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Nouvelles du pays et RSS - Informations et analyses de la vie de l'Eglise

FSSPX News


Ombres chinoises sur l’Eglise  Voir?

En Chine, l’ouverture au mois de mars 2019 de la 13e Assemblée nationale populaire laisse entrevoir un durcissement de la politique religieuse dans le pays, pouvant hypothéquer l’accord passé entre le Saint-Siège et l’Eglise catholique en septembre 2018. 

Le ton a été donné dans un discours prononcé le 11 mars 2019 : Xu Xiaohong, président du Comité national supervisant le culte protestant, a déclaré qu'il existait de nombreux problèmes avec le christianisme dans le pays, notamment l’« infiltration » de l'étranger. « Les forces anti-chinoises occidentales poursuivent leurs tentatives de déstabilisation de la société chinoise, en sapant le pouvoir politique de notre pays sous l’étendard du christianisme », a déclaré le haut fonctionnaire devant la Commission consultative politique du peuple chinois, qui réunit 2 200 délégués. 

Cette assemblée uniquement consultative est chargée de relayer les décisions du Parti communiste chinois (PCC) auprès des différents acteurs de la société, comme le monde des affaires, des médias ou du sport. 

« Ce n’est qu’en continuant et en appliquant les valeurs fondamentales du socialisme que notre christianisme pourra véritablement s’adapter à la société socialiste », a martelé Xu Xiaohong, dans une rhétorique qui n’aurait pas déplu au Grand Timonier.  

Un discours en forme d’appel à intensifier la politique de « sinisation » de toutes les religions, solennellement réaffirmée par le président Xi Jinping, en 2017, lors du 19e congrès du PCC. 

Cette politique ambitionne de « créer une sorte de secteur public religieux », comme l’explique le jésuite Benoît Vermander au journal La Croix, afin que celui-ci serve l’objectif de « concilier le socialisme et la tradition nationale chinoise ». 

Un autre élément est à relever : le ralentissement économique et la guerre commerciale avec les Etats-Unis ont affaibli la position de Xi Jinping au sein du Parti, comme l’explique l’analyste Chen Daoyin dans Le Monde du 2 mars 2019. 

Aussi, pour reprendre la main à partir de l’Assemblée nationale populaire ouverte le 5 mars, et s’affirmer en digne héritier de Mao, le maître actuel de Pékin n’a pas d’autre choix que de s’engager davantage sur la voie de la sinisation des religions et du catholicisme en particulier. 

De quoi inquiéter les fervents défenseurs de l’accord passé entre le Vatican et la Chine le 22 septembre 2018, et de conforter à l’inverse le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong Kong, qui dénonçait dans The New York Times du 24 octobre 2018, un accord pouvant conduire à « l’anéantissement de la vraie Eglise ».

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Ombres chinoises sur l’Eglise  Voir?

En Chine, l’ouverture au mois de mars 2019 de la 13e Assemblée nationale populaire laisse entrevoir un durcissement de la politique religieuse dans le pays, pouvant hypothéquer l’accord passé entre le Saint-Siège et l’Eglise catholique en septembre 2018. 

Le ton a été donné dans un discours prononcé le 11 mars 2019 : Xu Xiaohong, président du Comité national supervisant le culte protestant, a déclaré qu'il existait de nombreux problèmes avec le christianisme dans le pays, notamment l’« infiltration » de l'étranger. « Les forces anti-chinoises occidentales poursuivent leurs tentatives de déstabilisation de la société chinoise, en sapant le pouvoir politique de notre pays sous l’étendard du christianisme », a déclaré le haut fonctionnaire devant la Commission consultative politique du peuple chinois, qui réunit 2 200 délégués. 

Cette assemblée uniquement consultative est chargée de relayer les décisions du Parti communiste chinois (PCC) auprès des différents acteurs de la société, comme le monde des affaires, des médias ou du sport. 

« Ce n’est qu’en continuant et en appliquant les valeurs fondamentales du socialisme que notre christianisme pourra véritablement s’adapter à la société socialiste », a martelé Xu Xiaohong, dans une rhétorique qui n’aurait pas déplu au Grand Timonier.  

Un discours en forme d’appel à intensifier la politique de « sinisation » de toutes les religions, solennellement réaffirmée par le président Xi Jinping, en 2017, lors du 19e congrès du PCC. 

Cette politique ambitionne de « créer une sorte de secteur public religieux », comme l’explique le jésuite Benoît Vermander au journal La Croix, afin que celui-ci serve l’objectif de « concilier le socialisme et la tradition nationale chinoise ». 

Un autre élément est à relever : le ralentissement économique et la guerre commerciale avec les Etats-Unis ont affaibli la position de Xi Jinping au sein du Parti, comme l’explique l’analyste Chen Daoyin dans Le Monde du 2 mars 2019. 

Aussi, pour reprendre la main à partir de l’Assemblée nationale populaire ouverte le 5 mars, et s’affirmer en digne héritier de Mao, le maître actuel de Pékin n’a pas d’autre choix que de s’engager davantage sur la voie de la sinisation des religions et du catholicisme en particulier. 

De quoi inquiéter les fervents défenseurs de l’accord passé entre le Vatican et la Chine le 22 septembre 2018, et de conforter à l’inverse le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong Kong, qui dénonçait dans The New York Times du 24 octobre 2018, un accord pouvant conduire à « l’anéantissement de la vraie Eglise ».

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(19/03/2019 08:29)

La GPA en un seul clic  Voir?

Subrogalia est une société proposant des services de gestation pour autrui (GPA) dont le siège social est en Espagne. Afin de pouvoir toucher le public français, Subrogalia a loué dès 2016 les services d’un hébergeur de site, OVH, spécialisé dans « l’informatique en nuage » (Cloud computing). C’est ce dernier qui vient d’être pour la première fois condamné en France. 

Revendiquant à son triste actif plus de 150 GPA par an et 864 « clients heureux », Subrogalia ciblait depuis près de trois ans le public – pour ne pas dire le “marché” - français. Saisi par l’association Juristes pour l’enfance du contenu illicite qu’il hébergeait, OVH a préféré jouer la politique de l’autruche... jusqu’au jugement du 26 février 2019, rendu par le Tribunal de grande instance (TGI) de Versailles qui a été saisi du dossier.  

Le TGI a considéré que l’hébergeur OVH avait manqué à ses obligations en ne rendant pas promptement inaccessible un site espagnol qui propose à un public français un service lucratif de mères porteuses, illégal en France. 

En conséquence, le tribunal a enjoint à OVH de retirer le contenu qui fait litige. L’hébergeur français, qui a indiqué qu’il se soumettrait à la décision du tribunal, a été par ailleurs condamné à verser 3.000 € de dommages-intérêts à Juristes pour l’enfance, afin de réparer le préjudice moral. 

« C’est un signal très important envoyé aux hébergeurs qui permettent la mise en ligne de ce genre de sites », se réjouit Me Adeline le Gouvello, avocate de Juristes pour l’enfance, dans un entretien à Gènéthique le 5 mars 2019. 

En effet, « les sites de ce genre sont nombreux. Le marché français de la GPA est assez florissant », ajoute-t-elle. 

Une victoire au goût amer cependant : il révèle que la boîte de pandore a été largement ouverte. En effet, la dématérialisation des données permise par les innovations du Cloud, présentée comme une étape nécessaire de la transition numérique, est une technique de plus en plus envahissante, porteuse de nombreux effets pervers, souvent mis de côté. 

Quid de la responsabilité morale et légale de l’utilisateur ou de l’hébergeur par rapport aux données numériques ainsi dématérialisées ? Sans parler de leur sécurité, de leur contrôle, ni de l’addiction au Cloud… 

Un fois de plus s’accentue la vision irréelle d’un monde de tous les possibles qui laisse l’humain sans référence, face à lui-même : « ce qu’aucun de nous n’avait prédit (…) c’est que le Web deviendrait un instrument d’exacerbation de l’égocentrisme et du narcissisme », confesse François Flückiger, pionnier mondial d’Internet, dans une tribune du Monde datée du 12 mars 2019, à l’occasion du trentième anniversaire de la naissance du Web. 

Le risque est pourtant bien là, celui d’une dilution de l’être humain - intelligence et volonté - créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.

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La GPA en un seul clic  Voir?

Subrogalia est une société proposant des services de gestation pour autrui (GPA) dont le siège social est en Espagne. Afin de pouvoir toucher le public français, Subrogalia a loué dès 2016 les services d’un hébergeur de site, OVH, spécialisé dans « l’informatique en nuage » (Cloud computing). C’est ce dernier qui vient d’être pour la première fois condamné en France. 

Revendiquant à son triste actif plus de 150 GPA par an et 864 « clients heureux », Subrogalia ciblait depuis près de trois ans le public – pour ne pas dire le “marché” - français. Saisi par l’association Juristes pour l’enfance du contenu illicite qu’il hébergeait, OVH a préféré jouer la politique de l’autruche... jusqu’au jugement du 26 février 2019, rendu par le Tribunal de grande instance (TGI) de Versailles qui a été saisi du dossier.  

Le TGI a considéré que l’hébergeur OVH avait manqué à ses obligations en ne rendant pas promptement inaccessible un site espagnol qui propose à un public français un service lucratif de mères porteuses, illégal en France. 

En conséquence, le tribunal a enjoint à OVH de retirer le contenu qui fait litige. L’hébergeur français, qui a indiqué qu’il se soumettrait à la décision du tribunal, a été par ailleurs condamné à verser 3.000 € de dommages-intérêts à Juristes pour l’enfance, afin de réparer le préjudice moral. 

« C’est un signal très important envoyé aux hébergeurs qui permettent la mise en ligne de ce genre de sites », se réjouit Me Adeline le Gouvello, avocate de Juristes pour l’enfance, dans un entretien à Gènéthique le 5 mars 2019. 

En effet, « les sites de ce genre sont nombreux. Le marché français de la GPA est assez florissant », ajoute-t-elle. 

Une victoire au goût amer cependant : il révèle que la boîte de pandore a été largement ouverte. En effet, la dématérialisation des données permise par les innovations du Cloud, présentée comme une étape nécessaire de la transition numérique, est une technique de plus en plus envahissante, porteuse de nombreux effets pervers, souvent mis de côté. 

Quid de la responsabilité morale et légale de l’utilisateur ou de l’hébergeur par rapport aux données numériques ainsi dématérialisées ? Sans parler de leur sécurité, de leur contrôle, ni de l’addiction au Cloud… 

Un fois de plus s’accentue la vision irréelle d’un monde de tous les possibles qui laisse l’humain sans référence, face à lui-même : « ce qu’aucun de nous n’avait prédit (…) c’est que le Web deviendrait un instrument d’exacerbation de l’égocentrisme et du narcissisme », confesse François Flückiger, pionnier mondial d’Internet, dans une tribune du Monde datée du 12 mars 2019, à l’occasion du trentième anniversaire de la naissance du Web. 

Le risque est pourtant bien là, celui d’une dilution de l’être humain - intelligence et volonté - créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.

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(19/03/2019 08:26)

Suisse : des capucines privées de printemps  Voir?

Une histoire de plus de quatre siècles s’achève dans le canton de Saint-Gall (Suisse), avec la fermeture du couvent des capucines de Sainte-Scholastique de Tübach prévue au début du printemps 2019. L’avenir des bâtiments reste flou à ce jour. 

Les six dernières religieuses, âgées pour la plupart, seront regroupées en avril 2019 dans le couvent de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, à Notkersegg : « quand je suis arrivée il y a cinquante-huit ans, j'étais la quarantième sœur », se souvient, un brin nostalgique, Mère Gabriela Tinner, l’ultime supérieure du couvent de Sainte-Scholastique. 

L’histoire du monastère commence en 1617 avec la fusion de deux communautés de béguines à Rorsbach, bientôt intégrées à l’ordre capucin. Florissante, la communauté déménage en 1905 à Tübach, au sein d’un ensemble de bâtiments où dominent les styles roman et gothique. 

Mais le nombre des religieuses a fondu au fil du temps, et le printemps post-conciliaire - en Suisse comme ailleurs dans le monde - ne s’est pas vraiment fait sentir. 

Un triste mouvement de repli que l’islam, à l’inverse, ne connaît pas dans le canton de Saint-Gall : une mosquée monumentale - sans minaret, en raison d’un référendum d’initiative populaire - a même été inaugurée le 13 mai 2017, date fort symbolique pour qui connaît l'histoire de Fatima.  

Six-cents musulmans s’y rassemblent désormais pour la prière, chaque vendredi. 

Sans nul doute, l’assistance sera plus réduite à la dernière messe à Sainte-Scholastique célébrée le 24 mars 2019, par Mgr Markus Büchel, vice-président de la Conférence des évêques de Suisse.

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Suisse : des capucines privées de printemps  Voir?

Une histoire de plus de quatre siècles s’achève dans le canton de Saint-Gall (Suisse), avec la fermeture du couvent des capucines de Sainte-Scholastique de Tübach prévue au début du printemps 2019. L’avenir des bâtiments reste flou à ce jour. 

Les six dernières religieuses, âgées pour la plupart, seront regroupées en avril 2019 dans le couvent de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, à Notkersegg : « quand je suis arrivée il y a cinquante-huit ans, j'étais la quarantième sœur », se souvient, un brin nostalgique, Mère Gabriela Tinner, l’ultime supérieure du couvent de Sainte-Scholastique. 

L’histoire du monastère commence en 1617 avec la fusion de deux communautés de béguines à Rorsbach, bientôt intégrées à l’ordre capucin. Florissante, la communauté déménage en 1905 à Tübach, au sein d’un ensemble de bâtiments où dominent les styles roman et gothique. 

Mais le nombre des religieuses a fondu au fil du temps, et le printemps post-conciliaire - en Suisse comme ailleurs dans le monde - ne s’est pas vraiment fait sentir. 

Un triste mouvement de repli que l’islam, à l’inverse, ne connaît pas dans le canton de Saint-Gall : une mosquée monumentale - sans minaret, en raison d’un référendum d’initiative populaire - a même été inaugurée le 13 mai 2017, date fort symbolique pour qui connaît l'histoire de Fatima.  

Six-cents musulmans s’y rassemblent désormais pour la prière, chaque vendredi. 

Sans nul doute, l’assistance sera plus réduite à la dernière messe à Sainte-Scholastique célébrée le 24 mars 2019, par Mgr Markus Büchel, vice-président de la Conférence des évêques de Suisse.

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(19/03/2019 08:01)

La vocation de saint Joseph est d’être un voile qui cache Jésus dans son enfance  Voir?

Pour entendre la grandeur et la dignité de la vie cachée de Joseph, remontons jusqu’au principe ; et admirons la variété des conseils de la Providence dans les vocations différentes.

J’en remarqué deux dans les Ecritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des apôtres ; la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux apôtres, Jésus est révélé à Joseph, mais avec des conditions bien contraires.

Il est révélé aux apôtres pour l’annoncer par tout l’univers ; il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les apôtres sont des lumières pour faire voir Jésus-Christ au monde ; Joseph est un voile pour le couvrir, et sous ce voile mystérieux on nous cache la virginité de Marie et la grandeur du Sauveur des âmes. Si bien que Jésus entre les mains des apôtres, c’est une parole qu’il faut prêcher, et Jésus entre les mains de Joseph, c’est une parole cachée, et il n’est pas permis de la découvrir.

Les divins apôtres prêchent si hautement l’Evangile, que le bruit de leur prédication retentit jusqu’au ciel ; et Joseph, au contraire entendant parler des merveilles de Jésus-Christ, il écoute, il admire et se tait.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph.

 

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La vocation de saint Joseph est d’être un voile qui cache Jésus dans son enfance  Voir?

Pour entendre la grandeur et la dignité de la vie cachée de Joseph, remontons jusqu’au principe ; et admirons la variété des conseils de la Providence dans les vocations différentes.

J’en remarqué deux dans les Ecritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des apôtres ; la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux apôtres, Jésus est révélé à Joseph, mais avec des conditions bien contraires.

Il est révélé aux apôtres pour l’annoncer par tout l’univers ; il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les apôtres sont des lumières pour faire voir Jésus-Christ au monde ; Joseph est un voile pour le couvrir, et sous ce voile mystérieux on nous cache la virginité de Marie et la grandeur du Sauveur des âmes. Si bien que Jésus entre les mains des apôtres, c’est une parole qu’il faut prêcher, et Jésus entre les mains de Joseph, c’est une parole cachée, et il n’est pas permis de la découvrir.

Les divins apôtres prêchent si hautement l’Evangile, que le bruit de leur prédication retentit jusqu’au ciel ; et Joseph, au contraire entendant parler des merveilles de Jésus-Christ, il écoute, il admire et se tait.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph.

 

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(19/03/2019 07:09)

Jour de grâces à Cotignac  Voir?

En ce dimanche 10 mars, le ciel de Provence verse généreusement sa lumière sur le terre-plein qui jouxte le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac et fait face à la chapelle Saint-Bernard. Le ciel est d’un bleu intense, orné de quelques petits nuages blancs et légers. Cet endroit unique au monde, où successivement la Vierge portant l’Enfant-Jésus et saint Joseph sont apparus, est entré depuis décembre 2018 dans son année jubilaire pour les 500 ans des deux apparitions de Notre-Dame à Jean de la Baume, les 10 et 11 août 1519. Accompagnée de sainte Catherine, de saint Bernard et de l’archange saint Michel, elle demanda qu’on la prie sous le vocable de Notre-Dame de Grâces. « Allez dire au clergé… de me bâtir ici-même une église… et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. »

Les pèlerins, chargés de leurs intentions personnelles et de celles que leurs proches leur ont confiées, viennent chercher l’indulgence plénière attachée cette année au sanctuaire.

Depuis sept heures du matin, ils affluent, de la France entière, ils viennent pour la messe solennelle qui sera célébrée en plein air à 9h30 par le Supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Benoît de Jorna, assisté de l’abbé Louis-Paul Dubroeucq et de l’abbé Daniel Vigne. La logistique est orchestrée par Patrick Portron, qui mène ses équipes de paroissiens de Saint-Pré sans accroc. Entre autres, un service de navettes permet de garer les véhicules auprès du sanctuaire de Saint-Joseph du Bessillon et de se rassembler auprès de Notre-Dame, à trois kilomètres de là, pour la messe.

Sur ces lieux où, en 1659, le jeune Louis XIV s’est rendu en pèlerinage afin de rendre grâces pour sa naissance miraculeuse, l’autel – généreusement apporté de Belgique – s’adosse à une tenture fleurdelisée ; de part et d’autre, les statues de saint Joseph et de la Sainte Vierge semblent accueillir les fidèles. Bientôt d’ardentes voix de jeunes garçons accompagnent la procession d’entrée, c’est un Ave Maris Stella de Monteverdi chanté par la chorale de l’école Saint-Joseph-des-Carmes sous la direction de l’abbé Eric Péron. Le service de messe est assuré par des élèves de la même école.

Les premiers rangs sont occupés par la quarantaine de Dominicaines du Saint-Nom de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, des écoles de Brignoles et d’Avignon, par les Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X de l’école Saint-Ferréol de Marseille, et par la religieuse du prieuré de Toulon. Puis, ce sont des familles avec des enfants grands et petits, des étudiants, de jeunes actifs, des retraités, des grands-parents. Etaient également présents treize prêtres et trois frères. 

L’abbé de Jorna prêche sur la maternité divine de la Vierge Marie, source de la grandeur de notre Reine.

Après le Cum Sancto Spiritu de Monteverdi qui clôt la messe, on reste sur place pour le déjeuner tiré du sac, puis le millier de pèlerins bien restauré entame, chapitre par chapitre, le parcours jubilaire, en récitant et en chantant le chapelet. D’abord un parcours des Saints : sept pergolas successives présentent la vie et la spiritualité de saints des XIXe et XXe siècles, illustrant trois par trois les sept dons du Saint-Esprit : Padre Pio, Maximilien Kolbe, Elisabeth de la Trinité, Louis et Zélie Martin… Puis en face et en contrebas de la basilique Notre-Dame de Grâces, un escalier de pierre nous fait passer par la porte jubilaire avant d’arriver à la Vierge qui porte l’Enfant, la lune sous ses pieds. Après un court passage dans la basilique, chaque groupe rejoint la chapelle Saint-Bernard et se rend en procession au monastère Saint-Joseph du Bessillon.

A l’image du chemin de la vie, la marche est courte, mais semée de péripéties ; c’est d’abord un pierrier pentu et raviné dont les cailloux roulent facilement, puis le chemin s’étrécit, parfois plat, parfois même sablonneux, tantôt ombragé de pins et bordé de fleurs, tantôt aride, et les derniers virages ne sont pas les plus faciles. A l’arrivée, saint Joseph et sa source miraculeuse nous reçoivent pour les dernières prières, puis on redescend au parc de stationnement des cars et voitures, une sorte de placette située sous le monastère. On y attend que tous les groupes soient passés car la colonne s’étire au fil de la montée. On y retrouve famille et amis, on fait connaissance, on échange intentions et nouvelles, on prend un flacon d’eau de la source miraculeuse que saint Joseph fit jaillir le 7 juin 1660 pour le jeune berger Gaspard Ricard. Vers 16h30, l’abbé de Jorna donne la bénédiction qui clôt cette belle journée de pèlerinage, et chacun rentre chez soi. 

Merci, Notre-Dame, pour toutes ces grâces !
B. Guérin

 

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Jour de grâces à Cotignac  Voir?

En ce dimanche 10 mars, le ciel de Provence verse généreusement sa lumière sur le terre-plein qui jouxte le sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac et fait face à la chapelle Saint-Bernard. Le ciel est d’un bleu intense, orné de quelques petits nuages blancs et légers. Cet endroit unique au monde, où successivement la Vierge portant l’Enfant-Jésus et saint Joseph sont apparus, est entré depuis décembre 2018 dans son année jubilaire pour les 500 ans des deux apparitions de Notre-Dame à Jean de la Baume, les 10 et 11 août 1519. Accompagnée de sainte Catherine, de saint Bernard et de l’archange saint Michel, elle demanda qu’on la prie sous le vocable de Notre-Dame de Grâces. « Allez dire au clergé… de me bâtir ici-même une église… et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. »

Les pèlerins, chargés de leurs intentions personnelles et de celles que leurs proches leur ont confiées, viennent chercher l’indulgence plénière attachée cette année au sanctuaire.

Depuis sept heures du matin, ils affluent, de la France entière, ils viennent pour la messe solennelle qui sera célébrée en plein air à 9h30 par le Supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Benoît de Jorna, assisté de l’abbé Louis-Paul Dubroeucq et de l’abbé Daniel Vigne. La logistique est orchestrée par Patrick Portron, qui mène ses équipes de paroissiens de Saint-Pré sans accroc. Entre autres, un service de navettes permet de garer les véhicules auprès du sanctuaire de Saint-Joseph du Bessillon et de se rassembler auprès de Notre-Dame, à trois kilomètres de là, pour la messe.

Sur ces lieux où, en 1659, le jeune Louis XIV s’est rendu en pèlerinage afin de rendre grâces pour sa naissance miraculeuse, l’autel – généreusement apporté de Belgique – s’adosse à une tenture fleurdelisée ; de part et d’autre, les statues de saint Joseph et de la Sainte Vierge semblent accueillir les fidèles. Bientôt d’ardentes voix de jeunes garçons accompagnent la procession d’entrée, c’est un Ave Maris Stella de Monteverdi chanté par la chorale de l’école Saint-Joseph-des-Carmes sous la direction de l’abbé Eric Péron. Le service de messe est assuré par des élèves de la même école.

Les premiers rangs sont occupés par la quarantaine de Dominicaines du Saint-Nom de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, des écoles de Brignoles et d’Avignon, par les Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X de l’école Saint-Ferréol de Marseille, et par la religieuse du prieuré de Toulon. Puis, ce sont des familles avec des enfants grands et petits, des étudiants, de jeunes actifs, des retraités, des grands-parents. Etaient également présents treize prêtres et trois frères. 

L’abbé de Jorna prêche sur la maternité divine de la Vierge Marie, source de la grandeur de notre Reine.

Après le Cum Sancto Spiritu de Monteverdi qui clôt la messe, on reste sur place pour le déjeuner tiré du sac, puis le millier de pèlerins bien restauré entame, chapitre par chapitre, le parcours jubilaire, en récitant et en chantant le chapelet. D’abord un parcours des Saints : sept pergolas successives présentent la vie et la spiritualité de saints des XIXe et XXe siècles, illustrant trois par trois les sept dons du Saint-Esprit : Padre Pio, Maximilien Kolbe, Elisabeth de la Trinité, Louis et Zélie Martin… Puis en face et en contrebas de la basilique Notre-Dame de Grâces, un escalier de pierre nous fait passer par la porte jubilaire avant d’arriver à la Vierge qui porte l’Enfant, la lune sous ses pieds. Après un court passage dans la basilique, chaque groupe rejoint la chapelle Saint-Bernard et se rend en procession au monastère Saint-Joseph du Bessillon.

A l’image du chemin de la vie, la marche est courte, mais semée de péripéties ; c’est d’abord un pierrier pentu et raviné dont les cailloux roulent facilement, puis le chemin s’étrécit, parfois plat, parfois même sablonneux, tantôt ombragé de pins et bordé de fleurs, tantôt aride, et les derniers virages ne sont pas les plus faciles. A l’arrivée, saint Joseph et sa source miraculeuse nous reçoivent pour les dernières prières, puis on redescend au parc de stationnement des cars et voitures, une sorte de placette située sous le monastère. On y attend que tous les groupes soient passés car la colonne s’étire au fil de la montée. On y retrouve famille et amis, on fait connaissance, on échange intentions et nouvelles, on prend un flacon d’eau de la source miraculeuse que saint Joseph fit jaillir le 7 juin 1660 pour le jeune berger Gaspard Ricard. Vers 16h30, l’abbé de Jorna donne la bénédiction qui clôt cette belle journée de pèlerinage, et chacun rentre chez soi. 

Merci, Notre-Dame, pour toutes ces grâces !
B. Guérin

 

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(18/03/2019 12:44)

Une nouvelle Jérusalem, à 645 km d’Addis-Abeba  Voir?

Durant sa visite d’Etat sur le continent africain, du 11 au 14 mars 2019, le président de la République française a pu visiter le site de Lalibela, considéré comme la « nouvelle Jérusalem » en Ethiopie. 

A la mi-journée du 12 mars 2019, Emmanuel Macron a découvert, taillées d’un bloc dans la roche, les onze églises de Lalibela, site archéologique et religieux remarquable, inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco en 1978. 

Lalibela tire son nom d’un roi éthiopien qui en a fait le centre de son royaume au XIIIe siècle, tout en lui conférent une dimension religieuse affirmée, au point d’en faire une terre sainte et un lieu de pèlerinage pour les chrétiens de tout le pays. 

Dans les vestiges de ces onze églises troglodytiques, ont été retrouvés des manuscrits rédigés en guèze - langue liturgique et classique éthiopienne - qui confirment que c’est bien à l’initiative du roi Lalibela, que le complexe religieux a été fondé, par cession de terres au clergé, afin que ce dernier pût en tirer profit. 

La Tradition fait remonter l’origine du christianisme en Ethiopie au baptême de l’eunuque de la reine Candace, par le diacre saint Philippe, au Ier siècle. 

Mais en 451, l’Eglise d’Ethiopie tombe dans le schisme et l’hérésie, en rejetant au Concile de Chalcédoine le dogme des deux natures, humaine et divine, unies dans la personne du Christ. 

A partir du XIVe siècle, des missions ont lieu en Ethiopie afin de faire revenir cette terre à l’unité de l’Eglise : elles se solderont par le martyre de nombreux religieux. 

A la fin du XIXe siècle, l’activité des missionnaires catholiques connaît un nouveau souffle, aboutissant en 1961, à la création d’une province ecclésiastique, avec Addis-Abeba pour siège. 

A la suite d’une sanglante guerre civile ayant abouti à la partition de l’Ethiopie et de l’Erythrée, le pape François a érigé l’Eglise métropolitaine érythréenne, par détachement de l’Eglise éthiopienne. 

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rappelé au président français, durant sa visite du 12 mars 2019, qu’il souhaitait une coopération renforcée avec la France pour la préservation du site de Lalibela. 

 

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Une nouvelle Jérusalem, à 645 km d’Addis-Abeba  Voir?

Durant sa visite d’Etat sur le continent africain, du 11 au 14 mars 2019, le président de la République française a pu visiter le site de Lalibela, considéré comme la « nouvelle Jérusalem » en Ethiopie. 

A la mi-journée du 12 mars 2019, Emmanuel Macron a découvert, taillées d’un bloc dans la roche, les onze églises de Lalibela, site archéologique et religieux remarquable, inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco en 1978. 

Lalibela tire son nom d’un roi éthiopien qui en a fait le centre de son royaume au XIIIe siècle, tout en lui conférent une dimension religieuse affirmée, au point d’en faire une terre sainte et un lieu de pèlerinage pour les chrétiens de tout le pays. 

Dans les vestiges de ces onze églises troglodytiques, ont été retrouvés des manuscrits rédigés en guèze - langue liturgique et classique éthiopienne - qui confirment que c’est bien à l’initiative du roi Lalibela, que le complexe religieux a été fondé, par cession de terres au clergé, afin que ce dernier pût en tirer profit. 

La Tradition fait remonter l’origine du christianisme en Ethiopie au baptême de l’eunuque de la reine Candace, par le diacre saint Philippe, au Ier siècle. 

Mais en 451, l’Eglise d’Ethiopie tombe dans le schisme et l’hérésie, en rejetant au Concile de Chalcédoine le dogme des deux natures, humaine et divine, unies dans la personne du Christ. 

A partir du XIVe siècle, des missions ont lieu en Ethiopie afin de faire revenir cette terre à l’unité de l’Eglise : elles se solderont par le martyre de nombreux religieux. 

A la fin du XIXe siècle, l’activité des missionnaires catholiques connaît un nouveau souffle, aboutissant en 1961, à la création d’une province ecclésiastique, avec Addis-Abeba pour siège. 

A la suite d’une sanglante guerre civile ayant abouti à la partition de l’Ethiopie et de l’Erythrée, le pape François a érigé l’Eglise métropolitaine érythréenne, par détachement de l’Eglise éthiopienne. 

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rappelé au président français, durant sa visite du 12 mars 2019, qu’il souhaitait une coopération renforcée avec la France pour la préservation du site de Lalibela. 

 

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(18/03/2019 08:46)

Mois de Joseph (18) : Joseph a eu une vie cachée pour Jésus  Voir?

Il faut considérer le secret du Père éternel confié à l’humilité de Joseph. Il faut que nous voyions Jésus-Christ caché, et Joseph caché avec lui, et que nous nous excitions par ce bel exemple à l’amour de la vie cachée.

Quelle entreprise est la mienne, de vouloir exposer au jour ce que l’Ecriture a couvert d’un silence mystérieux ? Si c’est un conseil du Père éternel que son Fils soit caché au monde et que Joseph le soit avec lui, adorons les secrets de sa Providence sans nous mêler de les rechercher. Toutefois il sera utile au salut des âmes de méditer un si beau sujet. Je dirai du moins que Joseph a eu cet honneur d’être tous les jours avec Jésus-Christ, qu’il a eu avec Marie la plus grande part à ses grâces ; que néanmoins Joseph a été caché, que sa vie, que ses actions, que ses vertus étaient inconnues.

Peut-être apprendrons-nous d’un si bel exemple qu’on peut être grand sans éclat, qu’on peut être bienheureux sans bruit, qu’on peut avoir la vraie gloire sans le secours de la renommée par le seul témoignage de sa conscience ; et cette pensée nous incitera à mépriser la gloire du monde.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph.

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Mois de Joseph (18) : Joseph a eu une vie cachée pour Jésus  Voir?

Il faut considérer le secret du Père éternel confié à l’humilité de Joseph. Il faut que nous voyions Jésus-Christ caché, et Joseph caché avec lui, et que nous nous excitions par ce bel exemple à l’amour de la vie cachée.

Quelle entreprise est la mienne, de vouloir exposer au jour ce que l’Ecriture a couvert d’un silence mystérieux ? Si c’est un conseil du Père éternel que son Fils soit caché au monde et que Joseph le soit avec lui, adorons les secrets de sa Providence sans nous mêler de les rechercher. Toutefois il sera utile au salut des âmes de méditer un si beau sujet. Je dirai du moins que Joseph a eu cet honneur d’être tous les jours avec Jésus-Christ, qu’il a eu avec Marie la plus grande part à ses grâces ; que néanmoins Joseph a été caché, que sa vie, que ses actions, que ses vertus étaient inconnues.

Peut-être apprendrons-nous d’un si bel exemple qu’on peut être grand sans éclat, qu’on peut être bienheureux sans bruit, qu’on peut avoir la vraie gloire sans le secours de la renommée par le seul témoignage de sa conscience ; et cette pensée nous incitera à mépriser la gloire du monde.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph.

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(18/03/2019 08:30)

La sainteté de l’Eglise  Voir?

Le catholique professe dans le Credo que l’Eglise est « une, sainte, catholique et apostolique ». Ces quatre propriétés, ou notes, représentent des aspects importants du mystère de l’Eglise. Toutefois, leur vraie signification est souvent ignorée, et la théologie postconciliaire les a fréquemment dénaturées. 

La théologie reconnaît de nombreuses « propriétés » à l’Eglise : les quatre notes citées, mais aussi la visibilité, l’indéfectibilité, l’infaillibilité, la romanité ou encore la hiérarchie. Ce sont des éléments indissociables de la véritable Eglise qui ne peut exister sans qu’ils soient présents. Ici, la sainteté qui correspond à la fin ou au but de l’Eglise, sera étudiée en premier. 

Qu’est-ce que la sainteté ? 

Dérivé du latin sanctus « ce qui est prescrit », le mot signifie tout à la fois un état de pureté, et d’autre part la fermeté ou la stabilité dans cet état. L’Evangile nous apprend que ces éléments résultent de l’amour de Dieu pour nous et de notre réponse à cet amour. Ainsi la sainteté de l’Eglise réside premièrement dans la charité véritable. 

Cette charité est d’abord celle du Christ pour son Eglise, son Epouse bien-aimée. C’est le premier don qu’il lui fait : un amour qui la rend sainte puisqu’elle plaît à Dieu qui est la sainteté même. L’Eglise est sainte de la sainteté du Christ, le saint des saints, car elle ne fait qu’un avec lui. 

La charité est ensuite le but fixé à l’Eglise qui doit conduire ses enfants à la parfaite union à Dieu. Cette union n’est autre que la sainteté elle-même, qui se réalise dans la charité. La perfection de la vie spirituelle est strictement identique à la grandeur de la charité. A notre mort, nous serons jugés sur l’amour. 

La sainteté est aussi l’ensemble des moyens que le Christ a confiés à son Eglise pour réaliser cette perfection de la vie spirituelle dans les âmes. Et tout spécialement sa doctrine, révélation ultime de la vie même de Dieu, qui est charité. A laquelle il faut ajouter la hiérarchie sacerdotale, évêques et prêtres, qui confère les sacrements, producteurs de la grâce et de la vie divine dans les âmes. 

Il faut également ajouter le culte divin, accompli de manière parfaite par notre grand prêtre Jésus-Christ au calvaire ; et qu’il nous a confié dans la sainte messe, renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. L’Eglise a ainsi été dotée d’un trésor inépuisable de sainteté. Trésor ordonné à la sanctification des âmes, à la production de la grâce, à l’union des âmes à Dieu. 

L’Eglise est sainte 

Cette sainteté est d’abord celle des âmes. Elle peut avoir divers degrés : ordinaire, qui consiste à éviter le péché grave et à demeurer dans l’état de grâce ; héroïque qui correspond au saint canonisé. 

Mais c’est aussi celle des moyens qui permettent d’obtenir cette fin, autrement dit tous les moyens que nous avons énumérés précédemment. Et ces moyens sont proportionnés au résultat. C’est pourquoi l’on trouve la sainteté chez les fidèles à tous les âges de l’Eglise. 

Cependant une objection se pose, qui paraît redoutable aujourd’hui : avec la multiplication des scandales en son sein, l’Eglise est-elle vraiment sainte. Et l’on peut ajouter : la doctrine elle-même, cette révélation venue du Père des lumières pour nous éclairer, qu’est-elle devenue ? Il semble qu’elle ait été la première à être frappée, surtout depuis le concile Vatican II. Peut-on prétendre, aujourd’hui, que l’Eglise soit sainte ? Et l’a-t-elle jamais été ? Car le péché est de toutes les époques. 

L’Eglise est sans tache 

Saint Paul l’affirme nettement : « Le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans l’eau baptismale, avec la parole, pour la faire paraître, devant lui, cette Eglise, glorieuse, sans tache, sans ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée » (Ep 5, 25-27). Ce texte concerne directement l’Eglise présente, telle qu’elle sort du baptême, dont la grâce a pour fin de l’incorporer au Christ. 

Le même enseignement se trouve dans la première épître de saint Jean où il est écrit d’une part que « quiconque est né de Dieu ne commet point le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui,  et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu » (1 Jn 3, 9) ; et d’autre part : « si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous » (1 Jn 1, 8). L’apôtre bien-aimé veut nous enseigner que les membres de l’Eglise pèchent, en tant qu’ils trahissent l’Eglise ; l’Eglise n’est donc pas sans pécheurs, mais elle est sans péché. 

Dire que l’Eglise est sans péché, c’est dire qu’elle ne consent jamais au péché ; mais ce n’est pas dire qu’elle ne s’inquiète pas du péché. Elle a pour mission d’aller chercher ses enfants au sein du péché, de lutter sans cesse pour faire reculer en eux et dans le monde les limites du péché. L’Eglise est toute mêlée au péché : c’est l’adversaire avec lequel elle est aux prises jusqu’à la fin des temps. 

L’Eglise n’est pas sans pécheurs 

Elle est le royaume du Fils de l’homme dont ne seront chassés qu’à la fin des temps ceux qui causent des scandales et commettent l’iniquité (Mt 13, 41-43) ; le filet qui contient jusqu’à la fin des temps de bons et de mauvais poissons (Mt 13, 47-50). Elle ne bannit les pécheurs que dans les cas extrêmes. Il y a toujours beaucoup de pécheurs dans l’Eglise. 

Les pécheurs sont membres du Christ mais pas au même titre que les justes. Ils peuvent appartenir à l’Eglise où sont les justes, mais ils seraient incapables à eux seuls de constituer l’Eglise. La notion de membre du Christ et de l’Eglise s’applique aux justes et aux pécheurs de diverses manières. 

Les pécheurs sont membres de l’Eglise en raison des valeurs spirituelles qui subsistent encore en eux : caractères sacramentels, foi et espérance théologales ; mais aussi en raison de la charité collective de l’Eglise. Ils restent associés à la destinée des justes à la manière dont un membre paralysé participe encore au déplacement et aux démarches de la personne humaine. 

L’Eglise continue de vivre jusque dans ses enfants qui ne sont plus dans la grâce, avec l’espérance de les rattacher à elle de manière vitale. 

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La sainteté de l’Eglise  Voir?

Le catholique professe dans le Credo que l’Eglise est « une, sainte, catholique et apostolique ». Ces quatre propriétés, ou notes, représentent des aspects importants du mystère de l’Eglise. Toutefois, leur vraie signification est souvent ignorée, et la théologie postconciliaire les a fréquemment dénaturées. 

La théologie reconnaît de nombreuses « propriétés » à l’Eglise : les quatre notes citées, mais aussi la visibilité, l’indéfectibilité, l’infaillibilité, la romanité ou encore la hiérarchie. Ce sont des éléments indissociables de la véritable Eglise qui ne peut exister sans qu’ils soient présents. Ici, la sainteté qui correspond à la fin ou au but de l’Eglise, sera étudiée en premier. 

Qu’est-ce que la sainteté ? 

Dérivé du latin sanctus « ce qui est prescrit », le mot signifie tout à la fois un état de pureté, et d’autre part la fermeté ou la stabilité dans cet état. L’Evangile nous apprend que ces éléments résultent de l’amour de Dieu pour nous et de notre réponse à cet amour. Ainsi la sainteté de l’Eglise réside premièrement dans la charité véritable. 

Cette charité est d’abord celle du Christ pour son Eglise, son Epouse bien-aimée. C’est le premier don qu’il lui fait : un amour qui la rend sainte puisqu’elle plaît à Dieu qui est la sainteté même. L’Eglise est sainte de la sainteté du Christ, le saint des saints, car elle ne fait qu’un avec lui. 

La charité est ensuite le but fixé à l’Eglise qui doit conduire ses enfants à la parfaite union à Dieu. Cette union n’est autre que la sainteté elle-même, qui se réalise dans la charité. La perfection de la vie spirituelle est strictement identique à la grandeur de la charité. A notre mort, nous serons jugés sur l’amour. 

La sainteté est aussi l’ensemble des moyens que le Christ a confiés à son Eglise pour réaliser cette perfection de la vie spirituelle dans les âmes. Et tout spécialement sa doctrine, révélation ultime de la vie même de Dieu, qui est charité. A laquelle il faut ajouter la hiérarchie sacerdotale, évêques et prêtres, qui confère les sacrements, producteurs de la grâce et de la vie divine dans les âmes. 

Il faut également ajouter le culte divin, accompli de manière parfaite par notre grand prêtre Jésus-Christ au calvaire ; et qu’il nous a confié dans la sainte messe, renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. L’Eglise a ainsi été dotée d’un trésor inépuisable de sainteté. Trésor ordonné à la sanctification des âmes, à la production de la grâce, à l’union des âmes à Dieu. 

L’Eglise est sainte 

Cette sainteté est d’abord celle des âmes. Elle peut avoir divers degrés : ordinaire, qui consiste à éviter le péché grave et à demeurer dans l’état de grâce ; héroïque qui correspond au saint canonisé. 

Mais c’est aussi celle des moyens qui permettent d’obtenir cette fin, autrement dit tous les moyens que nous avons énumérés précédemment. Et ces moyens sont proportionnés au résultat. C’est pourquoi l’on trouve la sainteté chez les fidèles à tous les âges de l’Eglise. 

Cependant une objection se pose, qui paraît redoutable aujourd’hui : avec la multiplication des scandales en son sein, l’Eglise est-elle vraiment sainte. Et l’on peut ajouter : la doctrine elle-même, cette révélation venue du Père des lumières pour nous éclairer, qu’est-elle devenue ? Il semble qu’elle ait été la première à être frappée, surtout depuis le concile Vatican II. Peut-on prétendre, aujourd’hui, que l’Eglise soit sainte ? Et l’a-t-elle jamais été ? Car le péché est de toutes les époques. 

L’Eglise est sans tache 

Saint Paul l’affirme nettement : « Le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l’avoir purifiée dans l’eau baptismale, avec la parole, pour la faire paraître, devant lui, cette Eglise, glorieuse, sans tache, sans ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée » (Ep 5, 25-27). Ce texte concerne directement l’Eglise présente, telle qu’elle sort du baptême, dont la grâce a pour fin de l’incorporer au Christ. 

Le même enseignement se trouve dans la première épître de saint Jean où il est écrit d’une part que « quiconque est né de Dieu ne commet point le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui,  et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu » (1 Jn 3, 9) ; et d’autre part : « si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous » (1 Jn 1, 8). L’apôtre bien-aimé veut nous enseigner que les membres de l’Eglise pèchent, en tant qu’ils trahissent l’Eglise ; l’Eglise n’est donc pas sans pécheurs, mais elle est sans péché. 

Dire que l’Eglise est sans péché, c’est dire qu’elle ne consent jamais au péché ; mais ce n’est pas dire qu’elle ne s’inquiète pas du péché. Elle a pour mission d’aller chercher ses enfants au sein du péché, de lutter sans cesse pour faire reculer en eux et dans le monde les limites du péché. L’Eglise est toute mêlée au péché : c’est l’adversaire avec lequel elle est aux prises jusqu’à la fin des temps. 

L’Eglise n’est pas sans pécheurs 

Elle est le royaume du Fils de l’homme dont ne seront chassés qu’à la fin des temps ceux qui causent des scandales et commettent l’iniquité (Mt 13, 41-43) ; le filet qui contient jusqu’à la fin des temps de bons et de mauvais poissons (Mt 13, 47-50). Elle ne bannit les pécheurs que dans les cas extrêmes. Il y a toujours beaucoup de pécheurs dans l’Eglise. 

Les pécheurs sont membres du Christ mais pas au même titre que les justes. Ils peuvent appartenir à l’Eglise où sont les justes, mais ils seraient incapables à eux seuls de constituer l’Eglise. La notion de membre du Christ et de l’Eglise s’applique aux justes et aux pécheurs de diverses manières. 

Les pécheurs sont membres de l’Eglise en raison des valeurs spirituelles qui subsistent encore en eux : caractères sacramentels, foi et espérance théologales ; mais aussi en raison de la charité collective de l’Eglise. Ils restent associés à la destinée des justes à la manière dont un membre paralysé participe encore au déplacement et aux démarches de la personne humaine. 

L’Eglise continue de vivre jusque dans ses enfants qui ne sont plus dans la grâce, avec l’espérance de les rattacher à elle de manière vitale. 

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(18/03/2019 07:27)

Mois de saint Joseph (17) : L'inquiétude de Joseph dans la perte de Jésus au temple  Voir?

Voici encore une étrange épreuve. Si c’est peu des hommes pour tourmenter Joseph, Jésus devient lui-même son persécuteur. Il s’échappe adroitement de ses mains et demeure trois jours perdu.

Qu’avez-vous fait, fidèle Joseph ? Qu’est devenu le sacré dépôt que le Père céleste vous a confié ? Si vous n’avez pas encore entendu la paternité de Joseph, voyez ses douleurs et reconnaissez qu’il est père. Ses regrets le font bien connaître, et Marie a raison de dire : « Votre père et moi vous cherchions avec une extrême douleur ». O mon fils, dit-elle au Sauveur, je ne crains pas de l’appeler ici votre père, et je ne prétends pas faire tort à la pureté de votre naissance. Il s’agit de soins et d’inquiétudes ; et c’est par là que je puis dire qu’il est votre père, puisqu’il a des inquiétudes vraiment paternelles.

Voyez par quelles souffrances Jésus éprouve la fidélité, et comme il ne veut être qu’avec ceux qui souffrent. Il cherche ces forts et ces courageux qui ne refusent pas de porter sa croix, qui ne rougissent pas d’être compagnons de son indigence et de sa misère.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph

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Mois de saint Joseph (17) : L'inquiétude de Joseph dans la perte de Jésus au temple  Voir?

Voici encore une étrange épreuve. Si c’est peu des hommes pour tourmenter Joseph, Jésus devient lui-même son persécuteur. Il s’échappe adroitement de ses mains et demeure trois jours perdu.

Qu’avez-vous fait, fidèle Joseph ? Qu’est devenu le sacré dépôt que le Père céleste vous a confié ? Si vous n’avez pas encore entendu la paternité de Joseph, voyez ses douleurs et reconnaissez qu’il est père. Ses regrets le font bien connaître, et Marie a raison de dire : « Votre père et moi vous cherchions avec une extrême douleur ». O mon fils, dit-elle au Sauveur, je ne crains pas de l’appeler ici votre père, et je ne prétends pas faire tort à la pureté de votre naissance. Il s’agit de soins et d’inquiétudes ; et c’est par là que je puis dire qu’il est votre père, puisqu’il a des inquiétudes vraiment paternelles.

Voyez par quelles souffrances Jésus éprouve la fidélité, et comme il ne veut être qu’avec ceux qui souffrent. Il cherche ces forts et ces courageux qui ne refusent pas de porter sa croix, qui ne rougissent pas d’être compagnons de son indigence et de sa misère.

Jacques-Bénigne Bossuet, Premier panégyrique de saint Joseph

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(17/03/2019 16:14)

Sermon de saint Léon le Grand, Sur la Transfiguration  Voir?

Il fallait que les Apôtres conçoivent vraiment dans leur cœur une forte et bienheureuse fermeté, et qu’ils ne tremblent point devant la rudesse de la croix qu’ils auraient à prendre ; il fallait qu’ils ne rougissent point du supplice du Christ, ni qu’ils n’estiment honteuse pour lui cette patience avec laquelle il devait subir les rigueurs de sa passion sans perdre la gloire de sa domination. 

Le Christ prépare ses Apôtres à la croix par la vision de sa gloire 

Aussi, « Jésus prit-il avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère », et, les ayant conduits à part, il gravit avec eux une haute montagne, et leur manifesta l’éclat de sa gloire : car, bien qu’ils eussent compris que la majesté de Dieu était en lui, ils ignoraient encore la puissance détenue par ce corps qui cachait la Divinité. Et voilà pourquoi il avait promis en termes propres et précis que certains des disciples présents ne goûteraient pas la mort avant de voir le Fils de l’homme venir dans son royaume, c’est-à-dire dans l’éclat royal qui convenait spécialement à la nature humaine qu’il avait prise, et qu’il voulut rendre visible à ces trois hommes. Car pour ce qui est de la vision ineffable et inaccessible de la Divinité elle-même, vision réservée aux cœurs purs dans la vie éternelle, des êtres encore revêtus d’une chair mortelle ne pouvaient en aucune façon ni la contempler ni la voir. 

Cette vision est également pour toute l’Eglise et pour nous 

Le Seigneur découvre donc sa gloire en présence de témoins choisis et il éclaire d’une telle splendeur cette forme corporelle qui lui est commune avec tous que son visage devient semblable à l’éclat du soleil en même temps que son vêtement est comparable à la blancheur des neiges. Sans doute cette transfiguration avait surtout pour but d’ôter du cœur des disciples le scandale de la croix, afin que l’humilité de la passion volontairement subie ne troublât pas la foi de ceux à qui aurait été révélée l’éminence de la dignité cachée. Mais, par une égale prévoyance, il donnait du même coup un fondement à l’espérance de la sainte Église, en sorte que tout le corps du Christ connût de quelle transformation il serait gratifié, et que les membres se donnassent à eux-mêmes la promesse de participer à l’honneur qui avait resplendi dans la tête. A ce sujet, le Seigneur lui-même avait dit, parlant de la majesté de son avènement : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » ; et le bienheureux apôtre Paul affirme la même chose en ces termes : « J’estime, en effet, que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer avec la gloire qui doit se révéler en nous » ; et encore : « car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu ; quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire ». 

La Transfiguration manifeste l’unité des deux Testaments 

Cependant les apôtres, qui devaient être affermis dans leur foi et initiés à la connaissance de toutes choses, trouvèrent de surcroît en ce prodige un autre enseignement. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la loi et les prophètes, apparurent s’entretenant avec le Seigneur : ceci afin que s’accomplit très parfaitement dans la présence de ces cinq hommes ce qui est dit : « Toute parole sera ferme, proférée en présence de deux ou trois témoins ». Quoi de plus établi, quoi de plus ferme que cette parole ? Pour la proclamer, la double trompette de l’ancien et du nouveau Testament résonne en plein accord et tout ce qui servit à en témoigner dans les temps anciens se rencontre avec l’enseignement de l’Évangile ! Les pages de l’une et l’autre alliance, en effet, se confirment mutuellement, et celui que les anciens symboles avaient promis sous le voile des mystères, l’éclat de sa gloire présente le montre manifeste et certain : c’est que, comme le dit saint Jean, « la loi fut donnée par l’intermédiaire de Moïse, mais la grâce et la vérité nous sont venues par Jésus-Christ », en qui se sont accomplis et la promesse des figures prophétiques et le sens des préceptes de la loi ; car, par sa présence, il enseigne la vérité de la prophétie, et, par sa grâce, il rend possible la pratique des commandements. 

Mais elle nous dit aussi que la souffrance doit précéder la gloire 

Entraîné par cette révélation des mystères, saisi de mépris pour les biens de ce monde et de dégoût pour les choses terrestres, l’apôtre Pierre était comme ravi en extase par le désir des biens éternels ; rempli de joie par toute cette vision, il souhaitait demeurer avec Jésus en ce lieu où sa gloire ainsi manifestée faisait toute sa joie ; aussi dit-il : « Seigneur, il nous est bon d’être ici ; si tu le veux, faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie ». Mais le Seigneur ne répondit pas à cette proposition, voulant montrer non certes que ce désir était mauvais, mais qu’il était déplacé ; car le monde ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ et l’exemple du Seigneur invitait la foi des croyants à comprendre que, sans devoir douter du bonheur promis, nous devions parmi les tentations de cette vie, demander la patience avant la gloire ; le bonheur du royaume ne peut, en effet, précéder le temps de la souffrance. 

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Sermon de saint Léon le Grand, Sur la Transfiguration  Voir?

Il fallait que les Apôtres conçoivent vraiment dans leur cœur une forte et bienheureuse fermeté, et qu’ils ne tremblent point devant la rudesse de la croix qu’ils auraient à prendre ; il fallait qu’ils ne rougissent point du supplice du Christ, ni qu’ils n’estiment honteuse pour lui cette patience avec laquelle il devait subir les rigueurs de sa passion sans perdre la gloire de sa domination. 

Le Christ prépare ses Apôtres à la croix par la vision de sa gloire 

Aussi, « Jésus prit-il avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère », et, les ayant conduits à part, il gravit avec eux une haute montagne, et leur manifesta l’éclat de sa gloire : car, bien qu’ils eussent compris que la majesté de Dieu était en lui, ils ignoraient encore la puissance détenue par ce corps qui cachait la Divinité. Et voilà pourquoi il avait promis en termes propres et précis que certains des disciples présents ne goûteraient pas la mort avant de voir le Fils de l’homme venir dans son royaume, c’est-à-dire dans l’éclat royal qui convenait spécialement à la nature humaine qu’il avait prise, et qu’il voulut rendre visible à ces trois hommes. Car pour ce qui est de la vision ineffable et inaccessible de la Divinité elle-même, vision réservée aux cœurs purs dans la vie éternelle, des êtres encore revêtus d’une chair mortelle ne pouvaient en aucune façon ni la contempler ni la voir. 

Cette vision est également pour toute l’Eglise et pour nous 

Le Seigneur découvre donc sa gloire en présence de témoins choisis et il éclaire d’une telle splendeur cette forme corporelle qui lui est commune avec tous que son visage devient semblable à l’éclat du soleil en même temps que son vêtement est comparable à la blancheur des neiges. Sans doute cette transfiguration avait surtout pour but d’ôter du cœur des disciples le scandale de la croix, afin que l’humilité de la passion volontairement subie ne troublât pas la foi de ceux à qui aurait été révélée l’éminence de la dignité cachée. Mais, par une égale prévoyance, il donnait du même coup un fondement à l’espérance de la sainte Église, en sorte que tout le corps du Christ connût de quelle transformation il serait gratifié, et que les membres se donnassent à eux-mêmes la promesse de participer à l’honneur qui avait resplendi dans la tête. A ce sujet, le Seigneur lui-même avait dit, parlant de la majesté de son avènement : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » ; et le bienheureux apôtre Paul affirme la même chose en ces termes : « J’estime, en effet, que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer avec la gloire qui doit se révéler en nous » ; et encore : « car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu ; quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire ». 

La Transfiguration manifeste l’unité des deux Testaments 

Cependant les apôtres, qui devaient être affermis dans leur foi et initiés à la connaissance de toutes choses, trouvèrent de surcroît en ce prodige un autre enseignement. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la loi et les prophètes, apparurent s’entretenant avec le Seigneur : ceci afin que s’accomplit très parfaitement dans la présence de ces cinq hommes ce qui est dit : « Toute parole sera ferme, proférée en présence de deux ou trois témoins ». Quoi de plus établi, quoi de plus ferme que cette parole ? Pour la proclamer, la double trompette de l’ancien et du nouveau Testament résonne en plein accord et tout ce qui servit à en témoigner dans les temps anciens se rencontre avec l’enseignement de l’Évangile ! Les pages de l’une et l’autre alliance, en effet, se confirment mutuellement, et celui que les anciens symboles avaient promis sous le voile des mystères, l’éclat de sa gloire présente le montre manifeste et certain : c’est que, comme le dit saint Jean, « la loi fut donnée par l’intermédiaire de Moïse, mais la grâce et la vérité nous sont venues par Jésus-Christ », en qui se sont accomplis et la promesse des figures prophétiques et le sens des préceptes de la loi ; car, par sa présence, il enseigne la vérité de la prophétie, et, par sa grâce, il rend possible la pratique des commandements. 

Mais elle nous dit aussi que la souffrance doit précéder la gloire 

Entraîné par cette révélation des mystères, saisi de mépris pour les biens de ce monde et de dégoût pour les choses terrestres, l’apôtre Pierre était comme ravi en extase par le désir des biens éternels ; rempli de joie par toute cette vision, il souhaitait demeurer avec Jésus en ce lieu où sa gloire ainsi manifestée faisait toute sa joie ; aussi dit-il : « Seigneur, il nous est bon d’être ici ; si tu le veux, faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie ». Mais le Seigneur ne répondit pas à cette proposition, voulant montrer non certes que ce désir était mauvais, mais qu’il était déplacé ; car le monde ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ et l’exemple du Seigneur invitait la foi des croyants à comprendre que, sans devoir douter du bonheur promis, nous devions parmi les tentations de cette vie, demander la patience avant la gloire ; le bonheur du royaume ne peut, en effet, précéder le temps de la souffrance. 

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(17/03/2019 08:00)

Dernière mise à jour : 19/03/2019 11:33

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