécu.

"C'était difficile de comprendre ce qu'il se passait car les enfants pleuraient", se remémore leur père, Jackson Chepkui, un éleveur kényan de 39 ans. Puis "nous avons vu les deux points rouges sur le poignet" de Chepchirchir et "nous avons compris: elles avaient été mordues par un serpent", poursuit-il, interrogé à son domicile des environs du lac Baringo (centre-ouest du Kenya).

Le temps de trouver de nuit un moto-taxi, Chepchirchir et son père arrivent au centre de soins de la localité voisine, Marigat, à 01H00 du matin. La fillette est redirigée vers l'hôpital de Kabarnet, qui n'a plus d'antivenin en stock, et finit par être admise à 05H00 du matin à l'hôpital régional d'Eldoret, à 90 km. Elle y restera plus de deux mois.

Chaque année, les envenimements (morsures de serpent avec injection de venin) touchent 2,7 millions de personnes dans le monde, essentiellement dans des régions tropicales et pauvres, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Entre 81.000 et 138.000 personnes en meurent, et 400.000 survivants souffrent de séquelles permanentes.

- "Tellement de souffrances" -

Des histoires comme celle de Chepchirchir, cette accumulation d'absence de mesures de prévention (une moustiquaire fait souvent la différence), de difficulté d'accès à un centre de santé proche et d'indisponibilité d'antivenin (ou de mauvaise qualité), Royjan Taylor en a entendu des centaines au cours de sa carrière et trouve chacune d'elles tout aussi révoltante.

Parce que ce n'est pas une maladie qui se transmet, "ce n'est pas toujours pris au sérieux. Mais allez dans n'importe quel hôpital en Afrique et parlez-leur de morsures de serpents: ils en ont vu. C'est le même problème en Inde", explique le directeur du centre Bio-Ken spécialisé dans les serpents venimeux et installé à Watamu, sur la côte kényane.

"Nous voyons tellement de morsures de serpents, tant de souffrances, de personnes qui perdent un membre, une jambe", des gens "dont la vie est complètement foutue pour la simple raison qu'elles ont tout simplement marché sur un serpent".

Ce jour-là, l'équipe de Bio-Ken reçoit un appel sur une ligne dédiée: un serpent a été repéré par un habitant du comté.

Quelques minutes plus tard, Royjan et son collègue Boni attrapent chacun avec une pince une extrémité du reptile et dans un mouvement coordonné placent délicatement dans une boîte le spécimen du jour, une vipère heurtante - l'espèce qui a paralysé à vie Chepchirchir.

"Celui-là était bien caché", dissimulé sous des feuilles mortes. "Au moins, il ne mordra personne ici", se félicite Royjan. 

De tels appels, l'équipe de Bio-Ken en reçoit en moyenne un par jour, fruit d'un long travail de sensibilisation invitant la population à contacter les spécialistes plutôt que de tenter de tuer le reptile et prendre des risques inutiles. 

La côte kényane abrite certains des serpents venimeux les plus dangereux au monde - mambas noir et vert, cobra cracheur - et comme dans d'autres régions rurales et pauvres d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Inde, ces serpents posent un réel problème de santé publique, très longtemps ignoré.

- 500.000 traitements en 2024 -

Les choses sont toutefois en train de changer et 2019 pourrait devenir une année charnière dans la prévention et la prise en charge des morsures de serpents dans les pays à faibles et moyens revenus.

Un pas important a été franchi en 2017 lorsque, sous la pression d'une vingtaine de pays et d'organisations comme Médecins sans frontières (MSF), Health Action International (HAI) ou Global Snakebite Initiative, l'OMS a inscrit les morsures de serpents sur la liste des maladies tropicales négligées.

Et, le 21 février, un groupe de travail de spécialistes mis sur pied par l'OMS a dévoilé une stratégie de réponse globale aux envenimements, qui ambitionne de réduire de moitié d'ici 2030 le nombre annuel de décès et d'infirmités. Cette feuille de route sera officiellement lancée en mai.

Dans son rapport, le groupe travail de l'OMS dresse un constat sans appel: "Comme beaucoup d'autres maladies de la pauvreté, les morsures de serpent ne parviennent pas à attirer les investissements et l'attention nécessaires des pouvoirs publics..."

"C'est largement dû à la démographie des populations affectées et à leur manque de poids politique", ajoutent sans détour les auteurs.

Pour diviser par deux le nombre annuel de victimes, l'OMS veut améliorer toute la chaîne de prise en charge des patients. L'objectif est de rendre disponibles sur le marché 500.000 traitements d'antivenin efficaces pour l'Afrique sub-saharienne par an d'ici 2024. Puis 3 millions par an à l'échelle mondiale en 2030. 

L'OMS entend pour ce faire restructurer la filière de production des antivenins. Un travail débuté avec une étude sur l'efficacité et les effets secondaires des produits existant sur le marché de l'Afrique sub-saharienne, dont les résultats sont attendus dans les prochains mois.

Un important volet du programme de l'OMS concerne aussi l'éducation des populations (comment mieux prévenir les risques?) et celle, cruciale, des personnels médicaux.

Dans une étude conduite fin 2017-début 2018 dans une centaine de centres de santé du comté de Kilifi (Kenya) par HAI, 86% des soignants interrogés disaient ne pas avoir été formés pour traiter les morsures de serpents.

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(19/03/2019 09:24)

Bosnie: Karadzic ou l'impossible réconciliation

Les veuves bosniaques de Srebrenica espèrent qu'il mourra en prison; les Serbes de Bosnie ont une cité universitaire à son nom: un quart de siècle après la guerre, Radovan Karadzic incarne l'impossible réconciliation en Bosnie.

Mercredi, la justice internationale décide si elle confirme en appel la condamnation à 40 ans de prison pour crimes de guerre, contre l'humanité, et pour génocide, prononcée en 2016 contre ce psychiatre devenu théoricien de l'épuration ethnique durant la guerre de 1992-95 (environ 100.000 morts). 

Parmi les atrocités reprochées à l'ex-président de la "Republika Srpska", la République des Serbes de Bosnie, il y a le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, considéré par la justice internationale comme un acte de génocide. 

Plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans avaient été abattus en quelques jours de juillet 1995, pire carnage commis sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale.

Mais parmi les Serbes orthodoxes (un tiers des 3,5 millions de Bosniens pour une moitié de Bosniaques musulmans), beaucoup célèbrent toujours en "héros" leur ex-chef politique, 73 ans. 

A leurs yeux, lui et l'ancien patron des forces serbes de Bosnie, Ratko Mladic, ont sauvé le peuple serbe face aux Bosniaques. La Republika Srpska a décoré en 2016 Karadzic, lui reconnaissant ses "mérites particuliers". Et elle a formé une commission pour réexaminer le massacre et le nombre de morts.  

- "Nier que nous avons eu pères et frères" -

De quoi révulser Bida et Vasva Smajlovic, venues se recueillir au mémorial de Potocari, près de Srebrenica, en mémoire de leurs époux, Hamdija et Ismet, deux frères tués quand cette enclave musulmane de l'est de la Bosnie, était tombée entre les mains des forces de Mladic, condamné en 2017 à la perpétuité. 

"Nous sommes en vie, mais nous sommes mortes aussi", dit Bida Smajlovic, 66 ans qui, en larmes, désigne les alignements de tombes. "Rien ne peux apaiser la douleur et combler le vide. Mais mon âme serait un peu soulagée si je savais qu'il ne retrouvera pas la liberté", poursuit Vasva Smajlovic, 75 ans.

Vivant toujours à Srebrenica, Nedzad Avdic est un survivant: à 17 ans il fut l'un des rares à échapper à l'exécution, sur un site où son père et plusieurs oncles ont été tués. Il espère une confirmation du verdict "car après ils ne pourront plus nier ce qui s'est produit ici, nier que nous avons eu des pères, des frères, dire qu'ils n'ont pas été exécutés". 

- "Manipulations" -

Nedzad Avdic a récemment assisté à une conférence visant à "démythifier" le massacre, donnée par Dusan Pavlovic, membre de la commission de la Republika Srpska sur Srebrenica. Devant une salle acquise à ses thèses, celui-ci a présenté son livre "Bataille pour Srebrenica, guerre pour la civilisation", et dénoncé "manipulations" et "demi-vérités qui ne peuvent contribuer à la réconciliation".

Selon Dusan Pavlovic, "entre 4.500 et 5.500" des morts de Srebrenica ont été tués au combat, "dans des batailles intestines (entre Bosniaques), en se suicidant ou dans des champs de mines", et Potocari n'est pas un mémorial mais "un cimetière militaire". 

Si des prisonniers ont été exécutés, Karadzic et Mladic n'y sont pour rien, ce dernier serait même venu en personne à Srebrenica s'assurer "que rien de mauvais ne s'y passe", poursuit-il.

Le maire Mladen Grujicic, un Serbe qui a ravi la commune aux Bosniaques en 2016, a expliqué à cette conférence qu'à ses yeux les morts de Srebrenica ont été victimes du "projet de leurs dirigeants politiques visant à sacrifier le peuple bosniaque" pour s'attirer le soutien international. 

"La réconciliation avec ces négationnistes est une illusion", résume Nedzad Avdic venu avec quelques amis apporter la contradiction à Dusan Pavlovic. 

Dans le fief de Karadzic à Pale, à une quinzaine de kilomètres de Sarajevo, on répugne à évoquer le passé. Mais l'ancien combattant Janko Sesilja, 58 ans, résume l'opinion générale: "dicté par les grandes puissances", le verdict de mercredi ne fait aucun doute. 

Cette petite ville avait baptisé une cité universitaire en l'honneur de Karadzic, quatre jours avant le verdict en première instance. 

Sa famille y vit toujours et son ancien bras droit, Momcilo Krajisnik, lui-même condamné à La Haye, y a ouvert une station-service après sa libération. 

"Je ne sais pas ce qui se passera mais je sais ce qui devrait se passer", dit-il à l'AFP, elliptique. "Je connaissais Radovan Karadzic, je travaillais avec lui. Je suis sûr qu'il ne voulait pas la guerre et qu'il n'est pas responsable" de son déclenchement. 

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Bosnie: Karadzic ou l'impossible réconciliation

Les veuves bosniaques de Srebrenica espèrent qu'il mourra en prison; les Serbes de Bosnie ont une cité universitaire à son nom: un quart de siècle après la guerre, Radovan Karadzic incarne l'impossible réconciliation en Bosnie.

Mercredi, la justice internationale décide si elle confirme en appel la condamnation à 40 ans de prison pour crimes de guerre, contre l'humanité, et pour génocide, prononcée en 2016 contre ce psychiatre devenu théoricien de l'épuration ethnique durant la guerre de 1992-95 (environ 100.000 morts). 

Parmi les atrocités reprochées à l'ex-président de la "Republika Srpska", la République des Serbes de Bosnie, il y a le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, considéré par la justice internationale comme un acte de génocide. 

Plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans avaient été abattus en quelques jours de juillet 1995, pire carnage commis sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale.

Mais parmi les Serbes orthodoxes (un tiers des 3,5 millions de Bosniens pour une moitié de Bosniaques musulmans), beaucoup célèbrent toujours en "héros" leur ex-chef politique, 73 ans. 

A leurs yeux, lui et l'ancien patron des forces serbes de Bosnie, Ratko Mladic, ont sauvé le peuple serbe face aux Bosniaques. La Republika Srpska a décoré en 2016 Karadzic, lui reconnaissant ses "mérites particuliers". Et elle a formé une commission pour réexaminer le massacre et le nombre de morts.  

- "Nier que nous avons eu pères et frères" -

De quoi révulser Bida et Vasva Smajlovic, venues se recueillir au mémorial de Potocari, près de Srebrenica, en mémoire de leurs époux, Hamdija et Ismet, deux frères tués quand cette enclave musulmane de l'est de la Bosnie, était tombée entre les mains des forces de Mladic, condamné en 2017 à la perpétuité. 

"Nous sommes en vie, mais nous sommes mortes aussi", dit Bida Smajlovic, 66 ans qui, en larmes, désigne les alignements de tombes. "Rien ne peux apaiser la douleur et combler le vide. Mais mon âme serait un peu soulagée si je savais qu'il ne retrouvera pas la liberté", poursuit Vasva Smajlovic, 75 ans.

Vivant toujours à Srebrenica, Nedzad Avdic est un survivant: à 17 ans il fut l'un des rares à échapper à l'exécution, sur un site où son père et plusieurs oncles ont été tués. Il espère une confirmation du verdict "car après ils ne pourront plus nier ce qui s'est produit ici, nier que nous avons eu des pères, des frères, dire qu'ils n'ont pas été exécutés". 

- "Manipulations" -

Nedzad Avdic a récemment assisté à une conférence visant à "démythifier" le massacre, donnée par Dusan Pavlovic, membre de la commission de la Republika Srpska sur Srebrenica. Devant une salle acquise à ses thèses, celui-ci a présenté son livre "Bataille pour Srebrenica, guerre pour la civilisation", et dénoncé "manipulations" et "demi-vérités qui ne peuvent contribuer à la réconciliation".

Selon Dusan Pavlovic, "entre 4.500 et 5.500" des morts de Srebrenica ont été tués au combat, "dans des batailles intestines (entre Bosniaques), en se suicidant ou dans des champs de mines", et Potocari n'est pas un mémorial mais "un cimetière militaire". 

Si des prisonniers ont été exécutés, Karadzic et Mladic n'y sont pour rien, ce dernier serait même venu en personne à Srebrenica s'assurer "que rien de mauvais ne s'y passe", poursuit-il.

Le maire Mladen Grujicic, un Serbe qui a ravi la commune aux Bosniaques en 2016, a expliqué à cette conférence qu'à ses yeux les morts de Srebrenica ont été victimes du "projet de leurs dirigeants politiques visant à sacrifier le peuple bosniaque" pour s'attirer le soutien international. 

"La réconciliation avec ces négationnistes est une illusion", résume Nedzad Avdic venu avec quelques amis apporter la contradiction à Dusan Pavlovic. 

Dans le fief de Karadzic à Pale, à une quinzaine de kilomètres de Sarajevo, on répugne à évoquer le passé. Mais l'ancien combattant Janko Sesilja, 58 ans, résume l'opinion générale: "dicté par les grandes puissances", le verdict de mercredi ne fait aucun doute. 

Cette petite ville avait baptisé une cité universitaire en l'honneur de Karadzic, quatre jours avant le verdict en première instance. 

Sa famille y vit toujours et son ancien bras droit, Momcilo Krajisnik, lui-même condamné à La Haye, y a ouvert une station-service après sa libération. 

"Je ne sais pas ce qui se passera mais je sais ce qui devrait se passer", dit-il à l'AFP, elliptique. "Je connaissais Radovan Karadzic, je travaillais avec lui. Je suis sûr qu'il ne voulait pas la guerre et qu'il n'est pas responsable" de son déclenchement. 

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(19/03/2019 09:44)

Syrie: les forces antijihadistes resserrent l'étau sur l'ultime réduit de l'EI

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont resserré l'étau sur l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l'est syrien, où les combats se poursuivent lundi au terme d'une nuit de bombardements intenses leur ayant permis de progresser en territoire jihadiste.

Soutenues par les raids aériens d'une coalition internationale conduite par les Etats-Unis, les combattants arabes et kurdes des FDS tentent depuis des semaines de déloger les derniers jihadistes du village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie.

Lundi matin, les combats se sont poursuivis dans le secteur, les FDS confortant, en parallèle, des positions acquises la veille à la faveur de combats et de frappes intenses.

"Nos forces ont progressé mais les affrontements se poursuivent", a indiqué à l'AFP Jiaker Amed, un porte-parole des FDS.

"Nos forces ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments (de l'EI). Elles ont continué de progresser ce (lundi) matin et encerclent désormais Daech depuis trois axes, le quatrième étant le fleuve" Euphrate, a précisé un responsable des FDS, utilisant l'acronyme arabe pour désigner l'EI.

Un porte-parole de l'EI, Abi Hassan al-Mujahir, a posté lundi soir sur la messagerie Instagram un enregistrement demandant aux partisans du groupe jihadiste de se mobiliser dans les zones tenues par les FDS, emmenées par des combattants kurdes.

Au sommet d'une colline surplombant le bastion de l'EI, une journaliste de l'AFP peut entendre le crépitement des mitrailleuses et les fortes explosions d'obus atterrissant sur la poche jihadiste, réduite à un petit campement de tentes et à des tunnels. 

Des hommes, probablement des jihadistes, se déplacent rapidement à l'intérieur du réduit, enveloppé en grande partie d'un nuage noirâtre.

Accroupis derrière les rochers, les combattants des FDS ouvrent le feu sur les jihadistes visibles aux abords du camp, a-t-elle rapporté.

Les frappes s'étaient intensifiées en début de soirée dimanche, selon une équipe de l'AFP, qui a fait état de "tirs nourris et de fortes explosions".

- Plus de 70.000 déplacés -

"L'offensive terrestre des FDS a été très efficace", s'est félicité lundi le porte-parole de la coalition internationale, Sean Ryan. 

"Les FDS continuent d'adopter une approche méthodique pour rayer le dernier territoire contrôlé par Daech" de la carte, a-t-il affirmé à l'AFP.

Mais l'assaut final des FDS, lancé le 9 février, a été à plusieurs reprises suspendu ou ralenti par l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de la poche jihadiste.

Durant le week-end, quelques dizaines de personnes ont été évacuées ou ont pris la fuite, mais le flot de départs a nettement diminué comparé aux semaines précédentes.

Dimanche, le porte-parole des FDS Kino Gabriel a affirmé que quelque "5.000 personnes" se trouveraient encore dans le réduit jihadiste, et n'a pas voulu avancer de calendrier précis pour la fin de l'offensive. 

Depuis janvier, quelque 67.000 personnes ont déjà quitté l'enclave de l'EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les derniers chiffres des FDS. 

La plupart des évacués sont transférés vers le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, où plus de 70.000 personnes sont entassées dans des conditions particulièrement rudes, selon l'ONG Comité de secours international (IRC). Quelque 3.500 personnes sont arrivées ces derniers jours, d'après l'ONG.

Depuis décembre, 123 personnes, dont une grande majorité d'enfants de moins de cinq ans, sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, a ajouté l'IRC.

- Avertissement de Damas -

L'EI avait conquis en 2014 de vastes régions en Syrie et en Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin. Sa défaite à Bahgouz, face aux combattants kurdes et arabes des FDS soutenus par la coalition sous commandement américain, signerait la fin territoriale de son "califat".

Les forces kurdes sont "la seule carte restante aux mains des Américains", a affirmé lundi le ministre syrien de la Défense Ali Abdallah Ayoub, en référence aux FDS. 

Il a averti que l'armée syrienne "libèrera" les zones sous contrôle des forces kurdes "par la force" ou par le biais d'"accords de réconciliation".

Soutenu par la Russie et l'Iran, le régime syrien a enchaîné les victoires contre rebelles et jihadistes et contrôle aujourd'hui près des deux tiers de la Syrie. Il a désormais dans le viseur les zones kurdes notamment. 

A la faveur du conflit déclenché en 2011 et du départ des forces gouvernementales mi-2012, les Kurdes de Syrie, une minorité ethnique représentant 15% de la population, ont instauré une autonomie dans le nord et le nord-est du pays, riches en ressources pétrolières, hydrauliques et agricoles.

La guerre en Syrie, qui est entrée dans sa neuvième année, a tué plus de 370.000 personnes, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et déplacé plusieurs millions d'autres. 

Lire la suite Lire la suite

Syrie: les forces antijihadistes resserrent l'étau sur l'ultime réduit de l'EI

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont resserré l'étau sur l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l'est syrien, où les combats se poursuivent lundi au terme d'une nuit de bombardements intenses leur ayant permis de progresser en territoire jihadiste.

Soutenues par les raids aériens d'une coalition internationale conduite par les Etats-Unis, les combattants arabes et kurdes des FDS tentent depuis des semaines de déloger les derniers jihadistes du village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie.

Lundi matin, les combats se sont poursuivis dans le secteur, les FDS confortant, en parallèle, des positions acquises la veille à la faveur de combats et de frappes intenses.

"Nos forces ont progressé mais les affrontements se poursuivent", a indiqué à l'AFP Jiaker Amed, un porte-parole des FDS.

"Nos forces ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments (de l'EI). Elles ont continué de progresser ce (lundi) matin et encerclent désormais Daech depuis trois axes, le quatrième étant le fleuve" Euphrate, a précisé un responsable des FDS, utilisant l'acronyme arabe pour désigner l'EI.

Un porte-parole de l'EI, Abi Hassan al-Mujahir, a posté lundi soir sur la messagerie Instagram un enregistrement demandant aux partisans du groupe jihadiste de se mobiliser dans les zones tenues par les FDS, emmenées par des combattants kurdes.

Au sommet d'une colline surplombant le bastion de l'EI, une journaliste de l'AFP peut entendre le crépitement des mitrailleuses et les fortes explosions d'obus atterrissant sur la poche jihadiste, réduite à un petit campement de tentes et à des tunnels. 

Des hommes, probablement des jihadistes, se déplacent rapidement à l'intérieur du réduit, enveloppé en grande partie d'un nuage noirâtre.

Accroupis derrière les rochers, les combattants des FDS ouvrent le feu sur les jihadistes visibles aux abords du camp, a-t-elle rapporté.

Les frappes s'étaient intensifiées en début de soirée dimanche, selon une équipe de l'AFP, qui a fait état de "tirs nourris et de fortes explosions".

- Plus de 70.000 déplacés -

"L'offensive terrestre des FDS a été très efficace", s'est félicité lundi le porte-parole de la coalition internationale, Sean Ryan. 

"Les FDS continuent d'adopter une approche méthodique pour rayer le dernier territoire contrôlé par Daech" de la carte, a-t-il affirmé à l'AFP.

Mais l'assaut final des FDS, lancé le 9 février, a été à plusieurs reprises suspendu ou ralenti par l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de la poche jihadiste.

Durant le week-end, quelques dizaines de personnes ont été évacuées ou ont pris la fuite, mais le flot de départs a nettement diminué comparé aux semaines précédentes.

Dimanche, le porte-parole des FDS Kino Gabriel a affirmé que quelque "5.000 personnes" se trouveraient encore dans le réduit jihadiste, et n'a pas voulu avancer de calendrier précis pour la fin de l'offensive. 

Depuis janvier, quelque 67.000 personnes ont déjà quitté l'enclave de l'EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les derniers chiffres des FDS. 

La plupart des évacués sont transférés vers le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, où plus de 70.000 personnes sont entassées dans des conditions particulièrement rudes, selon l'ONG Comité de secours international (IRC). Quelque 3.500 personnes sont arrivées ces derniers jours, d'après l'ONG.

Depuis décembre, 123 personnes, dont une grande majorité d'enfants de moins de cinq ans, sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, a ajouté l'IRC.

- Avertissement de Damas -

L'EI avait conquis en 2014 de vastes régions en Syrie et en Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin. Sa défaite à Bahgouz, face aux combattants kurdes et arabes des FDS soutenus par la coalition sous commandement américain, signerait la fin territoriale de son "califat".

Les forces kurdes sont "la seule carte restante aux mains des Américains", a affirmé lundi le ministre syrien de la Défense Ali Abdallah Ayoub, en référence aux FDS. 

Il a averti que l'armée syrienne "libèrera" les zones sous contrôle des forces kurdes "par la force" ou par le biais d'"accords de réconciliation".

Soutenu par la Russie et l'Iran, le régime syrien a enchaîné les victoires contre rebelles et jihadistes et contrôle aujourd'hui près des deux tiers de la Syrie. Il a désormais dans le viseur les zones kurdes notamment. 

A la faveur du conflit déclenché en 2011 et du départ des forces gouvernementales mi-2012, les Kurdes de Syrie, une minorité ethnique représentant 15% de la population, ont instauré une autonomie dans le nord et le nord-est du pays, riches en ressources pétrolières, hydrauliques et agricoles.

La guerre en Syrie, qui est entrée dans sa neuvième année, a tué plus de 370.000 personnes, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et déplacé plusieurs millions d'autres. 

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(19/03/2019 09:04)

Trump accueille Bolsonaro, le "Trump des tropiques"

Le président américain Donald Trump reçoit mardi à la Maison Blanche l'un de ses plus fervents admirateurs: son homologue brésilien Jair Bolsonaro, élu, comme lui, sur le rejet du "politiquement correct". 

Au-delà d'une passion commune pour les tweets et d'un goût revendiqué de la provocation, l'ancien magnat de l'immobilier et l'ex-parachutiste sont à l'unisson sur nombre de sujets: virulentes critiques du multilatéralisme, volonté d'adopter une posture combative face à Pékin ou encore dénonciation de l'accord de Paris sur le climat.

M. Bolsonaro, qui s'est vu décerner nombre de surnoms, dont celui de "Trump des tropiques", a lui-même alimenté pendant la campagne le parallèle avec le locataire de la Maison Blanche. 

Depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier, il a affiché un pro-américanisme marqué, en rupture avec la tradition de la diplomatie brésilienne qui s'efforçait de se tenir à égale distance des grandes puissances.

Au programme de leur première rencontre: tête-à-tête dans le Bureau ovale, déjeuner de travail et conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

Les deux hommes, qui dénoncent inlassablement les dangers du socialisme sous toutes ses formes, devraient profiter de cette tribune pour accroître encore la pression sur le président vénézuélien Nicolas Maduro dont ils réclament avec force le départ depuis qu'ils ont reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim.

En le recevant fin février à Brasilia, Jair Bolsonaro avait salué Juan Guaido comme son "frère", le qualifiant de symbole "d'espérance".

Pour M. Trump, la visite pourrait être l'occasion de tourner la page d'une séquence difficile entre l'échec du sommet de Hanoï avec le leader nord-coréen Kim Jong Un et camouflet du Congrès sur son projet de mur à la frontière avec le Mexique.

- "Le meilleur ami des Etats-Unis" -

Le président des Etats-Unis et celui de la première puissance d'Amérique latine devraient aussi insister sur une coopération économique renforcée. 

Les deux hommes devraient aussi revenir sur la décision annoncée lundi par le Brésil d'autoriser les Etats-Unis à lancer des satellites depuis le centre spatial d'Alcantara, dans l'Etat septentrional de Maranhao.

Alcantara est idéalement situé en raison de sa proximité avec l'équateur, qui permet des économies de combustible de l'ordre de 30% pour les lancements ou la mise en orbite de charges plus lourdes.

De leur côté, les Etats-Unis pourraient appuyer l'entrée du Brésil dans l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

A la veille de la rencontre, M. Bolsonaro a effectué une visite surprenante pour un chef d'Etat étranger: il s'est rendu au siège de la CIA.

Ce déplacement au quartier général de l'agence centrale américaine du renseignement, en banlieue de Washington, prend un relief particulier quand on se souvient de la brouille entre les Etats-Unis et le Brésil née de l'affaire des écoutes.

Fin 2013, Dilma Rousseff, alors présidente du Brésil, avait annulé une visite d'Etat à Washington à la suite de révélations par la presse d'une surveillance de ses communications personnelles par le NSA (National Security Agency).

MM. Trump et Bolsonaro, aux parcours radicalement différents, trouveront-ils à une forme d'"alchimie", mot cher au locataire de la Maison Blanche? 

Seule certitude à ce stade: les prises de position de l'ancien capitaine de l'armée brésilienne en campagne ont été très appréciées au 1600 Pennsylvania Avenue.

"Il a brisé tous les tabous historiques", s'est félicité un responsable américain sous couvert d'anonymat lors d'une présentation de la visite.

"Il a opté pour une position pro-américaine sans complexe, il a fait campagne en disant qu'il voulait être le meilleur ami des Etats-Unis, qu'il voulait une relation étroite avec le président Trump".

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Trump accueille Bolsonaro, le "Trump des tropiques"

Le président américain Donald Trump reçoit mardi à la Maison Blanche l'un de ses plus fervents admirateurs: son homologue brésilien Jair Bolsonaro, élu, comme lui, sur le rejet du "politiquement correct". 

Au-delà d'une passion commune pour les tweets et d'un goût revendiqué de la provocation, l'ancien magnat de l'immobilier et l'ex-parachutiste sont à l'unisson sur nombre de sujets: virulentes critiques du multilatéralisme, volonté d'adopter une posture combative face à Pékin ou encore dénonciation de l'accord de Paris sur le climat.

M. Bolsonaro, qui s'est vu décerner nombre de surnoms, dont celui de "Trump des tropiques", a lui-même alimenté pendant la campagne le parallèle avec le locataire de la Maison Blanche. 

Depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier, il a affiché un pro-américanisme marqué, en rupture avec la tradition de la diplomatie brésilienne qui s'efforçait de se tenir à égale distance des grandes puissances.

Au programme de leur première rencontre: tête-à-tête dans le Bureau ovale, déjeuner de travail et conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

Les deux hommes, qui dénoncent inlassablement les dangers du socialisme sous toutes ses formes, devraient profiter de cette tribune pour accroître encore la pression sur le président vénézuélien Nicolas Maduro dont ils réclament avec force le départ depuis qu'ils ont reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim.

En le recevant fin février à Brasilia, Jair Bolsonaro avait salué Juan Guaido comme son "frère", le qualifiant de symbole "d'espérance".

Pour M. Trump, la visite pourrait être l'occasion de tourner la page d'une séquence difficile entre l'échec du sommet de Hanoï avec le leader nord-coréen Kim Jong Un et camouflet du Congrès sur son projet de mur à la frontière avec le Mexique.

- "Le meilleur ami des Etats-Unis" -

Le président des Etats-Unis et celui de la première puissance d'Amérique latine devraient aussi insister sur une coopération économique renforcée. 

Les deux hommes devraient aussi revenir sur la décision annoncée lundi par le Brésil d'autoriser les Etats-Unis à lancer des satellites depuis le centre spatial d'Alcantara, dans l'Etat septentrional de Maranhao.

Alcantara est idéalement situé en raison de sa proximité avec l'équateur, qui permet des économies de combustible de l'ordre de 30% pour les lancements ou la mise en orbite de charges plus lourdes.

De leur côté, les Etats-Unis pourraient appuyer l'entrée du Brésil dans l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

A la veille de la rencontre, M. Bolsonaro a effectué une visite surprenante pour un chef d'Etat étranger: il s'est rendu au siège de la CIA.

Ce déplacement au quartier général de l'agence centrale américaine du renseignement, en banlieue de Washington, prend un relief particulier quand on se souvient de la brouille entre les Etats-Unis et le Brésil née de l'affaire des écoutes.

Fin 2013, Dilma Rousseff, alors présidente du Brésil, avait annulé une visite d'Etat à Washington à la suite de révélations par la presse d'une surveillance de ses communications personnelles par le NSA (National Security Agency).

MM. Trump et Bolsonaro, aux parcours radicalement différents, trouveront-ils à une forme d'"alchimie", mot cher au locataire de la Maison Blanche? 

Seule certitude à ce stade: les prises de position de l'ancien capitaine de l'armée brésilienne en campagne ont été très appréciées au 1600 Pennsylvania Avenue.

"Il a brisé tous les tabous historiques", s'est félicité un responsable américain sous couvert d'anonymat lors d'une présentation de la visite.

"Il a opté pour une position pro-américaine sans complexe, il a fait campagne en disant qu'il voulait être le meilleur ami des Etats-Unis, qu'il voulait une relation étroite avec le président Trump".

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(19/03/2019 09:27)

Accès à l'eau potable: l'ONU dresse le bilan des oubliés

Alors que l'eau va se raréfier, la demande pour cette ressource vitale va exploser: comment gérer cette contradiction ? Devant ce défi majeur, L'ONU fait le bilan des laissés pour compte.

Conséquence de la croissance démographique, du développement économique et de l'évolution des modes de consommation, la demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d'ici 2050, constatent ONU-Eau et l'Unesco dans leur rapport annuel sur l'eau. Dans le même temps, le changement climatique risque de compliquer l'accès à l'eau potable avec les sécheresses et les inondations.

L'accès insuffisant à une eau potable de qualité et le manque de services d'assainissement des eaux usées coûtent cher en vie humaine, avec 780.000 décès causés par la dysenterie et le choléra chaque année, bien plus que les victimes de conflits, de séismes et d'épidémie, selon le rapport.

En 2015, environ 844 millions de personnes n'avaient pas accès à un service d'eau potable sûr et seuls 39% de la population mondiale disposait de services d'assainissement sûrs.

"L’accès à l’eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées", regrette Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, dans un communiqué.

L'objectif de développement durable défini par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), qui prévoit "d’ici à 2030 un accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable", pourrait ne pas être atteint.

Les sources de pollution sont les matières fécales, les pesticides ou nitrates issus de l'agriculture, mais aussi les "polluants émergents" comme les résidus de médicaments.

Qui sont les personnes qui souffrent le plus de cette situation? Les situations divergent beaucoup d'une région du monde à l'autre, mais les auteurs ont relevé un point commun: "Les plus démunis sont assujettis le plus à la discrimination", constate le rédacteur en chef du rapport Richard Connor.

- Investir plus -

Le rapport distingue "la situation des pauvres en milieu urbain, des pauvres en milieu rural et les personnes déplacées de force". 

"Dans les pays les moins avancés, 62% des citadins vivent dans des bidonvilles et n'ont très souvent pas accès aux services d'eau ou d'assainissement", indique M. Connor. Ces habitants doivent s'approvisionner en eau auprès de vendeurs ambulants et de camions citernes et peuvent payer leur eau "dix fois plus cher" que leurs concitoyens plus riches qui ont l'eau du robinet, selon M. Connor.

Pour autant, "la majorité des personnes ayant accès à des sources d'eau potables non améliorées et qui n'ont pas accès à des services élémentaires d'assainissement vivent dans des zones rurales", précise le rapport. Les infrastructures y sont en effet insuffisantes.

Les femmes sont souvent désavantagées dans l'accès à l'eau. Dans des milieux ruraux, "la charge d'aller chercher de l'eau incombe aux femmes et aux filles de manière disproportionnée", "un travail non rémunéré et non reconnu", souligne le rapport.

Une situation particulière est celle des réfugiés. Fin 2017, 68,5 millions de personnes étaient déplacées de force à cause de conflits ou de persécutions. Ces populations "se heurtent souvent à des obstacles pour accéder aux services élémentaires en approvisionnement en eau et d'assainissement" et "les déplacements de masse exercent une pression sur les ressources et sur les services qui s'y rapportent", ajoute le rapport.

Pour répondre à ces défis, l'ONU n'apporte pas de solutions miracles, mais esquissent quelques pistes. "Les gens fortunés qui payent très peu doivent commencer à payer plus pour que l'accès soit universel", suggère Richard Connor.

Les Etats, mais aussi les acteurs privés, doivent investir massivement dans les infrastructures. Les besoins sont estimés à 114 milliards de dollars annuels, trois fois ce qui est dépensé actuellement, sans prendre en compte les coûts de fonctionnement et d'entretien.

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Accès à l'eau potable: l'ONU dresse le bilan des oubliés

Alors que l'eau va se raréfier, la demande pour cette ressource vitale va exploser: comment gérer cette contradiction ? Devant ce défi majeur, L'ONU fait le bilan des laissés pour compte.

Conséquence de la croissance démographique, du développement économique et de l'évolution des modes de consommation, la demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d'ici 2050, constatent ONU-Eau et l'Unesco dans leur rapport annuel sur l'eau. Dans le même temps, le changement climatique risque de compliquer l'accès à l'eau potable avec les sécheresses et les inondations.

L'accès insuffisant à une eau potable de qualité et le manque de services d'assainissement des eaux usées coûtent cher en vie humaine, avec 780.000 décès causés par la dysenterie et le choléra chaque année, bien plus que les victimes de conflits, de séismes et d'épidémie, selon le rapport.

En 2015, environ 844 millions de personnes n'avaient pas accès à un service d'eau potable sûr et seuls 39% de la population mondiale disposait de services d'assainissement sûrs.

"L’accès à l’eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées", regrette Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, dans un communiqué.

L'objectif de développement durable défini par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), qui prévoit "d’ici à 2030 un accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable", pourrait ne pas être atteint.

Les sources de pollution sont les matières fécales, les pesticides ou nitrates issus de l'agriculture, mais aussi les "polluants émergents" comme les résidus de médicaments.

Qui sont les personnes qui souffrent le plus de cette situation? Les situations divergent beaucoup d'une région du monde à l'autre, mais les auteurs ont relevé un point commun: "Les plus démunis sont assujettis le plus à la discrimination", constate le rédacteur en chef du rapport Richard Connor.

- Investir plus -

Le rapport distingue "la situation des pauvres en milieu urbain, des pauvres en milieu rural et les personnes déplacées de force". 

"Dans les pays les moins avancés, 62% des citadins vivent dans des bidonvilles et n'ont très souvent pas accès aux services d'eau ou d'assainissement", indique M. Connor. Ces habitants doivent s'approvisionner en eau auprès de vendeurs ambulants et de camions citernes et peuvent payer leur eau "dix fois plus cher" que leurs concitoyens plus riches qui ont l'eau du robinet, selon M. Connor.

Pour autant, "la majorité des personnes ayant accès à des sources d'eau potables non améliorées et qui n'ont pas accès à des services élémentaires d'assainissement vivent dans des zones rurales", précise le rapport. Les infrastructures y sont en effet insuffisantes.

Les femmes sont souvent désavantagées dans l'accès à l'eau. Dans des milieux ruraux, "la charge d'aller chercher de l'eau incombe aux femmes et aux filles de manière disproportionnée", "un travail non rémunéré et non reconnu", souligne le rapport.

Une situation particulière est celle des réfugiés. Fin 2017, 68,5 millions de personnes étaient déplacées de force à cause de conflits ou de persécutions. Ces populations "se heurtent souvent à des obstacles pour accéder aux services élémentaires en approvisionnement en eau et d'assainissement" et "les déplacements de masse exercent une pression sur les ressources et sur les services qui s'y rapportent", ajoute le rapport.

Pour répondre à ces défis, l'ONU n'apporte pas de solutions miracles, mais esquissent quelques pistes. "Les gens fortunés qui payent très peu doivent commencer à payer plus pour que l'accès soit universel", suggère Richard Connor.

Les Etats, mais aussi les acteurs privés, doivent investir massivement dans les infrastructures. Les besoins sont estimés à 114 milliards de dollars annuels, trois fois ce qui est dépensé actuellement, sans prendre en compte les coûts de fonctionnement et d'entretien.

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(19/03/2019 09:56)

Crashs de 737 MAX: la justice américaine s'en mêle, Boeing tente de rassurer

La justice américaine a décidé de faire la lumière sur les relations entre Boeing et les autorités fédérales chargées de certifier ses appareils 737 MAX, après deux accidents qui ont fait 346 morts à moins de cinq mois d'intervalle. 

Le 11 mars, soit au lendemain de la tragédie du vol d'Ethiopian Airlines, la justice a assigné au moins une personne impliquée dans le développement du programme 737 MAX à fournir des documents, incluant des lettres, des courriels ou d'autres messages, révèle le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier.

Face à l'ampleur de la crise de confiance, le PDG du constructeur aéronautique, Dennis Muilenburg, a publié un long message écrit et en vidéo lundi soir pour réaffirmer que "la sécurité (était) au coeur de qui nous sommes chez Boeing; assurer des vols sûrs et fiables sur nos appareils est une valeur bien établie et un engagement envers tout le monde".

L'affaire "prend un tour entièrement nouveau avec l'enquête criminelle", a réagi Scott Hamilton, expert aéronautique chez Leeham Company. "Contrairement à la France où les enquêtes criminelles sont habituelles quand il y a un accident d'avion, c'est très, très rare aux Etats-Unis", souligne-t-il, se souvenant d'un seul précédent, celui de ValuJet. Le 11 mai 1996, l'accident d'un DC-9 de cette compagnie en Floride avait fait 110 morts.

Parallèlement, le département américain des Transports mène une enquête sur le processus d'approbation par le régulateur du transport aérien (FAA) des 737 MAX, a également dévoilé le WSJ dimanche. Il se penche en particulier sur le système de stabilisation de l'avion destiné à éviter le décrochage, dit "MCAS" (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines s'est écrasé le 10 mars au sud-est d'Addis-Abeba, faisant 157 morts, tandis qu'un 737 MAX 8 de Lion Air s'était abîmé en mer de Java fin octobre, faisant 189 victimes.

Si les causes exactes de l'enquête ne seront pas connues avant plusieurs mois, les autorités éthiopiennes comme le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui a décrypté les boîtes noires de l'appareil, ont noté des similitudes entre les deux catastrophes.

Elles ont conduit les autorités aériennes du monde entier à interdire provisoirement de vol la flotte des 737 MAX, une décision inédite pour un avion entré en service il y a moins de deux ans.

- Auto-certification? -

Interrogée lundi, la FAA n'a fait aucun commentaire sur les enquêtes en cours, se bornant à affirmer que la certification du MAX, version remotorisée du best-seller de Boeing, le 737, s'était déroulée conformément à la règlementation.

Boeing a affirmé la même chose.

Selon lui, la FAA "a examiné la configuration finale et les paramètres d'exploitation du système MCAS lors de la certification du Boeing 737 MAX, et conclu que ce système répondait à toutes les exigences réglementaires et de certification applicables".

Des documents disponibles sur le site de la FAA montrent que le 737 MAX a été certifié comme une variante du 737 NG, son prédécesseur. Autrement dit, il n'a pas été inspecté dans son intégralité, la FAA estimant qu'il n'était pas nécessaire d'examiner certains systèmes. Ceci n'est pas inhabituel dans l'aéronautique s'agissant d'un avion qui n'est pas entièrement nouveau.

Plus gênant, selon des sources concordantes, le régulateur, confronté à des coupes budgétaires et manquant d'expertise, a délégué à des employés de Boeing la certification du MCAS.

Or ce système a, lui, été spécialement conçu pour le 737 MAX pour compenser le fait que ce nouvel aéronef dispose de moteurs plus lourds que ceux équipant le 737 NG et qu'il présentait, de ce fait, un risque plus élevé de décrochage.

Lundi, la FAA a indiqué à l'AFP avoir déjà approuvé le correctif de certains systèmes dont le MCAS que Boeing est en train de développer.

Elle n'était en revanche pas en mesure de dire ce qui avait été fait entre l'accident de Lion Air et celui d'Ethiopian Airlines.

Selon un expert aéronautique ayant requis l'anonymat, les modifications étaient prêtes dès la fin de l'année, mais la fermeture partielle des administrations fédérales américaines (shutdown) en décembre et janvier aurait retardé leur approbation et leur installation sur les avions.

Peter DeFazio, le président de la commission parlementaire des Transports à la Chambre des représentants, envisage, lui, de lancer une enquête sur la certification du 737 MAX, selon des sources parlementaires, ajoutant que des auditions publiques de responsables de la FAA ne sont pas exclues.

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Crashs de 737 MAX: la justice américaine s'en mêle, Boeing tente de rassurer

La justice américaine a décidé de faire la lumière sur les relations entre Boeing et les autorités fédérales chargées de certifier ses appareils 737 MAX, après deux accidents qui ont fait 346 morts à moins de cinq mois d'intervalle. 

Le 11 mars, soit au lendemain de la tragédie du vol d'Ethiopian Airlines, la justice a assigné au moins une personne impliquée dans le développement du programme 737 MAX à fournir des documents, incluant des lettres, des courriels ou d'autres messages, révèle le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier.

Face à l'ampleur de la crise de confiance, le PDG du constructeur aéronautique, Dennis Muilenburg, a publié un long message écrit et en vidéo lundi soir pour réaffirmer que "la sécurité (était) au coeur de qui nous sommes chez Boeing; assurer des vols sûrs et fiables sur nos appareils est une valeur bien établie et un engagement envers tout le monde".

L'affaire "prend un tour entièrement nouveau avec l'enquête criminelle", a réagi Scott Hamilton, expert aéronautique chez Leeham Company. "Contrairement à la France où les enquêtes criminelles sont habituelles quand il y a un accident d'avion, c'est très, très rare aux Etats-Unis", souligne-t-il, se souvenant d'un seul précédent, celui de ValuJet. Le 11 mai 1996, l'accident d'un DC-9 de cette compagnie en Floride avait fait 110 morts.

Parallèlement, le département américain des Transports mène une enquête sur le processus d'approbation par le régulateur du transport aérien (FAA) des 737 MAX, a également dévoilé le WSJ dimanche. Il se penche en particulier sur le système de stabilisation de l'avion destiné à éviter le décrochage, dit "MCAS" (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines s'est écrasé le 10 mars au sud-est d'Addis-Abeba, faisant 157 morts, tandis qu'un 737 MAX 8 de Lion Air s'était abîmé en mer de Java fin octobre, faisant 189 victimes.

Si les causes exactes de l'enquête ne seront pas connues avant plusieurs mois, les autorités éthiopiennes comme le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui a décrypté les boîtes noires de l'appareil, ont noté des similitudes entre les deux catastrophes.

Elles ont conduit les autorités aériennes du monde entier à interdire provisoirement de vol la flotte des 737 MAX, une décision inédite pour un avion entré en service il y a moins de deux ans.

- Auto-certification? -

Interrogée lundi, la FAA n'a fait aucun commentaire sur les enquêtes en cours, se bornant à affirmer que la certification du MAX, version remotorisée du best-seller de Boeing, le 737, s'était déroulée conformément à la règlementation.

Boeing a affirmé la même chose.

Selon lui, la FAA "a examiné la configuration finale et les paramètres d'exploitation du système MCAS lors de la certification du Boeing 737 MAX, et conclu que ce système répondait à toutes les exigences réglementaires et de certification applicables".

Des documents disponibles sur le site de la FAA montrent que le 737 MAX a été certifié comme une variante du 737 NG, son prédécesseur. Autrement dit, il n'a pas été inspecté dans son intégralité, la FAA estimant qu'il n'était pas nécessaire d'examiner certains systèmes. Ceci n'est pas inhabituel dans l'aéronautique s'agissant d'un avion qui n'est pas entièrement nouveau.

Plus gênant, selon des sources concordantes, le régulateur, confronté à des coupes budgétaires et manquant d'expertise, a délégué à des employés de Boeing la certification du MCAS.

Or ce système a, lui, été spécialement conçu pour le 737 MAX pour compenser le fait que ce nouvel aéronef dispose de moteurs plus lourds que ceux équipant le 737 NG et qu'il présentait, de ce fait, un risque plus élevé de décrochage.

Lundi, la FAA a indiqué à l'AFP avoir déjà approuvé le correctif de certains systèmes dont le MCAS que Boeing est en train de développer.

Elle n'était en revanche pas en mesure de dire ce qui avait été fait entre l'accident de Lion Air et celui d'Ethiopian Airlines.

Selon un expert aéronautique ayant requis l'anonymat, les modifications étaient prêtes dès la fin de l'année, mais la fermeture partielle des administrations fédérales américaines (shutdown) en décembre et janvier aurait retardé leur approbation et leur installation sur les avions.

Peter DeFazio, le président de la commission parlementaire des Transports à la Chambre des représentants, envisage, lui, de lancer une enquête sur la certification du 737 MAX, selon des sources parlementaires, ajoutant que des auditions publiques de responsables de la FAA ne sont pas exclues.

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(19/03/2019 09:57)

Dernière mise à jour : 19/03/2019 10:02

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