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Nouvelles des Amis - Informations et analyses de la vie de l'Eglise

FSSPX News


Lecture : "Le Maître de la Terre" de Robert Hugh Benson 

Le catholicisme a résisté et deux territoires lui ont été concédés : Rome et l’Irlande. Ailleurs, les derniers catholiques survivent avec de rares prêtres, dans une ambiance hostile, car seule la nouvelle religion universelle apportera la paix définitive. 

Mais les dirigeants européens sont inquiets : l’Asie projette d’envahir l’Europe. 

Alors un homme inconnu, nommé Felsenburgh, parle à l’Asie et la convainc de préserver la paix. La liesse envahit le monde. 

Felsenburgh subjugue les peuples et les prépare à l’offensive finale contre les catholiques, derniers obstacles à la tyrannie universelle. Beaucoup abjurent comme le Père Francis, d’autres seront les derniers combattants, comme le Père Percy. Il a compris qui était en réalité ce mystérieux Felsenburgh. 

L’action ne faiblit jamais dans ce roman remarquable, et jusqu’au bout l’issue est incertaine. 

Benson était le fils de l’archevêque anglican de Cantorbéry. Il fut ordonné par son père dans l’église anglicane puis se convertit au catholicisme et devint prêtre. Brillant homme de lettres comme ses frères, il laisse une œuvre importante et Le Maître de la Terre fut son plus grand succès. Un livre impressionnant. 

Ce roman d’anticipation se situe à la fin du XXe siècle. Deux prêtres anglais, le Père Percy et le Père Francis, interrogent un vieil historien. Il leur explique comment le monde en est arrivé là  : l’existence de trois pays (Europe, Asie, Amérique) et une religion universelle, mélange d’humanisme et de communisme. Le culte de l’homme est célébré dans presque toutes les églises du monde, en lieu et place des anciennes religions. 

Lecture : "Le Maître de la Terre" de Robert Hugh Benson 

Le catholicisme a résisté et deux territoires lui ont été concédés : Rome et l’Irlande. Ailleurs, les derniers catholiques survivent avec de rares prêtres, dans une ambiance hostile, car seule la nouvelle religion universelle apportera la paix définitive. 

Mais les dirigeants européens sont inquiets : l’Asie projette d’envahir l’Europe. 

Alors un homme inconnu, nommé Felsenburgh, parle à l’Asie et la convainc de préserver la paix. La liesse envahit le monde. 

Felsenburgh subjugue les peuples et les prépare à l’offensive finale contre les catholiques, derniers obstacles à la tyrannie universelle. Beaucoup abjurent comme le Père Francis, d’autres seront les derniers combattants, comme le Père Percy. Il a compris qui était en réalité ce mystérieux Felsenburgh. 

L’action ne faiblit jamais dans ce roman remarquable, et jusqu’au bout l’issue est incertaine. 

Benson était le fils de l’archevêque anglican de Cantorbéry. Il fut ordonné par son père dans l’église anglicane puis se convertit au catholicisme et devint prêtre. Brillant homme de lettres comme ses frères, il laisse une œuvre importante et Le Maître de la Terre fut son plus grand succès. Un livre impressionnant. 

Ce roman d’anticipation se situe à la fin du XXe siècle. Deux prêtres anglais, le Père Percy et le Père Francis, interrogent un vieil historien. Il leur explique comment le monde en est arrivé là  : l’existence de trois pays (Europe, Asie, Amérique) et une religion universelle, mélange d’humanisme et de communisme. Le culte de l’homme est célébré dans presque toutes les églises du monde, en lieu et place des anciennes religions. 

(02/06/2020 08:46)

Le cardinal Zen s’attend au pire pour son ancien diocèse de Hong Kong  

Depuis la signature, en septembre 2018, d’un accord secret entre la Chine de Xi Jinping et le Saint-Siège, l’évêque émérite de Hong Kong est souvent monté au créneau afin de prévenir les autorités de l’Eglise, et plus largement l’Occident, qu’il est toujours dangereux de se mettre à table avec le diable, même avec une longue cuillère. 

L’actualité immédiate donne une fois de plus raison au prélat chinois : l'approbation par Pékin, le 28 mai dernier, d’un projet de loi de « sécurité nationale », est de nature à menacer selon lui la « paix dans le monde ». 

« Il y a bien sûr de l’inquiétude et de la colère à Hong Kong car on sent qu’elle risque de perdre sa singularité pour devenir une simple ville chinoise comme les autres où les libertés n’existent plus. J’ai peur que nous perdions notre autonomie, laquelle a été promise par le régime de Pékin il y a des années dans la déclaration commune sino-britannique de 1984. Pékin est à l’origine de tous les problèmes actuels de Hong Kong », explique Joseph Zen le 22 mai dans les colonnes du journal La Croix. 

Le cardinal ne cache pas son inquiétude : « même l’Occident semble avoir perdu tout espoir devant le comportement agressif de la Chine », explique-t-il, ajoutant que désormais « Hong Kong s’attend au pire ». 

Dans un entretien accordé à Catholic News Agency, le 27 mai, Mgr Zen réitère son inquiétude : « Hong Kong vient de passer purement et simplement sous le contrôle total de la Chine, même pour ce qui est de l’eau ou de la nourriture. Nous sommes entre les mains de Dieu », soupire le haut prélat. 

On estime à 250 000 le nombre de catholiques sur les sept millions d’habitants de l’ancienne colonie britannique. 

A la tête de l’exécutif de Hong Kong se trouve une femme, Carrie Lam, accusée d’être une marionnette aux mains de Pékin. Cette catholique pratiquante (!), présente à la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire qui s’est ouverte dans la capitale chinoise le 22 mai dernier, s’est déclarée prête à « coopérer pleinement » à la mise en œuvre de la nouvelle loi. 

Le Parti communiste chinois (PCC) a approuvé, le 28 mai 2020, un projet de loi visant à interdire la « trahison » et la « sécession » à Hong Kong. Le lendemain, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de l’ancienne colonie britannique, réagissait en dénonçant le « totalitarisme » chinois. 

Le cardinal Zen s’attend au pire pour son ancien diocèse de Hong Kong  

Depuis la signature, en septembre 2018, d’un accord secret entre la Chine de Xi Jinping et le Saint-Siège, l’évêque émérite de Hong Kong est souvent monté au créneau afin de prévenir les autorités de l’Eglise, et plus largement l’Occident, qu’il est toujours dangereux de se mettre à table avec le diable, même avec une longue cuillère. 

L’actualité immédiate donne une fois de plus raison au prélat chinois : l'approbation par Pékin, le 28 mai dernier, d’un projet de loi de « sécurité nationale », est de nature à menacer selon lui la « paix dans le monde ». 

« Il y a bien sûr de l’inquiétude et de la colère à Hong Kong car on sent qu’elle risque de perdre sa singularité pour devenir une simple ville chinoise comme les autres où les libertés n’existent plus. J’ai peur que nous perdions notre autonomie, laquelle a été promise par le régime de Pékin il y a des années dans la déclaration commune sino-britannique de 1984. Pékin est à l’origine de tous les problèmes actuels de Hong Kong », explique Joseph Zen le 22 mai dans les colonnes du journal La Croix. 

Le cardinal ne cache pas son inquiétude : « même l’Occident semble avoir perdu tout espoir devant le comportement agressif de la Chine », explique-t-il, ajoutant que désormais « Hong Kong s’attend au pire ». 

Dans un entretien accordé à Catholic News Agency, le 27 mai, Mgr Zen réitère son inquiétude : « Hong Kong vient de passer purement et simplement sous le contrôle total de la Chine, même pour ce qui est de l’eau ou de la nourriture. Nous sommes entre les mains de Dieu », soupire le haut prélat. 

On estime à 250 000 le nombre de catholiques sur les sept millions d’habitants de l’ancienne colonie britannique. 

A la tête de l’exécutif de Hong Kong se trouve une femme, Carrie Lam, accusée d’être une marionnette aux mains de Pékin. Cette catholique pratiquante (!), présente à la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire qui s’est ouverte dans la capitale chinoise le 22 mai dernier, s’est déclarée prête à « coopérer pleinement » à la mise en œuvre de la nouvelle loi. 

Le Parti communiste chinois (PCC) a approuvé, le 28 mai 2020, un projet de loi visant à interdire la « trahison » et la « sécession » à Hong Kong. Le lendemain, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de l’ancienne colonie britannique, réagissait en dénonçant le « totalitarisme » chinois. 

(02/06/2020 08:40)

Au Royaume-Uni, l’avortement à domicile crée la polémique 

Mgr Mark Davies s’est exprimé le 21 mai 2020, lors d'une messe célébrée à l’intention des professionnels de santé. L’évêque de Swrewsbury a déclaré que l’Etat devrait tôt ou tard répondre à un certain nombre d’interrogations suscitées par la crise sanitaire. 

« Dans les jours à venir, nous aurons des questions à poser sur la façon dont nous traitons les membres les plus fragiles de la société, que ce soient les personnes âgées dépendantes, ou les enfants à naître dont la vie s’est trouvée mise en péril par une mesure désastreuse du ministère de la Santé, visant à faciliter l’avortement à domicile », a déploré le prélat. 

En effet, au mois de mars, le ministère britannique de la Santé et des Affaires sociales a modifié la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a fixé à dix semaines le délai légal pour pratiquer un avortement à domicile, après simple consultation en ligne auprès de son médecin traitant. 

Dans son homélie, Mgr Davies a prévenu la classe politique : « la science ne saurait prétendre être à elle seule le guide sûr des sociétés humaines ». 

La volonté de persévérer dans une voie mauvaise est ici frappante. Malgré la pandémie, les hommes s’acharnent à tuer des innocents en facilitant le recours à l’avortement. Si Dieu a voulu ou permis cette calamité, ce ne peut être qu’à cause des péchés des hommes, en particulier de ceux qui « crient vengeance vers le ciel » parce qu’ils s’en prennent à la vie innocente. Que Dieu nous délivre de cet aveuglement. 

Après Mgr John Sherrington, évêque auxiliaire de Westminster (Royaume-Uni), Mgr Mark Davies, évêque de Shrewsbury, a protesté contre un élargissement de la loi sur l’avortement, décidé à la faveur de l’épidémie due au virus chinois. 

Au Royaume-Uni, l’avortement à domicile crée la polémique 

Mgr Mark Davies s’est exprimé le 21 mai 2020, lors d'une messe célébrée à l’intention des professionnels de santé. L’évêque de Swrewsbury a déclaré que l’Etat devrait tôt ou tard répondre à un certain nombre d’interrogations suscitées par la crise sanitaire. 

« Dans les jours à venir, nous aurons des questions à poser sur la façon dont nous traitons les membres les plus fragiles de la société, que ce soient les personnes âgées dépendantes, ou les enfants à naître dont la vie s’est trouvée mise en péril par une mesure désastreuse du ministère de la Santé, visant à faciliter l’avortement à domicile », a déploré le prélat. 

En effet, au mois de mars, le ministère britannique de la Santé et des Affaires sociales a modifié la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a fixé à dix semaines le délai légal pour pratiquer un avortement à domicile, après simple consultation en ligne auprès de son médecin traitant. 

Dans son homélie, Mgr Davies a prévenu la classe politique : « la science ne saurait prétendre être à elle seule le guide sûr des sociétés humaines ». 

La volonté de persévérer dans une voie mauvaise est ici frappante. Malgré la pandémie, les hommes s’acharnent à tuer des innocents en facilitant le recours à l’avortement. Si Dieu a voulu ou permis cette calamité, ce ne peut être qu’à cause des péchés des hommes, en particulier de ceux qui « crient vengeance vers le ciel » parce qu’ils s’en prennent à la vie innocente. Que Dieu nous délivre de cet aveuglement. 

Après Mgr John Sherrington, évêque auxiliaire de Westminster (Royaume-Uni), Mgr Mark Davies, évêque de Shrewsbury, a protesté contre un élargissement de la loi sur l’avortement, décidé à la faveur de l’épidémie due au virus chinois. 

(02/06/2020 08:35)

Les 50 ans de la nouvelle messe : la constitution Sacrosanctum concilium  

Il s’agit d’un texte général qui fixe les grandes lignes à partir desquelles les organismes post-conciliaires tireront la nouvelle liturgie (nos 44-45). La Constitution entreprend en effet la transformation radicale de la liturgie. En particulier, elle annonce la révision du rituel de la messe (50), un nouveau rite de la concélébration (58), la révision des rites du baptême (66), de la confirmation (71), de la pénitence (72), des ordinations (76), du mariage (77), des sacramentaux (79), etc. 

Pour Jean Vaquié, il s’agit d’« une loi-cadre, inaugurant une transformation fondamentale et s’inspirant de deux doctrines contradictoires ». Car il s’agit de réaliser un compromis entre traditionalisme et progressisme. Pour satisfaire les conservateurs et la sensibilité traditionnelle, les principes fondamentaux de la liturgie seront rappelés, mais sans aucune application pratique. En revanche, la minorité agissante, progressiste, a su placer les éléments qui permettront l’évolution ultérieure dans le sens d’une refondation de la liturgie qu’ils appellent de leurs vœux. 

Poudre aux yeux 

Dès l’introduction, la Constitution sur la sainte liturgie parle d’une restauration 2, qui s’accompagnera – si cela s’avère nécessaire 3 – de la tâche de « réviser entièrement (…) tous les rites reconnus ». 

A ce vaste chantier se superpose l’intention œcuménique. Parmi les buts essentiels du Concile et de la constitution, il est question de « favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ » (1). Cet impératif sera respecté. 

L’idée est que la liturgie a besoin d’une « restauration » et d’un « progrès ». Ces mots sont peu suspects ; ce sont des termes usuellement employés par l’Eglise – ils l’ont été par saint Pie V, par saint Pie X et par Pie XII. 

Un principe suprême  : la participation active 

Le n°14 énonce le principe fondamental qui autorisera toutes les innovations : « L’Eglise désire fortement que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active (actuosa) aux célébrations liturgiques (…) que l’on doit viser avant tout dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie ». 

Le terme de « participation active » a été le cheval de Troie de la transformation de toute la liturgie. Il apparaît 11 fois dans le texte. Il faut en comprendre le sens en rappelant la doctrine traditionnelle sur la participation à la messe, telle que Pie XII l’expose dans l’encyclique Mediator Dei  

« Il est nécessaire que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer au sacrifice eucharistique, non d’une manière passive et négligente et en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre. Le mot de l’Apôtre : “Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus”, demande de tous les chrétiens qu’ils reproduisent, autant qu’il est humainement possible, les sentiments dont était animé le divin Rédempteur lorsqu’il offrait le sacrifice de lui-même. Il demande encore d’eux-mêmes qu’ils prennent en quelque sorte la condition de victime. Il demande enfin que tous avec le Christ nous mourions mystiquement sur la croix, (…) si bien que nous devenions, avec l’Hostie immaculée, une seule victime agréable au Père éternel. 

« Ceux-là, par conséquent, sont dignes de louanges qui, en vue de rendre plus facile et plus fructueuse pour le peuple chrétien la participation au sacrifice eucharistique, s’efforcent opportunément de mettre entre les mains du peuple le Missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l’Eglise. 

« Ces manières de participer au sacrifice sont à louer et à recommander quand elles obéissent soigneusement aux préceptes de l’Eglise et aux règles des rites sacrés. Elles ne sont néanmoins nullement nécessaires pour en constituer le caractère public et commun. » 

Mais, ajoute Pie XII avec une grande prudence : « Un bon nombre de chrétiens ne peuvent se servir du Missel romain, même s’il est écrit en langue vulgaire ; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques. Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs. En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun. Qui osera donc dire sur la foi d’un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits  ? Mais ces gens-là peuvent assurément grâce à une méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères de Jésus-Christ, d’accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature. » 

C’est ainsi que nombre de fidèles s’unissent au prêtre par des prières qui leur sont plus accessibles, comme la récitation du chapelet. 

Dans le texte du Concile, le terme de participation active est à double sens. Pour bon nombre il signifie une participation telle que l’a décrite et définie Pie XII. Pour les rédacteurs il signifie une participation agissante, par laquelle les fidèles sont chargés d’une partie plus ou moins grande de la réalisation matérielle de la cérémonie liturgique : lectures, acclamations, présentation des dons, distribution de la sainte communion, gestes, attitudes corporelles. (30) 

Que ce soit là l’intention du Concile est confirmé par le pape Paul VI, qui écrira : « C’est cependant une erreur, qui subsiste encore malheureusement en certains endroits, de réciter le rosaire au cours de l’action liturgique » (Exhortation apostolique Marialis cultus, 31 mars 1974). Ainsi, en l’espace de 25 ans, ce que Pie XII reconnaissait comme parfaitement licite et inévitable, se trouve stigmatisé par Paul  VI. 

Le 4 décembre 1963, le pape Paul VI promulguait la constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie. Le premier document du concile Vatican II est approuvé par 2151 voix contre 4. La raison de cette réussite tient au caractère du texte. 

Les 50 ans de la nouvelle messe : la constitution Sacrosanctum concilium  

Il s’agit d’un texte général qui fixe les grandes lignes à partir desquelles les organismes post-conciliaires tireront la nouvelle liturgie (nos 44-45). La Constitution entreprend en effet la transformation radicale de la liturgie. En particulier, elle annonce la révision du rituel de la messe (50), un nouveau rite de la concélébration (58), la révision des rites du baptême (66), de la confirmation (71), de la pénitence (72), des ordinations (76), du mariage (77), des sacramentaux (79), etc. 

Pour Jean Vaquié, il s’agit d’« une loi-cadre, inaugurant une transformation fondamentale et s’inspirant de deux doctrines contradictoires ». Car il s’agit de réaliser un compromis entre traditionalisme et progressisme. Pour satisfaire les conservateurs et la sensibilité traditionnelle, les principes fondamentaux de la liturgie seront rappelés, mais sans aucune application pratique. En revanche, la minorité agissante, progressiste, a su placer les éléments qui permettront l’évolution ultérieure dans le sens d’une refondation de la liturgie qu’ils appellent de leurs vœux. 

Poudre aux yeux 

Dès l’introduction, la Constitution sur la sainte liturgie parle d’une restauration 2, qui s’accompagnera – si cela s’avère nécessaire 3 – de la tâche de « réviser entièrement (…) tous les rites reconnus ». 

A ce vaste chantier se superpose l’intention œcuménique. Parmi les buts essentiels du Concile et de la constitution, il est question de « favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ » (1). Cet impératif sera respecté. 

L’idée est que la liturgie a besoin d’une « restauration » et d’un « progrès ». Ces mots sont peu suspects ; ce sont des termes usuellement employés par l’Eglise – ils l’ont été par saint Pie V, par saint Pie X et par Pie XII. 

Un principe suprême  : la participation active 

Le n°14 énonce le principe fondamental qui autorisera toutes les innovations : « L’Eglise désire fortement que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active (actuosa) aux célébrations liturgiques (…) que l’on doit viser avant tout dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie ». 

Le terme de « participation active » a été le cheval de Troie de la transformation de toute la liturgie. Il apparaît 11 fois dans le texte. Il faut en comprendre le sens en rappelant la doctrine traditionnelle sur la participation à la messe, telle que Pie XII l’expose dans l’encyclique Mediator Dei  

« Il est nécessaire que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer au sacrifice eucharistique, non d’une manière passive et négligente et en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre. Le mot de l’Apôtre : “Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus”, demande de tous les chrétiens qu’ils reproduisent, autant qu’il est humainement possible, les sentiments dont était animé le divin Rédempteur lorsqu’il offrait le sacrifice de lui-même. Il demande encore d’eux-mêmes qu’ils prennent en quelque sorte la condition de victime. Il demande enfin que tous avec le Christ nous mourions mystiquement sur la croix, (…) si bien que nous devenions, avec l’Hostie immaculée, une seule victime agréable au Père éternel. 

« Ceux-là, par conséquent, sont dignes de louanges qui, en vue de rendre plus facile et plus fructueuse pour le peuple chrétien la participation au sacrifice eucharistique, s’efforcent opportunément de mettre entre les mains du peuple le Missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l’Eglise. 

« Ces manières de participer au sacrifice sont à louer et à recommander quand elles obéissent soigneusement aux préceptes de l’Eglise et aux règles des rites sacrés. Elles ne sont néanmoins nullement nécessaires pour en constituer le caractère public et commun. » 

Mais, ajoute Pie XII avec une grande prudence : « Un bon nombre de chrétiens ne peuvent se servir du Missel romain, même s’il est écrit en langue vulgaire ; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques. Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs. En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun. Qui osera donc dire sur la foi d’un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits  ? Mais ces gens-là peuvent assurément grâce à une méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères de Jésus-Christ, d’accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature. » 

C’est ainsi que nombre de fidèles s’unissent au prêtre par des prières qui leur sont plus accessibles, comme la récitation du chapelet. 

Dans le texte du Concile, le terme de participation active est à double sens. Pour bon nombre il signifie une participation telle que l’a décrite et définie Pie XII. Pour les rédacteurs il signifie une participation agissante, par laquelle les fidèles sont chargés d’une partie plus ou moins grande de la réalisation matérielle de la cérémonie liturgique : lectures, acclamations, présentation des dons, distribution de la sainte communion, gestes, attitudes corporelles. (30) 

Que ce soit là l’intention du Concile est confirmé par le pape Paul VI, qui écrira : « C’est cependant une erreur, qui subsiste encore malheureusement en certains endroits, de réciter le rosaire au cours de l’action liturgique » (Exhortation apostolique Marialis cultus, 31 mars 1974). Ainsi, en l’espace de 25 ans, ce que Pie XII reconnaissait comme parfaitement licite et inévitable, se trouve stigmatisé par Paul  VI. 

Le 4 décembre 1963, le pape Paul VI promulguait la constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie. Le premier document du concile Vatican II est approuvé par 2151 voix contre 4. La raison de cette réussite tient au caractère du texte. 

(01/06/2020 09:34)

Lecture : "Le secret de saint Dominique", par le P. Jean-Dominique Fabre  

Quel est, chez saint Dominique, le fil conducteur qui donna à sa vie son unité et sa fécondité impressionnante ? Les événements marquants de sa sainteté ont été souvent présentés. Son ardeur à l’étude, sa prière fervente, sa prédication enflammée, ses initiatives dans tous les domaines de la vie sacerdotale et religieuse, sa collaboration active aux luttes de son temps contre l’hérésie, sa dévotion mariale, sont autant de pierres de choix dont l’éclat illumine aujourd’hui encore le pèlerinage de l’Eglise. Tout cela est connu.  

Mais quel en est le secret ? Est-il permis d’en savoir plus ? Peut-on pénétrer dans le sanctuaire intérieur de cet ami de Dieu, y rencontrer la présence de Dieu, le doigt de Dieu, le sourire de Dieu ? 

Saint Jean de la Croix disait : « Il y a peu d’âmes qui arrivent à un degré si éminent. Il y en a cependant quelques-unes qui y sont parvenues, ce sont surtout celles de ces personnages dont la vertu et l’esprit devaient se transmettre dans la succession de leurs disciples. Dieu, en donnant à ces chefs de famille, les prémices de son esprit, leur a conféré des trésors et des grandeurs en rapport avec la succession plus ou moins grande d’enfants qui devaient embrasser leur règle et leur esprit. » 

Le secret de saint Dominique va conduire le lecteur dans cette quête et permettre de découvrir les merveilles de Dieu dans le cœur d’un homme, en rendant saint Dominique si proche et actuel. 
 
Le secret de saint Dominique, Père Jean-Dominique Fabre, 336 p., 20,50 €, à commander aux éditions CLOVIS. Par téléphone, du lundi au vendredi, au 01 45 06 98 88 (entre 10 h et 12 h). Sur sa boutique en ligne : www.clovis-diffusion.com 

Lecture : "Le secret de saint Dominique", par le P. Jean-Dominique Fabre  

Quel est, chez saint Dominique, le fil conducteur qui donna à sa vie son unité et sa fécondité impressionnante ? Les événements marquants de sa sainteté ont été souvent présentés. Son ardeur à l’étude, sa prière fervente, sa prédication enflammée, ses initiatives dans tous les domaines de la vie sacerdotale et religieuse, sa collaboration active aux luttes de son temps contre l’hérésie, sa dévotion mariale, sont autant de pierres de choix dont l’éclat illumine aujourd’hui encore le pèlerinage de l’Eglise. Tout cela est connu.  

Mais quel en est le secret ? Est-il permis d’en savoir plus ? Peut-on pénétrer dans le sanctuaire intérieur de cet ami de Dieu, y rencontrer la présence de Dieu, le doigt de Dieu, le sourire de Dieu ? 

Saint Jean de la Croix disait : « Il y a peu d’âmes qui arrivent à un degré si éminent. Il y en a cependant quelques-unes qui y sont parvenues, ce sont surtout celles de ces personnages dont la vertu et l’esprit devaient se transmettre dans la succession de leurs disciples. Dieu, en donnant à ces chefs de famille, les prémices de son esprit, leur a conféré des trésors et des grandeurs en rapport avec la succession plus ou moins grande d’enfants qui devaient embrasser leur règle et leur esprit. » 

Le secret de saint Dominique va conduire le lecteur dans cette quête et permettre de découvrir les merveilles de Dieu dans le cœur d’un homme, en rendant saint Dominique si proche et actuel. 
 
Le secret de saint Dominique, Père Jean-Dominique Fabre, 336 p., 20,50 €, à commander aux éditions CLOVIS. Par téléphone, du lundi au vendredi, au 01 45 06 98 88 (entre 10 h et 12 h). Sur sa boutique en ligne : www.clovis-diffusion.com 

(01/06/2020 09:17)

Privés de leurs pèlerins, les chrétiens de Terre Sainte ont le moral en berne  

Interrogé le 19 mai 2020 sur Vatican News, le frère Stéphane Milovitch, responsable des Ressources humaines et des biens culturels de la Custodie de Terre Sainte, décrit une situation difficile pour les chrétiens de Terre Sainte. 

La Custodie, précise le religieux, « emploie environ 1 100 personnes, dont 60% dans les écoles qui sont actuellement fermées ; 10% d’entre elles travaillent dans les ‘Casa Nova’, lieux d’accueil pour les pèlerins, également fermées. Environ 10% travaillent dans les maisons de retraite pour personnes âgées, à Nazareth en particulier ; ces maisons fonctionnent toujours et il faut trouver des fonds pour payer les employés. Il y a aussi la question du chômage technique. Tous ces problèmes concernent le monde entier mais sont aussi vécus dans les Lieux saints ». 

De plus, la traditionnelle collecte du Vendredi Saint, qui permet de financer un grand nombre d’activités sociales et éducatives, n’a pas pu être organisée, en raison du confinement strict imposé par l’Etat d’Israël. 

Quand on interroge le frère Stéphane Milovitch sur la reprise de l’activité, le religieux se veut prudent : « il est difficile de faire des plans sur la comète, car on ne sait pas encore exactement quand Israël va laisser entrer les pèlerins », explique-t-il, ajoutant que l’époque des grands pèlerinages diocésains semble révolue. 

Point positif pour l’avenir, l’accueil des futurs pèlerins sera de plus grande qualité : « ils profiteront des sanctuaires, auront plus de temps pour la contemplation et en perdront moins dans les habituelles files d’attente pour le tombeau ou la Grotte de la Nativité », conclut le franciscain. 

Les nombreuses restrictions imposées sur les déplacements en Terre Sainte, en raison de l’épidémie de coronavirus, ont porté un coup dur aux chrétiens qui, pour beaucoup, vivent grâce à l’afflux des pèlerins. Ceux-ci viennent du monde entier afin de fouler la terre sur laquelle s’est incarné le Fils de Dieu. 

Privés de leurs pèlerins, les chrétiens de Terre Sainte ont le moral en berne  

Interrogé le 19 mai 2020 sur Vatican News, le frère Stéphane Milovitch, responsable des Ressources humaines et des biens culturels de la Custodie de Terre Sainte, décrit une situation difficile pour les chrétiens de Terre Sainte. 

La Custodie, précise le religieux, « emploie environ 1 100 personnes, dont 60% dans les écoles qui sont actuellement fermées ; 10% d’entre elles travaillent dans les ‘Casa Nova’, lieux d’accueil pour les pèlerins, également fermées. Environ 10% travaillent dans les maisons de retraite pour personnes âgées, à Nazareth en particulier ; ces maisons fonctionnent toujours et il faut trouver des fonds pour payer les employés. Il y a aussi la question du chômage technique. Tous ces problèmes concernent le monde entier mais sont aussi vécus dans les Lieux saints ». 

De plus, la traditionnelle collecte du Vendredi Saint, qui permet de financer un grand nombre d’activités sociales et éducatives, n’a pas pu être organisée, en raison du confinement strict imposé par l’Etat d’Israël. 

Quand on interroge le frère Stéphane Milovitch sur la reprise de l’activité, le religieux se veut prudent : « il est difficile de faire des plans sur la comète, car on ne sait pas encore exactement quand Israël va laisser entrer les pèlerins », explique-t-il, ajoutant que l’époque des grands pèlerinages diocésains semble révolue. 

Point positif pour l’avenir, l’accueil des futurs pèlerins sera de plus grande qualité : « ils profiteront des sanctuaires, auront plus de temps pour la contemplation et en perdront moins dans les habituelles files d’attente pour le tombeau ou la Grotte de la Nativité », conclut le franciscain. 

Les nombreuses restrictions imposées sur les déplacements en Terre Sainte, en raison de l’épidémie de coronavirus, ont porté un coup dur aux chrétiens qui, pour beaucoup, vivent grâce à l’afflux des pèlerins. Ceux-ci viennent du monde entier afin de fouler la terre sur laquelle s’est incarné le Fils de Dieu. 

(01/06/2020 09:06)

FSSPX / Actualités vous souhaite une sainte fête de la Pentecôte 

La Pentecôte est, à juste titre, le jour anniversaire de la naissance de l’Eglise. Dès ce moment, l’Eglise fondée par le Christ mais fécondée par l’Esprit Paraclet, prend son essor pour se propager partout et étendre le règne du Christ sur toutes les nations et dans tous les peuples. C’est pourquoi, durant l’Octave de la Pentecôte, la lecture de l’Epître est tirée des Actes des apôtres qui racontent les origines de l’Eglise.

Après Noël qui célèbre la naissance du Fils de Dieu et Pâques qui célèbre la résurrection du Christ, la Pentecôte est la plus grande fête de l’année liturgique. Aussi a-t-elle sa Vigile et son Octave privilégiées. Durant cette Octave, l’Eglise se revêt d’ornements rouges, parce que cette couleur rappelle les langues de feu et l'effusion de la charité. Elle symbolise ainsi le feu de l’amour divin qui embrase l'âme des fidèles à qui est communiquée la vie divine, la grâce sanctifiante. Elle représente aussi le témoignage du sang, qu’à l’exemple des apôtres tout disciple du Christ doit être prêt à rendre, par la force du Saint-Esprit.    

La fête de la Pentecôte est le couronnement de la fête de Pâques, parce que la mission du Saint-Esprit a été la confirmation et l’achèvement de l’œuvre du Christ.

FSSPX / Actualités vous souhaite une sainte fête de la Pentecôte 

La Pentecôte est, à juste titre, le jour anniversaire de la naissance de l’Eglise. Dès ce moment, l’Eglise fondée par le Christ mais fécondée par l’Esprit Paraclet, prend son essor pour se propager partout et étendre le règne du Christ sur toutes les nations et dans tous les peuples. C’est pourquoi, durant l’Octave de la Pentecôte, la lecture de l’Epître est tirée des Actes des apôtres qui racontent les origines de l’Eglise.

Après Noël qui célèbre la naissance du Fils de Dieu et Pâques qui célèbre la résurrection du Christ, la Pentecôte est la plus grande fête de l’année liturgique. Aussi a-t-elle sa Vigile et son Octave privilégiées. Durant cette Octave, l’Eglise se revêt d’ornements rouges, parce que cette couleur rappelle les langues de feu et l'effusion de la charité. Elle symbolise ainsi le feu de l’amour divin qui embrase l'âme des fidèles à qui est communiquée la vie divine, la grâce sanctifiante. Elle représente aussi le témoignage du sang, qu’à l’exemple des apôtres tout disciple du Christ doit être prêt à rendre, par la force du Saint-Esprit.    

La fête de la Pentecôte est le couronnement de la fête de Pâques, parce que la mission du Saint-Esprit a été la confirmation et l’achèvement de l’œuvre du Christ.

(31/05/2020 06:51)

Marie, Reine de tout apostolat 

L’homme qui évangélise et l’homme qui est évangélisé ont tous deux besoin de l’aide de la grâce : au premier, il faut une série infinie de grâces pour le préparer à sa mission apostolique, des grâces pour éclairer, des grâces pour obtenir la conversion, des grâces pour assurer la persévérance. A l’âme à évangéliser, il faut une grâce pour rencontrer un apôtre, des grâces de lumière, de force, de docilité, etc.

Mais toutes ces grâces, c’est Marie qui en est la médiatrice. Sans son concours, nul pécheur ne pourrait passer de la mort spirituelle à la vie divine ; nul juste ne pourrait monter d’un degré vers la sainteté ; nul missionnaire, en dépit de son éloquence, de sa science, de son habileté, ne réussit à convertir une âme.

Tout vrai apostolat est l’œuvre de la grâce. Toute grâce suppose une intervention de Marie. Depuis le jour de son Assomption, toutes les âmes qui ont été converties ou sanctifiées ou le seront jusqu’à la fin du monde par les douze apôtres et leurs collaborateurs, par la foule innombrable des prêtes, de religieux et de religieuses – toutes ces multitudes que nul ne peut dénombrer, qui se sauveront – toutes sans aucune exception devront leur gloire et leur béatitude à la Médiatrice de toutes les grâces.

Marie est notre mère. Toute mère est le premier apôtre de son enfant : elle a pour mission de préserver le petit être du péché et de le faire vivre de la vie surnaturelle. Si elle le confie à d’autres éducateurs, ceux-ci ne sont que ses aides : elle reste la première responsable de cette mission.

A plus forte raison Marie est-elle le premier apôtre de ses enfants, car elle est leur Mère surnaturelle, sa maternité consiste tout entière à donner la vie surnaturelle. Que fait elle, en effet, en tant que Mère ? Elle nous appelle à la vie de Jésus, elle nous enfante à cette vie ; elle la préserve, elle l’entretient, elle nous y fait croître jusqu’à la perfection.

Les apôtres, les missionnaires, les âmes apostoliques ne sont que des aides dont Marie se sert comme instruments dans ses mains immaculées afin qu’elle puisse être en eux et par eux corédemptrice et distributrice de toutes les grâces : « recourant à la miséricorde de Marie, il faut que chaque fidèles examine de nouveau, avec une résolution digne des grands mouvements de l’histoire humaine, quelle contribution apporter à l’œuvre salvifique de Dieu pour secourir un monde qui s’achemine, comme c’est le cas aujourd’hui, vers sa ruine » (Pape Pie XII, allocution du 10 février 1952).

Tout apostolat dépend absolument de la grâce : arracher les âmes à Satan ne peut se faire que par la grâce ; faire vivre une âme de la vie de Jésus-Christ exige absolument le concours de la grâce.

Marie, Reine de tout apostolat 

L’homme qui évangélise et l’homme qui est évangélisé ont tous deux besoin de l’aide de la grâce : au premier, il faut une série infinie de grâces pour le préparer à sa mission apostolique, des grâces pour éclairer, des grâces pour obtenir la conversion, des grâces pour assurer la persévérance. A l’âme à évangéliser, il faut une grâce pour rencontrer un apôtre, des grâces de lumière, de force, de docilité, etc.

Mais toutes ces grâces, c’est Marie qui en est la médiatrice. Sans son concours, nul pécheur ne pourrait passer de la mort spirituelle à la vie divine ; nul juste ne pourrait monter d’un degré vers la sainteté ; nul missionnaire, en dépit de son éloquence, de sa science, de son habileté, ne réussit à convertir une âme.

Tout vrai apostolat est l’œuvre de la grâce. Toute grâce suppose une intervention de Marie. Depuis le jour de son Assomption, toutes les âmes qui ont été converties ou sanctifiées ou le seront jusqu’à la fin du monde par les douze apôtres et leurs collaborateurs, par la foule innombrable des prêtes, de religieux et de religieuses – toutes ces multitudes que nul ne peut dénombrer, qui se sauveront – toutes sans aucune exception devront leur gloire et leur béatitude à la Médiatrice de toutes les grâces.

Marie est notre mère. Toute mère est le premier apôtre de son enfant : elle a pour mission de préserver le petit être du péché et de le faire vivre de la vie surnaturelle. Si elle le confie à d’autres éducateurs, ceux-ci ne sont que ses aides : elle reste la première responsable de cette mission.

A plus forte raison Marie est-elle le premier apôtre de ses enfants, car elle est leur Mère surnaturelle, sa maternité consiste tout entière à donner la vie surnaturelle. Que fait elle, en effet, en tant que Mère ? Elle nous appelle à la vie de Jésus, elle nous enfante à cette vie ; elle la préserve, elle l’entretient, elle nous y fait croître jusqu’à la perfection.

Les apôtres, les missionnaires, les âmes apostoliques ne sont que des aides dont Marie se sert comme instruments dans ses mains immaculées afin qu’elle puisse être en eux et par eux corédemptrice et distributrice de toutes les grâces : « recourant à la miséricorde de Marie, il faut que chaque fidèles examine de nouveau, avec une résolution digne des grands mouvements de l’histoire humaine, quelle contribution apporter à l’œuvre salvifique de Dieu pour secourir un monde qui s’achemine, comme c’est le cas aujourd’hui, vers sa ruine » (Pape Pie XII, allocution du 10 février 1952).

Tout apostolat dépend absolument de la grâce : arracher les âmes à Satan ne peut se faire que par la grâce ; faire vivre une âme de la vie de Jésus-Christ exige absolument le concours de la grâce.

(30/05/2020 08:30)

Mgr Viganò remonte aux causes conciliaires de la crise  

A l’occasion de la pandémie du coronavirus, Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, a accordé plusieurs entretiens au cours desquels il n’hésite pas à remettre en cause les erreurs conciliaires, comme il le fait courageusement depuis plusieurs mois déjà. Loin de se contenter de constater des effets dramatiques, le prélat romain remonte aux causes et dénonce l’œcuménisme, la nouvelle liturgie, l’ouverture au monde et la collégialité épiscopale. 

L’œcuménisme ne plaît pas à Dieu 

Le 7 avril 2020, répondant aux questions du vaticaniste Aldo Maria Valli, Mgr Viganò s’en prend à l’œcuménisme  promu par Vatican II : «  Si cette irrévérence [du pape considérant le titre de Marie corédemptrice comme une “sottise”, le 12 décembre 2019] découle du désir de plaire aux hérétiques, il s’agit d’une circonstance aggravante, et non d’une excuse ; en effet, je dirais que si l’œcuménisme implique de déshonorer la Vierge et de taire les vérités catholiques pour plaire à ceux qui sont dans l’erreur, nous avons une preuve supplémentaire que l’œcuménisme ne plaît pas à Dieu.  

« Il y a un autre aspect que je voudrais souligner : la négation de dogmes et de vérités théologiques, même ceux qui ne sont pas définis solennellement, implique une conséquence extrêmement destructrice, car la Vérité – qui est Dieu lui-même – ne peut avoir de parties qu’on pourrait sacrifier Si l’on touche à un dogme apparemment marginal par rapport aux dogmes trinitaires ou christologiques, on touche à tout l’édifice doctrinal. Et permettez-moi de vous rappeler qu’en plus des horreurs du métissage marial [le 12 décembre, le pape avait également considéré la Vierge Marie comme une “métisse”], nous avons également entendu des idées fausses sur la divinité même du Christ, subrepticement insinuées par les entretiens accordés à un journal notoirement anticatholique [à Eugenio Scalfari, fondateur de La Repubblica].  

« Quant à la maudite Pachamama, il est évident qu’une substitution progressive de la Mère de Dieu par la Mère Terre est en cours, par respect pour la religion mondialiste et écologique. Qu’ils fassent très attention lorsqu’ils se moquent de la Vierge : les offenses que Notre Seigneur pardonne lorsqu’elles lui sont adressées, il ne les pardonne pas si elles ont pour objet sa Très Sainte Mère ». 

Dans le même entretien, Mgr Viganò dénonce la nouvelle liturgie et communion dans la main : « Et nous devons également comprendre que la privation des sacrements et de la messe dans le monde entier est une punition supplémentaire pour notre infidélité, pour les sacrilèges qui sont pratiqués quotidiennement dans nos églises par l’indifférence de tant de ministres de Dieu, pour la profanation résultant de la communion dans la main, pour le manque de soin dans les célébrations. La voix sereine et pure de la liturgie a été remplacée par la clameur vulgaire et profane : comment pouvons-nous espérer que notre prière sera agréable au Ciel ? » 

Le troisième secret de Fatima concerne l’apostasie des hommes d’Eglise 

Le 21 avril, Mgr Viganò accordait un entretien au site portugais Dies Iræ où il évoquait le 3e secret de Fatima et le mettait en rapport avec le concile Vatican II : « Ceux qui ont lu le troisième secret ont clairement déclaré que son contenu concerne l’apostasie des hommes d’Eglise, qui a commencé précisément au début des années soixante et qui a atteint un stade si évident aujourd’hui qu’il peut être reconnu par les observateurs laïcs. Cette insistance presque obsessionnelle sur des sujets que l’Eglise a toujours condamnés, telles que le relativisme et l’indifférentisme religieux, un faux œcuménisme, l’écologisme malthusien, l’homo-hérésie et l’immigration, a trouvé dans la Déclaration d’Abou Dabi [4 février 2019, voir DICI n°381, février 2019] l’accomplissement d’un plan conçu par les sectes secrètes il y a plus de deux siècles ». 

Interrogé sur la récente création d’une commission chargée d’étudier la question du diaconat féminin, Mgr Viganò répond : « L’Ordre sacré ne peut pas et ne pourra jamais être modifié dans son essence. Les attaques contre le sacerdoce ont toujours été au centre de l’action des hérétiques et de leur inspiration, et il est compréhensible qu’il en soit ainsi : atteindre le sacerdoce signifie détruire la sainte Messe et la sainte Eucharistie ainsi que tout l’édifice sacramentel. Parmi les ennemis jurés de l’Ordre sacré, les modernistes n’étaient pas en reste, évidemment, eux qui, depuis le XIXe siècle, ont théorisé une Eglise sans prêtres, ou avec des prêtres et des prêtresses. Ces illusions, anticipées par certains représentants du modernisme en France, ont surgi subtilement au Concile, avec la tentative d’insinuer qu’il existe une certaine équivalence entre le sacerdoce ministériel, issu de l’Ordre sacré, et le  sacerdoce commun des fidèles, issu du baptême. Il est significatif que, précisément en jouant sur ce malentendu recherché, la réforme de la liturgie ait également été affectée par l’erreur doctrinale de  Lumen Gentium, réduisant le ministre ordonné à n’être que le simple président d’une assemblée. Au contraire, le prêtre est un alter Christus, non pas par désignation populaire, mais par configuration ontologique au Souverain Prêtre, Jésus-Christ, qu’il doit imiter par la sainteté de sa vie et le dévouement absolu, également représenté par le célibat ». 

Et de pointer du doigt un opportunisme soi-disant pastoral : « cette approche [nouvelle] des dogmes de l’Eglise confirme un fait indéniable : le pape Bergoglio a adopté la théologie dite de situation, selon laquelle les  lieux théologiques sont des faits ou des matières accidentelles : le monde, la nature, la figure féminine, les jeunes… Cette théologie n’a pas pour fondement la vérité immuable et éternelle de Dieu, mais, au contraire, part de la prise de conscience d’une urgence contraignante des phénomènes [de société] pour proposer des réponses conformes aux attentes du monde contemporain ». 

De plus, l’ancien nonce apostolique dénonce l’alignement de l’Eglise sur le mondialisme contemporain, rendu possible par l’ouverture au monde moderne prônée par Vatican II. Il voit ainsi l’Eglise actuelle « se constituer en  bras spirituel  du nouvel Ordre mondial et en défenseur de la Religion universelle. En ce sens, la  révolution conciliaire a dû d’abord démolir l’héritage de l’Eglise, sa Tradition millénaire – dans laquelle elle puisait sa propre vitalité et son autorité en tant que Corps mystique du Christ –, pour se débarrasser ensuite des représentants de l’ancienne hiérarchie, et n’a commencé que récemment à se présenter, sans faux-semblant, telle qu’elle cherche à être ». 

A la question très directe : « Quels points de Vatican II remettriez-vous en question ? » Mgr Viganò répond en invitant à oublier purement et simplement le Concile : « Je pense que les personnalités éminentes qui ont montré les points problématiques du Concile mieux que moi, ne manquent pas. Certains pensent qu’il serait moins compliqué et certainement plus intelligent de suivre la pratique de l’Eglise et des papes telle qu’elle a été appliquée avec le synode de Pistoie : même là, il y avait quelque chose de bon, mais les erreurs qu’il affirmait étaient considérées comme suffisantes pour le laisser tomber dans l’oubli ». – Rappelons toutefois que le synode diocésain de Pistoie (1786) où furent développées les thèses jansénistes et joséphistes, fit l’objet d’une condamnation précise et argumentée de la part du pape Pie VI dans la bulle Auctorem Fidei du 28 août 1794. 

A la fin de l’entretien, le prélat romain donne les raisons et les moyens de garder l’espérance : « L’Eglise brillera à nouveau de la gloire de son Seigneur après ce terrible et très long Triduum de Pâques. Mais si la prière est certainement indispensable, nous ne devons pas nous abstenir de mener le bon combat, en nous faisant les témoins d’un militantisme courageux sous l’étendard de la Croix du Christ. (…) Ne nous laissons pas intimider ! Ne permettons pas qu’on mette le bâillon de la tolérance sur ceux qui veulent proclamer la Vérité ! Demandons à la Vierge Marie que notre langue proclame avec courage le Royaume de Dieu et sa justice ». 

Mgr Viganò remonte aux causes conciliaires de la crise  

A l’occasion de la pandémie du coronavirus, Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, a accordé plusieurs entretiens au cours desquels il n’hésite pas à remettre en cause les erreurs conciliaires, comme il le fait courageusement depuis plusieurs mois déjà. Loin de se contenter de constater des effets dramatiques, le prélat romain remonte aux causes et dénonce l’œcuménisme, la nouvelle liturgie, l’ouverture au monde et la collégialité épiscopale. 

L’œcuménisme ne plaît pas à Dieu 

Le 7 avril 2020, répondant aux questions du vaticaniste Aldo Maria Valli, Mgr Viganò s’en prend à l’œcuménisme  promu par Vatican II : «  Si cette irrévérence [du pape considérant le titre de Marie corédemptrice comme une “sottise”, le 12 décembre 2019] découle du désir de plaire aux hérétiques, il s’agit d’une circonstance aggravante, et non d’une excuse ; en effet, je dirais que si l’œcuménisme implique de déshonorer la Vierge et de taire les vérités catholiques pour plaire à ceux qui sont dans l’erreur, nous avons une preuve supplémentaire que l’œcuménisme ne plaît pas à Dieu.  

« Il y a un autre aspect que je voudrais souligner : la négation de dogmes et de vérités théologiques, même ceux qui ne sont pas définis solennellement, implique une conséquence extrêmement destructrice, car la Vérité – qui est Dieu lui-même – ne peut avoir de parties qu’on pourrait sacrifier Si l’on touche à un dogme apparemment marginal par rapport aux dogmes trinitaires ou christologiques, on touche à tout l’édifice doctrinal. Et permettez-moi de vous rappeler qu’en plus des horreurs du métissage marial [le 12 décembre, le pape avait également considéré la Vierge Marie comme une “métisse”], nous avons également entendu des idées fausses sur la divinité même du Christ, subrepticement insinuées par les entretiens accordés à un journal notoirement anticatholique [à Eugenio Scalfari, fondateur de La Repubblica].  

« Quant à la maudite Pachamama, il est évident qu’une substitution progressive de la Mère de Dieu par la Mère Terre est en cours, par respect pour la religion mondialiste et écologique. Qu’ils fassent très attention lorsqu’ils se moquent de la Vierge : les offenses que Notre Seigneur pardonne lorsqu’elles lui sont adressées, il ne les pardonne pas si elles ont pour objet sa Très Sainte Mère ». 

Dans le même entretien, Mgr Viganò dénonce la nouvelle liturgie et communion dans la main : « Et nous devons également comprendre que la privation des sacrements et de la messe dans le monde entier est une punition supplémentaire pour notre infidélité, pour les sacrilèges qui sont pratiqués quotidiennement dans nos églises par l’indifférence de tant de ministres de Dieu, pour la profanation résultant de la communion dans la main, pour le manque de soin dans les célébrations. La voix sereine et pure de la liturgie a été remplacée par la clameur vulgaire et profane : comment pouvons-nous espérer que notre prière sera agréable au Ciel ? » 

Le troisième secret de Fatima concerne l’apostasie des hommes d’Eglise 

Le 21 avril, Mgr Viganò accordait un entretien au site portugais Dies Iræ où il évoquait le 3e secret de Fatima et le mettait en rapport avec le concile Vatican II : « Ceux qui ont lu le troisième secret ont clairement déclaré que son contenu concerne l’apostasie des hommes d’Eglise, qui a commencé précisément au début des années soixante et qui a atteint un stade si évident aujourd’hui qu’il peut être reconnu par les observateurs laïcs. Cette insistance presque obsessionnelle sur des sujets que l’Eglise a toujours condamnés, telles que le relativisme et l’indifférentisme religieux, un faux œcuménisme, l’écologisme malthusien, l’homo-hérésie et l’immigration, a trouvé dans la Déclaration d’Abou Dabi [4 février 2019, voir DICI n°381, février 2019] l’accomplissement d’un plan conçu par les sectes secrètes il y a plus de deux siècles ». 

Interrogé sur la récente création d’une commission chargée d’étudier la question du diaconat féminin, Mgr Viganò répond : « L’Ordre sacré ne peut pas et ne pourra jamais être modifié dans son essence. Les attaques contre le sacerdoce ont toujours été au centre de l’action des hérétiques et de leur inspiration, et il est compréhensible qu’il en soit ainsi : atteindre le sacerdoce signifie détruire la sainte Messe et la sainte Eucharistie ainsi que tout l’édifice sacramentel. Parmi les ennemis jurés de l’Ordre sacré, les modernistes n’étaient pas en reste, évidemment, eux qui, depuis le XIXe siècle, ont théorisé une Eglise sans prêtres, ou avec des prêtres et des prêtresses. Ces illusions, anticipées par certains représentants du modernisme en France, ont surgi subtilement au Concile, avec la tentative d’insinuer qu’il existe une certaine équivalence entre le sacerdoce ministériel, issu de l’Ordre sacré, et le  sacerdoce commun des fidèles, issu du baptême. Il est significatif que, précisément en jouant sur ce malentendu recherché, la réforme de la liturgie ait également été affectée par l’erreur doctrinale de  Lumen Gentium, réduisant le ministre ordonné à n’être que le simple président d’une assemblée. Au contraire, le prêtre est un alter Christus, non pas par désignation populaire, mais par configuration ontologique au Souverain Prêtre, Jésus-Christ, qu’il doit imiter par la sainteté de sa vie et le dévouement absolu, également représenté par le célibat ». 

Et de pointer du doigt un opportunisme soi-disant pastoral : « cette approche [nouvelle] des dogmes de l’Eglise confirme un fait indéniable : le pape Bergoglio a adopté la théologie dite de situation, selon laquelle les  lieux théologiques sont des faits ou des matières accidentelles : le monde, la nature, la figure féminine, les jeunes… Cette théologie n’a pas pour fondement la vérité immuable et éternelle de Dieu, mais, au contraire, part de la prise de conscience d’une urgence contraignante des phénomènes [de société] pour proposer des réponses conformes aux attentes du monde contemporain ». 

De plus, l’ancien nonce apostolique dénonce l’alignement de l’Eglise sur le mondialisme contemporain, rendu possible par l’ouverture au monde moderne prônée par Vatican II. Il voit ainsi l’Eglise actuelle « se constituer en  bras spirituel  du nouvel Ordre mondial et en défenseur de la Religion universelle. En ce sens, la  révolution conciliaire a dû d’abord démolir l’héritage de l’Eglise, sa Tradition millénaire – dans laquelle elle puisait sa propre vitalité et son autorité en tant que Corps mystique du Christ –, pour se débarrasser ensuite des représentants de l’ancienne hiérarchie, et n’a commencé que récemment à se présenter, sans faux-semblant, telle qu’elle cherche à être ». 

A la question très directe : « Quels points de Vatican II remettriez-vous en question ? » Mgr Viganò répond en invitant à oublier purement et simplement le Concile : « Je pense que les personnalités éminentes qui ont montré les points problématiques du Concile mieux que moi, ne manquent pas. Certains pensent qu’il serait moins compliqué et certainement plus intelligent de suivre la pratique de l’Eglise et des papes telle qu’elle a été appliquée avec le synode de Pistoie : même là, il y avait quelque chose de bon, mais les erreurs qu’il affirmait étaient considérées comme suffisantes pour le laisser tomber dans l’oubli ». – Rappelons toutefois que le synode diocésain de Pistoie (1786) où furent développées les thèses jansénistes et joséphistes, fit l’objet d’une condamnation précise et argumentée de la part du pape Pie VI dans la bulle Auctorem Fidei du 28 août 1794. 

A la fin de l’entretien, le prélat romain donne les raisons et les moyens de garder l’espérance : « L’Eglise brillera à nouveau de la gloire de son Seigneur après ce terrible et très long Triduum de Pâques. Mais si la prière est certainement indispensable, nous ne devons pas nous abstenir de mener le bon combat, en nous faisant les témoins d’un militantisme courageux sous l’étendard de la Croix du Christ. (…) Ne nous laissons pas intimider ! Ne permettons pas qu’on mette le bâillon de la tolérance sur ceux qui veulent proclamer la Vérité ! Demandons à la Vierge Marie que notre langue proclame avec courage le Royaume de Dieu et sa justice ». 

(30/05/2020 06:25)

L’Église annoncée dans les psaumes (2)  

Suite de l’étude de l’abbé Patrick Troadec sur l’Eglise

L’entrée dans l’Église par le saint baptême 

La prédication apostolique a conduit les hommes de bonne volonté à se convertir, à embrasser la foi catholique, et à demander le baptême. Notre-Seigneur avait réclamé à ses Apôtres d’enseigner aux hommes les vérités de la foi et de les baptiser : « Allez donc ! - leur avait-il dit avant de monter au Ciel -, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19-20). 

L’eau du baptême 

Plusieurs psaumes racontent comment les Hébreux ont traversé la Mer rouge après avoir quitté l’Égypte, puis se sont avancés dans le désert pour atteindre la Terre promise. Leur passage à travers la Mer rouge symbolisait l’eau du baptême qui nous délivre de l’esclavage du démon et nous permet d’accéder au Ciel. Ces psaumes sont donc des cantiques d’action de grâces que nous pouvons appliquer à l’Église. Celle-ci chante dans ces psaumes les merveilles de la Rédemption et les bienfaits produits par le saint baptême.  

Nous avons déjà évoqué le psaume 113 dans La vie nouvelle du baptisé. D’autres psaumes rapportent ce même épisode du cheminement des Hébreux vers la Terre promise. Ainsi par exemple le psaume 73 renferme ce passage : « Vous êtes le Dieu qui opérez des merveilles. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre puissance ; […] Les eaux vous ont vu, ô Dieu, et elles ont eu peur, les abîmes ont été troublés. […] La mer fut votre chemin, les grandes eaux furent vos sentiers, et les traces de vos pieds ne seront point connues » (Ps 76, 15, 17 et 20). Saint Robert Bellarmin commente : « Le prophète décrit le passage de la Mer rouge, et il le fait avec un style plein de poésie, donnant à la mer le sentiment de crainte et d’étonnement ». 

Le psaume 73 évoque le même thème : « C’est vous, [Seigneur], qui avez affermi la mer par votre puissance, qui avez brisé les têtes des dragons dans les eaux. C’est vous qui avez écrasé les têtes du dragon, qui l’avez donné en nourriture au peuple du désert » (Ps 73, 13-14). Dieu a affermi la Mer rouge c’est-à-dire qu’il a dressé et consolidé les eaux en forme de mur pour permettre aux Hébreux de la franchir à pieds secs (cf. Ex 14, 22 et 15, 8). Il a brisé les têtes du « dragon » (terme désignant ici les Égyptiens) et les a données en pâture aux bêtes qui peuplent le désert. 

Le vœu ardent du catéchumène 

Le psaume 41 exprime le désir ardent du catéchumène à recevoir le saint baptême. Il renferme ces paroles : « Comme le cerf soupire après les sources des eaux, ainsi mon âme soupire vers vous, ô Dieu. Mon âme a soif du Dieu fort et vivant » (Ps 41, 2). 

Selon une légende transmise par les Pères du Désert, le cerf écrase de ses pattes les serpents et les mange. Ainsi, brûlant de soif sous l’action du venin, il court vers l’eau et s’en trouve apaisé (cf. Poèmes, recueil de J. Brémond, II, p. 561, Jean Climaque). Ces versets s’appliquent particulièrement au catéchumène. Lui aussi est comme un cerf qui ressent en lui l’ardeur du venin, venin distillé par la suggestion du serpent tentateur, figure du démon. Aussi, éprouve-t-il le désir d’approcher de l’eau baptismale pour être purifié de la souillure originelle et de ses péchés personnels. 

Le Psalmiste continue : « Quand viendrai-je et apparaîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Ps 41, 3). Selon saint Augustin, ce verset convient également au catéchumène et regarde le désir qu’il a d’assister au saint sacrifice de la messe, car le non-baptisé devait sortir de l’église après l’Évangile, n’étant pas admis à assister à la partie sacrificielle de la messe qui commence à l’offertoire. Quand apparaîtrai-je devant la face de Dieu, signifie donc : « Quand participeraije aux sacrements du Christ ? » Par conséquent, ce verset regarde à la fois le baptême et l’Eucharistie. 

La nature et les fruits du baptême 

Le même psaume 41 renferme un autre verset que saint Thomas d’Aquin applique également au catéchumène. Celui-ci en proie à l’inquiétude s’exclame : « Mon âme a été toute troublée en moimême ; c’est pourquoi, je me souviendrai de vous [Seigneur], du pays du Jourdain et de l’Hermon, et de la petite montagne » (Ps 41, 7). Assailli par le trouble, le catéchumène se console en pensant à son baptême prochain. En effet, selon le Docteur angélique, trois éléments figurant dans le baptême sont désignés ici par les mots de Jourdain, Hermon et petite montagne. Le mot Jourdain signifie descente (il a un cours rapide, et se jette dans la mer Morte à moins 400 mètres) ; il désigne la descente des grâces au baptême selon ce qui est écrit : « Toute grâce excellente et tout don parfait viennent d’En-Haut et descendent du Père des lumières, en qui il n’y a ni changement, ni ombre, ni vicissitudes » (Jc 1, 17). Le mot Hermon signifie anathème (un temple païen a dû exister sur l’Hermon), et désigne la renonciation que nous faisons au baptême au diable et à ses séductions. La « petite montagne » symbolise l’humilité qui est à la base de la renonciation à Satan et de l’ouverture à la grâce  (Commentaire sur les psaumes, Cerf, 1996, pp. 540-541). 

Les critères d’appartenance à l’Église 

À la question, « qu’est-ce que l’Église catholique ? » le catéchisme de Saint-Pie X répond : « La sainte Église catholique est la réunion de tous ceux qui sont baptisés, croient et confessent la foi du Christ Notre-Seigneur, participent aux mêmes sacrements et reconnaissent pour vicaire du Christ le Souverain Pontife romain ». Le premier critère d’appartenance à l’Église est donc la foi, le second, la pratique des sept sacrements, et le troisième, la reconnaissance du pape comme successeur de Pierre.  

La méditation des psaumes, enrichie par la lecture de commentaires autorisés, est propre à alimenter notre attachement à l’Église catholique fondée par Jésus-Christ définie selon ces trois critères. 

La foi 

« Seigneur, je vous célébrerai dans la grande assemblée ; au milieu d’un peuple puissant, je vous louerai » (Ps 34, 18). Saint Ambroise explique que la grande « assemblée », ecclesia en latin, est l’Église qui réunit les fidèles de toute la terre, de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi et il précise que « l’assemblée est grande là où le peuple est puissant, un peuple qui garde intacte sa foi en son Dieu » (Les psaumes commentés par les Pères, Desclée de Brouwer, 1983, p. 153). Ainsi la puissance de l’Église vient de ce que le peuple conserve une foi intègre. C’est la foi qui est au principe de notre justification. Notre-Seigneur a bien dit : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16). Et saint Paul en conclut : « Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (He 11, 6). 

Au début de la cérémonie du baptême, le prêtre pose la question : « Que demandez-vous à l’Église ? » Le parrain et la marraine répondent au nom du futur baptisé : « La foi ». La foi a été prêchée dans son intégralité pendant la plus grande partie de l’histoire de l’Église. Cependant, il y a eu des périodes de décadence. Le Psalmiste y fait allusion lorsqu’il écrit : « Sauvez-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint, car les vérités ont été diminuées par les enfants des hommes » (Ps 11, 2). N’est-ce pas le cas aujourd’hui où beaucoup d’hommes d’Église mettent des vérités de foi sous le boisseau pour favoriser l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et l’ouverture au monde ? 

Les sacrements 

Le catéchisme de Saint-Pie X enseigne qu’après la foi, le deuxième critère d’appartenance à l’Église, ce sont les sacrements. S’il n’y a pas de mention explicite aux sept sacrements dans les psaumes, le psaume 28, d’après certains interprètes, pourrait y faire allusion. Selon le sens littéral, il décrit de façon poétique un orage s’abattant sur le nord de la Palestine, puis déferlant à travers tout le pays pour se perdre enfin dans le lointain désert méridional. En voici un extrait : « La voix du Seigneur est au-dessus des eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; le Seigneur est au-dessus des grandes eaux. La voix du Seigneur est forte ; la voix du Seigneur est majestueuse. La voix du Seigneur brise les cèdres, et le Seigneur brisera les cèdres du Liban. […] La voix du Seigneur fait jaillir des flammes de feu. La voix du Seigneur ébranle le désert, et le Seigneur fera tressaillir le désert de Cadès. La voix du Seigneur prépare les cerfs » (Ps 28, 3-5 et 7-9). 

Certains commentateurs ont vu à travers l’expression « la voix de Dieu » utilisée à sept reprises, l’effusion des sept dons du Saint-Esprit (cf. P. Salmon, L’office divin, Paris, Cerf, p. 159). Partant de cette idée, d’autres interprètes ont poussé l’ingéniosité jusqu’à voir dans les sept clameurs de Yahvé l’annonce des sept sacrements. 

La voix du Seigneur qui est au-dessus des eaux désigne le baptême, la voix de Dieu le Père s’étant manifestée lors du baptême de son Fils au Jourdain. La voix du Seigneur in virtute « dans la force » désigne le sacrement de confirmation qui communique notamment le don de force. La voix du Seigneur in magnificentia symbolise l’Eucharistie où Dieu manifeste sa magnificence ; la voix du Seigneur brisant les cèdres représente le sacrement de pénitence, dans la mesure où l’homme hautain s’humilie devant Notre-Seigneur représenté par le prêtre au confessionnal ; la voix du Seigneur qui ébranle le désert fait penser au sacrement de l’ordre car le prêtre, nouveau Jean-Baptiste qui prêchait dans le désert, prêche à son tour les vérités de la foi ; la voix du Seigneur qui éteint la flamme de feu évoque le mariage qui éteint le feu de la concupiscence ; la voix du Seigneur qui prépare les cerfs désignerait l’extrême-onction. Le psaume 41 nous met sur la voie de cette interprétation en décrivant la disposition ultime de l’âme pour la vision face à face de Dieu sous la forme d’un cerf courant après les grandes eaux. 

Le pape 

Le troisième critère d’appartenance à l’Église, après la foi et la reconnaissance des sept sacrements, est la soumission à l’autorité légitime. Dieu a voulu fonder une Église hiérarchique avec à sa tête le pape. Le Souverain Pontife a pour mission « non pas d’innover mais de transmettre la foi dans son intégrité » (Concile Vatican I, Pastor æternus) et de donner aux âmes l’accès aux sacrements moyennant certaines conditions. 

Le pape, nouveau Moïse 

Le Psalmiste ne parle pas directement du pape, mais ses propos au sujet de Moïse peuvent lui être appliqués. Dieu a voulu que son peuple obéisse à un chef et un seul. C’était lui qui avait la pleine autorité pour les conduire et il était nécessaire de se soumettre à lui pour atteindre la Terre promise. Le Psalmiste le dit : « Vous avez, [Seigneur], conduit votre peuple comme des brebis, par la main de Moïse et d’Aaron » (Ps 76, 21). 

Moïse étant le chef, il fallait suivre ses directives pour plaire à Dieu. On le voit a contrario par le fait que Dieu a infligé de terribles sanctions à ceux qui se sont révoltés contre lui. Ce passage du psaume 105 manifeste la justice immanente de Dieu : « [Nos pères] irritèrent Moïse dans le camp ; Aaron, le saint du Seigneur. La terre s’entrouvrit et engloutit Dathan, et elle couvrit la troupe d’Abiron. Un feu s’alluma contre leur bande ; la flamme consuma les pécheurs » (Ps 105, 16-17). 

La prière pour le pape 

Le psaume 40 renferme ces paroles que l’Église applique au pape : « Que le Seigneur le conserve, le vivifie, le rende heureux sur la terre et ne le livre pas à l’âme de ses ennemis » (Ps 40, 3). 

Pour saint Thomas d’Aquin, cette prière consiste à demander la santé du corps (conserve), le bien de la grâce (vivifie), le bien de la gloire du paradis (le rende heureux sur la terre des vivants, à savoir le Ciel) et enfin que le Seigneur ne le livre pas à l’âme de ses ennemis ce qui signifie : « que le Seigneur ne le livre pas au pouvoir du diable et de ses ministres » (Commentaire sur les psaumes, Cerf, 1996, p. 523). Si on demande au bon Dieu cette dernière grâce pour le pape, c’est que malheureusement, le Souverain Pontife peut être infidèle à l’exercice de sa charge. Cela s’est produit à plusieurs reprises. C’est que l’Église est le Corps mystique du Christ et non le Corps mystique du pape. Le père Calmel en tire les conséquences : « Lorsque la vie intérieure des chrétiens est de plus en plus référée à Jésus-Christ, ils ne tombent pas désespérés, même lorsqu’ils souffrent jusqu’à l’agonie des défaillances d’un pape, que ce soit Honorius 1er ou les papes antagonistes de la fin du Moyen-Âge ; que ce soit à l’extrême limite, un pape qui défaille selon les nouvelles possibilités de défaillance offertes par le modernisme. Tel pape peut bien s’approcher du point limite où il changerait la religion chrétienne par aveuglement ou par esprit de chimère ou par une illusion mortelle sur une hérésie telle que le modernisme. Le pape qui en arriverait là, n’enlèverait pas pour autant au Seigneur Jésus sa régence infaillible qui le tient encore en main lui-même, pape égaré, qui l’empêche de jamais engager jusqu’à la perversion de la foi l’autorité qu’il a reçue d’En-Haut » (Itinéraires, mai 1979). 

Pour garder la sérénité durant les périodes de crise, il est nécessaire de suivre les critères donnés par saint Vincent de Lérins au Ve siècle : « Dans l’Église catholique, il faut avoir grand soin de s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous » (Commonitoire). Concernant la possibilité d’évolution dans l’Église, il posait la question : « Si le critère de catholicité est l’antiquité, il n’y a pas d’évolution possible ? » Et le saint théologien répondait : « S’il y a de la nouveauté dans ton style, qu’il n’y en ait pas dans la doctrine. Qu’il y ait progrès, non changement ». 

C’est pour demeurer dans cet esprit que la messe pour un saint pape renferme la demande suivante dans la postcommunion : « Gouvernez, Seigneur, avec bienveillance votre Église […] afin qu’elle reçoive un accroissement de sa liberté et demeure ferme dans l’intégrité de la religion ». 

 

L’Église annoncée dans les psaumes (2)  

Suite de l’étude de l’abbé Patrick Troadec sur l’Eglise

L’entrée dans l’Église par le saint baptême 

La prédication apostolique a conduit les hommes de bonne volonté à se convertir, à embrasser la foi catholique, et à demander le baptême. Notre-Seigneur avait réclamé à ses Apôtres d’enseigner aux hommes les vérités de la foi et de les baptiser : « Allez donc ! - leur avait-il dit avant de monter au Ciel -, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19-20). 

L’eau du baptême 

Plusieurs psaumes racontent comment les Hébreux ont traversé la Mer rouge après avoir quitté l’Égypte, puis se sont avancés dans le désert pour atteindre la Terre promise. Leur passage à travers la Mer rouge symbolisait l’eau du baptême qui nous délivre de l’esclavage du démon et nous permet d’accéder au Ciel. Ces psaumes sont donc des cantiques d’action de grâces que nous pouvons appliquer à l’Église. Celle-ci chante dans ces psaumes les merveilles de la Rédemption et les bienfaits produits par le saint baptême.  

Nous avons déjà évoqué le psaume 113 dans La vie nouvelle du baptisé. D’autres psaumes rapportent ce même épisode du cheminement des Hébreux vers la Terre promise. Ainsi par exemple le psaume 73 renferme ce passage : « Vous êtes le Dieu qui opérez des merveilles. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre puissance ; […] Les eaux vous ont vu, ô Dieu, et elles ont eu peur, les abîmes ont été troublés. […] La mer fut votre chemin, les grandes eaux furent vos sentiers, et les traces de vos pieds ne seront point connues » (Ps 76, 15, 17 et 20). Saint Robert Bellarmin commente : « Le prophète décrit le passage de la Mer rouge, et il le fait avec un style plein de poésie, donnant à la mer le sentiment de crainte et d’étonnement ». 

Le psaume 73 évoque le même thème : « C’est vous, [Seigneur], qui avez affermi la mer par votre puissance, qui avez brisé les têtes des dragons dans les eaux. C’est vous qui avez écrasé les têtes du dragon, qui l’avez donné en nourriture au peuple du désert » (Ps 73, 13-14). Dieu a affermi la Mer rouge c’est-à-dire qu’il a dressé et consolidé les eaux en forme de mur pour permettre aux Hébreux de la franchir à pieds secs (cf. Ex 14, 22 et 15, 8). Il a brisé les têtes du « dragon » (terme désignant ici les Égyptiens) et les a données en pâture aux bêtes qui peuplent le désert. 

Le vœu ardent du catéchumène 

Le psaume 41 exprime le désir ardent du catéchumène à recevoir le saint baptême. Il renferme ces paroles : « Comme le cerf soupire après les sources des eaux, ainsi mon âme soupire vers vous, ô Dieu. Mon âme a soif du Dieu fort et vivant » (Ps 41, 2). 

Selon une légende transmise par les Pères du Désert, le cerf écrase de ses pattes les serpents et les mange. Ainsi, brûlant de soif sous l’action du venin, il court vers l’eau et s’en trouve apaisé (cf. Poèmes, recueil de J. Brémond, II, p. 561, Jean Climaque). Ces versets s’appliquent particulièrement au catéchumène. Lui aussi est comme un cerf qui ressent en lui l’ardeur du venin, venin distillé par la suggestion du serpent tentateur, figure du démon. Aussi, éprouve-t-il le désir d’approcher de l’eau baptismale pour être purifié de la souillure originelle et de ses péchés personnels. 

Le Psalmiste continue : « Quand viendrai-je et apparaîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Ps 41, 3). Selon saint Augustin, ce verset convient également au catéchumène et regarde le désir qu’il a d’assister au saint sacrifice de la messe, car le non-baptisé devait sortir de l’église après l’Évangile, n’étant pas admis à assister à la partie sacrificielle de la messe qui commence à l’offertoire. Quand apparaîtrai-je devant la face de Dieu, signifie donc : « Quand participeraije aux sacrements du Christ ? » Par conséquent, ce verset regarde à la fois le baptême et l’Eucharistie. 

La nature et les fruits du baptême 

Le même psaume 41 renferme un autre verset que saint Thomas d’Aquin applique également au catéchumène. Celui-ci en proie à l’inquiétude s’exclame : « Mon âme a été toute troublée en moimême ; c’est pourquoi, je me souviendrai de vous [Seigneur], du pays du Jourdain et de l’Hermon, et de la petite montagne » (Ps 41, 7). Assailli par le trouble, le catéchumène se console en pensant à son baptême prochain. En effet, selon le Docteur angélique, trois éléments figurant dans le baptême sont désignés ici par les mots de Jourdain, Hermon et petite montagne. Le mot Jourdain signifie descente (il a un cours rapide, et se jette dans la mer Morte à moins 400 mètres) ; il désigne la descente des grâces au baptême selon ce qui est écrit : « Toute grâce excellente et tout don parfait viennent d’En-Haut et descendent du Père des lumières, en qui il n’y a ni changement, ni ombre, ni vicissitudes » (Jc 1, 17). Le mot Hermon signifie anathème (un temple païen a dû exister sur l’Hermon), et désigne la renonciation que nous faisons au baptême au diable et à ses séductions. La « petite montagne » symbolise l’humilité qui est à la base de la renonciation à Satan et de l’ouverture à la grâce  (Commentaire sur les psaumes, Cerf, 1996, pp. 540-541). 

Les critères d’appartenance à l’Église 

À la question, « qu’est-ce que l’Église catholique ? » le catéchisme de Saint-Pie X répond : « La sainte Église catholique est la réunion de tous ceux qui sont baptisés, croient et confessent la foi du Christ Notre-Seigneur, participent aux mêmes sacrements et reconnaissent pour vicaire du Christ le Souverain Pontife romain ». Le premier critère d’appartenance à l’Église est donc la foi, le second, la pratique des sept sacrements, et le troisième, la reconnaissance du pape comme successeur de Pierre.  

La méditation des psaumes, enrichie par la lecture de commentaires autorisés, est propre à alimenter notre attachement à l’Église catholique fondée par Jésus-Christ définie selon ces trois critères. 

La foi 

« Seigneur, je vous célébrerai dans la grande assemblée ; au milieu d’un peuple puissant, je vous louerai » (Ps 34, 18). Saint Ambroise explique que la grande « assemblée », ecclesia en latin, est l’Église qui réunit les fidèles de toute la terre, de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi et il précise que « l’assemblée est grande là où le peuple est puissant, un peuple qui garde intacte sa foi en son Dieu » (Les psaumes commentés par les Pères, Desclée de Brouwer, 1983, p. 153). Ainsi la puissance de l’Église vient de ce que le peuple conserve une foi intègre. C’est la foi qui est au principe de notre justification. Notre-Seigneur a bien dit : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16). Et saint Paul en conclut : « Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (He 11, 6). 

Au début de la cérémonie du baptême, le prêtre pose la question : « Que demandez-vous à l’Église ? » Le parrain et la marraine répondent au nom du futur baptisé : « La foi ». La foi a été prêchée dans son intégralité pendant la plus grande partie de l’histoire de l’Église. Cependant, il y a eu des périodes de décadence. Le Psalmiste y fait allusion lorsqu’il écrit : « Sauvez-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint, car les vérités ont été diminuées par les enfants des hommes » (Ps 11, 2). N’est-ce pas le cas aujourd’hui où beaucoup d’hommes d’Église mettent des vérités de foi sous le boisseau pour favoriser l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et l’ouverture au monde ? 

Les sacrements 

Le catéchisme de Saint-Pie X enseigne qu’après la foi, le deuxième critère d’appartenance à l’Église, ce sont les sacrements. S’il n’y a pas de mention explicite aux sept sacrements dans les psaumes, le psaume 28, d’après certains interprètes, pourrait y faire allusion. Selon le sens littéral, il décrit de façon poétique un orage s’abattant sur le nord de la Palestine, puis déferlant à travers tout le pays pour se perdre enfin dans le lointain désert méridional. En voici un extrait : « La voix du Seigneur est au-dessus des eaux ; le Dieu de majesté a tonné ; le Seigneur est au-dessus des grandes eaux. La voix du Seigneur est forte ; la voix du Seigneur est majestueuse. La voix du Seigneur brise les cèdres, et le Seigneur brisera les cèdres du Liban. […] La voix du Seigneur fait jaillir des flammes de feu. La voix du Seigneur ébranle le désert, et le Seigneur fera tressaillir le désert de Cadès. La voix du Seigneur prépare les cerfs » (Ps 28, 3-5 et 7-9). 

Certains commentateurs ont vu à travers l’expression « la voix de Dieu » utilisée à sept reprises, l’effusion des sept dons du Saint-Esprit (cf. P. Salmon, L’office divin, Paris, Cerf, p. 159). Partant de cette idée, d’autres interprètes ont poussé l’ingéniosité jusqu’à voir dans les sept clameurs de Yahvé l’annonce des sept sacrements. 

La voix du Seigneur qui est au-dessus des eaux désigne le baptême, la voix de Dieu le Père s’étant manifestée lors du baptême de son Fils au Jourdain. La voix du Seigneur in virtute « dans la force » désigne le sacrement de confirmation qui communique notamment le don de force. La voix du Seigneur in magnificentia symbolise l’Eucharistie où Dieu manifeste sa magnificence ; la voix du Seigneur brisant les cèdres représente le sacrement de pénitence, dans la mesure où l’homme hautain s’humilie devant Notre-Seigneur représenté par le prêtre au confessionnal ; la voix du Seigneur qui ébranle le désert fait penser au sacrement de l’ordre car le prêtre, nouveau Jean-Baptiste qui prêchait dans le désert, prêche à son tour les vérités de la foi ; la voix du Seigneur qui éteint la flamme de feu évoque le mariage qui éteint le feu de la concupiscence ; la voix du Seigneur qui prépare les cerfs désignerait l’extrême-onction. Le psaume 41 nous met sur la voie de cette interprétation en décrivant la disposition ultime de l’âme pour la vision face à face de Dieu sous la forme d’un cerf courant après les grandes eaux. 

Le pape 

Le troisième critère d’appartenance à l’Église, après la foi et la reconnaissance des sept sacrements, est la soumission à l’autorité légitime. Dieu a voulu fonder une Église hiérarchique avec à sa tête le pape. Le Souverain Pontife a pour mission « non pas d’innover mais de transmettre la foi dans son intégrité » (Concile Vatican I, Pastor æternus) et de donner aux âmes l’accès aux sacrements moyennant certaines conditions. 

Le pape, nouveau Moïse 

Le Psalmiste ne parle pas directement du pape, mais ses propos au sujet de Moïse peuvent lui être appliqués. Dieu a voulu que son peuple obéisse à un chef et un seul. C’était lui qui avait la pleine autorité pour les conduire et il était nécessaire de se soumettre à lui pour atteindre la Terre promise. Le Psalmiste le dit : « Vous avez, [Seigneur], conduit votre peuple comme des brebis, par la main de Moïse et d’Aaron » (Ps 76, 21). 

Moïse étant le chef, il fallait suivre ses directives pour plaire à Dieu. On le voit a contrario par le fait que Dieu a infligé de terribles sanctions à ceux qui se sont révoltés contre lui. Ce passage du psaume 105 manifeste la justice immanente de Dieu : « [Nos pères] irritèrent Moïse dans le camp ; Aaron, le saint du Seigneur. La terre s’entrouvrit et engloutit Dathan, et elle couvrit la troupe d’Abiron. Un feu s’alluma contre leur bande ; la flamme consuma les pécheurs » (Ps 105, 16-17). 

La prière pour le pape 

Le psaume 40 renferme ces paroles que l’Église applique au pape : « Que le Seigneur le conserve, le vivifie, le rende heureux sur la terre et ne le livre pas à l’âme de ses ennemis » (Ps 40, 3). 

Pour saint Thomas d’Aquin, cette prière consiste à demander la santé du corps (conserve), le bien de la grâce (vivifie), le bien de la gloire du paradis (le rende heureux sur la terre des vivants, à savoir le Ciel) et enfin que le Seigneur ne le livre pas à l’âme de ses ennemis ce qui signifie : « que le Seigneur ne le livre pas au pouvoir du diable et de ses ministres » (Commentaire sur les psaumes, Cerf, 1996, p. 523). Si on demande au bon Dieu cette dernière grâce pour le pape, c’est que malheureusement, le Souverain Pontife peut être infidèle à l’exercice de sa charge. Cela s’est produit à plusieurs reprises. C’est que l’Église est le Corps mystique du Christ et non le Corps mystique du pape. Le père Calmel en tire les conséquences : « Lorsque la vie intérieure des chrétiens est de plus en plus référée à Jésus-Christ, ils ne tombent pas désespérés, même lorsqu’ils souffrent jusqu’à l’agonie des défaillances d’un pape, que ce soit Honorius 1er ou les papes antagonistes de la fin du Moyen-Âge ; que ce soit à l’extrême limite, un pape qui défaille selon les nouvelles possibilités de défaillance offertes par le modernisme. Tel pape peut bien s’approcher du point limite où il changerait la religion chrétienne par aveuglement ou par esprit de chimère ou par une illusion mortelle sur une hérésie telle que le modernisme. Le pape qui en arriverait là, n’enlèverait pas pour autant au Seigneur Jésus sa régence infaillible qui le tient encore en main lui-même, pape égaré, qui l’empêche de jamais engager jusqu’à la perversion de la foi l’autorité qu’il a reçue d’En-Haut » (Itinéraires, mai 1979). 

Pour garder la sérénité durant les périodes de crise, il est nécessaire de suivre les critères donnés par saint Vincent de Lérins au Ve siècle : « Dans l’Église catholique, il faut avoir grand soin de s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours et par tous » (Commonitoire). Concernant la possibilité d’évolution dans l’Église, il posait la question : « Si le critère de catholicité est l’antiquité, il n’y a pas d’évolution possible ? » Et le saint théologien répondait : « S’il y a de la nouveauté dans ton style, qu’il n’y en ait pas dans la doctrine. Qu’il y ait progrès, non changement ». 

C’est pour demeurer dans cet esprit que la messe pour un saint pape renferme la demande suivante dans la postcommunion : « Gouvernez, Seigneur, avec bienveillance votre Église […] afin qu’elle reçoive un accroissement de sa liberté et demeure ferme dans l’intégrité de la religion ». 

 

(30/05/2020 06:10)

02/06/2020 20:59